Au bruit de nos pas, ces oiseaux que l’on nomme les insaisissables s’envolent pour mieux nous laisser passer, nous, bande de copains inséparables. Les nuages, timides, laissent place à un soleil éclatant. Tout, oui, vraiment tout est réuni pour que cette journée soit, à jamais, gravée dans nos esprits. Mes amis, pour ce jour exceptionnel me portent aux nues, marchant avec lenteur vers cet homme qui nous attend tous pour célébrer, comme il se doit, cet évènement.
Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas été tous réunis. Pour l’occasion, une légère musique berce nos pas et un subtil parfum de lys vient perturber nos sens. Toute ma famille est présente aussi. Il y a ma cousine Lucie qui, d’ordinaire a toujours le mot pour rire mais là, je la trouve moins bavarde que d’habitude… Mes parents sont présents bien sûr. Malgré leur séparation il y plusieurs années de cela, ils se retrouvent aujourd’hui. Mon frère, se tenant près de mes parents, je puis remarquer ses yeux rouges. Ensuite, mon oncle, avec qui je suis le plus proche n’a pas souhaité participer… J’ai entendu dire qu’il avait un peu forcé sur les médicaments et qu’il se sentait mal. Ma grand-mère non plus n’est pas venue mais quelqu’un m’a dit qu’elle me rejoindrait bientôt.
Vingt personnes, vingt regards : tous les mêmes. Regards impassibles, regards noirs, comme ce ciel qui s’obscurcit à vue d’œil tandis que l’on avance vers ce personnage vêtu tout de noir.
Enfin nous arrivons. Mes amis me déposent avec une extrême délicatesse et écoutent les paroles de l’ancien. A mesure que le ciel se gorge d’explications futiles, le subtil parfum de lys laisse place à un silence de mort. L’ambiance se fait alors oppressante et personne n’ose bouger. Seules les larmes de ma mère et de mon père viennent tâcher cette si belle journée. Lorsque le discours fut fini, tous partirent, me laissant seul, à jamais…