Le titre est temporaire. Ou pas.
Merci pour vos critiques.
Ah et au fait, c'est que le début, oui j'en suis qu'a 1 page et demie. Mais c'est éprouvant d'écrire une page et demie.
L
e bruit de ses ongles qui tapotaient sur le fer du sommier devenait pesant, si bien que Rostam, son compagnon de cellule, lui demanda d’arrêter d’un air agacé. Ses mâchoires serrées rendit sa lamentation presque inaudible.
Rostam était allongé sur son lit en train de griffonner quelque chose sur son carnet. Il ponctuait ses fins de phrases par des petits rires qui ressemblaient à ceux dans les vieux films d’épouvantes quand l’homme qui voulait détruire le monde ou conquérir l’univers terminait ses plans diaboliques. Il lâcha son crayon pour descendre du lit superposé et agrippa Kenneth par les épaules en arborant un sourire qui laissait entrevoir le tartre sur ses dents. Ils se regardèrent en chien de faïence quelques secondes, l’un avec un regard illuminé, l’autre avec des yeux remplient de craintes et d’appréhension.
« Qu...Quoi.. ? » demanda Kenneth.
Rostam serrait de plus en plus fort l’autre. Ses ongles sales lui pénétraient dans la chair.
A peine eu t-il le temps d’ouvrir la bouche qu’ils firent interrompu par le son de la cloche de la cantine… Cette cloche qui leur est très familière depuis maintenant trois mois.
Les portent de la rangée A10 à A20 s’ouvrirent dans un fracas et l’on pouvait entendre alors les gardiens du pénitencier de Silver Road appeler leurs détenues en tapant leurs matraques sur les poutres en métal qui étaient là depuis un demi-siècle et qui semblaient pouvoir s’écrouler à tout instant si ces hommes continuaient à frapper le fer de tel sorte.
Le grand homme noir lâcha son étreinte sur Kenneth et se releva pour cacher son carnet dans le matelas troué par le temps et l’humidité puis il se dirigea vers la porte de sa cellule et baissa la tête pour en sortir. Son compagnon de cellule était toujours là, assis sur son lit, il écoutait le bruit des pas lourds de Rostam s’atténuer au fur et à mesure qu’il s’éloignait. Tout à coup les bruits se stoppèrent, Kenneth tendit l’oreille mais n’entendit toujours rien lorsqu’une voix puissante le fit sursauter : « Alors !! Tu viens ?! ».
Tout deux se dirigèrent vers leurs rangs. « Ca va pas de gueuler comme ça ?! » dit Kenneth.
« Arrête de faire ton fainéant aussi. » rétorqua l’autre d’un ton désabusé tout en se plaçant derrière ses camarades de pénitences. L’horloge indiquait 12h02. L’odeur de la purée se faisait sentir dans l’air. La nourriture était tellement que son odeur semblait pouvoir provoquer des intoxications alimentaires .
Les gardiens les faisaient entrer un par un dans la cantine. Chaque prisonnier devait s’arrêter devant l’entrée et montrer son numéro au gardien qui était chargé de s’assurer que tout le monde était bien là.
« Ok ! Suivant ! Alors, 1254B38, c’est bon tu peux y aller Rostam ! Suivant ! 1254B39, Kenneth… Voila ! ». Ils se dirigèrent vers les plateaux, en prirent chacun un, puis avancèrent en fil indienne vers la grosse marmite plein de purée où un vieillard servait les bêtes affamées. Il portait lui aussi l’habit orange des prisonniers.
« Tiens, salut les gars ! Ca va ? »
« Salut Phil. Ca va. Très bien même… ». Une lueur semblait apparaître dans les yeux de Kenneth.
« Ah oui ? C’est rare de te voir comme ça, qu’est ce qui te met en joie ? ».
« Rien ». Il continua sa route mais Phil l’attrapa par le bras.
« Mais dis moi ! » Le vieillard bloquait la file, si bien que les prisonniers commençaient à se bousculer.
« Bon !! Ca avance là ?! On a faim nous ! ». Kenneth indiqua l’impatience de ses confrères à son compagnon de cellule.
Rostam attrapa la main à Phil et la balança puis il avança en direction d’une table, il lança un « Rejoins-nous quand tu auras fini ton service ». Les lamentations derrière lui se faisaient de plus en plus entendre. Un gardien arriva d’un pas déterminé et en criant « Bon vous arrêtez de bloquer la file ?! » il assena un coup de matraque dans la cuisse à Kenneth.
En effet, le gardien savait pertinemment que l’auteur des hurlements des prisonniers était en fait Rostam mais ce dernier était craint par tout le monde de par ses 2m04 et ses cent quatre kilos. Il avait des dreads locks épaisses et une musculature impressionnante. Dans sa jeunesse, il faisait des combats de rues pour se faire de l’argent. Plus tard, il s’est attaqué à une banque, c’est d’ailleurs ce qui lui vaut sa présence dans cette prison. De même que Kenneth qui était son complice. Lui, était bien moins imposant, à contrario de la masse capillaire conséquente de son ami, la calvitie le guettait. Sa petite taille et sa musculature digne d’un informaticien pas très sportif n’arrangeait rien. Mais leurs différences, ils sont bon amis. Ils se sont rencontrés à une partie de poker organisée par un petit mafieux véreux. Le gagnant fut Kenneth et Rostam arriva bon dernier donc il ne toucha rien. Enfin, officiellement tout du moins car le mafieux s’est fait passer à tabac par Rostam et lui reprit ses biens…et un peu plus.
Il ne toucha pas à Kenneth car il reconnu en lui un homme doué de capacités d’analyses, il le recruta donc, de force, pour monter son plan qui était de faire le casse du siècle dans une des plus grandes banques des Etats-Unis. Malheureusement, leur opération tourna mal. Un meurtre a été commis et le S.W.A.T. mit fin aux problèmes. Ce qui conduisit le couple tout droit à Silver Road, un des pénitencier les plus sécurisés de l’ouest américain.
Rostam alla s’assoir à sa table habituelle, là où il pouvait voir la montagne au loin à travers une fenêtre. Kenneth le rejoignit. Ils mangèrent tout les deux en silence lorsque Rostam prit la parole.
« Au fait, je voulais te dire un truc tout à l’heure. » il posa sa cuillère et but une lampée d’eau pendant que son ami le regardait, en suspend d’un air de dire « Allez, crache le morceau ! ».
« En fait, tout à l’heure j’étais en train de faire un plan . ».
« Un plan ? De quoi ? Pourquoi faire ? ».
« Un plan pour se tirer d’ici pardi ! Si tout ce passe bien, on est dehors d’ici une semaine ».