3ème fic, mais pas la dernière, je vous préviens vous allez en baver avant que je m'améliore
Chapitre I
Il pleut. Les gouttes d'eau ruissèlent partout sur les feuilles plus ou moins vertes de la végétation abondante de la forêt. Dans le petit abris en bois fait à la va-vite, personne ne parle. On entend juste ce bruit, le bruit de l'eau qui tombe sur les feuillages, les mares ou les pierres, et on dirait qu'on l'apprécie. Dehors, le ciel est gris clair de nuages majestueux, transpercés par les rayons de soleils, tels des dizaines d'épées lumineuses. Il y a beaucoup de vent aussi, mais on ne le distingue qu'en voyant les cîmes des arbres danser cette habituelle valse du temps gris, tant il est vrai que les vent ne peuvent pénétrer la forêt protégée par les arbres. Nassah regarde dehors: la danse des arbres, les gouttes de pluies, la majesté des nuages se reflètent dans ses yeux bleux clair, tels des cristaux. Elle a 17 ans, et des cheuveux dorés en cascade sur ses épaules. Dès que la guerre des peuples a éclatée, elle s'est faite enrôlée, comme tout son village, dans l'armée de son pays.
Cette guerre, elle a éclatée un peu après la chute de l'empire: lorsque les sources de fioul, l'énergie basique de ce monde, se sont trouvées vides, l'empire a refusé de dévelloper d'autres moyens de produire de l'énergie, comme le vent par les éoliennes, la pluie par les barrages, ou la lumière du soleil. La question est: pourquoi? Nul ne le sais. Cependant les citoyens, devant un tel manque de réaction de la part de l'empire, décida de se rebeller. La révolution a éclaté, et le peuple a gagné: aussitôt les citoyens entreprirent la construction d'éoliennes, de barrages, et de panneau solaires. Mais l'Empire est encore là, et le reste de ses partisans entretinrent des tensions entre les citoyens: rumeurs, traffics douteux, pour creuser un peu plus le fossé qui sépare les différentes ethnies. Ainsi, il y eu un grand schisme; ce qui ne fesait qu'un peuple auparavant s'est divisé en quatre pays: les Ytelhi, les Darossa, les Gidjô et les Zankanders.
Ces quatres peuples sont désormais en guerre perpétuelle: les forces de l'ombre de l'Empire ont pris soin de faire en sorte que chacun soit en guerre contre tout le monde, pour éviter les alliances. Les productions d'énergie se sont donc logiquement arrêtées. La crise est totale.
Nassah est une Gidjô. Son peuple c'est réfugié dans la forêt: c'est peut-être le plus faible des peuples.
La silhouette d'un homme se dessine entre les gouttes de pluie dans le regard de la jeune fille. Le voilà arrivé à sa hauteur:
-C'est à ton tour, Nassah.
Elle prit son fusil. Il est tout rouillé, et le bois est moisi; cette arme a été fabriquée il y a 6 ans, et est passée dans les mains de pas mal de soldats, morts à l'heure qu'il est. Nassah se leva et sortit de la cabane de fortune: c'est à son tour de faire la ronde. Elle n'a même pas de capuche, ni de manteau; elle n'a que des vêtements fins en tissu vert. Elle est affamée, fatiguée, lassée de la guerre.
Oh, maintes fois, Nassah a pensé à la desertion: mais où irait-elle, dans cette forêt dense, saturée d'ennemis qui ne manqueront pas de l'abattre et de soldats de son camp qui iront rapporter les fait au général, ne serait-ce que pour avoir une ration à peine plus grosse? Nassah a aussi envisagée une autre solution: le suicide.
Alors qu'elle marchait, frigorifiée, sur le parterre d'épines de pins et de feuilles mortes battues par la pluie, elle entendit un bruit:
"Ca a bougé là-bas! "pensa-t-elle, et elle se cacha dans un buisson avec une vitesse et maestria dues aux réflexes qu'on obtient après 6 ans de guerre. Nassah n'était même pas sûre qu'il s'agissait de soldats: mais on lui a appris à être prudente, en toute circonstance. Or là elle a bien fait: dans son oeuil bleu, à moitié caché par les feuilles, on aperçoit les silhouettes, si on peut encore appeler ça comme ça, des soldats déformés par leurs armures barbares et sombres. Ils ne font pas de bruits et avancent doucement: Nassah n'a pas droit à l'erreur. D'un mouvement calculé, elle approche la lentille de son fusil près de son oeuil de cristal sans faire trembler même une feuille. La canon se confond avec les branches du buisson, tant il est rouillé. Maintenant le soldat le plus proche est en ligne de mire: une simple pression sur la gachette et il ne serait plus de ce monde.
"Mais pourquoi fais-je tout ça? pensa-t-elle. Je tue des gens avec cruauté et sang froid, alors qu'il y a quelques secondes je pensait au suicide!"
Trop tard. Ses reflexes refont surface et le soldat est considéré comme trop dangereux, à la distance à laquelle il est.
Un bruit sourd retentit dans la forêt et couvrit pendant une seconde le son de la pluie. Les oiseaux, cachés dans leurs nids pour ne pas être trempés, s'enfuient soudainement. Et pourtant, le buisson n'a pas tremblé. L'oeuil de Nassah n'a pas bougé. Le soldat s'écroule, raide mort. Les autres se rendent compte de la mort de leur collègue, voir ami: Nassah les élimine un par un avec une vitesse hallucinante. Elle sortit de son buisson et pensa à soufler dans son sifflet un message au autres, mais décida d'attendre. Elle marcha jusqu'au pauvres gens assassinés: le regard était vide, leurs yeux grand ouverts ont perdus la lueur de la vie.
Alors elle posa sa tête sur le torse de l'un d'eux, et pleura.