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[Demande de correction] C-r de spectacle

sephiroth1990
sephiroth1990
Niveau 10
03 décembre 2008 à 21:51:08

"Dissertation sur Occident :

Occident est l’œuvre de Rémi de Vos, un dramaturge français contemporain. Elle est ici mise en scène par la toute jeune compagnie In Situ, fondée en 1999. C’est une pièce noire, comme nous l’indique les premiers mots de la feuille de salle. En effet, du début à la fin, le spectateur est confronté à ce qui semble être une drame : L’histoire narre la vie de deux personnages, un homme et une femme, un couple, dans leur quotidien. Un bien sombre quotidien néanmoins. Ce dit « ménage », usé, affaibli, semble depuis fort longtemps déjà s’être retranché dans des usages de conflits, ou il convient de se déchirer, s’insulter, toucher. Les mots prennent d’ailleurs une telle ampleur, que la pièce ne peut demeurer une drame : il n’y a d’ailleurs pas à proprement parler d’événements graves ou terribles dans ce texte. Occident est une comédie, indubitablement. Une bien sombre comédie, certes. Leurs mots poignant, la sordide routine de ce couple : Tout ceci est tellement extrême que le rire devient notre seul échappatoire. Car Occident frappe là où ça fait mal : au plus profond de l’âme humaine. C’est une sorte de coup d’estoc porté à notre morale. Cruel, mais qui reflète avec tant d’exactitude notre réalité sociale, les côtés les plus sombres de notre esprit. Un couple aliéné et fatigué, sur une scène sombre et glauque : et pourtant, qui nous font cracher du rire, des larmes de rire. Qu'est-ce qui fait de cette pièce une « si terrible comédie » ? Il semble tout d’abord que la mise en scène, épurée et symbolique ait un grand rôle là-dedans, ainsi que la trame, effroyablement actuelle, qui nous plonge dans les dures réalités de notre monde, et de notre condition.

Devrions-nous être choqué par l’absence de décor ou d’espace scénique réaliste dans cette pièce ? Il est certain qu’il est moins aisé, à ce compte-là, de se repérer à un niveau dramatique lorsque l’espace scénique demeure inexorablement vide. Vide, sombre, terriblement lugubre. Un mur de fond, noir, bardé de taches grises informes, sale. Une grande plateforme noire aussi, rectangulaire, d’où s’échappent vers l’avant, à chaque extrémité, deux rectangles plus petits, l’un en face de l’autre, en conflit. Le metteur en scène a voulu se concentrer, naturellement, sur ses deux personnages qui demeurent avec le texte, les éléments fondamentaux de l’œuvre. Naturellement, nous avons à faire à un espace abstrait, purement symbolique. Un espace mental chaotique, où l’on pourrait presque voir jaillir les armes de leurs joutes, les mots, sous forme de hallebardes et de coups de poings. C’est un lieu de conflit, de discussions plus ou moins scabreuses, rien de plus. Tout ici se tient à distance relative d’une quelconque représentation concrète du monde, d’un univers physique qui demeurerait bien trop superficiel pour un tel texte. Les personnages se tiennent en face à face mais, dans la pièce, à aucun moment, n’entre en contact physique. Leurs mouvements sont précis, telle une danse. La prise d’espace est précise, minutieuse. Mais jamais ils ne se touchent. Tout se joue sur cette relation de distance plus ou moins importante et leur tuerie verbale, froide et violente. Le mur de fond, évoqué plus haut, et cette plateforme, représente au mieux leurs pensées aliénées, l’anarchie qui règne dans leurs esprits, communs à celui des mortels. La lumière, bleuâtre, projeté par les côtés à travers de fins rideaux de plastiques, renforce l’idée d’atmosphère froide et sinistre, liée à la vie constellée des trivialités de ce couple. Cependant, quelques objets se détachent à travers cette étendue sombre : une table, flanquée derrière la plateforme, qui dépasse difficilement. De chacun de ses bords, deux petites chaises. L’ensemble est rouge, agressif, criard. Parfois, le couple s’y réunis, parfois, ils discutent autour de cette table. C’est l’endroit où ils sont le plus proches, qui les rattache au monde. C’est l’endroit ou leurs joutes prennent une ampleur vraiment démesurée, l’endroit où pour la première fois, l’homme a un geste de violence physique envers sa femme, bien qu’il ne parvienne à la toucher. Elle est aussi un endroit de repos, de remise en question. L’on y voit les larmes de l’homme, essoufflé, mais aussi ses rêves les plus enfouis, comme celui de voir la mer. Cette table et ces chaises demeures, dès lors, éléments marquants de la mise en scène. Les personnages, quant a eut, sont vêtus comme l’est la personne simple, qui ne s’embarrasse guère de son apparence, et qui n’a point le désir de montrer qu’elle possède un compte en banque fleurit, ou pas. Leurs costumes tendent plutôt à les exempter de toute réalité sociale, à les placer à part. De fait, l’on s’intéresse surtout à l’homme, à la femme, et non à de quelconques conditions sociales qui nous éloigneraient des buts de l’auteur : nous toucher, voire, nous donner honte.

Cette mise en scène a pour but de soutenir au mieux la trame de l’œuvre, le jeu des acteurs, mais aussi et surtout l’idée véhiculée par le texte. L’idée que l’homme est un être misérable et lâche, pouvant glisser à l’extrême sans état d’âme, conscient de traîner derrière lui une nature des plus infâmes. L’histoire est telle qu’elle semble tirée d’un film, frappante et caricaturale : un couple affaibli, accusant le poids des années, en est arrivé au point de ne plus pouvoir demeurer au même endroit, au point critique, celui où l’on s’insulte et se menace sempiternellement, un point qui frise celui du non retour : la mort, le suicide, la fin. Occident fonctionne comme une partition découpée en sept parties par de long moments de ténèbres soutenu de musique savante probablement baroque, qui vient ponctuellement renforcer les aspects de comédie de l’oeuvre, par sa vitesse soutenue, mais aussi par sa violence relative et folle, qui n’est pas sans nous faire penser à l’état des deux personnages (arpèges rapides de clavecin, tempête de violons et violoncelles, etc.). Chaque parties s’apparentent à une autre ; l’histoire se construit, les temps se passent, mais le couple demeure bloqué à cette limite qu’il est impossible de franchir outre dans la mort, qui chez eux ne vit qu’à travers les menaces et une salle de bain, où il est « plus simple de nettoyer les traces ». Et c’est en cela que la pièce est une comédie : l’on rit de ces répétitions, de cette redondance, de retrouver les mêmes jurons et les mêmes jeux de mots de minutes en minutes, de scène en scène. L’on rit de voir ce couple ainsi inscrit dans cette absurde trivialité, pourtant si cohérente. La violence de leurs paroles, pendant quelques minutes, nous tire de long éclat de rire, juste le temps que l’on prenne conscience de nos faiblesses : car ce couple, sur la scène, ressemble à ces gens que l’on voit un peu partout, nous ressemble -sans tendre automatiquement vers l’extrême- et d’une certaine manière, représente au mieux l’homme dans son égoïsme. Car les deux personnages trouvent sujets à leur conflit, souvent excuses et raisons dans le monde qui les entoure : l’homme, alcoolique, qui, de fil en aguilles, se retrouve lié à un infâme parti d’extrême droite, qui va jusque à délaisser son ami Mohamed, en trouvant prétexte dans le fait qu’il ait arrêté de boire. Le titre Occident fait d’ailleurs référence au nom d’un parti fasciste des années 1968. La femme, elle, qui, ne supportant plus de la violence de son mari, s’amuse à le provoquer sans cesse, de faire apologie de sa nymphomanie probablement fictive, de sorte à le pousser à bout, voire à le manipuler… c’est cela même qui nous glace, cela même qui nous bouleverse et nous écrase au plus profond de nous-même. Cela même qui fait de cette comédie une pièce si oppressante, si effrayante. Et pourtant, la pièce est ponctué d’instant de relative tendresse, ou l’homme, confus devant sa femme, imposante et inébranlable, clame tout l’amour qu’il a pour elle, avant de repartir, de plus belle, dans cette infernale spirale d’injure et d’ignominie qui fait leur vie. A ce titre, le jeu des acteurs est fantastique : dans le rôle de l’homme, Phillipe Hotier, véritable titan à la voix enrouée et au léger embonpoint, joue avec ce personnage violent, raciste et infâme : il nous le fait apparaître tantôt comme un enfant curieux et grognon, tantôt comme le monstre qu’il est en réalité… Christiane Pinaud, quant à elle, véritable légende au ton si réel, aux gestes si gracieux, qu’elle nous apparaît à la fois douce, et solide comme le roc, à l’instar du personnage qu’elle incarne. Voilà ce qu’est cette pièce : une comédie drôle, mais monstrueuse dans les proportions qu’elle prend.

Occident, de Rémi de Vos, n’est pas le genre de comédie à laquelle on est accoutumé si l’on est adepte de Molière et de ses plus grandes œuvres. Ce texte contemporain retraçant une partie de la vie d’un couple ordinaire, déchiré et violent, dans son excès, dans son extrême cruauté, suscite automatiquement le rire, un rire qui sitôt que nous ayons pris conscience des véritables enjeux de la pièce, se glace et nous écrase, tout simplement. La mise en scène, épurée et symbolique, donne lieu à un véritable carnage métaphysique, une joute d’une rare violence, donc l’intensité, dans son énormité, nous amuse et nous horrifie à la fois. Le texte de Rémi de Vos, soutenu avec maestria par le jeu de Phillipe Hottier et Christiane Pinaux prend une ampleur d’une telle démesure, qu’il en devient épouvantablement… humain."

Bonsoir,
Voilà ma dissertation de théâtre, sur une pièce nommée "occident". J'ai le désir de mettre toute les chances de mon côté, alors, est-ce qu'une âme charitable, pourrait corriger les nombreuses fautes d'orthographe qui orne mon devoir, ainsi que les nombreuses lourdeurs d'écriture et de syntaxe. Je vous remercie d'avance ! Si, de plus, vous voyez quelques incohérence, merci de me les signaler, que je corrige en conséquence.

charly_owl
charly_owl
Niveau 7
04 décembre 2008 à 02:41:36

Comme si j'avais le temps et l'envie de corriger les dissert' des autres...

WeezyF
WeezyF
Niveau 10
04 décembre 2008 à 03:04:24

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