Voilà, c'est un tout petit texte, qui vise à décrire une certaine nostalgie ^^. Vous verrez pas vous même :D .
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Le pirate fit claquer ses bottes sur le plancher pourri et rongé par le temps. Il plissa les yeux. Le soleil l’agressait de ses rayons hostiles, et ses pupilles déjà dilatées arrivaient mal à supporter l’astre flamboyant. Il sentit une douce brise lui caresser ses bras nus et cuisants, ce qui lui valut l’illusion que la désagréable chaleur s’était laissée entraîner par le court du vent. Ses mèches s’élevèrent lentement. Il ferma les yeux et profita de l’instant. Ses soucis des dernières heures s’envolèrent quelques secondes. Mais la lourdeur de l’air revint soudain, et le soleil reprit ses droits, digne et brutal. Le pirate releva ses yeux à moitié plissés. La tension était toujours là, tout comme la chaleur. Il s’était fait leurrer par l’océan. Les pas lourds et las du corsaire firent soudain gémir le bois du bateau, alors qu’il se dirigeât vers la balustrade. Il s’accouda de ses bras solides et usés contre le panneau de chêne, et ses doigts calleux se joignirent en un noeud de muscle. Son regard morne et terne fixa l’étendue bleue. La mer était calme. Elle dispensait au pirate des vaguelettes fantômes et des soubresauts invisibles qui s’ouvraient lentement au passage du voilier. Les reflets du soleil incandescent dansaient tranquillement au rythme de l’eau la rendant plus pure et plus claire qu’elle ne le fut jamais. Encore un mensonge des grands flots, pensa le pirate.
Il s’abaissa et s’assit sur le plancher miteux et humide de la poupe, en s’adossant contre la balustrade. Le bois commençait à frémir de vieillesse, le corsaire sentit les longues plaintes des fibres du végétal mort quand il y appuya ses mains. Il se mit en tailleur, et ferma à moitié ses yeux. Ses cils laissaient légèrement transparaître la lumière éclatante du ciel. Juste assez pour qu’il ne s’affale pas sur place et abandonne tout maintenant. Les muscles fatigués et raides du pirate s’avachirent tout juste. C’était à peine suffisant, là aussi, pour qu’il ne laisse pas tout tomber. Une lueur dorée nargua ses pupilles voilées. Le corsaire regarda. Et il sourit. Contrairement à lui, le manche de son sabre avait gardé toute sa splendeur et son charme. Il ouvrit complètement les yeux et suivit du regard les lignes élégantes et gracieuses des motifs représentés sur la garde. La fine lame suivait sa route, accrochée à sa taille, aussi tranchante que jamais. L’envie de s’emparer de son sabre démangea intensément le pirate. Elle fit battre son coeur de nostalgie, frémir ses lèvres et trembler ses doigts expérimentés.
Il l’empoigna brusquement, d’un geste passionné, comme s’il se saisissait de l’âme soeur, comme si se fut agit d’un joyau plus précieux que tous les joyaux au monde. Et là, plus rien ne compta pour le corsaire. Il dégaina, d’un geste plein de grâce et d’ardeur, une fureur presque éteinte se rallumant au fond de son regard, une folie jouissive, une envie incommensurable animant son bras. Il éleva la lame, qui s’illumina au soleil durant un instant fugitif. L’air fut fendu, le néant écourté, le sabre virevolta tel un ruban argenté aux mains d’un danseur. Il décrivit des courbes impossibles, suivit des trajectoires impensables. Il s’en fut tourner dans les airs, pour être repris et animé d’un feu ardent, que rien ne pouvait arrêter. Le pirate sourit. Non, il ne sourit pas, il éclata d’un rire tonitruant et guttural. Il renaissait, la fin était proche, mais il renaissait. C’était là toute sa vie, ce à quoi il avait été destiné. Il fit jouer sa lame de feu encore un moment, avant de la planter brusquement dans le plancher pourri. Il détacha ses doigts du pommeau en le caressant tendrement. Tout cela, il le fit assit, en tailleur. Il sourit. Mais ses traits se firent plus las que jamais. Les temps n’étaient plus à l’amusement. Cette période était passée. Ce qu’il fallait faire maintenant, c’était mourir avec le panache digne du seigneur de toutes les mers. Et ça, c’était plus dur que tout.
Une statue colossale s’anima, un golem magistral s’éleva. Gol D Roger, les yeux brillants, se leva. Les rouages de sa puissance d’antan prirent alors tout leur sens, les ailes de de magnificence éteinte s’animèrent une dernière fois. Ses jambes se déplièrent, et le bois sembla devoir supporter un poids innommable. Ses mains s’accrochèrent, la balustrade eut pu être broyée d’une pression. Sa colonne se dressa, ses muscles gonflèrent, le puissant cheminements de ses os craqua, le frottement de ses nerfs grinça. Un corps souverain prenait vie. Gol D Roger se leva. Il bomba le torse et se retourna, face à l’étendue. Il domina la mer, la toisa du regard. Il la considéra, l’aima et la respecta. Elle se tut. Les vaguelettes s’évanouirent, les mouettes frémirent. Car à cet instant il sembla que l’océan lui même se soumettait.
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C'est inspiré d'une certaine oeuvre dont je tairai le nom pour éviter tous préjugés.