Chapitre II – La salle 109
Après les longues remontrances habituelles de la directrice et l’heure à glander en permanence, la sonnerie annonçant le prochain cours retentit. En route vers les salles d’histoire, je croisai une de mes nouvelles conquêtes, Mathilde, une adorable blonde au visage de poupée. Elle me fit un timide baisé sur la joue que je rendis délicatement sur la bouche. Facile. Puis, en escaladant les marches menant à l’autre bout du lycée, j’aperçus ma petite amie, celle du moment, que j’embrassai tendrement. Quel salaud !
C’est devant la salle 109 que la deuxième sonnerie résonna. La place à coté Judith étant prise j’optai pour celle accoudée à la fenêtre. Celle-ci donnait une vue magnifique sur le terrain de volley où s’entrainaient les filles de terminal…Oui, je vous l’accorde, je ne pensais qu’à cela !
Robert arriva au milieu du cours avec une dizaine de livres sous les bras et aussi étrange que cela puisse paraitre, il s’assit à coté de moi avec un large sourire. Sale provocateur !
Aujourd’hui je vous le dis, si à ce moment précis, quelqu'un m’avait confié que j'allais me prendre une raclé par cet avorton, je pense que j'aurais réfléchi à deux fois avant de dire ce-la :
« Dégages de là, connard ! »
Le sourire de robert disparut aussitôt, il se leva subitement, et avant même que je ne puisse réagir, me frappa avec une tel force que je fis un saut de dix mètres… bon d’accord, d’un mètre. C'était mon nez que sont poing avait touché. Dieu merci, il n’était pas cassé, mais je saignais tellement qu'on du m'amener à l’infirmerie passer une bonne partie de l’après midi.
*
Durant les deux semaines qui suivirent, il n’y eut aucun autre incident avec Robert. Ceci est simple, je pris soin de ne plus m’assoir à coté de ce taré ni de lui adresser la parole. Une seconde raclée aurait anéantie ma réputation.
- Pourquoi tu ne me dégomme pas cette pauvre tache ? Me lança un vieux camarade, en plein cours d'histoire, tout le monde n'arrête pas de dire que tu es une ta…
- Ça m’est égal de ce que ces gens racontent, j'ai déjà tout prévu, le douze octobre ça sera sa fête à ce Lambert !
- Et qu’est ce que tu comptes lui faire ? me demanda Stéphane admiratif.
- Je...
- TAISEZ-VOUS TOUS LES DEUX !
Ah, cette vielle Mme Marche ! On ne pouvait jamais discuter paisiblement dans son cours. Le temps semblait interminable et, sa voix monotone empirait le climat soporifique qui régnait à chaque fois que l’on franchissait la porte.
- JULES, PASSE DEVANT ! Hurla-t-elle.
Robert me lança un rire moqueur. Cette imbécile ne me lâchait pas du regard mais je n’y prêtais pas attention, et puis, la géographie c’est long, très long. Seulement quelques minutes suffirent pour alourdir mes paupières. La voix de Mme Marche semblaient ralentir au fil des secondes, c’est bientôt un doux chant de syllabes qui m’invitai à rattraper une courte nuit de sommeil. Pas pour longtemps. Un cri perçant retentit dans la salle ! Je me levai en sursaut scrutant les alentours à la recherche d’un tel vacarme. Il me fallut quelques secondes pour comprendre que tous les yeux tournés dirigés vers moi. Qui avait crié ? Le professeur ? Impossible, c’était une voix masculine. Après un long silence gênant le fabuleux son de la sonnerie se fit entendre.
- C’est qui le taré qui a fait ça ? demandai-je à Stéphane, alors que l’on quittait tous la salle, dis moi pas que c'est ce Robert ?
- Tu…tu es sérieux ? répondit-il avec hésitation, tu ne sais vraiment pas qui c’est ?
Il m’observait, incrédule, comme s’il s’attendait à ce que je lui annonce un « poisson d’avril », voyant que je continuais à le fixer, il soupira et m’avoua :
- C’est…c’est toi mon vieux qui a déliré, je pense que tu devrais aller voir un psy…
Il s’en alla, me laissant sur le cul. Que s’était-il réellement passé ? Robert, lui, le savait. Il était le seul à m’avoir épié toute l’heure. Merde ! pourquoi lui ?