Chapitre II.
Il errait à nouveau dans les rues, furieux. Après avoir trouvé un hotêl pour la nuit, Almalik se mit à lire le livre. Il s'agissait en réalité d'un carnet.
Je suis le nouveau Corbeau. L'ancien carnet a malheureusement été brûlé, et j'ai du commencer celui-ci. Tant de savoir perdu dans les flammes....Qui que vous soyez, vous êtes tombé sur le Carnet. Je me plais à penser que ce n'est pas un hasard. L'autre datait de l'an 1337, au début de la Guerre de Cent Ans. Actuellement, nous sommes en 1942. Je vis à Paris, sous l'occupation. Ça me donne un travail considérable. Si vous ne l'avez pas deviné, le Corbeau Acéré doit supprimer tous ceux qui abusent de leurs pouvoirs. La mort est leur seul jugement. Combien de mes prédécesseurs ont regretté leurs actes? Un grand nombre, croyez-moi. Mais pas moi. Je sais que ce que je fais est juste. Dans ces pages vous apprendrez où j'ai caché l'équipement du Corbeau. Vous apprendrez aussi ce que j'ai ressenti, et ce que vous ressentirez. Vous penserez comme le premier d'entre nous. Nous sommes une lignée funeste et notre jugement brise des familles, déchire des liens. Nous sommes tantôt haïs, tantôt adulés. Mais personne ne sait qui nous sommes.
Almalik frissonnait. Dans quoi s'était-il fourré? Un canular, ou une sordide affaire? La peur lui nouait le ventre, il tremblait... Mais il était attiré par ce carnet et ce récit.
Tout ce dont vous...Tu as besoin, se trouve dans la petite cabane de bois pourrie, à côté de la Cour du Temple. Je te conseille, Corbeau, d'aller les chercher. Ensuite, seulement ensuite, tu continueras à lire mon récit.
Almalik ne se fit pas prier. Enfilant son manteau, il se rendit à pied vers l'endroit, en tenant le carnet fermement dans sa main.
Almalik était un jeune homme, né en France, d'origine Maghrébine. Il ne savait plus de quel pays. Ses parents l'avaient abandonné à la naissance, d'après ce qu'il savait parce qu'il avait été conçu hors-mariage. En avaient découlé un profond athéisme, et surtout l'impression d'être un bâtard. Il avait plutôt bien vécu chez sa famille d'accueil, mais l'avait quittée dès sa majorité.
Physiquement, il mesurait son mètre quatre-vingt, était assez mince sans pour autant être élancé. Ses rares amis le disaient agile, bel homme. Ce n'était pas vraiment son avis. Ses yeux marron, presque noir, et ses cheveux courts et bruns sur une peau légèrement bronzée, le rendaient désirable. Ses traits étaient plutôt banals, mais l'expression de son visage rattrapait cela. Son regard balayait constamment les environs, analysait chaque objet, chaque personne. Ses sourcils, presque froncés en permanence, comme quand on réfléchit, lui donnaient un air inquisiteur qui n'allait pas pour lui déplaire.
Il arriva enfin devant la cabane. il fallait escalader un petit mur pour y accéder, et le bois avait l'air tellement pourri qu'Almalik douta. Si jamais il traversait le plancher? Voir une cabane aussi délabrée et pourrie en plein centre-ville alertait sa vigilance. Un piège?
Il décida tout de même d'aller voir. L'appel du carnet était trop fort. Le fourrant comme il pouvait dans une poche de son manteau, il commença son escalade.
Arrivé en haut, Almalik alla doucement. Il n'avait pas envie de passer à travers le bois pourri. Il trouva finalement une lucarne, qu'il ouvrit. Il sauta silencieusement à l'intérieur, et le bois craqua sinistrement.
-Mmh...
Il n'y voyait rien. Fouillant sa poche, il sortit un briquet trouvé par terre la veille, en parfait état. Il l'alluma, et vit une bougie sur un petit meuble. Enflammant la mèche, il eut enfin un peu de lumière. Devant lui, un coffre, en métal, vert kaki. Sûrement pris à des militaires. Il n'était pas cadenassé. Almalik ouvrit la malle.
Une ample robe, une combinaison de cuir usée par l'âge, une capuche. Le tout était d'un noir profond. La robe servait de complément à la combinaison.
Almalik décida d'emporter tout ça. En soulevant les vêtements, il eut une magnifique vision.
Deux magnifiques épées courtes. Elles étaient identiques, mesurant une cinquantaine de centimètres, manche compris. Leurs lames étaient faites d'un verre gris sombre qui reflétait faiblement la lumière.
Il les prit aussi, puis retourna discrètement à l'hôtel. Arrivé dans sa chambre, il ouvrit le carnet, le coeur battant.
Si tu lis ceci, j'espère que tu as bien trouvé ton équipement. Il est fait pour la discrétion. Le Corbeau n'aime pas être voyant! Quand aux lames, elles sont magnifiques, n'est-ce pas? Ce sont les Serres du Corbeau. Tu t'en serviras pour tuer. De ça et rien d'autre. Maintenant, trouve-toi une cible, selon les principes du Corbeau, et tue-la. Rappelle-toi: Nous tuons tout ceux qui abusent de leurs pouvoirs pour exploiter les autres et les faire souffrir, contre leur gré. Quand ce sera fait, tu continueras de lire mes notes. Bonne chasse.
Almalik observa les vêtements, les écrits, les lames. Il ferma le carnet.
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Modern science will save the world or kill us all!