Une nouvelle en plusieurs parties. Bonne lecture !
Le réveil sonnait, et Bazomu se roulait tout en grognant dans son lit. Il frappa la maudite machine puis posa un pied sur le sol. Les bras levés et écartés, il bailla très fort. La lumière et une multitude de robots se mirent en marche. Il est F heures solarienne, l’heure de la relève.
Assis à sa table, les mécaniques intelligentes venaient dans un désordre organisé lui servir à manger et à boire. A droite, un verre de lait d’une des vaches martiennes du vaisseau et à gauche, des céréales de Proxima… Il attaqua le repas lentement. Sa main se plaça sur la « radio » pour écouter son émission préférée, « réveil galactique ». D’ailleurs, Bazomu se demandait pourquoi cet engin s’appelait radio, alors que cela faisait des millénaires qu’on n’utilisait plus les ondes radio. Les mystères de la langue.
La nourriture croustillait sous ses dents de titane et la machinerie préparait ses vêtements de la journée, ou plutôt du poste. L’animateur avait lancé un débat sur l’avortement des Revio de la galaxie de Cburzy. Les premières interventions étaient structurées et argumentées, puis la discussion commençait à dévier, le ton montait et les insultes fusaient. Bazomu s’énervait, joyeusement, et s’enflammait au rythme des échanges, bien qu’il n’avait jamais vu un seul Revio de sa vie et qu’il entendait pour la première fois le nom de Cburzy pour une galaxie.
Bazomu se leva de son carnisiège, fit quelques pas au milieu de la pièce et tendit ses bras à l’avant. Les automates butinaient dans les armoires et s’agglutinaient sur leur victime. La parade, rythmée par les tintements de l’électronique, prit fin deux minutes après. Il était propre et bien vêtu.
La coursive menant au poste de navigation était longue et étroite. Les claquements des valves et les ronronnements des moteurs berçaient cette atmosphère bercée par la pénombre. On pouvait entendre, si on prêtait suffisamment une de ses trois oreilles externes, une petite polka traditionnelle du système de Jaze.
Arrivé au poste, Bazomu observa , Steve, le commandant confortablement installé dans son fauteuil, contemplant l’espace agrémenté de sa musique préférée. L’infini et l’exquis !
Il toussa, puis glissa sur une des petites chaises. Steve sursauta, coupa la mélodie avec un petit regret se faufilant sur le coin de ses lèvres puis tourna son siège vers son interlocuteur.
« - Bozamu, je suppose que vous devez vous demander pourquoi je vous ai fait levé maintenant.
- Tout à fait, commandant.
- Nous allons arriver plus vite que prévu au relais 45RN du système de Jkf… Enfin à notre destination intermédiaire, pour nous ravitailler.
- Oui, et ?
- J’attends votre collègue, Igor le mécanicien pour en parler. C’est grave, et nous allons devoir le surmonter ensemble. »
Le réveil venait de sonner pour la huitième fois, mais le son devenait différent à chaque fois, suite à l’accueil défavorable de la nouvelle par Igor. Deux robots gisaient sur le sol, suite à des incursions trop hasardeuses sur le lit. Il se décida enfin à se lever, puis marcha difficilement vers sa table.
Le va et viens des mécaniques débuta. Les grésillements des turbines et des soupapes étaient ponctués par le grognement de l’être vivant de la pièce. Une fois alimenté, l’homme se fit habiller. Igor secoua la tête, avança les yeux à moitié ouverts dans le couloir. Le pas était lourd et lent.
« Bon, Igor, le réveil est dur, je sais, mais fais un effort quand même ! Ce n’est pas tous les jours qu’on se lève ! », lança Bozamu, le navigateur. Il eut, en retour, les échos des grommellements du mécanicien.
« -Bonjour Igor.
- Bonjour commandant, bonjour Bozamu.
- Je suppose que je vous dois une explication en titane de Saturne, pour justifier votre réveil ?
- Effectivement, vous devriez…
- Première raison, de forme, nous allons arriver à une station de ravitaillement dans quelques heures.
- Et ?
- Et… J’ai reçu un courrier étrange nous concernant. Il va falloir régler cela.
- Quel genre de courrier ?
- Avez-vous une femme ou plusieurs femmes Bozamu ?
- Dans quel système planétaire commandant ?
- Ah, je vois, et vous Igor ?
- Non.
- Une homme ? Des enfants ? Un forzatsui ?
- Non plus, commandant.
- Avez-vous des problèmes d’argent ?
- Non, j’ai plus d’argent.
- Et vous Igor ?
- Igor tu ne veux pas répondre ?
- Non.
- Bon, arrivé à la station, il ne faut pas quitter le vaisseau et encore moins laisser quelqu’un rentrer, êtes-vous d’accord ?
- Oui commandant, mais ce courrier, que contient-il ?
- Je préfère faire une vérification avant de vous annoncer la nouvelle, mais on risque d’être mal accueilli. Il faut qu’on se tienne sur nos gardes. »
La deuxième partie :
Steve se tourna à nouveau vers l’espace, et restait pensif. Le navigateur commença à faire ses contrôles de routine, tout comme le mécanicien.
« Commandant ! Commandant ! », cria Bozamu, puis Steve sursauta et ouvra les yeux. Il s’était assoupi et la station de ravitaillement devenait très proche.
« - On accoste comme d’habitude, ils doivent nous faire une petite vérification des moteurs et une mise à jour des calculateurs. Je vais sortir pour discuter avec le chef de station et voir les nouvelles. Vous ne laissez entrer personne. Restez sur vos gardes !
- Bien compris commandant, et ce courrier ?
- Vous en saurez plus en tout voulu. Ce n’est pas grand-chose. »
La manœuvre d’abordage débuta, et la vitesse fut réduire. Le navigateur prit la manette d’approche et se connecta au projecteur télépathique. Il détermina, avec l’assistance des estimateurs, la trajectoire à prendre pour que le tir de l’ancre cosmique atteigne le point d’attache du dépôt d’approvisionnement.
« Feu ! »
« Cible atteinte ! On nous remorque et ils contrôlent nos rétro-fusées avec leurs paramètres. »
« On est à proximité : quarante kilomètres ! »
Steve préparait sa sortie, avec son uniforme. Il dissimula un pistolet à impulsions dans son pantalon. Face à un écran, il regarda son reflet pour se recoiffer. Il prit la direction du sas principal, le pas décidé. Il marchait les deux bras tendu, pour se tenir au moment du choc. Le compte à rebours retentissait dans sa tête.
« 130 »
Les propulseurs ralentissaient au fur et à mesure, ils travaillaient par à-coups violents. Les rugissements des mécaniques étaient fiévreux et intenses. Les tubes et fourreaux, qui tapissaient les coursives, chauffaient et s’agitaient au son des manœuvres de la navette.
« 60 »
Les corrections de trajectoire devenaient, sèches et rapides. Il fallait se tenir aux parois pour ne pas chuter. Les vibrations se propageaient sur celles-ci. Steve activa ses semelles magnétiques. Il s’essuya le front et reprit son chemin.
« 31»
Il ne restait plus que cent mètres à faire pour atteindre l’accès. Steve avançait plus lentement et tenait l’équilibre. Le bruit des machines devenait sourd et distant. La chaleur devenait lourde et moite.
« 12 »
Premier heurt, le commandant fut projeté contre le mur métallique. L’ancre avait été trop tirée. Steve se releva et accrocha son harnais à la rambarde.
« 3 »
Les moteurs se coupèrent. Les tuyaux venaient de baisser d’un ton.
« 2 »
Le silence spatial.
« 1 »
Le choc !
Steve s’approcha du sas et vérifia le pupitre de commande et les écrans de contrôle. La connexion était saine et l’atmosphère paraissait respirable. Il activa l’ouverture des portes.
« - Ici, navette spatiale de fret, de la compagnie Transports de Proxima, type Alpha X3, numéro de vol 45DET5JF49NDHS, nous avons bien accosté. Demande visite de routine, code 45. A vous.
- Ici, station de ravitaillement XC45 des Etats de la Première Ceinture, bien reçu. »
Bozamu, inquiet, se tourna vers son collègue. Igor était concentré sur ses vérifications et ne prêtait pas attention au navigateur. N’ayant personne à qui parler, il surveilla les capteurs du spationef pour voir ce qu’allait faire le personnel au sol.
Steve restait perplexe face au dédale de galerie qui se présentait à lui. Des signaux lumineux apparurent au plafond d’un des sentiers. Il emprunta ce chemin.
Les servo-robots butinaient les propulseurs du vaisseau, les logiciels des calculateurs étaient mis à jour… Tout se déroulait comme d’habitude. Bozamu ne trouvait rien à redire, tout comme Igor qu’il avait sollicité. Tout était normal.
Les lueurs bleutées guidaient le commandant dans les coursives de la station. La destination était proche, il pouvait la voir au loin. Après quinze minutes de marche, il avait atteint le poste de commandement du dépôt d’approvisionnement.
Steve fit face à un Béllurien, ils se saluèrent. Ils discutaient, d’abord, des pluies de météorites et du bel espace, puis vint les nouvelles des galaxies voisines et pour finir, son histoire de courrier. Paco, le Béllurien, scruta sa base de données et fit des recherches pour répondre à Steve. Dès qu’il vit que Paco avait le même courrier que lui, il le remercia et partit à la hâte.
« - Igor, le vaisseau est-il prêt à partir ?
- Oui, commandant.
- Préparez-vous à lever l’ancre au plus vite. Igor, prend une arme et vas au sas pour m’ouvrir dès que j’arrive.
- Oui, j’arrive.
- Bozamu, prépare-moi un décollage au plus vite, même en force. Désactive les sécurités sur nos systèmes d’armes. Avant, coupe toute liaison avec la station.
- Ok, commandant, c’est parti ! »
Le mécanicien s’équipa, en armure légère et arme de poing, puis alla au pas de course vers l’accès. Bozamu pianotait à toute vitesse sur ses claviers, les machines se mettaient en route doucement pour ne pas éveiller trop de soupçons. Les connexions étaient arrêtées, une à une…
A suivre.
J'ai plutôt bien aimé, c'est très fluide et ça se lit bien. L'histoire est intéressante et je trouve, plutôt cohérante. J'ai hâte de découvrire la suite. En revanche, j'ai vu quelques fautes d'inattention et une faute de style:
"les ronronnements des moteurs berçaient cette atmosphère bercée par la pénombre"
Deux fois le verbe "bercer". ![]()
Up
Les bruits de pas résonnaient de plus en plus fort dans les galeries techniques de la station de ravitaillement. Les dilatations et tintements des tuyaux à gaz et à liquides commençaient à recouvrir les échos de la course de Steve. Il s’arrêta net, son regard hagard balaya les accès, puis posa sa main sur son oreille. Le vide sonore était fait dans sa tête, il se concentra et le son des pas persistait.
Igor retira le cran de sécurité et alluma la charge au maximum. Il était en coup unique manuel et son doigt tenait la gâchette électrique.
« - Igor, qu’as-tu pris comme arme ? Un fusil automatique à ions, je suppose ?
- Tu ne devrais pas supposer, mais plutôt espérer… J’ai mieux.
- Oh non ! Pas ton colt de Mars tout déglingué ? »
La communication venait d’être coupée, Igor prit une petite boîte en argent de sa poche et racla sa gorge. Le cigare sortit, il le colla contre le fusible brûlant de son pistolet puis le posa, fumant, entre ses lèvres. Arborant un beau sourire, il ouvra la porte et s’avança au dehors.
« Allez, on met tout en charge. Moteur en veille active. Ok. Systèmes d’armes activés. Ok. Calculateur, sors nous la trajectoire, avec notre marge. Tiens, trouves moi la fiche descriptive de cette station, avec chasseurs et canons. Charge 30%, Ok. »
Ses doigts pianotaient sur les claviers à toute vitesse, et l’ordinateur y répondait instantanément. L’astronef allait être prêt à décoller dans peu de temps. La base d’approvisionnement ne paraissait pas avoir des défenses solides, et encore moins une chasse. Cependant, de nombreux astéroïdes apparaissaient au fur et à mesure des calculs, à proximité, sur la carte du cosmos.
Bozamu scruta les écrans, et vit les servo-robots se retirer rapidement. Il lança un appel à ses collègues.
« - Les mécanos partent, en laissant en plan le gros matériel, Messieurs, vous allez recevoir de la clientèle !
- J’en ai déjà un qui me colle de près, merci de l’information. Es-tu prêt à nous sortir de ce trou au moins ?
- J’y travaille patron, ça va être bon. Igor a pris son antiquité pour faire le comité d’accueil.
- Je vois qu’on met toutes les chances de notre côté, il a fait des modifications qu’il n’a jamais testées avant…
- Ah, s’il a fait des changements en plus, bon courage en tout cas !
- C’est plutôt de la chance ! Allez, à tout de suite. »
Les enjambées retentissaient dans le labyrinthe, et devenaient de plus en plus proches. Igor se tenait prêt, le cigare dans la bouche et le colt fermement saisi à deux bras.
La transpiration coulait sur son visage et avait inondé ses vêtements. Les yeux grands ouverts et inquiets, il jetait des regards furtifs sur ses arrières et côtés. Le cœur s’affolait et sa respiration se montrait bruyante.
Ses pas devenaient lourds et le temps semblait s’écouler plus lentement. Plus que deux cents mètres ! La main posée sur son arme, il continuait péniblement sa course vers son vaisseau. Il guettait une ombre amicale, celle d’Igor, et toujours rien à l’horizon.
Ses yeux se tournèrent vers sa montre, elle indiqua cent mètres. Sa main passa sur son front huileux, et il s’essuya sur son pantalon. L’ultime coup d’œil dans son dos, et il vit l’obscurité danser au loin.
Soudain, une détonation, suivie d’une déflagration, retentirent dans un fracas assourdissant.
A suivre
(pardon pour le double post, pour une fois que je fais une fic un peu longuette ;) )
up
Pinaise, c'est bon tout ça
... Fluide, simple et concis, y a pas grand chose à redire.
Ponds nous une suite fissa mon grand
!
Ça me change un peu de ma Fantasy tout ça!!
J'ai bien aimé, c'est court, facile à lire et très imaginé!! Il y a beaucoup de suspense, ainsi que des petites choses qui m'ont fait sourire: le désordre organisé, Igor (j'adore ce prénom ^^), un Béllurien (t'as osé mettre un accent avant deux consonnes!!
). Et puis tu as écrit deux fois la même scène, celle du petit déjeuner, de deux façons différentes... J'ai trouvé cette répétition (non répétée car tu n'as pas utilisé les mêmes mots^^) à mon goût.
Le seul bémol que j'ai pu trouver, c'est Steve
le nom!! ![]()
J'attends la suite...
Merci
Bozamu hurla puis jeta son casque ! La douleur était grande, ses mains serraient ses oreilles, il serrait les dents, fermait les yeux et respirait fort. Quelques minutes plus tard, il prit le dessus sur la douleur et appela Igor et Steve.
« Allo ! Allo ! C’est quoi ce tintamarre, vous voulez me rendre sourd ? Allo ? Steve ? Igor ? Tout va bien ? »
Aucune réponse.
« - Ordinateur, état des lieux s’il te plait. Que vois t’on de l’accès ?
- Je n’ai aucune information. La réponse énergétique a saturé nos systèmes. »
Le visage pétrifié d’angoisse et de surprise, il restait la bouche ouverte et sans mouvement.
Le mécanicien vit le commandant courir à toute allure, avec une fumée épaisse le poursuivant. Il était rassuré, mais Igor restait sur ses gardes. Son récepteur ne fonctionnait plus, probablement à cause de la vague d'énergie. Les flammes crépitaient au loin, accompagnées, par le sifflement des gazes s'engouffrant hors des tubes. L'alarme allait résonner dans peu de temps dans le complexe. Il recula vers l'entrée du vaisseau et actionna l'ouverture du sas.
Haletant, Steve arriva à la hauteur d'Igor.
« - Chef, vous en avez mis du temps ? Quel boucan ! Vous avez essayez de détruire la base au canon stellaire ou quoi ?
- Et toi, avec ton pétard, une reconstitution historique ? J'aurais bien aimé prendre une collation, mais le chemin était long et j'ai manqué de temps. Bon, trêve de plaisanterie : j'ai riposté à un tir de poursuivant, j'ai atteint deux canalisations... Et ces abrutis dans la conception ou l'utilisation de cette base, ont mis deux gazes réactifs l'un à côté de l'autre ! Pas besoin de raconter la suite, j'ai failli y laisser ma peau aussi !
- Oh, nom d'un Qatrea ! Vite, filons d'ici ! »
Steve appela son navigateur avec le commutateur du sas et ordonna le décollage immédiat. Ils s'installèrent avec hâte dans les siège de la pièce adjacente. Une fois les ceintures de vol attachées, le commandant rappela Bozamu.
« - On est installé et prêt pour le vol, fonces !
- D'accord patron, accrochez-vous ! Dois-je activer les systèmes d'armes ?
- Oui, envois les nous en manuel. Je prends la proue, Igor la poupe. Le reste, donnes le à l'ordinateur avec comme consigne écran total. »
L'astronef s'arracha de l'aire d'accostage bruyamment. La carlingue vibrait avec amplitude et les moteurs devenaient assourdissant.
« - Navigateur, ce serait bien qu'on s'en sorte vivant de ce décollage !
- Quoi ? Commandant, je n'entends rien !
- C'est quoi ce décollage ? Vous voulez remorquez la galaxie ou quoi ?
- Hein ! Vous chipotez pour ça ? Vous voulez qu'on parte vite ? Laissez-moi faire mon boulot et tenez bien vos systèmes d'armes. »
Steve restait crispé, il serrait sa mâchoire très fort. Le mécanicien faisait la moue au début, puis se mit à sourire. Le vieux Igor en avait vu des biens pires.
La navette ne frissonnait plus, mais elle subissait des corrections de trajectoire brutales. Les deux hommes scrutaient leurs horizons via les écrans télépathiques. Quelques tirs au laser partirent de la base et Igor les contra habileté. Le navigateur fit zigzaguer l'engin pour éviter quelques salves et prit encore plus d'accélération.
« - Commandant, on aura une station dans 5 minutes.
- D'accord, tu m'envoies sa position avec la direction.
- Vous avez maintenant sa position sur votre écran, la direction vingt grades à l'horizontal.
- Bon, Igor, prends ça aussi. Ordinateur, charges-moi dix contremesures à tribord et trois à bâbord. On ne sait jamais, s'ils ont des vieilles torpilles. C'est une vraie plaie.
- Des torpilles ? Non, ces antiquités ? Elles ont du rouillé depuis tout ce temps ?
- Bozamu, t'es trop jeune pour connaître ! Igor, tu connais ?
- Oui, commandant. C'est dangereux pour les vaisseaux comme le notre, nos armes conventionnelles ne sont pas très efficaces. Pire, comme on passera un peu trop près de la station, tout risque d'exploser. Il vaut mieux les berner avec des contremesures que de les faire exploser.
- Oui, effectivement, je croyais que c'était presque sans danger...
- Navigateur, il ne faut pas croire, il faut savoir ! »
Steve verrouilla sa cible dans le cadran de visée, puis balaya l'horizon du cosmos. Son index se posera sur un bouton qui jonchait le pupitre à sa droite. Une petite mélodie vînt frémir dans son esprit. C'était une petite polka traditionnelle du système de Jaze. Un sentiment d'apaisement envahissait le visage du commandant au fur et à mesure que les notes se distillaient dans sa tête. Il contemplait l'espace, l'infini...
Igor bougeait sur son siège et paraissait nerveux, mais il n'en était rien. Il avait glissé sa main dans sa veste pour en sortir une boîte dorée. Ensuite, il l'ouvra et mit dans sa bouche quelques éléments, de ce qui ressemblait à des végétaux en putréfaction. Le sang vînt rougir ses yeux, et il devenait encore plus concentré sur sa tâche. Sa tête faisait des mouvements dans tous les sens, sans jamais ralentir. Il était aux aguets et observait l'espace, dans toutes les directions.
« Les gars, cible à moins de 50 kilomètres, tenez-vous prêt, ça va secouer ! »
up
Steve coupa sa musique, la mâchoire d'Igor s'immobilisa et les moteurs s'arrêtèrent. Le silence, mélodie du vide intersidéral, s'installa dans le vaisseau. Ils étaient tout les trois impassibles.
La station s'approchait lentement, 40 kilomètres, 35 kilomètres... La paix sonore régnait toujours alors que la tension montait encore. 20 kilomètres, les visages se crispèrent. L'astronef déviait un peu de sa trajectoire initiale. Les résidus chaotiques de champs gravitationnels commençaient à faire valser doucement l'engin spatial. 10 kilomètres, une goutte de sueur se forma sur le front du mécanicien, elle commença à descendre lentement... 9,22 kilomètres, la perle s'attaqua aux sourcils.
« Oh, nom d'un Qatrea, et merde ! », lança le commandant. Les torpilles avaient été larguées et tout les écrans s'affolaient. La mécanique mit en branle toute la carlingue et les turbines rugissaient avec violence. L'accélération était terrible et elle plaqua solidement les corps dans les sièges. Les alarmes retentissaient, puis l'appareil décéléra.
« - Navigateur, on a un champ d'astéroïdes à 348,87 grades dans 130 kilomètres. On y va pour quelques acrobaties. Elles doivent se rapprocher de nous.
- D'accord, commandant. Attention, ça secouera un peu.
- Oui, bon Igor, on utilisera au début des contremesures, puis on fera feu sur les astéroïdes et nous finirons pas des tirs directs.
- Compris. »
Les rétro-fusées sonnèrent la manœuvre avec de nombreux à-coups. Les aérolithes n'était plus très loin, 30 kilomètres, alors que les torpilles s'approchaient dangereusement du spacionef.
« - Torpilles à moins de 5 kilomètres et à 205,64 grades ! Zone à astroïdes dans 20 kilomètres et à 0,23 grades.
- Merci, ordinateur.
- Bozamu, j'espère que vous savez ce que vous faîtes, 5 kilomètres pour des torpilles, c'est audacieux ou suicidaire ! »
Le navigateur restait silencieux, concentré sur le pilotage du vaisseau et surveillant ses poursuivants. 15 kilomètres. Les accélérations et décélérations se démultipliaient afin de conserver une distance adéquate avec les torpilles. 7 kilomètres. La violence des mouvements était extrême, à la limite du supportable par l'équipage. Ils ne savaient plus où ils en était et s'en remettait à l'habilité seule du pilote. Les rétrofusées donnaient des ac-coups chaotiques. 1 kilomètres.
L'appareil cessa ses va-et-vient et ses déplacements confus. Il s'engouffra dans le champ d'astéroïdes en augmentant sa vitesse. La spacionef frôlait des obstacles et s'en séparait toujours au dernier moment. Les torpilles continuaient leur chasse avec moins d'agilité et certains se perdaient ou s'écrasaient contre les aérolithes.
Quelques cris de joie retentissaient dans le vaisseau.
Le commandant activa les contremesures puis des sifflements aiguë sonnèrent dans la carlingue accompagnées des grondements de leurs moteurs. L'astronef serpentait toujours et prenait beaucoup de risques. Des torpilles prirent pour cibles ces leurres et explosèrent dessus.
La navette fût propulsée par la détonation et évita de percuter un astéroïde grâce aux réflexes du navigateur.
« - il reste 25 torpilles à notre poursuite, la plus proche est à 23 kilomètres à 214,99 grades.
- Merci ordinateur.
- Bien Bozamu, j'avais l'impression d'être dans la dernière génération des chasseurs de Mars, plutôt que dans un vieux vaisseau de marchandises... Qu'on en finisse ! Igor, prépares toi à dégommer ces moucherons, et toi Bozamu, à nous sortir d'ici indemne et sans prendre autant de risques !
- Canons prêts à tirer, commandant. »
Ils firent feu en direction des poursuivants. Les canons secouèrent l'engin pendant quelques instants. Après la première salve, Bozamu fit accélérer l'engin. Ils attendirent que les tirs arrivèrent à proximité de leurs cibles.
Un aérolithe reçut un coup et explosa, jetant des projectiles partout. Ensuite, tout s'enchaîna rapidement : les torpilles et les astéroïdes étaient touchés au fur et à mesure par les tirs. Les déflagrations s'accumulaient dangereusement et crachaient de la mitraille à tout va.
« - Navigateur, il va être temps de déguerpir ! On risque à tout moment de recevoir des morceaux d'astroïdes !
- Accrochez-vous ! Ordinateur, contrôle de trajectoire. Tendance de direction : 13,45 grades. Enclenches les procédures d'évitement.
- Navigateur, contrôle ok. Bien enregistré.
- On s'arrache ! »
Les moteurs vrombirent et résonnèrent dans la carcasse d'acier. Le tintamarre était totalement assourdissant, alors que les sirène alertaient du risque de collision des astéroïdes. Tout vibrait et on n'entendait plus rien. Ils se plièrent en deux et bouchèrent leurs oreilles avec leurs mains. Ils souffraient. L'accélération fulgurante vînt et les secoua d 'une manière effroyable. Bozamu serra sa mâchoire en grognant. Steve hurla à n'en plus pouvoir...
Toujours aussi bon, tu portes mal ton pseudo.
up
Up
Alors j'ai lu.
et... C'est plutôt bien ! On s'attache aux personnages, les descriptions sont prenantes, et on voit un univers en train de se construire petit à petit. Le style, bah c'est du sf classique quoi, plus orienté action, j'ai rien à redire.
Un bémol par contre : je trouve que la trame s'installe trop lentement, un peu trop "d'action" à mon gout, pas assez de "phases de repos" pendant lesquels le lecteur peut se "poser" pour comprendre les informations que tu donnes sur ton univers et sur l'intrigue. Ce qui fait que j'ai eu du mal à accrocher, j'attend la suite pour pouvoir réellement m'ancrer dans quelque chose, j'ai l'impression d'être laissé sans attache là
Bref, la suite, et laisse moi respirer entre deux bagarres ![]()