Salut à tous ! J'ai décidé de poster une nouvelle que j'ai du écrire pour le lycée, il y a deux ans. on avait trois sujets au choix, et mon coeur s'est tourné vers le numéro 3 : "écrire le récit d'un fait divers réel". A l'époque, en novembre 2006, un drame venait d'avoir lieu dans une école Amish, en Pennsylvanie : un homme est entré de force, a pris les jeunes filles en otage, et a fait un carnage. Pour écrire cette histoire, j'ai fait un gros travail de recherches, et la majorité des évènements que je décris se sont vraiment passés. Certains passages ont du être "censurés", car jugés trop choquants pour être rendus à mon prof.
Je posterai les différentes parties au fur et à mesure, et vous pourrez me donner vos avis ici !
Comme je l'ai expliqué, cette nouvelle a été écrite il y a deux ans. J'ai corrigé des fautes, améliorer certaines tournures, mais le niveau reste inférieur à mes écrits récents.
Merci à tous ! ![]()
Le récit que vous allez lire retrace la tragédie qu'ont vécue
douze petites filles entre six et treize ans dans un milieu
Amish, dans l'État de Pennsylvanie, aux États-Unis. Ce qu'
il y a de plus tragique, c'est qu'elles étaient très jeunes, et
que, même si elles avaient vécu plus longtemps, jamais
elles n'auraient vu autant de folie macabre et de sadisme que
ce jour-là.
Bien qu' inspirée de faits réels, cette nouvelle contient de
nombreux événements, personnages et dialogues fictifs qui ont
été ajoutés à la narration de ce fait divers afin de pouvoir
dramatiser l'histoire.
Enfin, la violence de certaines scènes de ce texte peut
heurter la sensibilité des lecteurs les plus sensibles, mais n'est en
aucun cas produite pour choquer dans un but pervers, elle vise
à rendre hommage à ces victimes et à dénoncer la cruauté
et l'atrocité dont sont capables les hommes dans un état de
démence.
Un Jour différent
Lundi 2 Octobre 2006
Pennsylvanie, États-Unis
Charles Roberts, un grand homme brun, habillé en routier, un grand sac à l'épaule, entra dans une école. L'établissement était assez petit : une cour de vingt mètres carrés et un minuscule bâtiment pas plus grand qu'une maisonnette. L'endroit se situait au cœur de Nickel Mines, un village à quatre-vingts kilomètres de Philadelphie, peuplé d'Amish, une communauté pacifiste qui vit loin du monde et des faits divers télévisés. Vêtus à la mode européenne du XVIII° siècle, ils se déplacent en carrioles tirées par des chevaux et n'ont ni téléphone, ni électricité. Lui n'était pas des environs, il habitait dans une campagne à quelques lieues de là.
Il pénétra dans l'école qui, comme souvent en pays Amish, n'avait qu'une seule classe. Il vit un petit couloir, avec une porte de chaque côté. Un bureau était installé dans l'entrée où travaillait une secrétaire, étrangement habillée.
-Bonjour, madame, dit-il élégamment.
-Que puis-je faire pour vous, monsieur ?
-Je souhaiterais voir le directeur, s'il vous plaît.
-Bien, c'est la porte dans le couloir à droite. Je vais vous accompagner.
-Merci.
-Qui dois-je annoncer ?
-Monsieur Roberts.
La jeune femme se leva de sa chaise et se dirigea vers la porte qu'elle avait indiquée. L'homme la suivit. Elle frappa et pénétra dans la pièce.
-Monsieur le directeur, un certain Roberts souhaiterait vous consulter.
-Qui ?
-Il s'appelle Charles Roberts, il m'a dit que...
Elle se tut. L'homme avait sorti un long fusil de chasse de son sac et l'avait pointé vers l'employée.
-Mais enfin, que...?
Le chef d'établissement était à présent dans le couloir. Il avait un beau costume gris-clair et une grande moustache.
-Monsieur... Du calme, tout va s'arranger...
-Tais-toi ! Fais sortir tout le monde, ordonna-t-il.
-Mais je...
-Tout de suite !
Le directeur, l’air paniqué, inspira très fort.
-QUE TOUT LE MONDE SORTE ! cria-t-il.
La porte d'en face s'ouvrit et une femme, vêtue comme une institutrice du siècle dernier, apparut.
-Que se passe-t-il ?
Lorsqu'elle vit l'arme, elle poussa une petite lamentation.
-Mon Dieu...
-Fais sortir les enfants.
-Mais pour...
-J'AI DIT « FAIS SORTIR LES ENFANTS » !
Deux garçons allèrent voir leur enseignante.
-Qu'est-ce qui se passe, madame ?
-Euh... Sortez, les enfants !
Il y eut des bruits de chaises déplacées, de tables traînées. La classe commença à quitter la salle. Les premiers à sortir étaient des garçons, l’air tranquille. Ils ne réalisaient pas ce qu’il se passait en ce moment.
-T'es qui toi, monsieur ? demanda un petit, curieux à la vue de l’arme à feu.
-Ferme-la !
Effrayé, il s'échappa dans le couloir.
-Toi !
L'homme visa et...
PAN !
Des hurlements retentirent aussitôt dans toute l'école. Les enfants poussèrent des cris perçants. La maîtresse se rua vers la victime, en larmes, faisant de la taticardie. Une grosse plaie rouge se trouvait sur son bras. A la vue de la blessure, il faillit suffoquer, mais la femme s’arrangea pour détourner son regard du sang et le serra contre elle.
-Je ne plaisante pas. Sortez tous ! menaça Roberts.
Une petite fille sortit alors de l'encadrement de la porte.
-Toi, tu restes là, dicta l’individu en la repoussant avec le canon sur sa poitrine Que tous les adultes et les garçons quittent le bâtiment ! Les filles, elles, restent !
-Pourquoi ? intervint le directeur. Que comptez-vous leur faire ?
PAN !
De sang froid, l'homme lui tira dans le genou. Après de nouveaux hurlements, tout le monde obéit.
Ca sent la pédophilie ton truc ![]()
J'ai bien aimé l'intro made in "massacre à la tronçonneuse". Sinon je trouve le style un peu impersonnel, trop cliché, en fait
Peut-être qu'avec une narration à la première du singulier ça aurait été mieux ?
Sinon t'as du avoir une sacré note quand même avec ça ^^
gobougreg
ouais, on va dire que le gars est pas très net.
emy_la_fumeuse
il est vrai que l'intro de "massacre à la tronçonneuse" m'a bien inspirée, je venais de voir le remake à l'époque où j'ai écrit cette nouvelle.
le style d'écriture est simple : narration directe et facile à lire. deux raisons à cela : le manque d'expérience au moment de l'écriture (il y a deux ans) et le désir de réalisme (je voulais un style fluide et précis). ça peut paraître "déjà-vu", je te l'accorde.
j'ai songé à une narration à la première personne, mais suis vite revenu à une prose classique, désirant mélanger intrigue et style article de journal (pour répondre au devoir).
quand à ma note, je vous la donnerez quand j'aurai posté toute ma nouvelle, histoire d'avoir vos avis non influencés ^^
merci d'avoir lu et d'avoir posté vos commentaires, je poste la suite samedi.
Effectivement, style très impersonnel qui, même si l'écriture est maîtrisée, se contente du strict nécessaire au niveau descriptions, émotions, et on a un sentiment de vide, ça fait presque article de journal.
Ah, je n'avais même pas lu ta réponse avant de poster mon commentaire. ^^ Bon, si c'est plus ou moins volontaire, ça passe encore, mais c'est dommage quand même.
Lu.
Revois ta mis en page pour le premier post (pas l'op), c'est franchement illisible quoi.
"Ce qu'il y a de plus tragique, c'est qu'elles étaient très jeunes,"
la deuxième partie de la phrase avec le "c'est" est franchement lourde et peut facilement être remaniée. Il faut apprendre à éviter le plus souvent possible le verbe d'état.
"heurter la sensibilité des lecteurs les plus sensibles"
La répétition n'est pas ton amie, il faut la virer aussi.
"un grand homme brun, habillé en routier, un grand sac à l'épaule, "
Pareil. J'ajoute également que pour un des personnages-clé de ta nouvelle, la description est un peu succincte. Pareil pour les autres descriptions (je signale au passage que ça manque de connecteurs et toutes ces petites bêtes de littéraires): "une secrétaire, étrangement habillée. " En quoi est-elle étrangement habillée? Étrangement pour les Amish, étrangement pour un non-Amish?
"-Qui dois-je annoncer ?
-Monsieur Roberts. "
"-Il s'appelle Charles Roberts, il m'a dit que... " Elle a deviné son prénom? Oo
"faisant de la taticardie" tachycardie, en fait.
Alors, d'autres petits trucs: avoir est comme être, il est sympa, mais quand on peut le virer, on se prive pas.
Les onomatopées, tu oublies, ce sont des raccourcis qui ne collent pas du tout avec ce genre de trucs.
L'ambiance est un peu... inexistante? Ça découle du manque de descriptions, mais c'est important à signaler tout de même.
Sinon, pour le reste du style, ça reste du manque de maturation: tu énonces plus que tu décris, ce qui n'est PAS bien.
Bonne continuation.
ces remarques rejoignent celles déjà postées.
il est vrai que les descriptions manquent, et c'est le gros point faible de ma nouvelle.
la secrétaire est étrangement habillée pour les non-Amish, vu que je raconte comment vivent les Amish, le point de vue est celui d'un lecteur étranger à cette culture.
alors là, tu fais une belle remarque sur la déduction du prénom. il s'agit d'une énorme incohérence que je n'avais pas vu, tu es le premier à me la désigner.
merci de vos conseils à tous !
"Ce qu'il y a de plus tragique, c'est qu'elles étaient très jeunes,"
interdiction de critiquer cette phrase, elle est directement tirée de massacre à la tronçonneuse !
sinon ouais normal si t'as écris ce texte y'a deux ans... Faudrait voir ce que je faisai moi ^^ Mais je comprends ton envie de le poster sur le forum. C'est pour retravailler, ou juste "pour voir ?"
emy, je poste cette nouvelle pour un peu la retravailler, mais aussi pour avoir vos avis. Je pense que je posterai d'autres nouvelles par la suite, celle-ci est la plus vieille.
je poste la suite maintenant.
Une fois le dernier enfant parti, Roberts s'enferma à clef dans l'école. Il se barricada également dans la salle de classe. Fermement, il ordonna aux filles de s'aligner devant le long tableau noir. Il observa depuis la fenêtre les personnes qu'il venait de chasser. Les quelques adultes étaient affolés, et les garçonnets s’agitaient en pleurant. Il tourna alors son regard vers les petites, toutes tremblantes, et émit un étrange rictus en posant enfin le sac qu'il tenait sur l'épaule depuis le début.
-Vous, euh... vous vous demandez sans doute pourquoi j'ai fait évacuer tout le monde hormis vous. Je vais vous le dire : aujourd'hui n'est pas un jour comme les autres. Pour vous notamment.
Il s'adressa à la plus petite de toutes en s’agenouillant en face d’elle.
-Toi. As-tu une question ?
Il n'y eut aucune réponse.
-Pardon ? Je n'entends rien.
Elle le regarda avec de grands yeux. Sa respiration était saccadée.
-On ne vous apprend pas à être polis dans cette école ?
-Elle est muette... monsieur..., intervint une autre.
L'homme tourna la tête et s'avança vers celle qui venait de parler. Elle était plus grande que les autres, avait de longs cheveux bruns et des yeux bleus.
-Qu'est-ce que tu as dit ?
Elle avala sa salive.
-Elle est muette... depuis sa naissance...
Roberts caressa délicatement son visage.
-Tu m'as l'air mûre, murmura-t-il, quel âge as-tu ?
-J'ai... treize ans.
-Tu es l'aînée ?
-L'aînée ?
-De la classe ?
-Euh... Oui...
-Comment tu t'appelles ?
-Jeanne, monsieur...
Il posa son doigt sur ses lèvres.
-Tu as un amoureux ?
-Non, monsieur...
-Comme c'est dommage. Une si belle fille...
Il descendit sa main jusqu'à la poitrine.
-S'il vous plaît, monsieur...
Il vit une chaîne autour de son cou. Il attrapa le pendentif. Il représentait un homme sur un grand livre. Cet objet lui rappela des souvenirs.
Dix ans plus tôt, Charles Roberts avait vingt-deux ans. Il vivait encore chez sa mère, veuve depuis quinze ans. Son défunt mari, Thomas Roberts, était architecte et adorait son métier. Il était capable de traverser le continent entier, de la côte ouest à est, pour simplement ajouter un simple morceau de crayon sur un plan à plusieurs centaines de kilomètres de son foyer. Il était donc très souvent hors de chez lui et ne voyait pas assez son fils, qui avait, à son jeune âge, du mal à accepter ses absences trop fréquentes.
Un jour, Charles se rendit dans un bar-café avec des amis, lors d'un voyage au Connecticut. Ils avaient commandé des bières et se détendaient après plusieurs heures de route. Le groupe s’était organisé une traversée du continent le temps de deux semaines de vacances.
Au bout d'un quart d'heure, une femme entra et demanda un verre de citronnade. Elle était brune, assez grande, et avait un superbe visage. Cette personne attira l'attention du jeune homme.
-Eh, chuchota-t-il à l'un de ses amis, elle est pas mal la fille au comptoir.
-La grosse ?
-Mais non, l'autre, celle avec le jean bleu.
-Ah ouais, je vois. Eh, les gars, Charlot s'en mate une, enfin.
-Non ? Laquelle ? firent-ils d'une même voix.
-Pourriez pas être plus discret, s'il vous plaît ? grogna-t-il.
-Pourquoi ? T'es timide ?
-Chut !
La jeune femme tourna la tête vers le groupe. Elle croisa le regard de son admirateur, rougissant, ce qui la fit sourire.
Pour la première fois, Charles était amoureux, lui qui était si discret, si distant des filles ; même ses camarades commençaient à croire qu'il était gay. Tout le temps, il pensait à elle, l'esprit occupé à décrire les formes si fines de son corps. Un soir, il se rendit dans le même bar, seul, pour faire le point avec lui-même. Naïvement, il commanda une citronnade, et la dégusta lentement.
-C'est ma boisson préférée, fit une voix à côté de lui.
Il se retourna et manqua de ne pas tousser. La femme qui siégeait dans sa tête depuis le jour où il l'avait vue était assise à côté de lui.
-Ah, euh... moi aussi, j'adore ça.
-Comme d'habitude, Bob, dit-elle au barman.
-Tout de suite, Helena.
Cherchant absolument à engager la conversation, le jeune homme lâcha une réplique stupide :
-Vous êtes bien ?
Elle le fixa avec un regard interrogateur.
-Je veux dire, ça vous plaît le Connecticut ?
-Euh, oui, répondit-elle. Et vous ?
-En fait, je ne suis pas d'ici, je viens de Philadelphie.
-Ah.
-Vous connaissez cette ville ?
-Non. C'est là où il y a des Amish, non ?
-Pas vraiment. Eux, sont dans des villages à quelques kilomètres, isolés.
-Curieux, ces gens...
-Je suis d'accord.
Un silence s'installa. Cherchant à le briser, Charles ajouta :
-Helena, c'est joli comme prénom...
Elle se mordit alors la lèvre inférieure.
-Merci. Et vous ?
-Moi ?
-Votre nom ?
-C'est Charles. Charles Roberts.
Elle tendit sa main.
-Helena Holmes.
En plus de son superbe visage, elle portait une magnifique chaîne avec un pendentif représentant un homme sur un grand livre.
Ca pue ton affaire. Y s'est passé quoi en Pennsylvanie en 2006 ? Pas envie de lire une fic traumatisante pour apprendre la mort de 42 fillettes ![]()
ben écoute, MasterNoel, tu lis comme bon te semble.
l'avertissement au lecteur répond, je pense, à ta question. ![]()
Tu peux aussi m'appeler Gobougreg, j'ai été banni sur PoP
Gobougreg ? banni ? je n'aurai jamais cru cela de toi
alors tu refuses de lire ma nouvelle ? ![]()
Nan, banni pour noelisme ![]()
ce gobou...
Devant l'école, les enfants se parlaient, avec des voix agitées, les adultes les surveillaient et tentaient de soigner le garçon et le directeur, tous deux respectivement touchés au bras et au genou. Mais les moyens médicaux étaient inefficaces contre de telles plaies.
-Il faut faire quelque chose, dit le chef d'établissement en se raclant la gorge. Il faut...
-Calmez-vous, monsieur, essayez de vous reposer.
-Arrêtez ! Ce que vous faîtes ne sert à rien. Il faut appeler Philadelphie...
-Comment ? Mais vous n'y songez pas ! Ils nous méprisent pour ce que nous sommes et...
-Écoutez-moi ! s'énerva le proviseur. Il y a dans ce bâtiment un homme qui retient prisonnières douze petites filles qui ne demandent qu'à être secourues et sorties des griffes de ce malade.
-Mais...
-IL PEUT LEUR FAIRE N'IMPORTE QUOI ! DÉPÊCHEZ-VOUS !
Roberts relâcha le pendentif. La jeune fille le fixait avec des yeux emplis de terreur.
-Tu as peur ?
Elle fit « oui » de la tête.
-De quoi ?
Il éclata de rire.
-Alors, si elle est muette, tu vas répondre pour elle. Pose-moi la question qui te parcourt l'esprit.
Elle hésita à parler. Mais elle voyait bien où il voulait en venir, ce qu’il attendait. Il cherchait à provoquer une occasion pour faire un discours.
-Ne me fais pas attendre, s'impatienta-t-il.
-Pourquoi... nous avoir enfermées ici ?
-C'est ce que j'attendais, fit l’individu. Pourquoi vous êtes ici, là, maintenant ? C'est parce que c'est dans cette pièce que vous allez mourir.
Cette annonce eut l’effet d’un coup de feu dans l’esprit des détenues. Il y eut un long silence qui fut brisé par une petite fille qui se mit à pleurer. L'homme s'avança vers elle et se pencha pour être à sa taille.
-Mais enfin, pourquoi pleures-tu ?
-Vous allez nous tuer..., bégailla-t-elle.
-Oh, mais il ne faut pas pleurer pour ça. Il faut bien mourir un jour...
Et elle fondit à nouveau en larmes.
-Mais ne t'en fais pas, je ne vais pas te laisser morte et idiote. On va terminer l'heure de cours. Comme ça, tu seras intelligente là-haut. D'accord ? Quelle matière faisiez-vous avant mon arrivée ?
-Gé... Géographie...
-Bien. J'adore ça. Alors, récite-moi ta leçon.
La fille baissa la tête, et aucun mot ne sortit de sa bouche.
-J'écoute.
L'enfant n'émit aucun son.
-Tu n'as pas appris ta leçon, n'est-ce pas ?
Elle confirma d'un mouvement de tête.
-Mais c'est pas bien ça, tu trouves ça correct ? gronda l’homme.
Toute tremblante, elle murmura un petit « non ».
-Et pourquoi n'as-tu pas appris ?
-J'ai... j'ai...
-Où sont tes devoirs ?
Sa bouche tremblait, ses paupières s'agitaient frénétiquement, tellement elle avait peur. Elle était paralysée sur place.
-Tu ne les as pas faits non plus ?
Aucun mot, aucune phrase, hormis sa respiration saccadée, ne sortait de sa gorge.
-Tu m'as l'air d'être une bien mauvaise élève, ma chère...
Il se tourna vers celle d'à côté.
-Toi, tu as fait tes devoirs ?
-Oui, monsieur, oui, monsieur...
-C'est bien. Quel est ton nom ?
-Marie, monsieur.
L'homme ouvrit grand la bouche et la fixa avec des yeux étrangement effrayés.
-C'est... très bien. Toutes les Marie sont sérieuses.
Il regarda à nouveau l'autre fillette.
-Quant à toi, tu es un cancre, tu mériterais une raclée...
-Laissez-la !
Jeanne venait de crier, ce qui arrêta l'homme qui allait gifler la petite.
-Tu oses me parler sur ce ton !
Il se rua sur l’adolescente et lui envoya un violent coup de poing dans la figure. Elle s'écroula au sol ; du sang coulait de son nez. Roberts la prit par le cou, la releva et la plaqua contre le mur.
-Écoute-moi, ma belle, c'est pas parce que t'es la plus âgée qu'il faut que tu te sentes obligée de protéger tes copines. Par contre, si tu veux avoir un pouvoir maternel sur elles, et t'arranger pour qu'elles comprennent les bonnes méthodes, je peux t'en donner l'occasion.
Il la jeta au sol, se dirigea vers la petite fille qu'il avait sermonnée, la prit par le bras, la souleva, la fit allonger sur une table, et donna à Jeanne le martinet de la maîtresse.
-Maintenant, tu vas jouer la mère, et sanctionner cette petite peste...
Et il rajouta en marmonnant :
-Comme toutes, sauf la mienne...
-Je refuse ! s'écria l'adolescente. Vous êtes un malade sadique !
Énervé, il ramassa son fusil et le pointa sur elle. La jeune fille fixa l’engin meurtrier.
-Tu veux servir d'exemple ? Tu veux avoir l'air responsable ? Alors, fais-le ! Ou tu serviras de cet exemple-là, menaça-t-il en remuant son arme.
Des larmes commençaient à couler sur le jeune visage de Jeanne; elle s'approcha de la victime et leva lentement le petit fouet.
-Pardonne-moi...
-Non, Jeanne, non...
Mais elle abattit l'objet sur le dos de l'enfant.
-Tu te fous de moi ? C'est comme ça que tu punis quelqu'un ?
Il s’approcha dans un mouvement agressif, la jeune fille se rua sur lui, tenta de lui arracher son arme, mais elle n'avait pas assez de force et il n'eut aucun problème à la faire plier, à lui prendre le martinet, et à lui frapper le visage avec. Il baissa le pantalon de la petite, laissant ses fesses découvertes, redressa l'aînée par les cheveux, et lui remit le fouet dans la main.
-Maintenant, je surveille, je te conseille de faire ce que je t'ai ordonné.
Impuissante, elle obéit, et recommença l'opération, en frappant plus fort.
L'homme observa la scène en souriant. Mais les hurlements émis par la châtiée lui rappelèrent des choses enfouies dans son inconscient.
Enfant, Charles n'était pas le meilleur élève de sa classe. Sans pour autant être un cancre, il ne travaillait pas beaucoup et considérait l'école comme un endroit ou l'on perd son temps. Ce qui était le parfait contraire de son père qui, quand il avait son âge, était brillant et très souvent premier de la classe. Alors, il ne supportait pas de voir revenir son fils avec des mauvaises notes ou des bulletins négatifs. C'était une hérédité qu'il n'arrivait pas à reconnaître, et se montrait très sévère envers son fils. Mais le pire était que pour assumer son travail très difficile, Thomas Roberts consommait beaucoup d'alcool, et revenait souvent ivre à la maison.
Un jour, le jeune Charles revint chez lui avec une mine sombre.
-Que t'arrive-t-il ? demanda sa mère en le voyant pénétrer dans la cuisine. Tu fais une drôle de tête.
-On nous a rendu le devoir de maths...
-Et alors ?
-Alors, j'ai eu une banane.
-Combien ?
-Cinq et demi.
-Sur dix ?
-Sur vingt.
Elle se mit la main sur le front en fermant les yeux.
-Ton père va mal réagir.
-Comme d'habitude.
-Va faire tes devoirs, ce sera ça de fait.
L'enfant s'exécuta et rentra dans sa chambre. Il observa un poster du groupe « KISS » collé sur un mur et pensa :
-J'espère que Papa ne va pas vous déchirer.
Deux heures plus tard, le chef de famille rentra.
-Bonsoir, tout le monde !
Le jeune Roberts l'entendait embrasser sa femme, et cette-dernière lui dire :
-Tu as encore bu !
-Oh, juste un peu.
-Ton fils a quelque chose à te dire.
-Ah ! Le grand jour ! Enfin une bonne note ?
Doucement, Charles entra dans la pièce où se trouvait son paternel.
-Alors ?
-Eh bien... commença-t-il.
-Combien ?
-Cinq...et demi...
Son père se gratta le menton, mal rasé, d'un air offensé.
-Tu sais qu'on compte sur toi...
-J'ai fait de mon mieux...
-Ne me coupe pas la parole ! cria l'homme. Tu avais une semaine pour réviser ton contrôle, tu n'as aucune excuse à dire sur ce résultat.
-Il était vraiment très dur...
Le père le gifla violemment.
-Je t'avais dit de ne pas me couper la parole !
L’enfant tâta ses narines avec ses doigts. Du sang commençait à couler de son nez. Son père alla refermer la porte de la salle, les laissant seuls.
-Tu dois m'obéir...
Il le redressa et rapprocha son visage du sien en le tirant par les cheveux.
-Tu entends ?
Le garçon respirait son haleine qui sentait le whisky. Impuissant, l'enfant fut jeté au sol. Il n'osait pas regarder, mais il entendait Thomas Roberts enlever son gilet, sortir le martinet de l'armoire, et....
-AAARRGGHH !!!
L'adulte défoula sa rage sur le corps de son fils qui hurlait de douleur.
-Retourne-toi !
-Pitié...
-RETOURNE-TOI !
Et il frappa le fouet sur le torse, les jambes, la tête...
-AAARRGGHH!!!