Voilà je l´ai déjà mise sur le forum livre mais j ai decide de mettre cette nouvelle aussi ici. Donnez moi votre avis.
Bonne lecture!
Lentement il dirigea son arme sur l´homme qui lui faisait face. Le vent faisait claquer la pancarte d´un vieux magasin. Seul le grincement d´un volet rompait le silence où était plongé les lieux. Les deux individus se faisaient face, ils s´affrontaient à distance de leur regard perçant. Le plus âgé retira un pan de sa longue veste pour découvrire le long fusil accroché à sa jambe. Le premier sans un tressaillement gardait son bras tendu, l´arme pointé sur son adversaire attendant le moment propice pour décocher le tir fatal.
" Jeune gosse! Crois tu vraiment pouvoir me toucher? Je ne suis pas présomptueux mais mon fusil est bien plus précis que ce revolver que tu oses pointé sur moi."
Tout en vociférant ces quelques mots il sortît de son étui l´arme dite et à son tour mît en joue son adversaire. C´était dans cette rue déserte d´une ville fantôme que se déroulerait l´affrontement final entre ces deux hommes. Ils le savaient et pesaient chacun de leurs mots sachant que la moindre défaillance leur en coûterait la vie. L´étranger au revolver recula d´une quinzaine de pas et d´un ton moqueur s´adressa à l´autre : " A cette distance même, rien ne me serait plus facile que de te faire sauter l´oeil. Mon tir est plus affiné qu´auparavant. Mais du tien qu´en est-il? Tes vieux bras ne trembleraient-ils pas sous le coup des années? Je sens la peur que tu dégages d´ici. Fuis tant qu´il en est encore temps vieux fou.
Fuir? Ne serait ce pas plutôt toi qui prendrait tes dispositions à la fuite en te reculant ainsi? Tu es bien fier de ta nouvelle et petite expérience. La mienne est si âgée qu´elle ne fait qu´un avec le vieux corps dont tu te moques. Je n´ai même pas à y songer, une simple pression sur la détente et la balle se logerait simplement au centre de ton crâne tel un beau joyaux hindou."
Les deux, sourire aux lèvres, savent que tout n´est que question de bluff. Chacun attend pour être le plus prompt à tirer. Seul le premier coup déciderait de la vie ou de la mort, il n´était aucunement envisageable de se précipiter pour tirer le premier. Le vent continuait de plus bel à souffler et s´infiltrait dans les vêtements, flottant à son gré. En décor de fond: le désert sur lequel frappait un soleil de plomb. Les minutes défilaient et le soleil se cacha derrière les nuages que le temps lourd depuis le matin annonçait innévitable. Les gouttes affluèrent et formèrent des rigoles sur les chapeaux des deux hommes. La pluie de plus en plus forte brisa le long silence harmonieux qui jusqu´alors régnait. Les deux adversaires scrutatifs se maudissaient et se réjouissaient de ce nouveau facteur. Il serait plus difficile de toucher sa cible sous ce temps mais chacun savait qu´il avait les facultés de passer outre. Le plus important était d´arriver à croiser le regard de l´autre et à le soutenir, la moindre défaillance de l´un des deux serait fatal. Dans ce décor dantesque où se confrontait la pluie et les vieilles maisons asséchées les deux personnes savaient que le moment était venu pour une dernière joute verbal.
" Ma balle va traverser ce torrent pour détruire ta maigre vie jeune gosse! vociféra le plus âgé.
Qu´elle vienne! s´écria l´autre dans un mouvement de colère. Les gouttes perlaient sur son visage, dégoulinaient. Il reprît : Mais elle n´aura pas le temps de venir la mienne t´aura labouré le visage vieux fou."
L´autre le scruta une dernière fois. Il avait trouvé la clé. Tout cet affrontement pour un dénouement si court se disait-il. Le jeune écroulé par terre ne bougeait plus. Son sang se mélangeait à l´eau de pluie, sa tête trempait dans la flaque rouge. Il n´avait pas réussi à contenir ses émotions, le résultat se retrouvait donc au sol, mort. Le jeune homme, si forte soit son habilité au revolver avait accueilli en son front la balle du fusil. Et malgré toute l´amabilité qu´avait démontré ce front en laissant aisément entrer son visiteur, ce dernier avait ravager tout l´intérieur, allant jusqu´à projeter des lambeaux de cervelle à l´extérieur de son habitat.
Le vieil homme repensa au moment décisif. Les gouttes. Oui les gouttes n´étaient pas de la pluie. Ces gouttes qui perlaient était de la sueur, de la sueur d´effroi. Il avait été trop difficile pour le jeune homme de garder son sang froid en un moment si décisif. En un laps de temps aussi court que crucial le vainqueur s´était déplacé d´un pas à droite tout en gardant sa cible dans le viseur. L´autre, n´étant pourtant pas à son premier affrontement, avait perdu depuis sa dernière tirade tout son calme et décocha son dernier coup de feu qui rasa la joue de son adversaire. Ce dernier toucha la plaie ensanglantée tout en repensant au dernier geste du jeune homme. Il sourît se disant bêtement que ça ferait une belle ballafre à montrer à ses dames. Puis il se rémoméra son dernier coup d´estocade qui cella le destin de l´homme à terre. Le temps avait semblé s´arrêter. Tout en scrutant les yeux emplis d´effroi de son adversaire il avait appuyé sans remord sur la gachette. Un éclair de feu s´était échappé de son arme et son vieux corps fût projeter en arrière sur le coup. La lumière zébra dans l´air transperçant une à une les gouttes qui barraient son passage jusqu´au crâne de son ennemi. Elle s´engouffra en lui, le propulsant en arrière tout en le détruisant de l´intérieur. Le vieux revoyait en son esprit le corps innerte s´écraser au sol. Tout s´était arrêté là! Un duel long et fatiguant, un soulagement qu´il avait longtemps attendu et pourtant il ressentait un vide en lui. Honorablement il décida donc d´enterrer la dépouille de son meilleur ennemi. Le soleil revînt ainsi que son sourire. D´un pas sûr il quitta ses lieux hantés par un nouveau mort.
La légende dit que quelques heures plus tard on le retrouva mort et détroussé à la sortie d´un bar d´où il était sortit ivre. Ainsi va la vie pourrait dire une morale mais morale il n´y a pas. Seul perdurera dans les livres la confrontation de deux ennemis de toujours que le dernier affrontement tua.