Je viens d'avoir une flemme subite de créer un topic pour chacun de mes poèmes, ou de les poster un par un dans le topic poésie. Je vous propose ici les 9 pouèms disponibles sur mon site, ce n'est pas un recueil terminé.
Les thèmes varient, vous verrez bien vous même. Ne vous attendez pas à quelque chose de mièvre et/ou niais : j'écris en vers libre et dans un ton plutôt sombre.
Voilà, j'espère que vous lirez tout ça et que vous répondrez, j'attends vraiment vos avis !
Sister Oïne.
Crac. Chuchotement. Poudre bulle blanche-foutre.
Paille trace, jaillissements de chair malade.
Machine rouillée, cuillère noircie.
Rail bleu-blanc-merde.
Vomissement matinal choquant poussière de charbon.
Huile bite savon. Conséquence nocturne.
Charogne infâme, caniveau, poubelle verte-morte.
Murs fondus.Vieille godasse moisie, ricanement abandonné.
Horrible endroit ! Echappatoire d’une réalité plus sombre encore.
Femme, père… Soutien de ceux qui n’en ont plus.
Consommation alternative pour crêtes de caniveau,
Seringues noueuses vidées, cerveaux sans avenir.
Femme perdue.
Rapace qui fond sur sa proie.
Angoisse, cendres tourbillonnantes de l’âme.
Incompréhension, regret, souvenir, dégoût.
Cracher sur la solitude tant attendue.
Rage d’être impuissant.
Courir, forcer, ne plus penser.
Penser…
Boire, Oublier, se souvenir, mourir.
La femme n’est plus que le passé de l’homme.
Douce barbarie d’un esprit égaré,
Pur miroir de la stérilité,
Reflète ce chien quémandant sa laisse !
La chair marquée du Nom, il ère à Sa recherche,
Et fouillant le tas d’entrailles pourrissantes de la mémoire,
Il frappe, mord, arrache, griffe,
Vomit, puis saigne.
Cris et larmes affluent.
Découverte.
Mon regard coule le long de son dos,
Mes yeux voguent paisiblement.
Ils parcourent, hagards, cette parfaite nudité.
Acceptant l’offrande de cette peau douce, chaude, et pâle,
Je bois… et découvre mille saveurs et parfums.
Plongée dans un sommeil paisible, comme bercée par la houle,
Elle se blottit lentement contre moi.
Elle me fait face ! Fille de Neptune, sirène salvatrice !
D’une main hésitante, j’effleure son visage.
Quelques mèches, telles des lianes,
Tombent sur le fronton du Temple qu’est son corps.
Le ressac, alors, fracasse le radeau de mon esprit :
Deux abîmes insondables me contemplent.
Foule.
Masse d'anonymes au regard vitreux.
Flot puissant emportant les consciences.
Marche bruyante, pas cadencé.
Consommateurs chérissant la fange.
Triste grisaille, morne, uniforme.
Moutons bêlants qui réclament la tonsure,
Revêtant l’austère robe de la luxure.
Vitrines alléchantes,
Torpeur lénifiante.
Bêtise, platitude, bassesse : Crânes inclinés.
Nulle tête ne dépasse de ce peuple asservi, manipulé.
Chamane.
Le chant des tambours caresse la mousse de cet humide marais.
Les cendres de l’ennui maculent le sol.
Feuilles fiévreuses, fumée farouche :
Doux crépitement des Dieux qui s’embrasent.
La braise chauffe, les branches s’éclairent d’une vie nouvelle.
Breuvage trouble aux arômes amers.
Les lignes fondent et ploient.
Mantras profonds, yeux révulsés.
Strideurs étranges de la pénitence,
Singulière Alchimie de l’esprit gémissant.
Celui qui possède la Connaissance entre en transe.
Chamane !
Fugacité.
Tendresse complice. Clair-obscur.
Attente et Hésitation, Douceur et Envie.
Plaines, vertes collines éloignées.
Les fougères du baiser ploient. Eveil.
Caresses du lierre grimpant.
Languissante langue, lèvres entrouvertes et aimantes.
Yeux clos, visage pâle …
Aube ! Lumière : Regard du soleil et Soleil du regard.
Découverte. Nuque, mains, peau, visage. Puis,
Dos, seins, fesses, jambes, longues et lisses.
Rythme accéléré. Apollon monte, brille, éclaire.
Griffures de ronces aux reins.
Chaleur étouffante et juvénile empressement.
Fougueuse morsure du Loup.
Dents plantées, dans le rire du sang qui naît.
Impact éclatant, gifle d’humus ! Orage du temps.
Soleil de plomb coulant, coulant comme l’Asphalte qui file, et emporte la forêt au vent.
Vent qui souffle une tornade de plaisir. Plaisir de l’abandon.
Plus rien n’est calme…
Perles et dentelles s’entremêlent, s’arrachent, tombent !
Puissance ! Explosion ! Hurlement !
Soudain, Crépuscule.
La nuit descend sur la ville endormie.
Quelques chats gris sont allongés sur des toits de tuiles rouges.
Les passants, pressés, se quittent.
Le Silence rampe, obscène amnésie du moment passé.
De la fumée s’élève lentement.
Calme. Apaisement. Solitude …
Le Jugement Premier.
Tueurs pourrissants, aux appétits putrides.
Marchands de mort à la conscience gangrénée,
Viandards assoiffés de misère :
Bourreaux ! Tortionnaires !
Sergents charognards, flics matraqueurs.
Votre apparence d’honnêteté suinte la malveillance,
Vous vomissez une haine aux relents de Douleur.
Buvez ! Buvez à notre malheur comme d’autres boivent à la vie.
Car le temps viendra où l’Orgueil bafoué du peuple,
Secouera cette Terre nucléaire, détruite, calcinée.
Alors sonneront les trompettes du Jugement Premier.
« Et s’ils s’obstinent, ces cannibales,
A faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux. »
Brume.
Minuit. Douze coups de péchés.
Londres nage dans l’horreur.
La Brume du blasphème tombe sans bruit, et
La Pluie écrase les rares passants de son immensité.
Quelques pas bouleversent la puanteur fétide de l’Ordre.
Tes canines plongent et t’entraînent avec elles.
Morsure. Sang et âme mêlés.
Volant dans la nuit de tous les vices, tu chasses,
Et battant l’air de tes ailes cuivrées, tu répands Angoisse, Orgasme et Douleur.
Sombre/Distingué.
Raffiné/Cruel.
Peu t’importe la vie de ceux que tu séduis,
Feuilles déjà mortes tombant dans l’ombre de l’oubli.
Comte condamné à l’errance, dévorant.
Nuque. Chair.
Elle s’approche, te murmure tendrement à l’oreille.
D’une voix suppliante, elle réclame ta passion. PULSION !
Toi, brutalité et désir, faim et soif liées,
Tues, bois, puis te noies dans le remords.
Qu’as-tu à perdre en ce tourbillon noir ?
Le souvenir de ta vie, par Caïn perdue,
Consume désormais chacune de tes nuits.
Et le matin blafard, réveillant cette rue,
Tel un torrent glacé, charrie l’ataraxie.
Rouge.
Rouge du brasier, explosion de chaleur.
Rouge du sang craché.
Rouge du drapeau, brandi avec fierté.
Rouge de la colère, qui soumet les passions.
Rouge des lèvres belles, et du vin tremblant.
Rouge de l’envie, du désir, du plaisir !
Rouge de la vie : Eros, mais aussi
Thanatos ! Mort ! Rouge sombre.
Pourpre sanglant de la chute et de l’envol.
Terre aride et sèche. Désert indien. Pluie rouge …
Ainsi, rouge éphémère.
Merci d'avance !
Je ne peux pas formuler une critique pertinente : je vomis la poésie contemporaine.
:D C'est pertinent comme critique.
Mais c'est pas foncièrement contemporain, le vers libre a été utilisé par Rimbaud (par exemple) avant même les surréalistes.
Si t'as lu que le premier, c'est normal que t'aies cette impression.
En gros il y a du sang, de la chair, et du cul partout.
-Smiley qui lève les yeux au ciel (flemme de le chercher)-
J'suis pas d'accord ^^
J'dirais plutôt du bitume, de la crasse, mais aussi de la Nature, de l'angoisse, de la mort, de l'engagement (un peu), etc.
De la chair et du cul aussi ouais, j'crois pas être le seul à écrire sur ces thèmes là !
Bon j'défends mon bifteak gentiment mais t'as le droit de pas aimer hein.
tom
t'as un msn qu'on puisse discuter
?
J'ai qu'un mot bravo. Y a des faiblesses et des facilités mais l'ensemble est superbe. Le premier poème est, je crois, le meilleur, le plus original. Le reste ressemble à des choses qui existent déjà mais se lit avec intensité. Tout ça respire surtout l'humilité d'un travail sincère. J'aime beaucoup.
Quant à Dezert s'il voulait prouver que c'est un inculte fini (et ce gars est publié Oo ???) il a pas trouvé mieux, ou comment passer pour un blaireau sur un forum public qui vit dans les clichés puants et glaireux sur la poésie contemporaine. Tire-toi une balle, monsieur propre.
C'est marrant on m'a dit y a pas longtemps que je décourageais les jeunes auteurs :/ ...
Mon msn : tomchounet@hotmail.fr
Merci pour tes critiques poil' ! Ca m'touche beaucoup que d'autres gens aiment ce que je fais et aient des critiques autres que : "c'est contemporain j'aime pas", ou "ouaah c tro bi1 kikoolol".
Merci, donc ^^
J'espère que d'autres aimeront.
Par contre toi si tu voulais passer pour un type agressif face au message anodin de Dezert (il ne vomit pas ce qu'à fait l'auteur, mais la poésie contemporaine en générale), bravo, là c'est super. Je comprends que tu n'aimes pas sa position (personnellement j'aime plutôt ce que fait l'auteur), mais de là à l'insulter, il y a peut-être une marge.
Tu t'es vraiment spécialisé dans les interventions du genre pourfendeur de l'ordre moral de la politesse en communication, Aristimbault, t'es toujours au taquet pour remettre à leur place les gens qui te paraissent dépasser les limites du savoir-vivre et du mépris et je serais tenté de te répondre range tes principes en fesses, mais je resterai sage.
Du reste, si je m'énerve sur Dezert c'est justement parce que son commentaire est anodin et inutile, et qu'en outre, c'est apparemment un habitué des petits passages fugaces avec petits commentaires faciles sans fond, visant en outre plus ou moins à déconsidérer ceux qu'il vise. Un mec nous pond un beau recueil de dix poèmes et il lui répond en une phrase "j'aime pas la poésie contemporaine" : ça c'est de l'irrespect. Alors, oui, je l'ai peut-être trop vite insulté (et encore, je te trouve bien grande folle, je suis resté correct, j'aurais pu être pire) mais y a des limites à défendre sans cesse la communauté des schtroumphs.
Laisse les gueulards malpolis dans mon genre de leur côté et que Dezert, s'il est pas content, se défende tout seul de sa goujaterie littéraire. C'tout.
Bah je ne connais pas Dezert, mais là c'était quand même du bon gros lieu commun. D'un autre coté, j'men tape ![]()
J'attends plutôt ton avis sur le sujet du topic, Aristimbault ! Dezert saura sans doute se justifier tout seul.
UUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUP
Hihu, j'ai le droit, mon topic est en deuxième page ! Mouahaha.
Allez, lisez ce recueil bande de moules.
Je poste la suite :
Eloge de la lenteur.
(A Cabo de gata).
Brulante vapeur, chaleur éclatante.
L’air embrase mes poumons.
Sur cette terre calcinée, rouge, pulvérulente,
J’ère sans but, par vaux et par monts.
Le Soleil, nourricier devenu bourreau,
Consume impatiemment chaque tête du troupeau.
Chair qui fond : flammes du bûcher.
Branches tordues : doigts des Tisseuses.
Fruits pourris, murs effondrés,
Apparente désolation… Beauté !
Si c’est cela l’Enfer, je l’appelle de mes vœux !
Car cette Torpeur, tu la connais n’est-ce pas ?
Ecrasante, sanglante, elle est la Lenteur.
Rester immobile. Ne plus songer. Nul geste permis.
La pensée même s’arrête,
Etouffée par ce brouillard chaud.
C’est alors, une fois dépassée la souffrance,
Que s’installe la Béatitude.
Ce paysage volcanique, cet abîme,
L’on s’y vautre avec délice, abandonnant son âme.
Oublieux dans l’eau fraîche d’une source,
Comme en celle du Léthé.
Silence, silence…
L’Esprit s’emplit de ce qu’il vit.
Tout ce qui s’était éloigné dans une représentation est directement vécu.
Heureuse chaleur !
Lâchez, abandonnez, acceptez l’Enfer.
Heureuse Lenteur !
Ce désert moite apaise, pour un instant, ma Douleur.
Absence.
Quelques éclats de voix se font entendre :
Brouhaha silencieux des enfants qui crient, courent.
Les mouettes rient, la cloche de l’église résonne prudemment et
Les toits s’étendent à mes pieds.
Des silhouettes s’animent, marchent, vivent…
Le parfum du pavé, humide de rosée, est enivrant,
L’odeur des épices et des fruits parvient à ma fenêtre.
Je me laisse porter au gré du vent qui caresse mon visage ;
Grisante, l’animation me berce et m’éveille tout à la fois.
Les visages en contrebas sont joyeux, les rires francs :
Des regards qui se croisent, des rencontres, du plaisir partagé.
Mais alors que j’attends, contemplant le fleuve qui sous moi se déploie,
La Douleur m’étreint.
Que me sont leurs vies quand la mienne m’est ôtée ?
Sans lui, le bonheur que j’observe n’en est plus un.
Les Parques l’ont enlevé, la pluie s’abat, les passants fuient.
La rue est vide, silencieuse, morte.
Voilà, voilà, deux de plus !
Enjoy, merci à ceux qui liront.