bon juste pour pas que ces longs postes n'aient servis à rien, je copie colle ici les réponses de carnavale ostra et je sais plus qui, comme le topic est effacé:
- Carnavale
- Posté le 28 mars 2010 à 19:57:35
- Si je peux me permettre, la façon dont tu problématises la question que tu choisis, laquelle est déjà en soi une problématique, est extrêmement maladroite, et le plan qui en découle d'une grande médiocrité.
L'analyse d'Ostra est tout à fait juste.
Transformer la question bateau "qu'est-ce qui fait qu'une pièce traverse le(s) temps ?" (d'ailleurs assez mal formulée) en "qu'est-ce qui fait qu'une pièce n'est plus d'actualité" ne peut donner lieu qu'à des remarques superficielles.
On se doute bien que la société de Molière ou de Marivaux n'est pas celle d'aujourd'hui. Il faut toujours s'efforcer de s'abstraire de son regard et de son opinion d'homme contemporain. Si la question est telle qu'elle est formulée, elle incite à étudier ce qui assure à une pièce de théâtre (et plus globalement à toute oeuvre d'art) sa postérité. Un auteur est génial s'il est parvenu, à travers une oeuvre produite dans des conditions et des circonstances particulières, datées, à toucher quelque chose d'essentiel et d'universel (ce qui revient d'ailleurs souvent au même).
Molière se livre à la peinture des caractères pour "plaire et instruire" les hommes de son temps, l'idéal classique. Il cherche à corriger les vices.
Si tu étends ta réflexion, si tu t'attardes sur les grandes pièces du répertoire européen, tu comprendras facilement que l'avarice d'Harpagon, la complication des situations amoureuses de Marivaux, la pureté des amours adolescentes de Shakespeare, la solitude de Cyrano, la révolte des foules de Brecht, concentrent, en tant que faits textuels, toute la richesse d'une analyse universelle de la nature humaine, à la fois dans ce qui la décrit, la re-présente, littéralement, et la soumet, aussi, à des types, des modèles, des idéaux. Le théâtre crée des personnages absolus qui doivent avoir une force de représentativité universelle, pour dépasser le contexte dans lequel ils naissent.
Les mises en scène viennent éclairer d'un jour nouveau le texte, à la lumière de ce que la société d'aujourd'hui peut avoir transformé. Mais les pièces du répertoire sont telles que, quel que soit le genre, tragédie, comédie, drame hugolien, théâtre de l'absurde, théâtre épique, les rapports de force, les thématiques, peuvent aisément se calquer d'époque en époque. Le théâtre, parmi d'autres arts, révèle ainsi, comme "miroir du monde" les traits permanents de la société humaine, en dépit de ses multiples bouleversements.
C'est de ce point de départ général qu'il faut partir pour construire ta réflexion. Toutes tes remarques dans la première partie sur : elles ne sont plus d'actualité parce que socialement plein de choses a changé, témoigne d'une conversation de café du commerce. Tu vas te faire sabrer si tu pars comme ça.
Le plan dialectique qui marcherait de façon satisfaisante, ça pourrait être : I. Une matière théâtrale universelle II. La nécessité d'actualiser par la mise en scène la richesse du texte III. Les modalités évoluantes de la représentation, finalité essentielle du texte théâtral
Dans les dernières parties, tu peux t'intéresser à l'évolution des conditions de réception d'un texte et des valeurs qu'il véhicule. Qu'a-t-on perdu de daté dans le théâtre de Beaumarchais, par exemple, et qu'a-t-on gardé d'essentiel et d'universel ? Le jeu avec les conventions théâtrales, qui sont elles-mêmes le reflet des conventions sociales. Il faut toujours penser le théâtre comme reflet, à un instant t donné, d'une certaine sensibilité, qu'elle soit celle de l'auteur, de ses influences, comme celle de son époque.