Les plus belles étoiles ne sont pas toujours les plus lumineuses, les plus lointaines, ou les plus inaccessibles. Lucioles sur le plafond de l'univers, immobiles dans leur éternelle majesté, scintillant sans un bruit au plein coeur de la nuit, ainsi va leur vie. Elles nous regardent de là-haut, se nourrissant de notre désir pour elles, et jamais on ne les atteint. Pourtant, il est dit que parfois certaines descendent sur terre, délaissant le ciel pour ne plus illuminer qu'un seul être, qu'une seule vie. Simple légende, sans doute... Du moins le pensais-je jusqu'à ce que l'une d'entre elle ne vienne pour moi, posant sur ma vie son éclat de soleil. Depuis, je ne vois plus que sa lumière, insensible à toutes les autres.
Je n'ai pas compris tout de suite ce qu'elle était, d'où elle venait, tout aveuglé que j'étais par sa pâle clarté. C'était une étoile en forme de fille, à ce qu'il semblait. J'ai plongé mon regard dans le sien, comme pour chercher ce qui se cachait derrière, dissimulé dans la chaleur de son coeur, le coeur brûlant de mon étoile. Les yeux enflammés par ses rayons ardants, je n'ai pas su lire en elle en cet instant. Je crois que c'était mieux ainsi, car c'est fragile une étoile, si vous la brusquez, si vous l'étouffez, elle vous reprend son éclat et remonte au firmament, à jamais perdue.
Secrètement, j'ai désiré que sa lumière m'entoure. Elle brillait de toute part, comme si son corps tout entier n'était que perles et diamants. Patiemment, j'ai attendu que son aveuglante aura s'éclipse, afin de laisser mes yeux s'habituer à son halo de feu, à sa beauté lumineuse. Lentement, j'ai vécu sa métamorphose, comme une évidence que je n'osais espérer. Finalement, elle s'est révélée à moi telle qu'elle était, et je l'ai vraiment vu pour la première fois. Mon étoile, fleur de feu nimbée de pétales de braises, avait quitté son habit stellaire pour me montrer enfin sa vraie nature, son vrai visage.
Je suis resté comme paralysé, le regard irrésistiblement attirée par celle qui n'était plus une étoile, sinon dans mon coeur. Ses rayons lumineux s'étaient changés en une longue et souple chevelure au teint de bronze, parcourant son visage avec légèreté, épousant la forme de ses joues en une tendre et sensuelle caresse. Dans ses yeux sombres aux reflets de canelle brûlait le souvenir d'un feu peu commun, le brasier des étoiles, absorbant toute lumière alentour comme pour mieux m'hypnotiser dans une contemplation passionnée. Remarquant ma surprise, elle se fendit d'un sourire qui illumina tout son visage, révélant cette aura chaleureuse qui était celle de mon étoile.
Peu de temps après, jai fini par réaliser que les étoiles ne descendent pas jusqu'à nous, qu'elles ne nous regardent pas, qu'elles ne respirent même pas. J'ai fini par comprendre qu'elle seule était venue attiser ce feu autour de moi, pour me réchauffer, peut-être, pour allumer mon coeur, sûrement. Je tremble même dans la chaleur, j'ai chaud contre sa peau pourtant si fraîche, je vibre sans un mouvement. Je suis comme sans défense quand son regard me transperce, tel l'imprudent contemplant de ses yeux nus le soleil à son zénith. Je veux garder sa chaleur en moi, l'embrasser encore et encore, la caresser sans cesse pour m'en imprégner. Je veux la serrer toujours plus fort dans mes bras pour qu'elle ne s'envole pas, qu'elle ne reparte pas là-haut se perdre dans une myriade de constellations anonymes.
J'ai souhaité ta venue, ange tombé du ciel,
Sans même imaginer que tu serais si belle.
Naviguant dans la nuit ton sourire est mon phare,
Je ne peux me noyer sinon dans ton regard.
Si tu te sens brisée dans ton âme, dans ton corps,
Si la vie te fait mal, si demain te fait peur,
Je serai près de toi à te serrer plus fort,
revigorant ta flamme et réchauffant ton coeur.
Si tu restes de marbre, que mes mots t'indiffèrent,
Que tu ne ressens rien sinon ce goût amer,
Dis le moi sans attendre et je saurai m'y faire,
N'ayant qu'un seul regret, n'avoir pas su te plaire.
Mais si cela te touche, rien qu'un peu, rien qu'une fois,
Que tu te dis peut-être ce garçon pense à moi,
Alors fermes les yeux et restes dans mes bras,
Car je suis tout à toi, mon étoile, ma Laura.