Oui c bien le Dostix du politique
Froid. Il faisait froid ; un point, c’est tout et c était d’ ailleurs la seule sensation que son cerveau engourdi lui autorisait à percevoir dans les brumes cérébrales. La douleur lui rongeait les doigts bleuis pourtant protégés par des gants épais. Il fallait faire vite. D’ ici quelques instants, sa tête ne sera plus qu’un tombeau mal en point. Bien qu’il ait derrière lui sept ans de travail dans ce lieu immonde, il ne supportait pas la température : le froid, c’est pire que la douleur, c’est être malade sans blessure à soigner.
Il atteint la porte 14 qui menait au sas thermique. La chaleur revint peu à peu habiter ses neurones, ses membres et ses doigts qui se mirent à ouvrir l’imposante combinaison de thitax, aux couleurs de la Cerbere Organisation. Son employeur n’en était pas à cette dépense près que bon nombre de gens jugent, encore de nos jours, intolérables pour un organisme d’Etat. Mais la sécurité avait toujours été la « clef de la civilisation » comme aimait à le rappeler Nikolon, le ministre de l’intérieur, dont la démagogie s’amplifiait sans cesse. Jon Saukar avait dix ans auparavant cédé à la tentation et s’était donc engagé chez la Cerbere pour protéger les siens, la veuve et l’orphelin.
La déception était montée en lui à la vitesse d’un cheval au galop : sa « mission patriotique » - encore une formule de Nikolon- consistait à la surveillance nocturne de la chambre froide des entrepôts, une réserve importante de produits de première nécessité en cas d’ attaque extraterrestre. Autrement dit n’ importe quoi. Les différents ministres avaient encore tablés sur la peur des populations pour se construire le coffre le plus percé qui soit : les gardes de la Cerbère avait la réputation de se laisser tenter par le moindre billet.
Jon sortit de l’immense entrepôt à cinq heure où l’ on pouvait apercevoir en dessous d’ un Soleil à peine levé la masse des gardes de la Cerbere quitter leur lieu de travail respectif. Triste spectacle en vérité que celui de cette nuée de regards blêmes qui n’avaient plus rencontré le soleil depuis des lustres. Cependant l’être blafard qui tourna jusqu’à l’elevator aurait eu un peu de mal à calculer ces lustres. Yushim Malakar ( un nom un tantinet barbare mais sur lequel il jouait plaisamment devant les caméras et les micros), le ministre de la santé publique et de l’alimentation avait incompréhensible ment décider de fournir en produits pharmaceutiques les gardes de la Cerbère. T’ es malade ? - oui- q’as-tu ? - Je me sens seul la nuit- ce n’est pas grave, mon gars, prends ça. Et voila une bouteille d’exator vendue en plus. Bonne affaire pour Malakar qui dirigeait une des plus grosses entreprises pharmaceutiques. Le spectre de l’elevator devait suivre un régime draconien d’ au minimum deux piqûres d’exator par jour ainsi qu’ en témoignait sa mâchoire édentée.
Voilà les pensées qui s’agitaient dans le crâne clairsemé de Jon. Allons mon vieux un peu de courage. Bientôt tu seras chez toi où tu pourras fumer ces infectes cigarettes chinoises importées on ne sait par quel miracle et surtout par quel garde. Si un collègue te demandes d’où ça sort, tu lui réciteras ta leçon. « J’ai trouvé ce truc dans la rue- sûrement un de ces cons de trafiquants qui l’as balancé avant un contrôle de police – et je me suis dis que cela ne servirait à rien de le confier au poulets. T’en veux une ? C’est la maison qui offre. Merci au revoir et la bise à ta femme et aux gosses. ». Puis tu dormiras pendant que le soleil que tu n’as jamais vu se lèvera, culminera et mourra. Pour chasser ces idées non rentables, il se permit un verre ( mais un seul, n’est-ce pas ? ) chez cet escroc de Marul. Cinquième rue à gauche, non à droite et direct jusqu’à l’enseigne représentant un magnifique spécimen de pachyderme couleur rose. Il pénétra dans la gargote à l’odeur si particulière qui faisait sa renommé au bureau 131 de la Cerbère : eau de javel, déodorisant, alcool, tabac. Allez savoir lequel vous tuera.
c un début mais ça fait des moi que j´ai pas avancé
Mais bon ça vaut peut-etre pas le coup de faire un topic dessus