Bonjour, je découvre à peine ce forum. Je poste un texte que j'ai pondu il y a quelques temps, désireux d'avoir quelques avis! Je ne sais pas quelle est la "ligne de conduite" de ce forum mais n'hésitez pas à avoir la critique facile, ça fait toujours avancer!
Juste pour situer c'est un texte de science-fiction, ou du moins c'en est le début! Je ne m'étais pas posé la question du titre alors en vitesse, j'ai appelé ça "Le réprouvé de Vilvallon". A vous de me dire si ça convient! Merci ^^
PS : J'ai du raccourcir de moitié ce premier chapitre à cause des exigences du forum, je suis désolé!
- Tu es mort Ahmet de Vilvallon.
Il eut beau chercher à paraître stoïque en toutes circonstances, dans un moment de solitude comme celui-ci on pouvait lire sur son visage comme ces quelques mots le hantaient. Seul maitre à bord sur son vaisseau-chasseur, Ahmet observait les étoiles et leur danse frénétique au moindre changement de cap. Elles semblaient le narguer depuis les années lumières qui les séparaient. Il les regardaient scintiller, elles l'éblouissaient. Pendant quelques instants il paressa, inerte face au vide spatial, groggy de renverser sa situation dans tous les sens pour tenter vainement de vaincre son appréhension. Il fut éveillé en sursaut par les quelques bips émis par son tableau de bord. En pianotant quelques instants sur les commandes, il lança le programme de contact vocal avec le gestionnaire de pilotage automatique du vaisseau. Plus de commandes sur un écran, le contact avec un être pensant, si tant est qu'une I.A puisse être affublée d'un tel titre, lui ferai sans doute du bien.
« -Nous venons de pénétrer dans le système Thermidor monsieur Ahmet.
Ahmet dévisagea l'hologramme ocre représentant son I.A qui s'était à l'instant matérialisé sur un petit socle métallique, au bout de son tableau de bord.
-Eh bien contacte Thermidor 5 et demande leur une autorisation d'appontement.
Quelques bips sonores émanèrent à nouveau du tableau de bord.
-Et que dois-je faire pour le numéro de matricule? Demanda l'I.A avec hésitation.
-Mets moi en liaison avec eux à ce moment là. »
Ahmet n'avait pas pour habitude de voyager avec un seul numéro de matricule. Dans la vaste galaxie dans laquelle se confrontaient désormais tant et tant de causes plus ou moins justes, mieux valait prévoir quelques identités de rechange, au cas où l'une d'elle se serait vue entachée d'une réputation malvenue.
Ahmet était un bandit. Un chasseur de contrats de la pire espèce; de ceux que l'on ne soupçonnerait jamais tant il fait bon effet. Et même après avoir découvert le pot aux roses, les victimes de ses magouilles se perdaient souvent dans une compassion inutile, souvenir éphémère de ses belles paroles. Escroquerie, trafic de faux, transport illégal de marchandises prohibées : Ahmet touchait un peu à tout. Le pire, c'est que le bougre savait y faire. Fort éloquent il promettait monts et merveilles à la moindre opportunité de se lancer dans un coup rentable. Aventureux il n'avait pas son pareil quand il s'agissait de partir à la découverte de systèmes éloignés, de planètes aux conditions extrêmes, sur lesquelles peu d'hommes auraient osé poser le pied. Pourvu encore une fois, que cela rapporte gros... C'était aussi un excellent pilote, c'est d'ailleurs en tant que conducteur de transport de fret qu'il avait entamé sa «carrière», et ce jusqu'à ce qu'une cause plus lucrative le persuade de s'en détourner. Depuis lors, rien n'avait contraint Ahmet de Vilvallon à se poser la moindre question sur son existence, rien jusqu'à cette étrange rencontre sur Thermidor 5.
Il avait taché en se lançant corps et âmes dans des missions toutes plus périlleuses les unes que les autres de se persuader que les propos d'une vieille femme sale et sénile ne pourraient l'influencer. Cinq années durant il avait voyagé jusqu'aux confins de l'espace pour trouver quelque chose de plus fort que ces menaces, quelque chose qui lui aurait fait oublier ses questionnements. Mais c'est, non sans lassitude, après ces cinq longues années de vagabondage inutile, qu'Ahmet se décida enfin à apporter une réponse à cette question qui le taraudait depuis si longtemps : il fallait retourner la voir. Retourner lui demander pourquoi, sans lui rire au nez. Repartir sur Thermidor 5 en vaincu, la tête basse, et trouver celle qui quelques années plus tôt lui avait fait cette prédiction terrifiante. Cette conscience de son propre échec le rendait furieux. Il avait même pensé à tuer cette bonne femme, pour effacer définitivement de sa mémoire son regard cristallin, qui jadis lui avait annoncé sa propre fin. Mais il savait pertinemment que cela n'arrangerait rien à l'affaire. Aussi pragmatique qu'il était, il lui fallait des réponses. C'était devenu son objectif principal. L'argent? Lui, n'avait plus aucune saveur. Les femmes plus de sens. Et l'honneur? L'honneur de revenir victorieux après une mission kamikaze à l'autre bout de la galaxie pour pavaner auprès de ses compagnons de beuverie ou des prostituées qu'il avait l'habitude de fréquenter, cet honneur là, lui semblait horriblement éphémère.
« -Lieutenant Paul Kazlo, cinquième cohorte des forces de milice de Thermidor 5 responsable de l'appontement quel est votre signalement?
La voix provenait des deux petits amplificateurs situés de part et d'autre du tableau de bord. Les vaisseaux les plus sophistiqués permettaient aussi une transmission de l'image, pas celui d'Ahmet. Ce qui lui avait d'ailleurs sauvé la mise plus d'une fois...
-Stephan Meals, matricule 0467W. Je me rend à un entretien pour un poste de chef de chantier sur un projet de construction de gare souterraine dans le 16ème district.
-Vous êtes seul à bord? Lança le lieutenant sur un ton supérieur.
-Oui lieutenant.
-Vous pouvez vous mettre en orbite, nous allons procéder à une analyse de votre vaisseau. Si tout est en ordre, je vous transmet les coordonnés nécessaires d'ici quelques minutes.
-Salopards de gendarmes, méfiants comme des femmes... » Murmura Ahmet en coupant la communication, tout en semblant vainement s'adresser au socle d'émission holographique de son I.A.
Il s'extirpa péniblement du poste de contrôle, courbaturé qu'il était d'avoir trop pensé trop longtemps, et se mis à faire les cent pas dans la cabine de pilotage, petite pièce circulaire et centre névralgique du vaisseau-chasseur. De sa «décoration» entre le tout métal le plus effrayant et les couleurs fantaisistes se dégageant des divers commandes fort abimées pour la plupart, on retenait un aspect suranné, comme si on avait délibérément cherché à faire du vieux avec du neuf. Le tableau de bord aux milles boutons sur lequel trônait le socle holographique décrivait un arc de cercle, longeant avec élégance la vitre arrondie qui séparait Ahmet du vide galactique. Face à lui, deux petits sièges de forme oblongue était incrustés à même le sol pour permettre à deux personnes de participer aux manœuvres de l'appareil. Au mur continuait l'étrange festival de commandes colorées; leviers en tout genres maintes et maintes fois détruits puis remplacés côtoyaient masques à oxygène de secours entre deux boites métalliques, à travers lesquelles on apercevaient quelques circuits imprimés à vide, menaçant à chaque instant de court-circuiter tout le système...
Foutue carlingue! Je crois que je vole depuis trop longtemps ; pensa Ahmet en savourant une barre énergétique à la mangue tout droit sortie de la cache KeepCold. Il traversa le couloir principal du bâtiment et pénétra dans ce qu'il se plaisait à appeler les appartements. Une petite turne assez sale, où l'on pouvait distinguer un lit, à condition bien sur de fermer les yeux sur les miettes de nourritures et autres paquets de cigarettes vides qui trainait de part et d'autre de la pièce, se chevauchant les uns les autres selon une logique fort complexe. Le bandit dégagea d'un coup paresseux les saletés qui obstruait le lit et s'allongea en expirant douloureusement. Il pensait à ce qu'il lui faudrait faire une fois arrivé. Thermidor 5 était un monde dangereux sur lequel il ne lui faudrait pas s'attarder. La capitale des perdants comme on l'appelait était un terrain de chasse géant pour la milice tant la pègre y été obstinée, et ma foi assez persévérante. Plutôt tôt que tard, on se rendrait compte de sa fausse identité. Le véritable Stephan Meals finirait bien par refaire surface un jour ou l'autre. De plus Ahmet possédait dans ce système une certaine réputation, issue de ces nombreuses années passées à ne servir d'autres causes que la sienne, usant de méthodes qui privilégiait fortement la rentabilité, délaissant de fait la morale. Manifestement il lui faudrait aller droit au but : comprendre pourquoi lui avait-elle tenu ces propos il y à cinq ans de cela :
Tu es mort Ahmet de Vilvallon.
Le petit vaisseau-chasseur pénétra dans l'atmosphère fuligineuse de Thermidor 5. Les nuages grisâtres s'affirmaient petit à petit à l'horizon, tandis qu'Ahmet piquait droit à la verticale vers la zone de l'astroport. Le vaisseau semblait n'être qu'un petit point gris qui filait dans un néant tourmenté. Les secousses commencèrent quand le bandit amorça la descente, enclenchant de fait le levier de freinage. Le petit chasseur tremblait tant et plus pour s'extirper de cette masse gazeuse. Et puis plus de secousses. Juste le tambour infernal des trombes d'eau qui s'abattaient sur la coque du bâtiment. Ahmet ne pouvait contrôler sa surprise devant un panorama qu'il avait pourtant contemplé de nombreuses fois déjà. Tout n'était ici que déchéance urbaine. Des vaisseaux en tout genre sillonnaient un ciel décoloré tandis que des milliers de petites lumières s'allumaient puis s'éteignaient avant de se rallumer encore, accompagnées par un assourdissant fracas de bruits mécaniques. Les immenses tours aux sombres teintes cuivrées semblaient quand à elles défier les nuages nauséabonds qui vomissaient des torrents de pluie sur cette mégalopole infernale.
Il eut quelques instants de doutes, mais son choix était déjà fait. Il dirigea son vaisseau-chasseur vers la piste d'atterrissage indiquée par le lieutenant Kazlo quelques minutes auparavant. Dans un festival de vapeur, il se posa, rétractant les deux petites ailes latérales de son appareil afin de lui permettre d'en sortir. Il prit le disque de l'I.A, désactiva tout les systèmes du vaisseau, enfila sa courte veste de cuir brun et emporta tout son équipement habituel avant de quitter le bâtiment par la rampe d'évacuation. Sans surprises une pluie torrentielle et une chaleur tropicale l'accueillirent. Ce monde-machine avait vraiment un climat des plus rudes, pensa t-il. Il fit quelques pas en direction du centre d'accueil des voyageurs avant d'être interrompu par un officier en uniforme : le lieutenant Kazlo, devina Ahmet.
Thermidor 5 = pompage spotted ![]()
Wow, pour un premier texte sur ce forum, tu frappes un grand coup là, avec ce texte qui laisse augurer bien des plaisirs littéraires futurs.
Le style est vraiment bon, le scénario pour l'instant assez accrocheur (on se croirait dans le jeu Freelancer ou autre jeu space-opera) et j'adore.
Ce qui ressort surtout de ce texte est quand même une maîtrise de l'univers et de la langue.
Pas mal du tout donc, je dois avouer que je n'ai pas eu de kick comme ça de la part d'un nouveau venu depuis bien longtemps. ![]()
Trop classique dans le style et le fond. Trop académique. Trop fait "à la manière de". Je vois pas où est le kick. Où est la nouveauté ? Faudrait un peu de révolution dans le genre que tu explores.
C'était que mon avis ^^.
A bientôt.
Vouloir une révolution dans la première moitié du premier chapitre d'une oeuvre, c'est un peu comme demander à Moustache d'arrêter d'être raciste/lourd/idiot. Donc impossible.
Le kick réside dans le fait que je suis content de voir débarquer sur ce forum un nouveau qui sait écrire et qui a l'air de maîtriser son sujet, au milieu de la marée de courts textes gore qu'on se tapent depuis un mois. Là, au moins, ca sent le travail, le soin apporté à cette première partie. Et moi, les Space-Opéra, j'adore. Donc Blina, à ta question "où est le kick?" je te réponds que tous les goûts sont dans la nature et que moi, ce début m'a botté. C'était que mon avis. ![]()
Merci beaucoup pour ces avis, ça donne des directions et une idée de l'impression que donne la lecture du texte avec du recul. Je pense que je reste en effet dans les "carcans" du genre space-opera mais c'est vraiment de ça que je m'inspire, étant moi même fou de ce type de lectures! Juste une question à moustache, tu a l'air de dire que le nom "Thermidor 5" a déjà été vu ailleurs, peux tu me dire où? Je n'ai pas envie de faire du plagiat sans le savoir! ^^
PS : Je poste la suite du premier chapitre. Merci encore pour vos avis et vos conseils.
« -Monsieur Meals, nous vous attendions. Lança le lieutenant sur un ton aride.
-Et que me vaut ce traitement de faveur? Lui renvoya Ahmet.
-Quelques petites formalités administratives à régler dans les plus brefs délais, si vous voulez bien me suivre. »
Décidément ce lieutenant Kazlo est une vrai sangsue, pensa Ahmet en le talonnant vers une petite cabine, plaquée dans un des coins de la petite cour de l'astroport. En longeant les pilonnes d'acier verdâtres qui soutenaient le préau, Ahmet aperçu une vague silhouette derrière la vitre de la cabine des responsables de l'appontement. L'homme semblait attendre leur arrivée, Kazlo n'était donc pas seul. Ils arrivèrent au niveau de la porte et entrèrent dans l'étroit petit box métallique. Ahmet se demanda comment des hommes, aussi endoctrinés soient-ils, et pourtant les miliciens l'étaient, puissent parvenir à passer leurs journées entières dans cette petite pièce rectangulaire d'à peu près quatre mètres sur deux, à pianoter sur des consoles de liaisons spatiales dans le but hautement enivrant de voir se poser des commerçants moroses, toujours plus enclins à faire vérifier tous leurs papiers d'identités dans les moindres détails.
« -Asseyez-vous monsieur Meals.
Ahmet s'exécuta, non sans sentir le regard de jugement dont le deuxième homme le gratifiait depuis son arrivée.
-Chef de chantier sur Thermidor 5? Fit le lieutenant en jetant un œil aux informations qu'affichait l'ordinateur. Il en faut du courage pour désirer obtenir un tel poste. Si vous voulez mon avis, vous auriez pu trouver une situation plus enviable.
-Je prend ce qu'on me propose. Dit Ahmet en regardant fixement la danse extatique des gouttes de la pluie de l'autre coté de la vitre.
-Seulement je crois monsieur Meals, qu'on ne vous a rien proposé du tout.
Ahmet fit mine de n'y rien comprendre.
-Permettez moi monsieur Meals de me montrer un peu plus clair. L'homme debout derrière moi a pour numéro de matricule le 0467W et se prénomme Stephan Meals. Il exerçait un poste de milicien au service de la garde royale et se trouve être l'homme que vous croyiez avoir abattu sur Vendémiaire.
Malheureusement pour vous et en dépit de de votre précision au revolver, la fléchette CryoGen avec laquelle vous avez tenté de mettre fin au jour de monsieur Meals n'a pas atteint son but. Je crois sincèrement que vous n'avez pas conscience de la qualité de l'équipement fournit par la garde royale à ses soldats. Bien que, je vous l'accorde, monsieur Meals n'a pas exactement l'apparence d'un homme fort robuste... Cependant en déposant sa plainte auprès des services de sécurité du personnel de surveillance, monsieur Meals n'a aucunement fait mention d'un poste de chef de chantier sur Thermidor 5. Votre bobard ne tiens pas la route monsieur Ahmet de Vilvallon.
Un silence de mort s'en suivit. Au cours duquel Ahmet essaya d'ailleurs de faire le point sur les options restantes pour se sortir de cette situation fort embarrassante.
-Je ne suis pas non plus celui que vous croyez, tout cela est une terrible méprise dont je vais m'empresser de vous explique les tenants et les aboutissants...
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que le véritable Meals, rubicond de terreur et de satisfaction, bondissait sur-lui en mugissant les mots :
-Vous n'êtes pas ce bandit, ce désœuvré, vous n'êtes pas celui dont on dit qu'il ignore la nature même de la peur, vous n'êtes pas Ahmet de Vilvallon?! Meals sortit de la poche de sa veste une petite photographie, à peine plus grande qu'une photo d'identité, du type de celles que les caméras de sécurité stockent dans leurs archives suite au scan d'un nouveau visage. Et alors cet homme, qui est-ce? Est-ce vous où ce menteur, ce puant d'Ahmet de Vilvallon? Visiblement la photo avait été prise récemment, ou du moins peu avant son départ du système Vendémiaire, ce qui signifiait qu'ils suivaient ses traces depuis bien longtemps déjà, et qu'il était manifestement impossible de les convaincre avec de simples mensonges.
-C'est bien moi sur cette photographie. Avoua Ahmet.
-Bien, très bien, nous avançons plus vite que prévu. Dit Kazlo en vérifiant que la porte de la cabine était bien fermée à clef.
-Et puis-je savoir vers où avançons-nous lieutenant?
-Écoutez monsieur Ahmet, je voudrais vous faire prendre conscience de la gravité de ce qui s'est passé. Vous avez tenté de tuer un milicien de la garde royale de Vendémiaire 3 et nous vous avons, comment dirais-je... Pris la main dans le sac! On devrait vous tuer pour ça. Ou du moins permettre aux autorités de Vendémiaire d'entamer une procédure de justice qui aboutirait pour vous à la mort. D'une manière ou d'une autre.
-Mais dans votre grande bonté, vous me réservez un sort nettement plus enviable, n'est ce pas? Plaisanta Ahmet.
-Je pense qu'on peut dire ça oui. Qu'est ce que tu en penses Meals? Demanda Kazlo qui commençait à afficher un sourire amusé.
-Oh je suis tout à fait d'accord! Il s'approcha de la chaise de celui qui aurait du être son assassin.
Un sort tellement plus enviable pour celui qui m'a laissé pour mort! Il graillonna.
-Je ne vous ai pas laissé pour mort, je vous assure, je pensais très sincèrement vous avoir tué...
Meals devint vermillon. Il pouffa de stupéfaction et gifla violemment le pirate d'un geste mal articulé, tout en saccades.
-Assez Meals! Fit Kazlo, visiblement contrarié. Oubliez donc tous deux ce différent personnel, nous avons des choses de plus grande ampleur à régler.
-Et quelles choses à la fin ?! S'impatienta Ahmet. Votre putain d'interrogatoire commence à putainement me déplaire! »
A nouveau le silence reprit le dessus. Ahmet fixait hypnotiquement le lieutenant qui pianotait quelques commandes sur un des terminaux. Meals était tout frétillant, comme fiévreux de cette confrontation; il alla pour s'adosser à la paroi métallique opposée à la vitre et sortit une cigarette.
Stephan Meals était d'apparence un homme d'une quarantaine d'année, bien que son teint rougeoyant et sa peau ridée trahissaient surement un homme plus jeune, qui en avait déjà vu un peu trop. Il portait les chaussures des miliciens, d'imposantes bottes de cuir noir qui remontaient jusqu'à mi-mollet, probablement trop peu soucieux de son apparence pour en avoir acheter d'autres. Sa veste verdâtre lui creusait les hanches et, la nature l'ayant doté d'un cou qui remplissait à peine son rôle de transition entre la tête et le tronc tant il était court, son col semblait porter sa tête toute entière. Cela avait pour effet de rendre le personnage plus difforme encore qu'il ne l'était par nature. Meals avait de grands yeux qui observaient toutes choses par le mouvement circulaire de deux minuscules pupilles bleuâtres. On eut dit des caméras de surveillance quand son visage flasque entamait ce mouvement pivotant pour appréhender de nouveaux éléments visuels. Sa petite bouche reptilienne dont coulait la plupart du temps un très mince filet de bave semblait effectuer un mouvement de succion sur la cigarette qu'elle maintenant tant bien que mal en position. Par moment Meals toussotait nerveusement, probablement faute de n'avoir su expirer à temps la dense fumée qui circulait librement dans les cavités glaireuses de sa gorge.
Paul Kazlo s'obstinait depuis quelques minutes à fermer un programme en marche sur la console de liaisons spatiales. Il structurait ainsi un cycle très formel de petits mouvements secs en tapotant sur le clavier. Après avoir proféré quelques insanités et donc très probablement s'être avoué vaincu, il s'en retourna auprès d'Ahmet, et s'installa à son tour sur un petit tabouret. Meals regardait la scène sans broncher.
« -Je peux vous appeler Ahmet? Demanda Kazlo.
Le bandit ne répondit rien.
-Je suppose qu'en tant que pirate de renommée galactique, vos connaissances en matière de navigation et de cartographie spatiale doivent être assez faramineuses!
Meals toussota.
-Je me trompe?
Ahmet jeta un regard non dénué d'une certaine camaraderie à Stephan Meals. Puis il montra du doigt son paquet de cigarette et mima l'action de tirer une bouffée. Meals s'approcha doucement de lui et marqua un petit temps d'arrêt avant de lui cracher au visage. Le pirate ne bougea pas d'un poil. Il tenait tête à Meals, le regardait fixement dans le blanc sirupeux de ses grands yeux voyeurs. Contre toute attente, Meals finit par tendre une cigarette à Ahmet. Celui-ci le remercia cordialement avant de l'allumer avec un magnifique briquet tout couvert de motifs exotiques, souvenir probable d'une aventure passée.
-Non lieutenant vos propos sont parfaitement cohérents, quelle justesse, quelle pertinence! Répondit alors Ahmet sur un ton narquois.
Le pirate tira longuement sur sa cigarette. Oui je suis un pirate et oui je connais l'espace! Est-ce pour cela que vous allez me libérer?
Les deux hommes rigolèrent.
-Oh vous êtes bien loin du compte Ahmet! Votre libération n'est pas au programme. Du moins pas tant que n'aurez pas accepté de faire ce que je vous demande.
-Lieutenant Kazlo, je continue de penser que c'est une mauvaise idée. Nous ferions mieux de l'envoyer sur Vendémiaire afin qu'il y crève, ce salaud! Mugit Stephan Meals.
-Meals, votre plainte a été traitée, désormais vous êtes à nouveau un milicien comme les autres. Dois-je vous rappeler que les ordres viennent de votre hiérarchie?
Meals grimaça.
-Bien, reprenons là où nous en étions monsieur Ahmet. Vous avez commis un crime grave qui mérite une sanction exemplaire; cependant, et je vous prie de croire que ma décision n'aurait pas était la même sans l'influence de mes supérieurs, nous vous laissons une chance de vous racheter.
-Qui ça nous? Le questionna Ahmet.
La pluie tombait de plus en plus dru au dehors.
-Vous n'avez pour le moment aucune raison de connaître l'identité de vos employeurs monsieur Ahmet.
-Employeurs? Je n'y comprend plus rien! Vous m'interrogez ici depuis près d'une heure et je ne sais toujours pas pourquoi vous ne m'envoyez pas tout simplement en prison!
La prison, Ahmet la connaissait bien, il eut été plus facile de s'en défaire que de ces deux personnages.
-Nous avons besoin de quelqu'un de compétant. Quelqu'un de robuste et de batailleur. Si en plus ce quelqu'un n'a le choix qu'entre la réussite de sa mission où la perte de sa liberté...
Meals écrasa sa cigarette à même le sol. »
OUla oula !! Attends un peu avant de poster aussi rapidement. D'un, comme ça tu auras plus de lecteurs. De deux, parce que je voulais commenter ce soir, et que je n'ai pas envie d'avoir un pavé ...
Aie, désolé! Je voulais mettre à disposition tt le premier chapitre histoire de boucler la boucle. J'avais pas pris en compte l'aspect "pavé"! Je retiens pour la prochaine fois ^^.
J'ai lu la premiére partie du pavé, et je suis d'accord avec Blini: Jusque là, ça reste de la SF comme n'importe quel auteur de SF en aurait fait, il manque vraimet quelque chose de personnel. De plus, à cela, s'ajoute quelques erreurs de style: Par exemple, les noms à foisons, des explications des le premier chapitre, ou alors, un certain alaise par rapport aux ellipses (on est obligé d'avoir droit à TOUTE la séance d'aterissage?). Bref, c'est pas encore ça.
Au niveau du scénar, en revanche, j'attend de voir, je vois peu de fics SF ici, surtout de space opera, et je e suis toujours dit qu'il fallait que je m'éduque un peu là-dedans. Chalut donc ![]()
Neg, t'as déjà joué a des jeux de Space-opéra ? Parce que ca va ptet être idiot de le dire, mais ce texte me rappelle vraiment des appontages que j'ai pu avoir dans Freelancer ou autres, ce sentiment de regarder les étoiles tourner (même si c'est en jeu vidéo) et c'est peut-être pour cela que j'accroche plus que vous autres. ![]()
COOL! (je sais, c'te réplique vaut pas deux plombs)
Mais sérieusement j'ai vraiment aimé! Stérile au niveau du style: meaning que tu vas sûrement trouver quelque chose qui te caractérisera de tout ce fouillis d'auteurs ici-bas. Première partie lue. En gros, tu m'as étonné. Pas étonné comme dans "y'a une tête de rat dans mes Porn Flakes", mais plutôt comme Daniel Craig dans Casino Royale. C'est relativement neuf de voir un nouvel auteur qui est pas un ado emo braillard, un facho asocial ou encore je-ne-sais-quelle sorte d'imbécile pseudo-talentueu-tesque. (ban spotted, c'est vers moi). Enfin un nouveau qui sait écrire, quoi, comme l'a si bien résumé le Zerty.
J'ai bien aimé l'intro. Ça coule. Comme un bon vin. (Mais ma gueule, quoi) J'aime l'ambiance, le background que tu sembles étonamment bien maîtriser.
Je lirai la suite, sans problème.
Au fait, bienvenue dans not' ch'tit royaume d'Écriture. Je t'accueille à bras ouverts, et t'invite à partager d'autres de tes textes. Ils pourraient très probablement faire fureur.
Charly -> C'est exactement ce que je voulais dire. Donc +1. ![]()
Merci pour l'accueil Charly! Je rejoins votre royaume avec plaisir. D'autant que j'ai aussi trouvé Daniel Craig rafraichissant dans Casino Royale! ^^