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Loin dans l'Espace.

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
23 octobre 2009 à 01:11:34

:salut: à tous

Voilà le début d'une nouvelle inspirée de faits irréels.
Bon voyage.

:fou: LOIN DANS L'ESPACE :fou:

avec la participation psychédélique de Trisoline.

"Vous savez moi, les mecs, ce que j'aime, chez vous, c'est votre spontanéité. Nan c'est vrai, aujourd'hui on est plus franc avec son prochain, on est plus rien. On revendique ce qu'on a pas peur de penser, on ment aux autres et à nous même, surtout. Mais même moi, qui dit ça, je suis concerné aussi par cette putain d'hypocrisie. Vous savez quoi les mecs il faut briser la glace, il faut se regarder dans un putain de miroir avant de juger les autres. Si le miroir se brise ; pas de chance, on est cuit. S'il se fissure, il y a peut-être encore moyen de faire quelques choses, avant de sombrer dans la paranoïa. Carglass répare, Carglass remplace"

21h48 : Quand on fusionne.

On est presque au complet. Victor parle aux murs qui le lui rendent bien : On dirait qu'ils vont se marier. La casserole de pâtes s'impatiente sur la table basse. La télé muette laisse apparaître un Christophe Dechavanne au mieux de sa forme mais c'est normal : On a coupé le son.

Alors que demander de plus, pour un samedi soir ?

Bastien, alias "Bastoche" partage un appartement avec ses colocataires, Eshter et Philippe. Il vient de Besançon, alors autant dire qu'il est bien loin de chez lui. Le train ça coûte cher. Plus cher que l'alcool.

" Un p'tit whisky Bastoche ?
- Si si, senor."

Je propose à lui puis à Eshter puis à Serena puis à Omar le Béninois. J'évite de servir Victor parce qu'il est bourré et qu'il conduit en plus, ce malade. Il danse avec une sculpture du proprio : Son visage est mélancolique, mais libre. Je l'apprécie. On trinque, et le choc des trois verres renversent celui de mon pote le Béninois. Sur le Iphone d'Esther.

"Merde ! gémit-elle en se levant vaguement, sans trop savoir ou aller. C'est mon père qui vient de me le payer !"

On part en fou rire, même Omar qui est un peu gêné. Esther aura un autre Iphone demain, encore mieux que celui d'aujourd'hui. Personne ne s'inquiète pour ça. Elle nettoie l'écran tactile avec le revers de sa manche. Je lui remet un doigt de whisky. Serena a profité de l'occasion pour aller mettre de la musique, et les esprits s'échauffent. Je lui mettrais bien un doigt, à elle aussi.

J'ai pas vraiment faim, pas quand je bois parce que ça me fait gerber. Et j'attends cette soirée depuis des lustres, depuis que j'ai rencontré Esther, en fait. Mon principal objectif est de la culbuter sur le parking de la Boîte vers 3h du mat mais ça personne le sait encore, sauf Omar qui me connaît par cœur et qui finit la bouteille de Clan. Quand y'en a plus y'en a encore.

On peut dire qu'Esther est une bombe atomique. Elle fait un bon mètre soixante-dix, a la peau douce et un regard de lave. Elle est brune. Elle me regarde. Elle se dandine sur le canapé du salon avec son verre à la main. Son décolleté laisse entrevoir une fente gigantesque qui semble ne plus finir. Je m'y perds. Cela dit j'esquive l'érection de justesse et me contente d'un sourire de connard.

"Alors, motivé ce soir ou quoi ? lance-je
- A fond... Trop pressé d'y être. C'est comment là-bas ?"

Elle n'est pas de la région, et dès la soirée d'intégration j'ai volé à son secours. Les alentours de la ville n'ont plus de secrets pour moi, et ça peut jouer en ma faveur.

"C'est magique. C'est Walt Disney pour les fêtards. Tu verras..."

Elle me fixe. Je la fixe. On se fixe. Vous nous fixez Ils vous fixent.

"Hé, j'peux m'incruster?"

On se retourne. C'est une armoire à glace qui s'adresse à Bastoche. Blond, le teint rosée, les yeux clairs, il s'appelle Philippe a.k.a "Phil". Un mètre quatre-vingt dix, environ. L'alcool que j'ai bu l'enlaidi encore plus. C'est le colocataire d' Esther, alors forcément qu'on lui dit oui.

"Il faut bien deux voitures, de toute façon. J'ai une copine qui arrive après, on sera huit en tout"

Moi, Bastien, Omar, Eshter, Serena, Victor, Philou et la fille. Tu es canon Esther, et en plus tu sais pas compter.

Elle m’a décrit Philou l'après-midi même pendant le cour de socio. Apparemment c'est une raclure professionnelle, une putain d'ordure asociale capable de pourrir des soirées rien qu'avec une phrase, enfin bref le genre de type qu'on accueille pas les bras ouverts en général, déjà rien qu'avec sa face de boche il m'énerve, dommage qu'il fasse un mètre quatre-vingt dix.
Son désir d'intégration révèle néanmoins ses ambitions : Lui aussi il veut tringler Eshter. Il vit à ses côtés, la matte, bave dessus, ses yeux hypnotiques occupent tout ses fantasmes, tâchent ses draps. Il sait déjà tout d'elle, sous tous les angles, il a dû creuser un trou dans le mur de sa chambre, celui qui donne sur la salle de bain.

Espèce d'enfoiré, j'ai bien envie de t'attaquer, de te vanner. C'est ma spécialité et toi tu n'en as aucune, tu n'es rien, toi qui conduit des chariots-élévateurs toute la journée et qui a l'air aussi puceau à trente piges que moi à seize. Décelant une once de perversité dans son regard chassieux, je me resserre un William Peel complètement pur.

Une seule gorgée et je sens déjà mon estomac bouillir, ma peau qui chauffe. La température qui monte. Dans la glace, je me fais peur : Je suis mal rasé, j'ai un bouton sur le front et le teint d'un alcoolique confirmé. Eshter danse et son cul me fait tourbillonner. Elle a mit une jupe courte en jean, ses jambes doivent être lisse, au moins aussi lisse que le caractère de son colocataire de merde. Serena boit, Omar fume, Bastoche téléphone à sa copine et prétexte une grippe pour ne pas la voir. Je ris. Je me regarde rire. Tout est plus beau quand quelqu'un vous sourit. Et quand ce quelqu'un, c'est vous, ça vous met encore plus dans l'ambiance.

Un autre whisky ? Je fais oui de la tête. Le quatrième où le cinquième de la soirée, j'en sais rien, je les compte jamais, je sais juste que ça commence à monter, tout doucement. Les murs changent de couleurs. Une sensation d'apesanteur se fait sentir dans le salon de Bastoche. Omar est assit en tailleur et flotte comme un fakir dans l'espace. Un velouté de fumée enveloppe son visage. La jungle music résonne. Les voisins vont gueuler. Bastoche s'en tape. Il revient dans la pièce avec le sourire jusqu'aux oreilles. Il balance son portable par la fenêtre.

"Pas envie d'être emmerdé ce soir."

Moi non plus, Bastoche.

tirail
tirail
Niveau 5
23 octobre 2009 à 07:14:31

Nice. La suite !

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
23 octobre 2009 à 09:53:32

Ahhhh, c'est très frais tout ça Emy :gni: !
Bien entendu, je plussoie mon VDD puissance 10 :rouge: ...

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
23 octobre 2009 à 10:26:56

23h44 : Quand on est chaud

La copine d'Esther s'appelle Pauline, c'est sa "best", sa "sœur de cœur", sa "moitié"
Elles s'embrassent sur la bouche pour se dire bonjour, se déshabille presque dans l'indifférence générale, comme ci aujourd'hui la pornographie envahissait mon cercle social. J'envisage de rouler une pelle à Omar pour prouver l'absurdité totale de ce témoignage d'affection mais la raison m'en empêche.

Pas la raison. La Honte.

Pauline est habillé comme une traînée, en moins sexy. J'embrasse ses joues overblushées avec dégoût, en souriant. Elle pue le déo pour chiotte mais je ne m'en plains pas : Mon ex bouffait de l'ail à tout les repas. Phil le pervers nazi se rince l’œil devant les seins de la nouvelle convive, qui ressemblent pourtant a deux vieux flambys mal pochés.

"Salut, moi c'est Pauline mais tu peux m'appeler Popo, si l'envie t'en prend..." Dit-elle en insistant bien sur le fait qu'elle a un piercing sur la langue.

Comment Philou va-t-il s'y prendre cette fois, ce bourreau des cœurs ? Tousser, tressaillir, se mettre à bégayer ? Va-t-il prendre la fuite, trop impressionné par les valeurs sexuelles que dégage cette jeune dépravée ?

"Phil."

Omar prétexte le ramadan pour esquiver les bises collantes de cette truie d'un mètre soixante, dont les mollets sont tels des rouleaux de Kebab. J'aurais dû faire musulman.
La pouffiasse s'assoit sur les cuisses du Géant Détraqué, et sautille en poussant des petites bruitages mignons. Elle n'en est pas consciente, mais ça vient de son enfance : Son père la prenait souvent sur ses genoux en criant "Hu ! dada !". Il est dur de comprendre ce qui pousse les filles à détruire leurs images, parfois. Elle est triste. Elle ne le dit pas, elle sourit, lance des regards chaud aux mecs -sauf à moi le connard de la bande- mais Pauline est malheureuse. Elle gobe un ecsta. Philippe bande, sa trique se tapisse tranquillement sous son jean délavé avec des clous au niveau des genoux. Esther à l'air bizarre.

"Jalouse ?"

Elle prend un air faussement vexé, et me lance une tape sur les pecs. J'en profite pour contracter, j'ai commencé la muscu il y a quelques jours.

"Mais t'es malade toi ?" s'amuse-t-elle.

Nan, je suis pas malade. Philippe lui plaît, c'est un fait. Elle a le profil type de la fille qui aime les mecs plus vieux : Son ex était marié et père de deux enfants. J'ai envie d'abandonner le combat avant qu'il soit trop tard pour encaisser une autre défaite, mais je ne peux pas. Les femmes sécrètent des hormones qui attirent les mecs et là en l'occurrence JE SUIS attiré. Vas-y Esther, prend moi, déchaîne-toi, be a woman, be a Bitch !

"Oh yeah ! You like doggystyle, huh ?
- Pardon ?"

Cette fois elle me snobe avec ses sourcils fraîchement épilés. C'est pareil plus bas ?

Je crois qu'elle a comprit. J'ai peur. Eshter est une femme, une vrai, c'est à dire qu'elle est concernée par les questions existentielles qui captivent la Femme. Elle croit en leur supériorité, en leur pouvoir de séduction. Elle en joue d'ailleurs, mais juste assez, pas comme sa copine le garage à bite. Finalement, elle sourit et me jette un coussin sur la tronche. C'est toujours ça de prit. Discrètement, j'enlève la housse du coussin et la fourre dans mon pull à capuche. Omar craque un joint de la taille d'une batte de base-ball. Victor joue au poker avec le micro-onde. Popo passe sa main sur le pantalon de Philippe avec une indélicatesse bestiale qui n'est pas sans lui déplaire. Serena danse, elle est déjà dans la boîte. Je trinque avec Bastoche, je suis vraiment bien.

J'étais vraiment bien. Jusqu'à ce qu'arrive l'heure ou il faut discuter de qui monte avec qui et dans quelle voiture. En général j'adore ce moment parce qu’il plombe carrément l'ambiance, mais avec Philou dans l'équipe, pas d'inquiétude à avoir.

"Bon, on va devoir se bouger là... déclare ce grand blond aux chaussures noires
- Bon alors qui monte avec qui ? surenchérit Popo, tout en jouant avec son bijou buccal
- Et dans quelle voiture ?" rajoute Esther

Je me manifeste en premier, comme pour prendre mon ticket à la boucherie.

"Moi je m'en fous."

PLus de musique. L'heure est grave. Les regards se croisent. Des tactiques s'élaborent mentalement. Je regarde Omar, tente de le rallier à ma cause. Il me sourit. Ses dents sont blanches comme de l'ivoire. Sa peau est noire comme du charbon, et j'ai l'impression qu'il ne rentrera pas ce soir. J'aime pas les parkings des boîtes, parce qu'on y entend la musique. J'ai trop l'habitude des parkings des boîtes : C'est la jungle.

Le béninois ne laisse rien paraître, mais il flippe. Le monde de la nuit est beaucoup touché par le racisme, et ça l'affecte énormément, presque autant que moi, qui rentre et qui ressort. A chaque recalage, c'est moi qu'il accuse :

"T'as le pantalon troué." "T'es trop bourré pour rentré". "T'aurais pu te couper les cheveux" "t'es trop con"

Moi j'ai bien trop peu d'ami pour lui dire la vérité, je sais qu'il sait et lui il sait que moi je sais. Je sais, nous le savons, et même vous, vous le savez. Mais si, ne faîtes pas les innocents. Vous voyez beaucoup de black, vous, dans les boîtes ? Un sosie de Vincent McDoom par-ci, un François-Xavier par-là, ni plus ni moins. On dit que les blancs ne savent pas danser et c'est faux. En tout cas ils dansent plus souvent que les blacks. Bref.

Devant moi les groupes se sont formés. Je dois me coltiner Phil et Popo, comme par hasard. Mais quelque chose fait jaillir en moi une sensation de dureté géniale : Esther vient aussi avec nous ! Je vais m'asseoir à côté d'elle, sentir son parfum, rentrer en contact avec sa peau. Je l'aime. Je n'ai jamais dit ça auparavant (à part une fois en quatrième, une fois en troisième, et l'an dernier aussi.), mais je crois que je suis amoureux.

"Tu montes devant, Poupée ?"

Esther roule ses yeux de biche, mime l'hésitation. La tension monte, Serena éteint la musique et ferme la baie vitrée. Les cigarettes crépitent et leurs fumées se rejoignent au dessus de nos tête, formant un voile de goudron cramé. T'as intérêts à dire non, Esther.

"No soucy ! Bon, on y go ?"

Connard de Boche. Je vais te tuer avec un couteau.

Speedmonst3r
Speedmonst3r
Niveau 10
23 octobre 2009 à 13:38:54

J'ai vraiment adoré, t'as réussi à installer une ambiance de malade. C'est vraiment du emy. Peu de fautes, de style ou d'orthographe. J'attends la suite avec impatience :)

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
23 octobre 2009 à 18:51:21

Mode je sais pas, réalité, peut-être.

Sinon merci pour ce commentaire très instructif.

Zech
Zech
Niveau 23
24 octobre 2009 à 17:53:07

Bon allez remarques de détails stylistiques :

"Nan c'est vrai, aujourd'hui on est plus franc avec son prochain, on est plus rien."
:d) Trop de recherche d'oralité nuisible ici. Le "nan" tu pourrais le transformer en "non", ca le rendrait pas moins oral, mais ca le rendrait plus joli. Mais surtout quand tu dis "on est plus" ca crée de l'ambiguïté fais gaffe. Parce que comme tu l'as écris ça signifie qu'ils sont davantage franc qu'avant. Alors que tu veux dire le contraire. Problème de l'ambiguïté du "plus" qui veut "plus jamais" ou "plus davantage" deux sens différents. Donc déjà il faut mettre "on n'est plus franc" certes à l'oral ce "n'" ne s'entend pas plus, mais ca change tout le sens à l'écrit. ca fait même un contre sens. pareil pour la suite "on n'est plus rien".

"on ment aux autres et à nous même, surtout."
:d) La virgule vaudrait mieux la placer après le "aux autres" parce rythmiquement parlant, mettre juste le "surtout" après la virgule ca le rejette tout seul en coupant totalement le rythme et c'est moche.

"Mais même moi, qui dit ça, je suis concerné aussi "
:d) Première tu accordes le verbe dire avec "moi" donc c'est "dis". Deuxièmement y a redondance lourde avec le "aussi" tu as déjà sous-entendu ce "aussi" avec le "même moi".
D'ailleurs ce "même moi" a déjà une telle insistance, que ton "qui dis ça" est totalement superflu, puisqu'on le comprend même quand il est pas là grâce au même moi, et au fait qu'il vienne de le dire.

"Vous savez quoi les mecs il faut briser la glace, il faut se regarder dans un putain de miroir avant de juger les autres."
:d) je suis pour supprimer la deuxième "il faut" qui est d'abord une répétition, certes stylistique, mais surtout en le supprimant tu donner plus d'intensité rythmique à ta phrase.

"de faire quelques choses" quelque* chose*

"Victor parle aux murs qui le lui rendent bien : On dirait qu'ils vont se marier." Je mettrais une virgule à la plce des deux petits points, la virgule étant une pause plus courte, plus adapté au ton d'un commentaire rajouté juste après. Et puis c'est plus uen sorte de parallèle ou d'illustrations que marque les deux petits points. Là dans le sens, c'est une subordonnée rattachée à la principale.

"La télé muette laisse apparaître un Christophe Dechavanne au mieux de sa forme mais c'est normal : On a coupé le son. "
:d) Trop longue la phrase, et tu gache la surprise, en disant que c'est normal avant de donner l'explication, tu devrais mettre : "La télé muette laisse apparaître un Christophe Dechavanne au mieux de sa forme : Normal, on a coupé le son.

En supprimant le "mais", premièrement tu supprimes le "c'est" qui est toujours lourd. Et surtout ca devient beaucoup plus rapide, donc intense. Ici tu peux laisser les deux points, ou mettre une virgule, les deux points sont justifié puisqu'ils laissent une pause importante, comme pour se rendre compte de l'absurdité de la première partie de la phrase, explicitée par la deuxième.

"Je propose à lui puis à Eshter puis à Serena puis à Omar le Béninois"
:d) Whooou que c'est moche "je propose à lui" on dit "je lui propose"
De plus on attend un COD qu'est ce que tu lui proposes, en relisant j'ai compris que tu parlais du verre de whisky, mais tu viens déjà de lui proposé, donc faut mettre un passé.
Donc faut dire "Après lui avoir proposé ce verre, je n'oublie pas Esther, Séréna et Omar le Béninois." D'ailleurs on écrit bien Esther et non Eshter.

"J'évite de servir Victor parce qu'il est bourré et qu'il conduit en plus, ce malade. " :d) Je pense qu'il faudrait préciser "resservir" et sinon il faut toujours éviter les "parce que" qui sont lourd. TU as deux choix :
"J'évite de resservir Victor qui est déjà bourré et conduit en plus, ce malade."
ou "J'évite de resservir Victor car il est déjà bourré et qu'il conduit en plus, ce malade." Tu évites en plus donc la répétition du "qui" dans les deux cas. perso je préfère la deuxième solution.

"Il danse avec une sculpture du proprio : Son visage est mélancolique, mais libre." Tu uses trop abusivement de tes ":" Tu peux mettre virgules, si tu veux faire un lien direct entre les deux phrases ou un point si elles ne sont pas lié par le sens.

"On trinque, et le choc des trois verres renversent celui de mon pote le Béninois" La virgule avant le "et" n'a aucun sens, et coupe le rythme, alors qu'il faut plutôt donner de la dynamique au phrase, même si on est dans un style oral.
RenversE* c'est le choc qui renverse. D'ailleurs "un choc" ca ne renverse, ça cause la renverse mais c'tout.
Une proposition : "On trinque et les trois verres s'entre-choquent, celui d'Omar se renverse. Sur l'Iphone d'esther."
oui autant dire Omar, c'est lourd "mon pote béninois" En plus ca semble une précision que tu nous as déjà faite précédemment. Pourquoi citer des marques sinon? Déjà deux fois. Autant dire sur le Téléphone d'esther. Enfin comme tu veux.

"en se levant vaguement" :d) c'est bizarre de se lever vaguement, on se lève ou on se lève pas. Je comprends ce que tu veux dire ceci dit, je vois la scène. Peut-être "en se relevant à moitié" je sais pas, mais vaguement ne va pas avec se lever.

Tu rementionnes l'iphone meilleur, en soi un iphone est un iphone, ca serait plus logiquement qu'elle est un meilleur téléphone. En fait disons que y a que deux version d'iphones, qui sont des smartsphones au passage, mais ceux d'Apple. Y a le iphone première version et le 3G. Donc c'est difficile d'en avoir un Encore meilleur comme si c'était une habitude d'avoir toujours un meilleur. Y a qu'une possibilité à vrai dire. Qu'elle est la première version, et qu'elle ait par la suite le 3G. Bref je suis vraiment pas fan de ton utilisation des marques. Carglass, j'avais pas trop apprécié déjà. Autant faire un jeu de mot, en changeant le mot carglass, et justmeent on fera tous le lien dans notre tête avec carglass, ca sera mieux.

"Personne ne s'inquiète pour ça." Ici il faut marquer le lien logique de la manière que tu veux. Le pourquoi personne ne s'inquiète. soit en l'attachant à la phrase précédente par une virgule et supprimant donc le point, soit en écrivant : "personne ne s'inquiète donc pour ça."

"Elle nettoie l'écran tactile avec le revers de sa manche. Je lui remet un doigt de whisky. Serena a profité de l'occasion pour aller mettre de la musique, et les esprits s'échauffent." Lr rythme est d'abord trop haché. Je mettrais une virgule à la place du premier point, en plus ca donne une sorte de cause à effet, comme pour faire oublier l'accident. De plus c'est "remetS" Enfin dans la troisième phrase là encore la virgule avant le "et" est inutile et désastreuse pour le rythme. elle est à supprimer. C'est le problème des écrivains des anciens du forum, je me bats avec matt pour essayer de lui faire passer cet automatisme. Et je me bats avec moi même car j'ai le même d'ailleurs. Mais j'y travaille.

Trop d'oralité c'est moche "J'ai pas vraiment faim, pas quand je bois parce que ça me fait gerber." "Je n'ai pas vraiment faim, c'est quand même plus beau, et ca faire pas écrit précieux, on peut rester dans l'oral naturel comme ça. En plus la répétition du "pas" est moche. Enfin le "parce que" c'est toujours aussi moche. Ainsi je mettrais : "Je n'ai pas vraiment faim. Jamais quand je bois, ça me fait gerbe."

"Et j'attends cette soirée depuis des lustres, depuis que j'ai rencontré Esther, en fait. " Comme y a un point avant le ET, il faudrait marquer que ce "et" n'est pas uniquement consécutif mais aussi une accentuation de cause, tu peux le faire de cette manière "Et puis, j'attends cette soirée depuis des lustres, depuis que j'ai rencontré Esther en fait." Alors premièrement encore une fois supprime la virgule à la fin avant en fait, ca le mets trop à l'écart, en rendant lourd le rythme, et puis ici franchement je trouve le "en fait" inutile et lourd. Tu l'enlèves ca donne plus d'intensité à la révélation, car on comprends bien que s'il précise "depuis que j'ai rencontré Esther" c'est que ça en est la cause. Et puis c'est déjà marqué par la reprise stylistique du "depuis".

"ça personne le sait encore" encore trop d'oralité inutile. c'est moche. "ça personne NE le sait encore"

"la bouteille de Clan" Ca me rebute vraiment personnellement toutes ces marques dans ton texte, tu es payé par la publicité ou quoi. Tu peux te contenter de parler de la bouteille de whisky. Ou si tu veux être précis ici, de dire la bouteille de Scotch. Mais fuck les remarques, en plsu c'est du snobisme, je suis un alcoolique, je sais ce qu'est une bouteille de clan, mais tout le monde non, le whisky par contre tout le monde sait.

". Elle est brune. Elle me regarde. Elle se dandine sur le canapé du salon avec son verre à la main. " Tu haches trop tes phrases coupant tout rythme là encore.
"Elle est brune, me regarde et se dandine sur le canapé du salon, son verre à la main." Là tu rajoutes plus de densité et en plus tu supprimes la lourdeur dela répétition de "elle".

""Alors, motivé ce soir ou quoi ? lance-je " lol lance-je, on dis lançais-je

"Trop pressé d'y être" Esther est une femme à priori vu son décolleté, donc presséE*

"Elle n'est pas de la région, et dès la soirée d'intégration j'ai volé à son secours." Encore une virgule à supprimer avant le "et" qui coupe le rythme. Si tu veux en mettre tu peux faire et en mettre deux même, qui auraient beaucoup plus de sens et auraient leur propre rythme.
"Elle n'est pas de la région et, dès la soirée d'intégration, j'ai volé à son secours."

"Les alentours de la ville n'ont plus de secrets pour moi, et ça peut jouer en ma faveur. " Là par contre encore une virgule avant le "et" qui coupe le rythme sans raison!!!!!!!

"C'est Walt Disney pour les fêtards" Mais va te faire foutre avec tes marques!

"Elle me fixe. Je la fixe. On se fixe. Vous nous fixez Ils vous fixent. "
:d) MOuai pas convaincu par la blague de fin "vous nous fixez Ils vous fixent"

"il s'appelle Philippe a.k.a "Phil"." :d) Je suis peut-être un vieux con, mais je vois pas pourquoi utilisé ces initials anglaises, dont d'ialleurs tout le monde ne sait pas la signification, et puis pourquoi pas utilisé le terme très français de "alias". Au moins tout le monde comprendrait.
Et après c'est moi qu'on traite d'élitiste merde!

"L'alcool que j'ai bu l'enlaidi encore plus." enlaidiT*

"Moi, Bastien, Omar, Eshter, Serena, Victor, Philou et la fille" C'est quand même pas poli de se citer en premier. Enfin de toute facon il est pas très fin le narrateur donc on lui laisse.

"Tu es canon Esther, et en plus tu sais pas compter. " Encore une Virgule inutile. Au pire pour du suspens, tu peux la foutre après le en plus mais bon. Je comprends pas pourquoi le tu sais pas compter, y en a bien huit. donc elle semble savoir compter.

"rien qu'avec une phrase, enfin bref le genre de type" Tu fous un point là, elle est bigrement trop longue la phrase.

"Lui aussi il veut tringler Eshter."
EstHer* et le "il" est inutile, il faut toujours supprimer l'inutile.

"envie de t'attaquer"
On dit pas trop envie de t'attaquer.

"C'est ma spécialité et toi tu n'en as aucune, tu n'es rien, " Mais un point après aucune. Tu as tendance vers la fin de cette première partie à faire des phrases trop longues.

"être lisse, au moins aussi lisse" LisseS* à moins qu'elle soit unijambiste et ca couperait alors de son sex apeal.

"Je fais oui de la tête" c'est moche quand même, tu peux pas "opiner de la tête" ou "acquiescer de la tête"

FIN de la reprise précise du style.

Sinon c'est assez sympa à lire, l'art du monologue intérieur est assez bien maitrisé, même si t'y mets trop d'oral, d'où des laideurs et des ambiguïtés que j'ai relevées.

Bon donc c'est sympa, y a de l'intérêt dans l'écrit pour ça que j'ai pris la peine, de le reprendre.

Maintenant je vais lire la suite une autre fois. Mais quel intérêt je me demande? C'est un peu trop cliché à la mode En effet. Je veux je me suis tapé le gros pavé de Tom Wolf, Moi, Charlotte Simmons, par l'auteur du bucher des vanités. Vous voyez le genre grosse critique sociale, cette fois à travers le monde étudiant, de la débauche et de l'alcool. JE crois que j'ai lu rien qu'avec ce pavé tout ce qu'on pouvait dire sur le sujet.
Donc ca me semble un peu sans intérêt maintenant. Mais j'avance trop, peut-être y aura-t-il un intérêt plus profond qu'une sorte de critique sociale d'une vie étudiante basé sur l'alcool, les fantasmes et la débauche.

Bref, c'est bien quand même. donc, j'arrête d'anticiper.

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
25 octobre 2009 à 18:57:08

00h39 : Quand on a peur.

Philippe baisse le son. Pauline se redresse et réajuste son décolleté, prête à user de ses charmes approximatifs. J'aperçois la voiture de Victor qui file sans même se soucier de notre sort : Il est pété comme un coing. C'est à n’y rien comprendre. Pourquoi il ne s'est pas fait arrêté ? Pourquoi ? L'hypothèse d'une conspiration d'échelle mondiale me taraude de plus en plus. Mes mains sont humides, ma vessie pleine à craquer. Je finis le mélange et planque la bouteille sous le siège avant. Les bottes du flic claquent contre le bitume humide en même temps que la pluie, qui tombe au bon moment. Philippe baisse sa vitre et accueil cordialement le représentant de la loi avec son regard de tueur. Voici donc un impassible moustachu avec des lunettes de vue et un képi qui passe sa tête de fouine dans l'encadrement de la portière.

"Agent Gunnar. Vous saveZ à combien vous roulez, monsieur ?" fait-il avec son accent de belge enrhumé.

Sans musique on se sent vite mal à l'aise et j'ai envie de m'enfoncer dans mon siège, mettre sur pause puis avance rapide pour me retrouver directement dans mon lit, bien au chaud. Mon cœur bat la chamade cependant que Popo s'amuse avec son piercing, mutilation moderne considérée comme banale mais qui démontre cependant une volonté d'autodestruction assez conséquente. Les traits de Gunnar le Belge se détendent aussitôt. C'est là que Philippe répond avec impertinence :

"190. Peut-être plus.
- Et vous trouvez ça normal ?" dit Gunnar en reniflant bruyamment.

Le tempérament imprévisible de ce grand dadet commence vraiment à me courir sur le système, et le pire c'est qu'il n'a bu qu'un seul verre d'alcool. Il me revient de moins en moins.

"Nan, claque-t-il. Je suis un putain de criminel inconscient. Enfermez-moi avant que je devienne un assassin."

Popo passa sa main dans son décolleté et se malaxe la poitrine tout en simulant la jouissance ultime, celle que Gunnar et son chibre n'ont certainement jamais offert à quiconque. Si on s'en sort, je les étrangle. Tous. Un par un. le flic reste blême. Son regard vitreux est dédoublé par deux hublots montés sur branche qui pendent au bout de son nez tordu. Il est perplexe.

"J'ai picolé, en plus. Sentez moi ça !"

Ceci dit, Philippe crache sur les lunettes du policier. De battre mon cœur va s'arrêter.

Maintenant, on n'entend plus que le vent, la pluie qui perdure et les gémissements décomplexés de Popo. Esther se mordille l'intérieur des joues et j'espère de tout mon être qu'elle ne s'intéressera plus à ce malade mental par la suite. Elle est avec moi la seule personne censée à bord de ce véhicule, je suis rassuré. Le flic retire ses lorgnons pour nettoyer les verres. Nous découvrons un regard étrange : Un oeil droit et un oeil maladroit.

"Vous avez des substances illégales sur vous ?"

Avant que je m'interpose pour éviter la catastrophe, Phil avoue d'une façon tout à fait neutre :

"Pauline, la traînée qui se tripote, elle a planqué des ecsta dans sa culotte."

C'est cuit. Gunnar le Belge se redresse, dégaine son arme de service et adopte une attitude beaucoup plus persuasive : Il braque son flingue droit sur Philippe et lui ordonne de sortir de la bagnole. J'ai bien envie d'ouvrir la portière et de me faire la malle, mais Esther a besoin de moi et de mon esprit rationnel. Ou le contraire ?
Le flic, qui semblait calme et pacifique quelques secondes plus tôt, est de plus en plus nerveux : Il ne tient plus en place et il tremble, comme quelqu'un qui reçoit les informations en leger-differé. Il bégaye et son visage est bourré de tics nerveux compulsif. Philippe doit dépasser son interlocuteur de trente centimètre et le toise, le dénigre avec le sourire. Il pourrait l'écraser avec l'index.

"Vous allez marcher la longue de cette ligne blanche, pour voir si vous êtes bourrés."

Philippe s'exécute , titube et tombe très rapidement sur le bas-côté de l'autoroute. Il n'a pourtant pas bu beaucoup, mais il attache visiblement une grande importance à finir derrière des barreaux ce soir. Agacé, le Belge pose son doigt sur la détente. Vas-y, shoote-le, une balle dans la rotule, une autre dans la gorge, fait le souffrir. Je dois pisser et Philippe doit crever. Esther m'appartient déjà un peu plus que tout à l'heure, pour moi cette soirée, si elle s'arrête maintenant, n'aura pas été un fiasco.

"T'inquiète pas, Esther, les menus des prisons sont si diététique qu'à ta sortie ton cul sera tellement fin que mes deux mains suffiront à le recouvrir totalement.
- Ta gueule, Trav ! C'est pas le moment. Rétorque ma dulcinée
- OUais c'est vrai, ferme-là un peu !" amplifie Popo.

Quand le stress monte et se propage dans mon corps, j'ai du mal à choisir mes mots. Mon intervention n'a pas eut l'effet escompté, par conséquent je perd encore des points dans le classement du Cœur d'Esther.

"Bon, maintenant, Tu vas de déshabiller et faire le poule. déclare Gunnar, la morve au nez.
- La Poule ? s'étonne Philippe
- Oui, le poule."

Avant de se lancer dans un strip-tease intégral sous la pluie au bord de l'autoroute, il jette un regard courageux à Eshter, comme si il allait le faire pour ses beaux yeux. Puis il enlève sa chemise de bûcheron, son pantalon de velours, ses pompes et ses sous-vêtements en deux temps trois mouvements, et je dois me rendre à l'évidence ; Son anaconda est bel et bien démesuré, ce qui suscite inévitablement l'intérêt de deux femelles installées dans l'habitacle du véhicule. Gunnar le Belge est mort de rire, plié en deux sur la bande d'arrêt d'urgence. Il tire des balles vers le ciel. Je regarde les étoiles, fixe la pleine lune. Je me pince. J'hallucine.

" Il est bien monté ! s'exclame Popo
- Ouais, Grave ! valide Esther."

Le dégoût me fout des remontées acides. La pluie se calme doucement. Gunnar se relève, rengaine son machin et ordonne à Philippe de ne pas se rhabiller.

"Allez, dégage avant que je te défonce ta face de norvégien prétentieux !
- Je vous emmerde !
- Bonne soirée."

Le voilà de retour, victorieux, nu comme un Terminator qui débarque du futur. Toujours aussi prétentieux et suffisant, il se délecte des divers compliments lancés tour à tour par Pauline et Esther, en admiration devant ses testicules fermes et son sexe fier. A-t-il l'intention d'aller en boîte comme ça ? Ok, il a un corps bien développé, ok il est bien membré, mais jamais il ne rentrera à poil, ça j'en suis certain. La perspective de le voir plus bas que terre me fait bouillir intérieurement. J'en peux plus, l'alcool s'infiltre dans mes pensées, Phil met le CD de Klaus Nomi, une star de la new wave au début des années 80 révélé par David Bowie et mort du Sida en avant-première.

"Ca va, Trav, t'as pas eu trop peur ?"

Je m'avoue vaincu. Pour cette fois. Ma vessie pèse dix kilos, mais trop tard, on est déjà reparti. La voix de Klaus m'énerve au plus haut point.

"J'avais confiance."

Bientôt, l'heure de ma vengeance aura sonné. Dehors, il fait une deux heures moins le quart. Avant que Jésus cri.

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
25 octobre 2009 à 21:12:00

Toujours aussi fraiche, la petite mademoiselle :-p !

Honnêtement, Emy, c'est le meilleur texte que j'ai lu de toi. Là, il y a enfin un quelque chose qui ressort des lignes et nous fait accrocher. Bien sûr, ce truc était là avant, mais ... pas en aussi développer.
La plume est acide, et je m'en délecte avec un plaisir malsain. Tu hais Phil' ? On hait Phil'. Tu veux sauter Esther ? On te suit, on veut baiser avec Esther.

je me sui régaler, malgré les fautes qui parsèment le texte. Mais moi, les fautes, je m'en contre-fou.

ENCORE :bave: !

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
26 octobre 2009 à 12:21:49

01h35 : QUand on croit rêver.

On est entouré par des individualistes. C'est la société qui veut ça, et on ne peut rien y faire. On est entré dans l'ère du chacun pour soi. Pas une âme pour venir au secours d'un type mal en point. Pas un pour rattraper l'autre. C'est pour cette raison que lorsque Philippe s'est trompée de sortie, tout le monde lui en a voulut.

Surtout moi. Je regardai le panneau indiquant Pecq s'éloigner, puis disparaître ensuite sous la brume. Je maudissais mon impuissance.

Les filles n'ont rien voulut dire, mais moi, je l'ai insulté ouvertement. Enfin, je l'ai pensé trés fort :

"Mais t'es con où quoi ? Tu l'as fait exprès, hein ? Dis le moi, que tu as fait exprès ! Ca t'amuse de nous faire galérer ? T'as rien dans le crâne ? Qu'est-ce que tu cherches ? Tu veux te battre ? Vient, si t'es un homme, Come on, motherfucker, come on !"

Il était toujours nu à ce moment et les compliments d'Eshter ne cessaient de gonfler son membre imposant. Klaus Nomi m'insupportait : Sa voix aiguë et stridente me donnait des nausées. Même Popo ne jouait plus les allumeuses. Son visage était devenue neutre, sa poitrine dégoulinait, je ne riais plus. Omar m'envoya un texto pour me dire qu'il s'amusait bien, qu'on l'avait fait rentrer sans problème et que Victor jouait au rugby avec ses chaussures. Un sentiment de frustration m'avait soudain envahit, si je me souviens bien. Des effluves d'alcool s'insinuaient dans mes paroles, sans même que je m'en rende compte.

Quand Phil est sorti de l'autoroute, nous nous sommes retrouvés en pleine campagne, éloigné de tout à part de quelques vaches noctambules qui cherchaient une belle touffe à brouter. Cette sensation d'insécurité fut quintuplée par mon état d'ébriété / ou quand la bave se mit à suinter sur mes lèvres et mon menton.

"Pause pipi, mes enfants, pause pipi." avait prétexté le trentenaire suédois aux goûts musicaux particuliers.

On a là encore un bel exemple d'individualisme : Monsieur eut une envie pressante alors il fit sortir tout le monde de la voiture et verrouilla les portières, s'assurant que personne ne trahirait sa confiance. Je remarquai que le visage des deux filles perdaient de leur éclats et devenaient même livide, comme saisie par l'inquiétude. Etait-ce juste une impression ? Etait-ce ma propre image que je projetais sur elle ? Etait-je vraiment un rétroprojecteur ? Je ne m'en souviens plus.

La mâchoire de Pauline se contractait à cause de l'ecstasy ingurgité plus tôt. Moi, je n'avais pas spécialement froid, mais elles, grelottaient. Une chaire de poule se propageait lentement sur la nuque d'Esther, si bien que je tentai de la réchauffer un peu.

"T'es lourd, Trav, c'est pas le moment !"

Esther n'était pas inquiète, ça non, elle avait juste peur. Peur de quoi ? Aucune idée. Haut dans le ciel, loin de l'espace, il est difficile de faire la part des choses. Philippe me fixait. Je le fixai. Sa queue me fixait. Les filles se fixaient et fixaient aussi sa queue. Mais qu'est-ce qui ne tournait pas rond ? Cette situation n'avait rien de banale et le chibre de Philippe non plus. Je sombrai, je le savais, et ne distinguai plus la silhouette du conducteur blond. Devant moi il n'y avait plus que le visage des filles, passés de la peur à l'horreur en un rien de temps. J'ai ri. J'ai cru que c'était fini.

****
Maintenant ma gorge est sèche, je sens mauvais : Il y a comme un mélange d'alcool, de tabac, de sueur et de sang coagulé qui parfume mon épiderme et je n'aime pas ça. Je suis recroquevillé comme une larve dans un coffre humide et étroit. J'étudie plusieurs possibilités tout en ayant la certitude de savoir où je suis. J'ai mal derrière la tête, Philippe m'a blessé. Les visages des filles me reviennent. Alors je ne suis pas fou. Ce type n'est pas net, il faut être aveugle ou très con pour prétendre le contraire.
Maintenant Popo crie, mais elle ne prend pas son pied. Ce sont des gémissements de frayeurs, des hurlements étouffés par un bout de tissu. J'entends et essaye de rester calme, sans pouvoir empêcher l'accélération de mon cœur. Pas de signe d'Esther. L'a-t-il déjà découpé en morceau après l'avoir torturé et violé ? De là où je me trouve, je ne peux qu'espérer.

Un bruit, répétitif et sourd.

Du coffre émane une odeur vraiment répulsif : Une odeur de merde croisée à celle d'une porcherie, comme si Phil s'en servait pour stocker du purin ou une autre matière tout aussi dégueulasse. Je manque d'air, j'ai soif. Combien de temps dois-je tenir ? Quelqu'un peut m'aider ? Non ? Bon. D'accord.

"AIDEZ-MOI !! SORTEZ MOI DE LA ! PHILIPPE QU'EST-CE QUE TU FOUS ?!!"

Un faisceau de lumière m'agresse. Je plaque mon avant-bras contre mon visage.

"C'est bon, t'as décuvés ?"

Je reconnais ce timbre de voix impersonnel et froid. C'est bel et bien Philou, qui se tient devant moi tel un monolithe noir et glacial, affublé d'un regard paternaliste ou méprisant -J'hésite-. J'ai envie de lui sauter au cou et de lui arracher la jugulaire avec les dents mais il risquerait de me remettre en place assez rapidement. Quoique j'ai fais du judo dans ma jeunesse. Quoique... Non. Il vaut mieux jouer le mec super étonné, pas suspicieux pour un yen.

" Qu'est-ce qui s'est passé ? "

Philippe mime la consternation quand Omar apparaît. Celui-ci est encore plus pitoyable que tout à l'heure avec ses pupilles dilatées et ses narines enfarinées. Mais merde, qu'est-ce qu'il peut bien foutre ici, en pleine campagne ? Mon cerveau effectue un virage à cent quatre-vingt degrés, ses pneus crissent dans mes oreilles. Mon meilleur pote est surexcité, il bondit dans tout les sens, dégaine son samsung et met l'appareil photo en mode rafale. Il dit que c'est du gros dossier et que demain à la première heure je suis sur Facebook. J'ai une face à être booké, moi ? Je sais pas. Je sais PLUS. Soit je passe pour un con, soit je suis au centre d'une grande machination visant à me nuire. Soit on me fait passez pour un con dans le but de me nuire. Omar remarque ma nuque parsemée de sang séché. Ses rides frontales symbolisent alors la surprise.

"Tu t'es fais mal, mec ?
- Ouais, c'est cet enfoiré de nazi qui m'a donné un coup de marteau par derrière ! Appelle la police mec avant qu'il te fasse pareil. En plus il déteste les noirs, il me l'a dit texto !"

Là, j'avoue, j'ai menti pour choquer Omar le plus possible. Tous deux sont côte à côte, séparés par la lune qui est beaucoup trop proche pour être vraie, et ils me fixent. Je les fixes. Même vous, vous me fixez. Vous me fixez avec un dédain conséquent qu'il m'est impossible d'ignorer. Omar a arrêté de sauter partout. Si j'ai réussi une chose, c'est bien de lui avoir cassé son délire de camé. Il pose sa grosse main sur mon front visqueux et me secoue la tête.

"Faut que t'arrêtes de boire, Trav. Et de fumer. Et de prendre des trucs bizarres."

Quand j'allais à l'école primaire, je n'avais pas beaucoup d'amis. Omar non plus, et on sait pourquoi. Ce mec est totalement déphasé, en plus d'être black. Je sors du coffre, et m'étale par terre. Mes coudes et mes genoux en prennent un coup. Phil m'aide à me relever. Je le repousse en l'insultant, vacille quelques mètres pour finir ma course sur le capot de sa caisse à la con. Mon cerveau fait un double salto arrière : Je suis dans un parking saturé de poivrots tous plus défoncés les uns que les autres. Je n'y crois pas, c'est merveilleux. Un monde en couleur. Un monde de douceur avec quelques touches d'alcool fort. Phil n'est plus à poil, il est sapé comme un fashion avec son jean patte d'eph' délavé et son tee-shirt qui clignote comme une guirlande et qui dit un truc genre :"The Electro Music is my religion so keep it dancing all the night with lady de puta madre". Est-ce vraiment possible ? Comment distinguer le vrai du faux ? Phil me tend son parfum Calvin Klein, une bouteille d'eau et un tee-shirt encore plus fashion que celui qu'il porte, à croire qu'il veut que je lui vole la vedette.

"Nettoie ton visage et enfile ça, on va essayer de te faire rentrer."

Ce bruit, sourd, c'est de la musique. On dirait pas, pourtant. C'est la musique des boîtes belges. Ils ont tous deux le tampons qui officialise leur présence dans la boîte. On est bien arrivé à Pecq. Alors ne nous attardons pas sur des détails inutiles, je vous en prie... Ce soir, je suis un "BITCH FUCKER" et c'est pas moi qui le dit : C'est mon tee-shirt.

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
27 octobre 2009 à 11:05:26

Je me retourne, pour être sur que c'est bien de la même qu'on parle. La beauté de Trisoline n'est pas vraiment transcendantale, c'est le moins que l'on puisse dire.

"C'est un vrai cageot. Mais dans le noir avec un sac poubelle sur la tête, y'a moyen de négocier quelque chose."

Face-de-Zèbre me terrifie. J'ai l'impression qu'il veut me croquer.

"C'est ma copine. Tu la touche, je te charcute. C'est pas parce que j'ai des rayures sur le visage que je suis une pédale. Je te sers quelque chose ?
- Un verre vide, s'il te plaît."

C'est beau, de regarder le monde au travers d'un verre. C'est comme manger du chili avec plein de Tabasco : C'est drôle, mais uniquement dans un espace confiné. Au travers d'un verre, Trisoline est encore plus moche que d'habitude. Personne ne peut me voir. J'observe. Marcher droit est une tâche ardue.
Les démons ont envahit le Devil. Des cornes trouent leurs fronts, du sang coule dans leurs yeux jaunes et sur leurs visages. Des dents acérées, des regards malveillants. Mon cerveau fait du saut à l'élastique, il rebondit contre les parois de mon crâne. Les démons ne peuvent plus sortir. Des flammes ardentes les en empêchent. Ils s'entretuent par désespoir, tandis que l'incendie se propage dans la salle. J'ai chaud. Mon dos est glacé, il faut que je pose ce putain de verre plein de traces de doigts avant de me faire griller comme un sanglier. Je me pose, balaye la boîte d'un vif coup d’œil, pète un coup. Au travers d'un verre, j'ai vu la vérité. Tout cette mascarade, pourquoi ? Les déguisements sont bien foutus, on dirait des vrais loques humaines excitées on tha dancefloor. On a été pris au piège, comme des cons. Fébrile, je m'acharne sur les portes battantes, mais rien à faire : Elles sont fermées avec des chaînes en fer. On m'attrape l'épaule. Je suffoque. C'est le grand chauve baraqué de l'entrée, qui fait comme si de rien.

"Un problème, gamin ?"

Montre moi ton vrai visage, enfoiré. Je sais qui tu es.

"T'es un démon ! Le gardien des enfers ! Mais oui, c'est lui, regardez le tous : On l'a trouvé !"

La musique est trop forte, il a entendu un mot sur deux. Heureusement pour moi, j'ai envie de dire. Ses pupilles sont d'un rouge flamboyant : Elles le trahissent. J'aimerais avoir le verre de tout à l'heure pour authentifier mon hypothèse.

"Tu devrais te mettre un peu d'eau sur la tronche gamin, t'as du prendre trop de saloperies."

Me passer de l'eau sur le visage, bonne idée, connard. Pour que tu m'enfonces ta fourche dans le dos sans crier garde ? Je tourne les talons, il m'attrape à nouveau l'épaule.

"Et tu devrais faire gaffe à Trisoline. C'est une vrai nymphomane, mais elle appartient à Face-de-Zèbre. Le grand Bob s'est fait avoir aussi, il l'a culbuté sur une pétrolette au milieu du parking. Face-de-Zèbre l'a sut, et on a plus jamais revu le grand Bob."

Il sourit : L'une de ses canines affûtées est à découvert. Naturellement donc, je me téléporte aux chiottes pour vomir. Saisissant mon crâne comme un bélier, j'enfonce la porte d'une cabine verrouillé et lâche le lest sur la tête d'un suppôt de Satan en mode grosse commission. Je m'excuse puis me penche vers le lavabo entartré pour rafraîchir mes pensées. Je n'aurais jamais dû relever la tête.
S'engouffrer dans le siphon. Vivre en autarcie dans les canalisations, oublier ses problèmes.

Croyez-le ou pas, Trisoline m'a suivit. Ses traits disgracieux sont reflétés par la glace qui domine le lavabo. Elle me fixe, ses yeux fuyant font des loopings, ma cervelle aussi. Elle s'avance. Lentement. Je n'ose point me retourner. Elle s'avance. Ses échasses font plus de bruit que le vacarme ambiant. Elle marche mal. C'est rare, quelqu'un qui marche "mal" : Pour tout vous dire, elle a des allures de cul-de-jatte, et pourtant elle a des jambes. Ses ongles s'implantent dans les vertèbres qui succèdent mon anus. Sa langue, sèche comme la Tanzanie, irrite ma nuque, me donne envie de chialer. Je voudrais être liquéfier, être dans mon lit, lire un bouquin de Dostoïevski pour m'endormir. Le bout de ses sabots écrasent mes orteils. Sa poitrine dégouline jusqu'à mon nombril. Je lui fait face à présent, son souffle fétide fait disparaître la notion du temps. Le suppôt du Diable essuie son polo plein de gerbe et me regarde, interloqué. Tout est plus long. Il me parle, je comprends pas. C'est beaucoup trop lent pour l'oreille d’un mortel.

"TOIIII T'EEEEES MOOOOORT"

Ou un truc comme ça. Il s'écoule une éternité avant que ses lèvres n'engouffrent les miennes. Je ferme les yeux, pense à ma mère pour ne pas bander. Une langue, abrasive comme la face verte d'une éponge s'infiltre dans ma bouche, chatouille ma glotte. Ce que je ressens est très étrange. C'est limite oppressant. Je déglutis, bien fait pour elle.

L'image de la personne est donnée en fonction du cadre dans laquelle elle évolue : Les chiottes sont moisies, Trisoline aussi. Sur la surface du sol suinte une substance noirâtre, telle la sueur qui perle sur le front et les aisselles de la nympho. Elle reste plantée devant moi, elle se veut sensuelle mais ne l'est pas. Sa langue pâteuse et agressive s'aventure en dessous de ma ceinture. Je n'ai plus qu'une solution : Pratiquer le voyage astral. Il faut que mon corps connaisse le monde sans sortir par la porte.

Impossible. La cochonne notoire se débarrasse de mon jean et avale mon sexe de taille faible sans prévenir. Son nez se noie dans ma coupe afro, elle fait de l'apnée avec mon tuba. Je ne peux plus lutter. L'évènement qui se produit alors sous mes yeux est totalement pittoresque, j'ai moi-même du mal à y croire.

Je vois deux Trisolines, deux chibres d'envergure risible, six cabines à caca, douze urinoires, quatres néons au plafond, quatorze lavabo. Deux portes qui s'ouvrent en même temps. Deux Face-de-Zèbres. J'éloigne les traînées d'un coup de genoux : Elle saignent du nez et s'en amusent. Les trans-espèces aux mâchoires supérieures proéminentes marchent rapidement vers moi avec des bouteilles de champagnes dans leurs mains droites. Ils n'ont pas l'air de vouloir jouer au pendu. Quoi que.

Dans un ultime élan d'espoir, les Trisolines s'opposent, tentent de raisonner les trans-espèce fous furieux. En vain. Ces derniers envoient balader leurs petites amies contre les portes d'une cabine qui s'effondrent sous la masse importante des deux femelles en chaleur. Je pleure. Les bouteilles s'approchent au ralenti. Le mouvement du bras est décomposé dans l'espace-temps. Quatre bras. Huit bras, Douze bras.

J'ai l'envie de rester en vie. A mon avis.

where_is_joel
where_is_joel
Niveau 5
27 octobre 2009 à 15:26:28

"C'est ta copine ? demande Pauline.
- Non, c'est ma pine." fais-je, grise-mine.

tirail
tirail
Niveau 5
27 octobre 2009 à 16:38:20

J'aime bien ton texte parce qu'on sent que tu as pris beaucoup de plaisir à l'écrire.

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
28 octobre 2009 à 12:44:33

le Matin, tôt ou tard.

On chante sous la douche. On joue au basket avec ma tête. De mes yeux demi-clos, je balaye la pièce. Il n'y a pas de vitres, seulement des barreaux. Le manque d'hospitalité de mon hôte me saute au visage et me martèle de coups. Mais qui est-il ? Philippe ? Non. Il habite avec Esther, et je connais l'endroit. A moins que sa chambre soit encore en travaux. La maison d'Omar est ahurissante de part sa saleté, mais il n'aurait pas prit la peine de m'escorter jusqu'à chez lui. Quelqu'un est étendu à côté de moi. Quelqu'un d'assez gros, qui ronfle et tousse. Quelqu'un que je ne connais pas, mais qui a dû picoler au moins autant que moi.

Dehors des chiens aboient. Un car à vannes passe, ce n'est pas drôle. Les rayons du soleil vont bientôt faire fondre ma cuisse poilue. Mon estomac est rancunier. Je vomis encore une fois.

On chante sous la douche. Avec une voix de baryton. Un langage que je n'ai jamais entendu nul part. Tout est flou, il faut que je me souvienne. J'ai l'impression d'être loin, très loin dans l'espace et la Terre me manque. Je me lève, analyse la texture des murs. Ils s'effritent, ils sont en terre cuite. Mon ventre me démange, on dirait bien qu'un tigre m'a griffé.

Le paysage ne ressemble à aucun autre. Un éternel horizon de sable se profile à l'extérieur. Rien ne sera plus comme avant.

On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. Je retire mon tee-shirt pour examiner la blessure qui endolorie mon ventre. C'est une cicatrice, qui relie les deux parties de mon abdomen avec un fil grossier. Une mouche vient se coller à la chair humide, ça chatouille.

Il faut que je redescende. La porte est fermée. Je tambourine sur les murs. la douche arrête de pleurer.

"OUVREZ LA PORTE ! JE DOIS PRENDRE LA PROCHAINE FUSEE !"

Le type ouvre la porte. Il est facile a reconnaître. Face-de-Zèbre. Nu, le sexe caché par une serviette de bain. Il porte un bocal dans sa main.

"Mais c'est mon foie ! Je le reconnais, c'est bien, mon foie ! Reste là, papa va venir te chercher !"

Je fais un bond, me cogne au plafond, le transperce, pleure. Même sans foi, on peut vivre. On assure le contraire, parce que personne n'a jamais essayé.

On a mit ma tête dans des chiottes. On a tiré la chasse. Maintenant je suis coincé entre la fosse sceptique et la surface. Je ne respire plus. Je me noie.

"Aidez-moi"

Face-de-Zèbre ne doit plus voir que mes jambes, elles s'affolent dans le néant. Je patine. J'ai chaud aux pieds, froid au crâne. Je suis, je suis : Un oeuf à la coque.

"Tu vas trop loin, jeune homme.
- Je vis encore !
- Tu crois trop loin, jeune homme."

Un nuage rose en forme de trompette s'installe au dessus de moi, prêt à me cracher sur le bulbe. Je fulmine. Mon pouls monte en flèche, des flèches désintègrent mes poux. Oh mon dieu. C'est un orage. Le soleil s'en va en sifflotant, avec son petit air pédant.

"Revient, enfoiré ! T'as pas le droit de me laisser !!"

Maintenant, Face-de-Zèbre est juste en dessous de moi. A-t-il grandit très vite ? Y'a-t-il une échelle dans le coup ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Ma cicatrice. Quelque chose de froid, de piquant.

Elle s'ouvre. Je lâche du lest. Une bonne crème de nuit pour cet individu trans-espèce collectionneur de foie. Mes ailes se déploient. Le nuage s'espace, m'ouvre une voie. Les tripes a l'air, je prends mon envol. Enfin je peux m'enfuir.

"Tu ne m'échapperas pas ! Personne ne touche ma copine !"

Sourire gingival. Haine viscérale. F-d-Z s'agrippe à mon intestin grêle et remonte lentement vers moi, cran d'arrêt entre les dents. Ses yeux sont immenses, injecté de sang et nous prenons de l'altitude. Une chute serait fatale. Mon boyau pend, je le mordille pour faire tomber ce malade mental doublé d'un zèbre.

L'alcool à un goût d'alcool. Le sang à un goût de fer. Les alcooliques sont de fins gourmets, comparés aux vampires. J'emmerde les vampires. J'emmerde tout le monde. J'emmerde Robert Pattinson. Je tutoie les étoiles.

"Salut tu vas bien ?"

Elles se réunissent, forment une magnifique farandoles autour de moi. Loin dans l'espace, La Terre est une piscine municipale. J'ai perdu mon maillot. J'ai des verrues. J'ai pas mon bonnet, et puis même si je l'avais, je le mettrais pas : Ca me fait une tête de bite. Je croise Eshter et Pauline : Elles font une pause pipi sur Mars. Je ne peux pas les attendre.

S'envoler, Disparaître. Je croise les jambes, forme un cercle avec index et pouce. Plie les bras à quatre-vingt dix degrés. Je médite. L'univers n'a plus de secret pour moi. Je suis l'univers. Je suis un fakir.

Un fakir loin dans l'espace.

fin.

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
28 octobre 2009 à 18:29:13

tirail
Posté le 27 octobre 2009 à 16:38:20 J'aime bien ton texte parce qu'on sent que tu as pris beaucoup de plaisir à l'écrire.

c'est tout à fait exact. Un plaisir malsain.

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
29 octobre 2009 à 00:38:23

Excellent de bout en bout. Du bon boulot, si on en lève les aléas orthographique.

:rouge: :bravo: !

Enjoy

TheBoss1606
TheBoss1606
Niveau 10
29 octobre 2009 à 13:55:41

"Omar est assit en tailleur et flotte comme un fakir dans l'espace. Un velouté de fumée enveloppe son visage. La jungle music résonne. Les voisins vont gueuler."

Génial, j'étais justement en train d'écouter un morceau qui s'appelle Deep Space de Sub Focus, un gars qui fait de la jungle, en lisant ce passage.
Rien que pour ça je vais continuer à lire, et aussi parce que ça me fait bien marrer. :-)

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
29 octobre 2009 à 18:26:54

Bah moi j'écoutais Stalker d'Aphrodite, si t'aime la jungle normalement lui c'est le king donc voilà :d

si t'as un avis à la fin de ta lecture, je l'accepte volontiers :d

Merci Crazy pour toutes ses louanges. Tu auras la mallette pleine de billet d'ici un à deux jours. J'espère que ça pourra rester entre nous :ok:

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
30 octobre 2009 à 11:19:14

euh, je pense que j'ai compris *tape un doliprane*

merci beaucoup pour ce commentaire, et en fait ce que j'ai voulu faire, c'est une montée progressive dans la folie du narrateur.

TheBoss1606
TheBoss1606
Niveau 10
01 novembre 2009 à 17:38:46

J'en suis à la moitié, je ferai un plus long commentaire quand j'aurai terminé. ^^

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