Salut à vous, je suis un petit n00b. J'hésite à faire ma présentation ici... Bah ! Pas grave, si vous me connaissez pas, vous perdrez pas vos cheveux plus tôt \o/
J'ai pas énormément de carafe, comme on dit et j'aimerai bien avoir votre avis
On verra bien ! J'espère juste que mon texte vous semblera un minimum...
"Délirant..."
Trois-mille cinq cent soixante dix-neuf...
Trois mille cinq cent quatre-vingt...
Trois m...
"C'est bon, je suis caché !!"
C'est qu'il avait mis un sacré bout de temps le pépère... Aussi, il fallait avouer qu'un lycée pouvant accueillir jusqu'à deux mille cent soixante quinze élèves, pour trouver une planque de nuit, on avait au choix, trop de possibilités, ou pas assez !
L'écho provoqué par le cri de Georges était bien trop long et fort pour qu'on puisse s'imaginer sa position. De toutes façons, c'était con de jouer à cache-cache dans un lycée à pas loin de 17 ans et trois quart... Laurent se décolla du mur de marbre froid. Enfin... il pensait que c'était du marbre... Laurent ne sentait plus son front violacé. Il fit quelques pas sur sa droite, en ébouriffant ses cheveux touffus et châtains. Dans toute l'allée, il y avait des espèces des... "trucs" ronds qui faisaient office de bancs et aussi d'accessoires d'enjolivement puisqu'au milieu de ces "trucs", il y avait de jolis arbrisseaux en terre. Laurent sauta sur un de ces bancs et pissa dans la terre en poussant un râle de satisfaction.
De son côté, Georges ne bougeait pas... Il ne pouvait plus. Courir pendant presque une heure tout ça pour trouver une foutue cachette dans un lycée pouvant accueillir jusqu'à deux mille cent soixante quinze élèves, c'était pas à refaire. Sacré Laurent, il n'y avait que lui pour avoir une mère quasiment au chômage technique et un père concierge dans un lycée... On était samedi, et fort heureusement, il n'y avait pas cours le lendemain. Non ! Demain, c'était partie de pêche dans le centre ville.
Georges éternua. Ses lunettes tombèrent et les branches se tordirent. De rage, il les écrasa d'un violent coup de pied puis sortit une autre paire de sa veste noire de marque.
Laurent avait tout entendu. Mais il ne savait toujours pas où était son pote. Il affuta son regard et passa tout ce qui était à vue au peigne fin de ses beaux faux yeux "bleu nuit". Il enleva ses lentilles, il faisait trop sombre dans le bâtiment pour qu'il se foute la vue en vrille en plus... Il appela de sa voix de puceau :
" George, je sais où t'es ! Rapplique, j'en ai marre !
- Je rappliquerai quand t'auras plus ta voix de puceau !
- Enculé, va ! Tu sais très bien que ce sont ces hormones que je prends qui me font ça !
- "..." ?
- T'as dis quoi ?
- J'ai dis "Hein ?" ! "
" Pauvre connard ! " pensa Laurent au moment où Georges pensa " Pauvre puceau ! " L'écho se tut et Laurent, statique, renifla bruyamment.
Puis il courut au deuxième étage. Mais n'allez pas penser qu'il avait repéré où se planquait Georges, ce n'est pas complètement vrai. Son père devait s'y trouver à ce moment-là, pour nettoyer les salles de Chimie. Et en plus, les toilettes du second étaient les seules à disposer d'un savon qui sentait bon ! Avec un père concierge, l'hygiène, c'est important !
Il entra dans la salle "S7" où son père, de dos, s'acharnait sur le chewing-gum d'un mètre quatre-vingt qui avait mâché et collé au sol.
" Salut paternel, dit-il. Encore le coup du chewing-gum, hein !
- Chaque jour, ils m'en foutent un plus gros !
- Ah ! La jeunesse ! "
Dans la grande salle blanche et nue, Laurent repéra à 2 tables de la porte une tache de sang qui commençait à peine à noircir. " Voilà ce que c'est que d'acheter des serviettes ou des tampax bon marché ! " pensa-t-il, un sourire aux lèvres. Il salua le "papaternel" et sortit.
En fermant la porte il pesta. "Les ragnagnas, c'est con !"
"Quoi ? lança son père de l'intérieur.
- Quoi, "quoi" ?
- Tu m'as pas parlé ?
- Non du tout, à moins que tu te sentes concerné par les règles...
- Les règles, c'est l'affaire de tous ! Sans règles, 'y a bien souvent des problèmes qui se faufilent ! Ça commence tout petit et ça finit par faire d'énormes trucs... Songes-y bien"
Il retourna dans la salle... Son fils était abasourdi. Laurent ne voyait plus du tout son père de la même façon d'un coup ! "Je ne suis qu'un énorme truc, alors..." songea-t-il.
Ses rêveries, et son lavage de main, furent interrompus par les cris de Georges.
"Laurenzo ! Bouge tes miches, ma biche ! Ça chauffe, ici !
- Eh ! Pauv' connard ! Je suis pas arrivé encore à te trouver !
- Mais je suis là !
- Où ça "là" ?
- Premier étage, chiottes des filles, je...
- Alors comme ça, coupa Laurent, Ta face cachée se présente à moi ! Tu caches bien ton jeu vieil enfoiré !
- Mais ta gueule, con ! 'Y a une grosse tuile ici ! Arrive !"
Laurent remonta nonchalamment son jean puis courut aux toilettes des filles du premier. Lorsqu'il entra dans les toilettes, il se prit une grande claque !
" Aïe ! Mais t'es con !
- Je suis pas une fiotte, répondit Georges ! C'est juste que j'avais besoin d'aller aux toilettes et que ça s'évite difficilement "ça" !"
Laurent eut un haut le corps ; un cadavre de jeune fille (et de belle jeune fille en plus !) dans les toilettes d'un lycée, c'était pas commun. Ses bras fins furent parcourus d'un frisson et la chair de poule les envahirent. Il regarda les yeux naturellement noirs de son ami.
" Tiens, t'as changé tes lunettes !
- Ouais, accident avec les autres...
- Bref, 'faut prévenir la Police.
- Et ton père pour qu'il nettoie !"
George sortit des toilettes et composa le numéro de la Police pendant que le cerveau de Laurent travaillait à cent à l'heure. Tout un tas de choses se bousculaient en lui. Il fit craquer son cou puis déclara sombrement :
" Ça, c'est de la tuile ! Notre lycée n'accueillera plus que deux mille cent soixante quatorze élèves... Délirant..."
Voilà, un ch'tit commentaire ?