Voici une courte nouvelle d'environ une page que j'ai écrite vendredi à une heure du mat' parce que je trouvais pas le sommeil. Il m'arrive souvent d'avoir des inspirations comme ça, et donc j'écris ça comme ça, naturellement. Elle s'appelle séquestration. Bonne lecture.
Séquestration
J’ouvris les yeux mais les refermais aussitôt, aveuglé un court instant par la lumière au-dessus de ma tête. J’attendis plusieurs secondes avant de les rouvrir. Au début je vis flou. J’avais même du mal à distinguer la porte en face de moi.
Où étais-je ?
Tout ce que je pouvais dire de l’endroit où je me trouvais, c’était que le papier peint verdâtre sur les murs s’était décollé, victime du temps. Des morceaux de plâtre recouvraient le plancher près des murs à la peinture écaillée. Il n’y avait pas de fenêtre, ni d’autre porte que celle devant moi. J’avais une migraine atroce. C’est en essayant de me toucher le crâne de mes mains que je vis qu’elles étaient solidement attachées. Même si je bougeais, ce dont j’étais incapable, alors je devrais trouver un moyen de libérer mes pieds étroitement liés à la chaise par une corde bien serrée.
J’allais mal. Non seulement j’avais mal partout, mais en plus j’avais la bouche pâteuse et un goût de sang répugnant à l’intérieur. Il y avait quelque chose, en elle, que j’essayais vainement de cracher avant de réaliser qu’il s’agissait en réalité de ma propre langue. C’était une sensation horrible. Je sentais que j’avais le corps recouvert d’hématomes et une blessure au crâne, d’ou le filet d’hémoglobine qui avait parcouru ma joue durant mon inconscience. Pire, je ne me souvenais de rien d’avant mon sommeil. Comme si j’avais subi un lavage de cerveau avant mon arrivée là. Ce qui expliquerait le mal de tête et la blessure au crâne. Mon visage était sale. Hormis le sang poisseux qui dégoulinait goutte par goutte sur mon pantalon, je sentais mon visage noirci par la saleté.
Je relevais la tête pour fixer le mur. Il était aussi sale que mon visage. La vision même de ce mur reflétait la tristesse. Là-bas, dans un coin, une araignée pendait tristement au bout de son fil. Un rat mort rachitique gisait à mes pieds. La source de lumière qui m’avait d’abord empêché d’ouvrir les yeux était une simple ampoule reliée au plafond par un fil de fer. C’était tout. Pas d’abat-jour ni d’autre néons qui auraient égayé l’ambiance qui régnait dans cette salle, écrasante, étouffante même. La pièce n’était pas meublée. Pas un seul élément ne trahissait l’emplacement de l’endroit ou j’étais de toute évidence séquestré. J’étais toujours en train d’examiner la pièce du regard quand la porte s’ouvrit.
Un homme blanc de taille normale apparut dans l’embrasure de la porte. Il était chauve, entièrement rasé, la quarantaine, portait un costume-cravate, des gants et des lunettes de soleil qui dissimulaient entièrement son regard. Il dégageait une odeur d’après-rasage bon marché. Soudain je compris. Je compris qu’est-ce que je faisais là et ce que cette homme avait à voir avec moi. Je le connaissais. Depuis toujours. J’avais conscience de ce qui m’attendait ici même. L’homme sourit jaune en voyant mon expression d’horreur et de stupéfaction.
-V… Vous ?
-Oui… Moi. Moi, moi, moi… (son sourire disparut de son visage tandis qu’il rangeait ses lunettes de son costume). J’imagine que vous savez ce qui vous attend ici et ce que je vais faire de vous.
-Et c’est pour ça que vous pouvez aller vous faire pendre.
-Qu’il en soit ainsi. Bon séjour en enfer.
Lentement, posément, l’homme plongea la main dans une poche intérieure de son costume et saisit un pistolet qu’il me pointa sur le front. Je fixais le canon de l’arme. Dire qu’un objet aussi petit pouvait mettre fin à la vie de tant de personnes… Il pressa la gâchette.
Je n’entendis pas tout de suite la détonation, juste le déclic fatal. Un éclair rouge recouvrit mon champ de vision pendant un court instant, puis ce qui ressemblait à une grosse mouche sans ailes fonça vers mon front. J’eus à peine le temps de comprendre qu’il s’agissait de la balle. J’ai fermé les yeux. Une lointaine détonation retentit, mais dans un autre monde, celui qui ne me concernait plus.
Et puis, tout disparut.
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PS : avant qu'on me demande, j'ai vraiment 11 ans 