Voilà, je décide de soumettre un de mes écrits au forum d'écriture
Ce texte, "Tranchée", relate en fait un rêve troublant que j'ai fait en troisième (curieusement, le sujet de brevet blanc était la 1ere Guerre Mondiale...). Et bien que ce ne soit pas l'originalité de "l'histoire" qui est travaillé, c'est plutôt la forme, et bien sûr, le fait que ce soit un rêve et donc que j'ai dû travailler un style soulignant les ambiguités que cela implique.
Je précise aussi que je suis nouveau sur ce forum
Voilà, tout ceci étant dit, je vous souhaite une bonne lecture
Tranchée
J’ouvre les yeux. Je constate que ma tête était baissée et contemple mes bottes baignant dans une boue putride, mes jambes ainsi que le reste mon corps, dont ma tête, sont recouverts d’un long imperméable jaune, auquel je vois vaguement à travers. Sur ma tête je sens un poids, autre que la capuche, mais je ne regarde pas ce que c’est, de quoi il s’agit exactement, je le sais sans savoir, mon moi dormant le sais mais mon moi conscient l’ignore.
M’éveillant dans ce rêve qui s’annonce à mes yeux premièrement glauque, je sens alors la pluie, je la sens marteler faiblement ce qui pèse sur mon crâne, je comprend alors de quoi il s’agit, mais ne le réalisera que bien après mon véritable réveil, dans ce qui s’appelle réalité.
Il est sensé faire froid, je le sais, tout comme je sais qu’il pleut, tout comme je sais que je suis dans un songe, tout comme je sais que je suis parfaitement éveillé. Pourtant je n’ai pas froid, j’ai même légèrement chaud, sans que cela me fasse suer. Non, juste assez chaud, sans doute la marque que la réalité interagit elle aussi, cela devait sans doute être en fait la chaleur des couvertures qui prenaient place aussi dans la chaleur corporelle de mon corps de mon rêve, tout comme je suis éveillé dans mon sommeil. Paradoxal ? Oui et non à la fois, car je rêve, c’est une certitude, mais pourtant mon esprit fonctionne clairement, comme lorsque je suis réveillé. Je suis donc dans ce rêve dans l’état auquel je suis dans la réalité.
Je fais un pas en avant. Je sais que je dois marcher, mon corps sait qu’il doit se rendre quelque part, mon esprit sait qu’il doit regarder autour de lui pour voir ce qui m’entoure.
J’examine mon environnement, je suis dans une tranchée. Le ciel est noir, insondable, seule la fine pluie en échappe. Je remarque aussi que cette immense tranchée ne comporte aucune solidification pouvant maintenir sa forme, comme celles que j’ai vu dans les quelques films et photos portant sur la première Guerre Mondiale, car je sais que c’est à cette époque là que je suis.
Non, toute cette tranchée n’est faite d’une seule chose, de boue. Creusée grossièrement pour lui donner cette forme longiligne. En marchant, je remarque un son inhabituel, singulier, émettant ce qui ferait penser qu’on marche sur quelque chose d’enseveli. Je m’arrête, m’abaisse, et aperçois un imperméable dont la majeure partie est enterrée, semblable au mien. Je m’aperçois que je suis vers le bas, je me penche plus en avant et remarque une forme vague d’ellipse, en métal, le casque que portent les poilus. Je chasse la boue de quelques gestes de la main ; je ne ressens rien. Ni le contact froid auquel je m’attendais, ni à cette sensation propre à la boue, gluante, visqueuse.
Bientôt j’aperçois un visage, celui d’un homme, portant une moustache, bien dans le style de l’époque, ce qui certifie encore plus que je ne me suis pas trompé quant à elle.
Cependant je ne m’y trompe pas ; son teint blafard, dégageant un je ne sais quoi qui m’y fait déceler une nuance verdâtre, ses yeux blancs, grands ouverts, donnant l’impression d’un ébahissement total, encore plus accentué lorsque je m’aperçois que ses lèvres sont entre ouvertes. Par quoi avait-il pu être ébahi de la sorte ? En vrai, je ne m’étais pas posé la question, je savais de quoi il s’agissait tant c’était évident, tant cette expression pouvait être littéralement qualifiée de « masque ». La mort, tout simplement, inutile d’en faire toute une complexe et stérile réflexion ; c’était la mort rien de plus, mais rendue fantastique par le masque du cadavre.
Je me relève et reprend mon chemin, je sais que je frotte les doigts de la main qui à déblayer partiellement ce visage entre eux, mais je ne sens pas ces petits grains qui indiquent qu’elles sont pleines de boue, en partie séchée, d’ailleurs, à peine ais-je cette pensée que je comprend, que je sais, qu’elle n’en ont pas.
J’arrive enfin vers ce qui semble être une entrée, dans une approximative forme de voûte, percée à même le monticule de terre liquide. J’y aperçois un véritable cosmos de lumière qu’y s’en échappe, je m’approche, mes jambes m’en approche, je sais que c’est là que je dois voir.
J’y suis. Il s’agit d’une grotte cyclopéenne, faite de ce qui compose cette tranchée depuis le début. S’enfonçant profondément dans le sol, de forme plus ou moins arrondie, telle une tumeur car elle semble curieusement et épouvantablement s’agrandir, mais pas à vue d’œil. Non, encore une fois, c’est quelque chose que je sais, je sais que cette grotte s’agrandit, lentement, autant que je sais que les cheveux poussent, que l’on vieillit, comme la tumeur qui dévore la chair, tout ça c’est pareil ; on ne le voit pas à vue d’œil mais on le sait.
A l’intérieur j’aperçois un véritable panthéon cosmique de bougies, se confondant avec d’autres choses, des imperméables, encore, comme le mien, encore, portés par des soldats qui s’entassent les uns contre les autres dans cette fourmilière infernale, constituée en outre de paliers, d’étages, de galeries ténébreuses et béantes.
Je commence à entrer. J’aperçois à mes pieds d’autres semblables (des soldats) qui se poussent du mieux qu’ils peuvent afin de me laisser passer. Je sens mes pieds glisser sur la boue, sans cependant me faire perdre l’équilibre, loin de là.
Subitement, violemment, une sensation me parasite le corps et l’esprit, le besoin d’air, l’impression d’être immergé sous l’eau et de remonter à toute vitesse vers la surface pour reprendre une bouffée d’oxygène, oui, c’était exactement cette sensation là, le paysage autour de moi-même défilait affreusement vite, comme si je remontais réellement vers je ne sais où.
Je me retrouve assis dans mon lit, je comprend alors que c’est cette action qui à causé cette désagréable impression. Curieusement, je sens mon cœur battre anormalement vite, à tambour battant ; je n’ai même pas besoin de plaquer ma main contre ma poitrine pour rendre compte de mon rythme cardiaque, je l’entends battre, j’entends le cœur lorsqu’il se bat contre ma poitrine, rendant un son creux, j’entends les battements eux-mêmes, comme si j’étais à l’intérieur.
Je met une main sur mon front, non, pas de fièvre, ni même une quelconque trace de sueur ; d’ailleurs, je n’ai même pas chaud, du moins, plus chaud que la normal. Tout semblait bien allé, donc tout allait bien, je repose la tête sur mon oreiller et me rendort quelques instants plus tard.
Hmm, alors... comment dire... j'ai pas envie d'être méchant, mais, puisqu'on se prête tous ici au jeu de la critique, il ne faut pas s'attendre qu'à des éloges...
Personnellement j'ai trouvé ça mauvais. Des phrases qui ne veulent rien dire, un style très indigeste. Désolé...
Bienvenue, Sarezzo! En tant que fan inconditionnel d'histoires de guerre mondiale, je me devais de lire et commenter ce texte.
Bon. Je débute avec ce qui ne va pas.
Le style, d'abord. Pas mauvais, mais tu sembles avoir quelques difficultés avec les formulations et les tournures de phrases. Par exemple, prenons celle-ci:
"M’éveillant dans ce rêve qui s’annonce à mes yeux premièrement glauque, je sens alors la pluie, je la sens marteler faiblement ce qui pèse sur mon crâne, je comprend alors de quoi il s’agit, mais ne le réalisera que bien après mon véritable réveil, dans ce qui s’appelle réalité."
Tout d'abord, à la première personne il est plutôt maladroit de laisser entendre que le personnage connaît déjà la fin, style "ça s'annonce glauque, je vous avertis". Le lecteur est pas con, quoi. Et en plus, je vois pas vraiment pourquoi tu décides de mettre "premièrement". Mais bon, goût personnel. Puis la pluie, ben ok elle est intense donc elle martèle forcément donc ton crâne, donc ça va. Le "je comprends de quoi il s'agit" est vraiment inutile. C'est comme si je disais que je comprends que le ciel est bleu. Pas besoin du "je comprends", le lecteur se contente d'un tout petit "le ciel est bleu", tu vois. Puis la partie "mais ne le réalisera que bien après mon véritable réveil, dans ce qui s’appelle réalité." représente bien le problème que je tente de cibler. Il anticipe, pourquoi ça, il est devin? Comment il sait que son "réveil" sera véritable, sait-il vraiment qu'il rêve? Et puis préciser qu'il n'est pas dans la réalité, c'est comme si Tolkien disait Lord of the Rings avec "je vous préviens tout de suite que les elfes, les nains et l'anneau de pouvoir n'existent pas!" C'est des tas de petites précisions inutiles qui allourdissent ton texte pour absolument rien qui semble rendre ton texte "indigeste", comme l'a dit plus ou moins crument triplidio.
Côté scénario, ben il se passe pas grand chose. Il décrit les tranchées... ben, c'est tout, quoi. Puis il se réveille (or else), puis le lecteur est subitement pris de cette impression d'avoir perdu son temps.
Dommage, dommage parce que tu aurais très probablement pu rendre ta description des tranchées plus émotive, plus authentique, plus spéciale et un peu moins cliché-esque, quoi.
Sinon j'aime bien le "réalisme" de certaines de tes descriptions, ce qui apporte une certaine crédibilité au texte. On voit que tu connais quand même ton sujet.
Je te suggère quand même de le retravailler, ou même d'en refaire un autre si l'envie te prend. Je le lirai très certainement avec grand plaisir.
Oui, j'ai peut-être été un peu cru, et je m'en excuse.
Pourquoi pas en effet retravailler ton texte, comme le suggère Charly_Owl, mais dans l'état ça manque de fluidité à mon goût.
Par exemple, j'ai trouvé cette phrase assez maladroite :
"Je constate que ma tête était baissée et contemple mes bottes baignant dans une boue putride, mes jambes ainsi que le reste mon corps, dont ma tête, sont recouverts d’un long imperméable jaune, auquel je vois vaguement à travers."
?
Hello.
Voyez, tout ce que vous venez d'écrire est vrai. Mais croyez moi, je connais Sarezzo et il a écrit d'exellentes choses, bien meilleures que celles la =]
J'en profite pour dire que je suis aussi nouveau sur ce forum que je recherchais sans le voir
Je posterais bientôt quelques poèmes
En espérant qu'ils vous plairont, avant que je poste les ébauches du roman que j'ai commencé ![]()
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Ouzii Est Passé par Ici ![]()
Bienvenue OuziiKawa! Espérons que tu te plairas ici! Respecte les règles et tout devrait bien aller.
Pour la poésie, je te conseille de débuter un recueil sur le fofo (condenser tous tes poèmes en un seul topic, histoire de pas virer fou) ou alors de les poster dans le topic de redsissi "Mes poésies et les vôtres".
Voilou!
Thank You Charly
Je devrais faire un genre de recueil en un topic puisque j'en ai beaucoup et que j'en écrit régulièrement ![]()
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Bon, j'avoue que je ne m'attendais pas à me faire applaudir, loin de là.
Du moins, ce que j'ai éssayé de mettre en valeur dans ce texte (et que je n'ai pas réussi apparemment), a été le paradoxe d'un rêve: le fait qu'il soit et qu'il ne soit pas réel.
Pour rapidement expliquer comment je perçois le concept de rêve :
Il y a donc le soi conscient et le soi subconscient. Lorsque l'on rêve, il arrive parfois qu'on en soit conscient (qu'on rêve) et par ces moments-là on tente de raisonner. Ici, je prend donc compte de mon environnement, la sensation de pluie qui tombe et qui me martèle le casque que j'ai sur la tête.
Le casque, d'ailleurs, est aussi un des paradoxes du rêve. On sait des choses sans savoir d'où, c'est comme ça, voilà pourquoi vous avez trouvé certaines de mes descriptions totalement inutiles. En fait, pour résumer (grossièrement), le rêve est comme une autre dimension, et cette tranchée en a été le support. Je voulais simplement décrire ce qu'on l'on ressentait quand on est dans un univers où l'on sait tout sans savoir comment et pourquoi.
Quant au réveil, c'était une fois de plus pour montrer une des sensations et pour clore le texte, une espèce de chute...
Je ne sais pas si je me suis clairement expliquer car c'est un sujet assez nébuleux que tout le monde perçoit différemment; je ne prétend donc pas vous avoir convaincu ou excuser ce qui vous a paru comme un style long et bancal. Il est vrai que ce n'est pas mon meilleur texte, mais bon...
Enfin je tiens à préciser que je suis de nature à faire des descriptions plutôt longues, à force de lire (entre autre) Lovecraft, LSDA ou autres, ça m'a influencé sans que je m'en rende compte.
Encore une fois, ce n'est pas une excuse que je vous pond, mais juste pour vous faire percevoir un peu ma façon de faire (pour ce texte là notamment). Mais j'en posterai un autre et peut-être le trouverez-vous mieux...
Voilà, et désolé de n'avoir pas dit tout ça hier, je n'avais pas le temps ^^
Oui, tes autres textes sont mieux que celui la ![]()
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