Salut ^^
Voilà, j'ai écris un petit texte avec une "morale". J'espère que cela vous plaira.
Je ris
Lorsque je suis né, ma mère m’a pris dans ses bras et le médecin m’a coupé le cordon ombilical. J’ai trouvé ça marrant. Mon père est venu et a caressé mon petit menton avec douceur. Ca chatouillait.
J’ai ri. Pour la première fois j’ai ri. C’était bon.
Je suis encore un enfant. Je joue dans mon parc avec des briques de toutes les couleurs. J’essaye de construire une tour. Je vois mon père dans la cuisine entrain de crier sur ma mère. Un liquide coule le long de sa joue. C’est amusant.
Je ris.
Je continue de construire ma tour multicolore. Sa taille devient presque égale à celle des grilles de bois. J’aime voir que je peux faire de grandes choses. Je frappe la base de l’édifice avec ma main. La tour s’effondre et le bruit fait sursauter ma mère.
Je ris.
Je vais à l’école. Les autres élèves crient et pleurent en permanence. La maitresse prend une tube blanc et avale les pastilles bleues qui sont à l’intérieur. Elle tombe par terre et toute la classe danse autour de son corps inerte. C’est très amusant.
Je ris.
Je suis au collège. Je réponds avec enthousiasme à toutes les questions de mon professeur. Mes condisciples me toisent avec mépris. Ils sont très mauvais. Je suis toujours le premier. C’est très marrant d’être le premier.
Je ris.
Je rentre chez moi. Ma mère est étendue par terre. On dirait un bouquet de fleurs. De belles roses rouges sortent de sa bouche. Mon père n’est pas là. Au loin résonne les gyrophares de la justice. Ce festival de bruits me ravit.
Je ris.
Ma vie en internat est ennuyante. Cela fait longtemps que je ne ris plus. Les adolescents sont idiots, vils, infects. Les professeurs sont sombres et tourmentés. L’atmosphère est pesante. Je veux y échapper.
Dans la rue, un individu me propose de la poudre blanche. Il appelle ça « le sucre du rire ». J’ai trop envie de rire. J’en achète deux sachets.
Je suis allongé sur l’herbe, dans le parc. Je regarde les nuages. Ils se rassemblent et s’imbriquent en un tout homogène. Cela forme un champignon. Un beau champignon bien rond. Cette image m’insuffle une profonde allégresse.
Je ris ! Je ris de nouveau !
Je passe de plus en plus de temps à renifler du sucre. Je n’arrive plus à me faire comprendre des autres. Je passe même plusieurs nuits dans des grilles, de fer cette fois-ci. Mais il me suffit de fixer le ciel et le beau champignon me redonne courage. C’est onirique…
Je ris.
Je cours dans la rue déserte. Je suis poursuivi par une bande d’hommes armés. C’est ce que j’ai dans la poche qu’ils veulent. Je leur est pris tout leur sucre. Ils doivent être en colère.
Je ris.
La balle qui s’est logée dans ma jambe me fait trébucher. Je m’écroule sur le sol, le nez inondé par la pluie acide. Les hommes me reprennent le sucre et me donnent de violents coups. Un spasme traverse mon visage.
Je… ris.
Mon corps est jeté du haut du pont. Je m’écrase contre l’eau gelée. Elle se condense pour devenir un marteau de cristal. Il me perce le thorax et écrase mon cœur. Des roses bourgeonnent dans ma gorge.
Je… J’essaye de rire…
Le ciel n’est plus beau. Le champignon se distille. Bientôt il s’éparpille en plusieurs nuages grisâtres. Il n’y a plus rien.
Je ne ris plus.