Voici un autre texte ni trop court ni trop long je pense qui, je l'espère sera agréable à lire.
En tout cas, j'ai apprécié l'écrire.
Bonne lecture!
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« Penser en soldat. Tu dois penser en soldat » me dis-je intérieurement. Je me trouvais accolé à un mur blanc. Je jetai un regard circulaire autour de moi. Il s’agissait d’un bureau de taille plutôt convenable et équipé comme n’importe quel bureau. Une table de travail trônait au milieu de la pièce et deux armoires métalliques étaient posées contre les murs. Un ordinateur et un téléphone fixe se trouvaient placés sur ce premier. La corbeille en plastique, qui se tenait fièrement du haut de ses trente centimètres de hauteur au pied du meuble, débordait de paperasse diverse et variée. « Hum hum. Il y a des gens qui sont payés à rien faire par ici. » Pensai-je en me représentant l’image d’une grosse femme débonnaire, bronzée et poilue : une Portugaise en fait. Car tout le monde sait que c’est le boulot des Portugaises de vider les corbeilles en papier !
« Bon c’est à toi de jouer mon gaillard ». J’entrepris alors de tendre la main gauche vers la poignée de la porte et de la tourner délicatement. Entrebâillant la porte, je glissai ma main droite vers l’extérieur et jetai un œil dans ce qui semblait être un couloir. L’arme que brandissait mon poing droit me rassurait un peu. Vide. Le couloir paraissait sûr. Je sortis alors prudemment de ma planque improvisée et fis quelques pas dans ce dernier. Je n’entendais aucun bruit mais cela ne me rassurait pas. « Dans les films, les ennemis choisissent toujours ce moment la pour faire irruption et te coller une balle entre les deux yeux. ». Vision pessimiste au possible. En tout cas, mon taux d’adrénaline était à son maximum ou pas loin. Un pas puis un autre. J’avais déjà parcouru la moitié de l’étroit corridor aux murs aussi blancs que les fesses de ma grand-mère, lorsque j’entendis des bruits de pas. Mon sang ne fit qu’un tour dans ma tête. Je me jetai aussitôt dans un espace qui se présentait à ma gauche. Il s’agissait en fait de l’espace séparant une machine à café d’un distributeur de boissons fraîches. Je jurai silencieusement. Mon corps se trouvait comprimé entre ces deux mastodontes et mon esprit commençait à délirer. « Ainsi allai-je mourir asphyxié entre des kilos de canettes Coca Cola, symboles du système capitaliste, et des litres de jus de chaussettes vendus quarante centimes le gobelet ! ». On a vu mieux comme mort.
Les pas se rapprochèrent et je pu voir passer un homme qui tenait ce qui ressemblait à une mallette. « On peut cacher beaucoup d’armes dans une telle sacoche » me dis-je intérieurement. Une fois que l’individu hostile eut tourné au bout du couloir, je sortis tant bien que mal de ma cachette légèrement honteuse, me fallait-il avouer. J’allai reprendre mon chemin lorsque je suspendis mon geste. Une idée avait traversé mon esprit. Je sortis une pièce de un euro et l’enfonçai dans la machine capitaliste. « Quatre-vingt centimes la canette, c’est du vol quand même… » pensai-je fortement. « Tiens, voila pour toi. Fis-je. Et garde la monnaie ! ». Je me sentis légèrement idiot lorsque je vis écrit que cette machine diabolique ne rendait pas la monnaie.
Je repris ensuite mon avancée en territoire ennemi. Mes pas se posaient doucement sur le sol en lineau tandis que mes doigts restaient serrés autour de mon arme. Ma démarche était celle d’un félin, en moins classe naturellement. Je dépassais des portes puis j’atteignis la fin du couloir. Ce dernier obliquait ensuite vers la droite. Je me plaquai contre le mur du côté de l’ouverture et sortis un objet de ma poche. Il s’agissait d’un petit miroir de poche que j’avais eu la bonne idée d’emprunter dans le sac de mon épouse la veille au soir. « C’est ma femme : il ne s’agit donc pas d’un vol. » me persuadai-je. Mon cœur battait la chamade quand je plaçai le miroir de telle façon que je pouvais observer ce qui se trouvait dans le nouveau passage qui s’offrait sur la droite. Apparemment, le secteur était R.A.S. Je pris donc le temps de ranger délicatement mon instrument dans sa protection en coton avant de m’engager dans le corridor. « C’est fragile ces merdes la ! ».
Je me trouvai vite devant une porte ouverte. Des voix se faisaient entendre dans cette pièce. Je devais faire vite et bien. Seulement, je ne pouvais risquer d’utiliser mon arme car je devais économiser mes munitions. Je choisis donc de poursuivre mon chemin sans me faire remarquer. Je pris une inspiration puis m’aplatit au sol et commençai à ramper. Quelques mouvements et un bout de pantalon froissé plus tard, je pu reprendre une position accroupie. Malheureusement, une nouvelle porte ouverte se présentait sur ma gauche. J’optai cette fois-ci pour un roulé boulé de classe internationale. J’atterris trois secondes après de l’autre côté de l’obstacle, avec un bleu à l’épaule en bonus. Je m’en fichais, je devais penser et agir en soldat. Je risquais des choses plus graves qu’une simple commotion. Je tendis mon pistolet et allai reprendre mon avancée héroïque quand, tout à coup, ce qui semblait être un jet d’eau m’atteint à la nuque.
« Je t’ai tué Marc ! Hahaha je t’avais dit que je t’aurai ! » cria-t-on dans mon dos.
C’était Pascal de la compta qui venait de m’avoir et qui brandissait désormais ses bras en signe de victoire. Il tenait un petit pistolet à eau dans la main gauche…
WT
PS: quoi de plus mortel qu'une bataille d'eau? 