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Liste des sujets

Aaval

--snake
--snake
Niveau 8
05 septembre 2008 à 23:25:49

J'aimerais juste avoir des avis sur mon prologue.
Je sais que c'est long mais c'est tellement gratifiant d'être lu.
Alors faite un heureux, lisez !

Le messager galopait à toute vitesse.
La missive dans son sac était de la plus haute importance, le Haut Seigneur en personne l'avait dépêché pour cette mission.
Pourquoi avait-il choisi une méthode aussi archaïque ? Un pigeon aurait mis moins de quatre jours pour effectuer cette tâche alors que lui en était déjà à dix, mais ce qui le tracassait le plus c'était pourquoi l'avait il choisi lui et pas un de ses messagers. Il n'y avait aucune logique au fait que ce soit lui qui apportat la lettre, ce qui au bout du compte n'augurait rien de bon.
Le cheval était éreinté, la dernière halte remontait déjà à plusieurs heures et pour ne pas tuer la bête à la tâche, il s'arrêta près d'un étang. L’Académie étant à moins d’un jour, il se permit une nouvelle pause. Malgré ses craintes, les délais accordés seraient respectés.
Le doute l'accablait. La paix régnait dans l’Empire depuis la guerre des Trois et bien qu'il fût trop jeune pour s'en souvenir, elle hantait encore les esprits. Les séquelles qu’elle avait laissé étaient encore présentes vingt ans après la fin de la guerre et quelque chose compromettait vraisemblablement cette paix.
Il aurait été étonnant que ce soit les Elfes; bien qu'il n'en ait jamais rencontré, ils étaient considérés comme un peuple pacifiste. Les Wervires n'étaient pas assez puissants et les Unuk al Hay - aussi appelé peuple serpent -, même s'ils s'étaient organisés en une nation indépendante, un simple affront à l'Empire leur serait fatal.
Non, quelque chose ne collait pas. Si sa vie risquait d'être écourtée par un quelconque conflit, il valait mieux qu'il en soit au courant prestement et le seul moyen de le savoir était d'ouvrir la missive, ce qu'il n'allait pas tarder à faire. Cette bévue le conforta dans l'idée que l’homme censé être le plus puissant aurait du faire appel à l'un de ses messagers personnels et pas à un simple sous-fifre.
Il ouvrit sa besace pour en sortir la lettre scellée du sceau seigneurial, une tête de lion aveugle, symboliquement cela représentait la toute-puissance du seigneur et son impartialité. Le sceau ne semblait pas être ensorcelé. Le cachet pour seule protection, encore un procédé archaïque. Toute cette histoire le dépassait, il n'y avait rien de plus simple que desceller un cachet. Seigneurial ou pas. Si la sécurité du contenu de cette lettre avait une quelconque importance pour l‘expéditeur, alors, les précautions utilisées n'en donnaient pas l'impression. Le Haut Seigneur n'était pas réputé pour être imprudent, bien au contraire et étant lui-même magicien, l’envoûtement lui aurait été aisé.

Quand il n'était qu'apprenti, l'une des premières choses qu'il apprit fut d'ouvrir les colis pour pouvoir subtiliser un petit peu d'argent, ce qui au bout du compte arrondissait fortement les fins de mois. Aujourd'hui, cela n'était plus possible car la guilde des messagers offrait l'enchantement magique du cachet.
Il mit la main dans sa poche et en sortit un petit canif rouge avec une lame qui ne mesurait pas plus de deux millimètres de largeur. La lame passa sous le sceau de façon propre. Il posa le sceau sur l'herbe et sortit de son sac à provisions la laitue qu'il avait acheté quelques heures auparavant, pour l'en recouvrir. C'était ce qu'il avait trouvé de mieux pour le protéger. Ensuite, il n'aurait plus qu'à recoller la cire avec une petite flamme.
La tension était à son paroxysme; la lettre dans ses mains, il se rendit compte que ce simple bout de papier pouvait à tout jamais changer sa vie. Que ferait-il si l’Empire était en péril, qu'adviendrait-il de ses rêves ? Il ne voulait pas s'enrôler dans l'armée, mais pourrait-il survivre s'il fuyait l‘Empire ? Si l'attaque était imminente allait-il prévenir ses proches, risquant de se faire tuer, ou allait-il s'échapper vers un destin plus couard. Autant d'interrogations en suspens qui n'auraient de réponse qu'après lecture. Il ne pourrait prendre une décision que devant le fait accompli.
Il était maintenant trop tard pour faire marche arrière; il ouvrit délicatement la missive et y lut :

« Le Urten est fiable mais son pourvoi ..., tentation seuls. requis déconfite.»

Il avait beau avoir été bon élève quand il allait à l'école, le message n'était en rien limpide. Il comprit qu’Urten était fiable mais pourquoi son pourvoi n'était-il pas précisé ? Si quelque chose était intéressant dans cette lettre, c'était bien la requête de cet homme. Quant à la seconde partie, ce devait être une sorte de seing.
La lettre ne mentionnait en aucun cas une guerre probable - ce qui le rassura - et son rêve de devenir maître messager avait de grandes chances de se réaliser après cette mission dont il n’était plus digne.
La honte s'empara de lui pour avoir été aussi méfiant.
Maintenant que ses craintes s’étaient dissipées, il se dit que le Haut Seigneur ne l'aurait jamais envoyé, lui, si un risque avait pesé sur l’Empire. De plus, même s'il n'avait plus confiance en ses coursiers, il y en avait au village de bien plus capables que lui chez les maîtres messagers. Mais ce qui le dérangeait le plus, c'était toutes ces interrogations qu'il avait eu avant de lire la lettre. Pour la première fois de sa vie, il se rendait compte qu'il ne se connaissait pas.
Il lança la laitue au cheval qui n'en fit qu'une bouchée et recolla le cachet sur la lettre; personne ne remarquerait qu'elle avait été ouverte. Prêt à repartir, il ne lui restait plus que quelques heures pour respecter les délais.
Le crépuscule pointait et l’Académie n'était plus qu'à quelques kilomètres, on pouvait apercevoir deux immenses tours derrière les arbres. Il n'avait jamais rien vu de semblable. C'était sûrement l'édifice le plus grand de l'Île. Peu de choses avaient circulé sur ce lieu, la populace n'y était jamais entrée car personne en dehors du personnel et des Seigneurs n'était autorisé à y pénétrer. En contemplant les tours, la nostalgie s'abattit sur lui, la mélancolie et la peur se mêlaient, et plus il se rapprochait plus cela s'accentuait.

Il se sentait minuscule sur le parvis de l'Académie.
Architecturalement cela ne ressemblait à rien de ce qu'il avait pu apercevoir dans l’Empire. La cour qui précédait l'immense porte d'entrée était très dépouillée : c’était une vaste étendue de terre avec un peu d'herbe par ci par là ou on ne trouvait qu'une petite cabane à quelques mètres d'un puit, ce ne pouvait pas être celle d'un jardinier étant donné l'entretien apporté.
La bâtisse était immense : au pied du mur, on avait l'impression que les tours caressaient le ciel. Le plus surprenant, c'était qu'aucun rempart ne la protégeait. Pas une tour de guet ne surplombait la cour. Ce qui ne pouvait signifier que deux choses : soit ceux qui régissaient l'Académie étaient fous, soit ils étaient tellement puissants que rien dans l'Île ne leur faisait peur.
Les immenses portes d’entrées s’ouvrirent et laissèrent place à deux dames d'un âge avancé l'accueillirent. Il n'était pas difficile de s'apercevoir qu'elles étaient jumelles malgré la couleur des cheveux différents mais ce qui les distinguaient le plus n'était pas d'ordre physique. Cela avait beau être abscons, on sentait chez elles deux âmes littéralement différentes. Le charisme qui se dégageait de ces deux femmes était antagonique.
Quand le regard du messager se porta sur la dame au cheveux blancs, il ressentit une certaine chaleur, un peu comme le réconfort que peut nous apporter une mère; quand il le détourna vers la dame au cheveux couleur ébène, cette béatitude se dissipa pour laisser place à un froid terrible. Il ne pouvait dire qu'elle était machiavélique mais rien en elle n'exprimait la moindre sympathie, il fut difficile de croire que cette dame puisse travailler dans un lieu comme celui-ci.
Pour rester fidèle à l'impression qu'elles projetaient, elles portaient la même robe, de la même taille, mais de couleurs différentes. Une robe blanche pour celle qui exprimait la sérénité et une noire pour celle qui le mettait mal à l'aise.
La dame en blanc s’avança vers lui et lui dit :
— Je me présente, je suis Miss White, et voici ma soeur Miss Black, que nous vaut le plaisir ?
— Ou le déplaisir ? renchérit sa soeur.
— Mortitia, répondit Miss White sur un ton conciliant. Sa voix était enivrante, presque envoûtante.
— C'est le Haut Seigneur qui m'envoie. En personne, précisa-t-il. J'ai un courrier pour le directeur.
— Vous êtes donc messager ? lui dit Mortitia. Le petit rire qui s'ensuivit lui fit comprendre qu'elle le toisée.
Sans se démonter, il rétorqua :
— Et fier de l'être, et j'espère devenir très vite maître messager.
Elle se mit à le dévisager.
— Et ambitieux avec ça. L'ironie dans ce qu'elle venait de dire, trahissait volontairement son dégoût pour ce parfait inconnu.
— Veuillez excuser ma sœur, intervint Miss White, il semblerait qu'elle ait oublié les bonnes manières. Si vous voulez bien vous donnez la peine de nous suivre, nous allons vous emmener voir l'intendant car le directeur n'est pas encore là.

--snake
--snake
Niveau 8
05 septembre 2008 à 23:26:35

Après avoir franchi les portes, il dut traverser un étrange couloir. En largeur, le couloir ne pouvait accueillir que deux personnes, il suivit donc les soeurs en restant derrière elles.
Un papier, peint en rouge, était collé sur les murs. La décoration n'était pas son fort et même si cela était étrange, il trouva cela très beau. Le Haut Seigneur aurait du faire de même dans sa demeure. Contrairement au château aucun tableau n'était accroché aux murs, juste quelques lustres disposés à intervalles réguliers pour les éclairer dans leur marche. Une fresque ornait le haut du mur. Elle était également en papier, d'une couleur jaune foncé; des noms y étaient inscrits. Après avoir lu quelques noms en marchant, il s'arrêta sur l'un d'entre eux Minerve, sans qu'il puisse savoir pourquoi une larme perlait sous son oeil. Il n'avait jamais entendu ce nom mais il lui était terriblement familier.
Cela faisait déjà cinq bonnes minutes qu'il les suivait et il n'avait vu aucune porte sur les côtés. L'Académie était un lieu très étrange. Juste à quelques mètres devant lui se trouvait une petite porte; la dame en blanc dont il ne connaissait toujours pas le prénom prononça quelques mots dans une langue inconnue et la porte, sans qu'elle ait eu à la toucher, s'ouvrit lentement.
Si de l'extérieur le bâtiment était exceptionnel, l'intérieur quant à lui était extraordinaire. On eut du mal à imaginer une pièce aussi grande. Il est vrai que de l'extérieur on se doutait de la grandeur des lieux mais quand on y était, on était forcément estomaqué. Même la salle principale du château où il avait du passer pour aller voir le Haut Seigneur ne devait faire que le quart.
Quelles autres merveilleuse surprise l'attendaient ? Ce qui était sûr, c'est qu'il n'était pas venu pour rien et malgré un voyage harassant, il se sentait revigoré par autant de beauté offerte à ses yeux.

Dans la grande salle, une trentaine de personnes couraient de toute part; quelque chose se préparait et à voir l'empressement de la foule ce devait être quelque chose de grandiose. Ils semblaient pressées par le temps mais on pouvait voir sur leurs visages qu'ils étaient ravis, pas une once d'ennui ou d'agacement pour le travail qu'ils fournissaient. C'était une réelle motivation qui les poussait à la tâche.
Devant lui, au-dessus des marches un homme, à peine plus grand qu’un nain, organisait ce petit monde comme un chef d'orchestre. Il avait dans une main un livre relié marron et dans l'autre une longue canne doré qu'il agitait avec grâce Chaque personne visée par le bâton s'exécutait sans qu'il n'ait eu besoin de prononcer un mot, tels des pantins dirigés par des fils invisibles. Le marionnettiste préparait un événement qui se voulait aussi grandiose que ce lieu.
Mortitia fit un signe de la main au petit homme et se retourna vers le messager.
— L'homme à qui j'ai fait un signe est l'intendant Jîro, nous l'avons prévenu de votre arrivée et en l'absence de Mr le directeur, il a la charge des lieux. Montez le voir, il vous dira quoi faire.
— Merci mesdames. Il se tourna vers la dame en blanc. Juste par curiosité pourriez-vous me dire votre prénom ?
— Il n'est pas de nom utile mais j'accepte d'accéder à votre dernière requête.
Le messager surprit.
— Dernière requête ? Qu’entendez-vous par là ?
Ce fut Mortitia qui répondit :
— Ne faite pas attendre l'intendant, il est comme qui dirait… feignant de chercher ses mots elle ajouta, mordant, s'ensuivit un vif sourire.
— Mon nom est Morgane, et maintenant allez ! Vous arrivez enfin au bout de votre périple.
Pendant qu’il gravissait les marches, les mots « dernière requête » résonnaient encore dans sa tête. Que voulait elle lui dire ?
A l’étage, le petit homme passablement irrité lui dit :
— Quelles nouvelles D’Arenar nous apportez-vous messager ?
Surprit pendant une seconde qu’il sache d’où il venait, il se rappela avoir précisé au deux sœurs que l’expéditeur n’était autre que le Haut Seigneur.
— Je ne saurais vous dire monsieur. J’ai en ma possession un courrier pour le maître des lieux.
L’intendant semblait être vexé par cette réponse.
— Sachez mon bon monsieur, qu’il n’y a nul maître à l’Académie. Juste d’honnêtes gens remplissant leur office.
Le messager contrit.
— Excuser moi, je ne voulais pas vous offenser mais le destinataire de cette missive est le directeur, par conséquent je ne la donnerai qu’à lui.
L’intendant se ravisa et dit :
— Vous avez gagné, je suis le directeur.
Une voix retentie derrière le messager.
— Très joliment joué Jîro. Je vois que tu uses toujours de toutes les méthodes pour arriver à tes fins. Un homme d’une trentaine d’année à l’allure débraillée venait d’apparaître derrière lui. Personne ne l’avait entendu monter les marches.
L’intendant surprit.
— Toi ici ! Qu’on m’empale ! Ne me dis pas que tu vas assurer les cours de la nouvelle promotion. Après une petite pause, ne me dit pas…
Le regard grave, l’homme lui répondit :
— J’en ai bien peur mais passons, nous aurons suffisamment de temps pour parler de tout ça. Je dois passer commande et le temps nous manque.
Sur un ton faussement agacé.
— Cinq minutes que tu es là est tu veux déjà vider les caisses.
L’homme sourit à la remarque de l’intendant et regarda le messager.
— Pour vous messager, le directeur vous attend dans son bureau, empruntez la porte devant vous.
— Impossible. Nous sommes restés devant tout ce temps.
Esquissant un sourire.
— Si vous ne m’avez pas entendu monter alors soyez sûr que vous n’auriez pas pu voir le directeur.

Derrière la porte, un escalier en spirale très étroit menait au bureau du directeur. Se hâtant, il décida de monter les marche deux à deux. Sur le coté droit, une grande fresque ornait le mur, on n’y voyait des Unuk al Hay combattre des Nains beaucoup moins nombreux. Plus haut, un loup se tenant sur deux pattes décapitait une femme, l’image était criante de réalisme ce qui lui fit avoir un haut le cœur. Arrivé à mis chemin il s’arrêta net, une créatures d’une beauté presque divine, probablement un elfe, agrippé par derrière, se faisait aspiré son sang au niveau d’une jugulaire par un homme.
L’image suivante représentait la même scène mise à part que l’Elf toujours d’une grande beauté semblait avoir vieilli considérablement et l’homme suceur de vie montrait ses deux canines supérieures - plus longues que la normal - ensanglanté.
Le loup bipède et l’homme aux dents acérées devaient être des Wervires. C’était le nom que c’était donné ces créatures humanoïde lors de leur alliance durant la Guerre des Trois. Ce qui signifie que cette fresque représentait ce conflit, car aucun incidents important n’était à déploré depuis.
Le pire malheur qu’il avait eu dans sa vie résultait de ces années sombres.

--snake
--snake
Niveau 8
05 septembre 2008 à 23:27:27

Le jour de ses cinq ans, quelque jour avant l‘armistice, une escouade suicide d’Unuk al Hay attaquèrent Arenar. Le Seigneur Carric, qui n’était pas encore Haut Seigneur à ce moment là venait de quitter quelques heures plus tôt son château pour rejoindre le Haut Seigneur Eden. Ce fut donc à son second Esculape de diriger les soldats restant. Visiblement très surpris par l’attaque et malgré l’avantage du nombre, le peuple serpent eu le temps de commettre une véritable hécatombe. Bon nombre d’innocents périr durant l’attaque dont ses parents adoptifs.
Durant l’assaut, ils tuèrent et enlevèrent les enfants à vue, sans distinction d‘âge ou de sexe. Il ne devait son salut qua la présence d’esprit de sa mère qui le cacha à temps dans un des placards du grenier.
Quelques jours plus tard, ce fut la fin de la guerre et il fut impossible au Seigneur de venger l’attaque ou simplement de récupérer les enfants. L’Empire sortait d’une guerre qui venait de durer vingt deux ans et s’il fallait sacrifier une dizaine d’enfants pour maintenir cette paix, le choix fut vite prit.

Sans, sans rendre compte, il venait d’arriver devant la porte d’entrée du directeur.
La porte était en fait un grand miroir, il hésita à frapper de peur de le casser. Il se ravisa, près à frapper c’est alors que la porte s’ouvrit d’elle-même.

Un homme d‘un âge avancé, aux cheveux et à la barbe poivre sel s’avança vers lui, il était vêtu d’une tunique à capuchon beige. Le vieil homme le regardait droit dans les yeux, ce qui le mit mal à l‘aise. Impossible de détacher son regard, il était comme hypnotisait par ses grands yeux noirs.
Lui tendant le bras vers la lettre.
— Donnez, je vais vous débarrasser.
Après un temps de réaction qui lui paru durée une éternité, il lui donna la missive, toujours plongé dans ces yeux sombres.
Le laissant avec sa lettre, il inspecta le bureau. C’était la pièce la plus normal qu’il avait visité jusque là; pas très grande avec simplement une table et sa chaise, elle était éclairé par un lustre disposé en son centre. Aucun ornement superflu, le strict minimum.
Les volets encore fermés signifiaient vraisemblablement qu’il venait d’arriver. Des vêtements, similaires que ce qu’il portait, étaient déposés sur la chaise mais dans un piteuse état, à la fois sale et déchiré.
— Une partie de chasse mouvementée, lui lança le directeur comme s’il prévoyait une question du messager.
Surpris par cette interruption, il bégaya :
— Bien sur. Puis reprenant contenance, sans vouloir paraître impoli, je vais reprendre la route des maintenant pour Arenar.
— Carric attendra, je dois d’abord vérifier une petite chose.
Il en était bouche bée, ce vieil homme manquait d’égard au Haut Seigneur.
Décontenancé, il dit :
— Je vous prierais de manifester le respect qu’y est du à sa position.
Il se mit à rire.
— J’ai connu le Haut Seigneur alors qu’il tété le sein de sa mère mais ne nous attardons pas pour de si petite considération.
Cette remarque le stupéfiât, s’il disait vrai alors cet homme devait être très vieux.
A brûle pourpoint le directeur lança :
— Avez-vous lu mon courrier ?
Troublé, il ne s’attendait pas à cette question. Il se rasséréna et entreprit de mentir.
— Je ne me serais jamais permis Monsieur.
Le directeur semblait être déçu de cette réponse, il s’avança vers son bureau. Proche de sa tunique sale, il ramassa un long bâton.
Une lueur dans les yeux, il dit :
— Sacher jeune messager, qu’il est vain de me mentir.
Il se mit à balbutier :
— Mais je vous assure que...
— Assez ! s’écria-t-il. Sacher que cela ne m’enchante guère mais vous en savez plus que de raison.
Essayant de se racheter :
— Je n’ai rien compris à ce charabia. La peur visible dans ses yeux, il demanda : Qu’allez vous me faire ?
Sans aucune forme de procès, le vieil homme pointa son bâton vers le messager qui s’étala de tout son long sur le sol. Le corps gisant, une expression de paix s’était dessinée sur son visage.

L’homme d’une trentaine d’année entra dans le bureau suivit du petit intendant.
Regardant le corps sans vie affalé sur le sol, l‘intendant maugréa :
— Était ce nécessaire ?
Ce fut l’homme qui était entré avec lui qui répondit.
— Il en savait trop, dès son départ la confrérie l’aurait torturé pour savoir quelle nouvelle il avait apporté, c’est même étonnant qu’il ait réussi à venir jusqu‘ici. En le tuant nous gardons l’avantage.
L’intendant fronça les sourcils pour montrer qu’il ne saisissait pas tout.
— Ils ne savent pas que nous sommes au courant de son retour, lui dit le jeune homme.
— C’est quand même triste, son destin était scellé depuis le départ. Satané conflit. L'intendant semblait sincèrement navré.
Sur un ton très sérieux le directeur concéda une partie de ce que le jeune homme venait de dire :
— Certes, nous avons toujours un avantage mais le fait qu’il ait lu la lettre ne nous arrange pas, cela aurait était renforcé si nous lui avions fait croire que Carric nous exprimait ses vœux pour la nouvelle promotion.
— Et pourquoi cela ? demanda le petit homme, toujours dans l‘ignorance des plans pour contrecarrer la menace.
— Dès qu’il se serait fait enlevé par la confrérie, ils lui auraient simplement soutiré cette fausse information, il lui a tout de même été préférable que ce soit moi qui le tue.
Écœuré, l’intendant sortit de la pièce, laissant la porte grande ouverte.
Attendant qu’il ait descendu suffisamment de marche pour ne pas être entendu, le jeune homme demanda :
— Qu’a dit Carric dans la missive ?
— Comme nous le savons il revient, fort heureusement, il est très affaibli.
— Combien de temps avant son retour ?
— Je suppose quatre ans, voir cinq ans avec de la chance. Il m’a aussi dit de me méfier des professeurs, certains risqueraient de revoir leur position et de faire attention aux élues.
L’air grave, le directeur ferma la porte de son bureau. Les deux hommes, dans cette petite pièce, discutèrent jusque tard dans la nuit, avec pour seule compagnie, le cadavre souriant du messager.

Desolation
Desolation
Niveau 10
05 septembre 2008 à 23:44:48

Ce n'est qu'un prologue t'es sûr ? :|

--snake
--snake
Niveau 8
06 septembre 2008 à 12:28:40

ben oui, c'est juste que sur un forum ça parait long.

[Croustibat]
[Croustibat]
Niveau 6
06 septembre 2008 à 12:36:22

T'inquiete, ici on aime les pavés

--snake
--snake
Niveau 8
06 septembre 2008 à 13:08:07

N'hésitez pas à être dur.

--snake
--snake
Niveau 8
01 octobre 2008 à 23:26:24

tjs personnes :snif:

Connard_total
Connard_total
Niveau 5
02 octobre 2008 à 12:00:33

Convenu, attendu, prétentieux, historiquement caricatural, sans épaisseur ni profondeur. Superficiel et distant. Maladroit ; malhabile, même.

WeezyF
WeezyF
Niveau 10
02 octobre 2008 à 12:49:05

Connard_total :d) c'est certain, ces trois phrases feront progresser l'auteur à coup sûr. Peut-on s'attendre à autre chose de la part d'un pseudo pareil...
Je commenterai ce soir, en étant un peu plus constructif que mon voisin du dessus j'espère :-) .

WeezyF
WeezyF
Niveau 10
03 octobre 2008 à 10:29:19

Finalement j'aurais tendance à rejoindre Co... (y'en a qui ont été bannis pour moins que ça)
En moins cru, direct. Honnêtement, le début (même si c'est un pléonasme puisque tout ton texte est un "début") m'a plu. Correctement écrit même si effectivement un peu conventionnel, ça ne captive pas mais ça ne dissuade pas non plus une quelconque envie d'en savoir plus, d'aller plus loin. Le texte aurait été relativement bon si y'avait pas eu cette énorme baisse de régime, qu'on peut situer vers le début du second paragraphe de ton deuxième post (j'espère que c'est clair). C'est bien simple, à partir d'ici on a l'impression qu'une autre personne a prit le relais. J'aurais aimé dire "fautes d'inattention" même si la relecture ça existe mais quand je vois ton premier post nikel suivi (dans le second et le dernier) de tournures comme: "il était comme hypnotisait" ou cette phrase: "Sans, sans rendre compte [...] il se ravisa, près à frapper c’est alors que la porte s’ouvrit d’elle-même." Pour les plus criantes en tout cas (y'en a d'autres), la relecture ce n'est donc pas facultatif, ici comme ailleurs. Autres tournures (après j'arrête) qui m'ont légèrement décontenancé, c'est tous les : "l'intendant surprit." "Le messager contrit." On croirait que c'est une phrase qui suit celle qui vient d'être dite alors que c'est l'inverse, c'est la phrase qui introduit l'état de l'interlocuteur suivant, c'est donc "l'intendant "," surprit ":" . Sinon on pige rien. Au delà des constructions franchement maladroites, c'est vrai que s'attaquer à ce genre là, qui est déjà pas mal sollicité sur le forum et en littérature, c'est pas simple. Donc pas le choix de tomber dans le trivial, ce que tu ne manques pas de faire, sans méchanceté. On a donc le droit aux fameuses phrases moyennageuses mêlées de temps en temps à un langage plus familier et contemporain mais bon, toujours cette impression de lire un texte situé entres deux époques, autant se plonger totalement dans l'une ou l'autre. Même des passages qui m'ont fait sourire, j'ai cru entrevoir une légère inspiration de l'univers d'Harry Potter (honte à moi j'ai lu les trois premiers): l'escalier en spiral (je crois même qu'on dit colimaçon) menant au bureau du directeur, des enseignants dotés manifestement de "capacités" un peu hors du commun, pour finir le retour d'une ancienne menace, affaiblie. Je ne blâme absolument pas les différentes inspirations de chacun, je note simplement, aujourd'hui c'est tout à fait normal.
Pour terminer, on a juste l'impression, surtout à partir du second post (et non paragraphe) que les idées étaient présentes, mais que tu n'as pas cherché à les mettre en valeur, mais simplement à les coucher sur papier, sans aucun effet de style ni de recherche, c'est beaucoup trop précipité. Concernant l'appellation "prologue", elle ne correspond pas pour ce texte, ou alors seulement le tout début. Tu situes, introduis le/les protagonistes, mais ça reste quand même la fonction première de celui-ci, dès que tu développes une intrigue, des péripéties, à mes yeux ça n'en est plus un, pas qu'aux miens il me semble parce-que c'est la définition la plus commune d'un prologue. On a l'impression que c'est l'intro, oui, mais d'un second ouvrage, du deuxième tome. Il faudrait donc le raccourcir, ou alors développer la partie descriptive et liminaire. Simple avis.

PS: je crois que Conn... n'a pas apprécié à cause des adverbes ^^

--snake
--snake
Niveau 8
04 octobre 2008 à 14:22:50

Merci pour vos remarques, surtout toi Weezif.
J'utiliserai à coup sur tes suggestion pour ma prochaine modification.
Je peux comprendre que ça te rappel harry potter, mais je t'assure que ça n'a rien à voir.

Le mal qui revient ce n'est pas Voldemort, même pas un être de chair et de sang, c'est plus abstrait.
Justement, j'utilise le manichéisme et m'en défait d'une certaine manière.
Un concept difficile à expliquer, et d'un coté je ne veux pas trop en dire. ^^

quoi qu'il en soit la partie "académie" ne dure pas longtemps. Tout au plus 300 pages, donc on est loin du coté "Poudlard à toute les sauces dans chaque bouquins."

Je pêche par la forme, mais je peux t'assurer que le fond est bon, si tu lisais mon premier prologue tu aurais halluciné, j'employé le présent dans ma narration et dans les descriptions.

Ce travail d'écriture, me permet de combler mes lacunes en français.
Je vais poster le premier chapitre, et j'espère avoir d'autre critiques.

--snake
--snake
Niveau 8
04 octobre 2008 à 14:28:42

Chapitre 1

DEUX FRÈRES

L’homme vociféra des menaces.
Ça faisait quinze minutes qu’ils couraient, et leur poursuivant ne semblait pas fatigué.

Ils s’étaient décidé à fuguer quelques jours auparavant quand l’un des frères surprit une conversation « au détour d’un couloir », ce sont les termes qu’il utilisa quand il raconta l’histoire à André, le sexagénaire qui s’occupait du ménage à l’orphelinat en plus d‘être leur confident et sage conseiller.
En réalité, ce soit là c’était au tour d’Abel de faire le mur. Les orphelins s’étaient organisés de façon à ce que chaque soir un enfant puisse s’il le désire, passer sa nuit dans les rues de la ville. Le fait qu’il y ait un roulement et, plus important, un à la fois, permettait aux autres de couvrir aisément celui qui manquait à l’appel et aucun ne voulait risquer de perdre leur stratagème en envoyant plus d’enfant, car plus difficile à couvrir.
Les enfants n’avaient pas toujours d’idées dès qu’advenait leur tour, ils ne faisaient souvent rien que déambuler dans les rues mais cela leur suffisait amplement. Tous ressentaient ce besoin de sortir des murs de l’orphelinat, ce rare moment de répit ou ils n’étaient plus juste des orphelins mais des étrangers dans la rue. Mis à part pour aller à l’école, les enfants ne se promenaient qu’en de rare occasion dans la ville et étaient cloîtrés le reste du temps dans ce lieu dans l‘attente de parents potentiels.
Abel c’était gardé de raconter tout cela à André. Malgré toute l’affection qu’il avait pour cet homme, que tous considéraient comme leur « Papi André », leur entreprise ne tenait qu’à un fil un minimum de personne devait être mis au courant.
Donc, après une nuit à vagabonder dans les rues, Abel aperçut le directeur Monsieur Higgins - entre eux c‘étaient juste Higgins - en vive discussion avec une dame d‘un certain âge. La curiosité l’emportant, il s’approcha à pas de loup tout en restant caché à la vue du couple. Quelle ne fut pas sa surprise quand il entendit le prénom de son frère, cette dame voulait adopter Kain. Il continua à écouter la conversation dans l’espoir d’entendre son prénom, malheureusement pour lui elle ne désirait adopter que son frère. Pour conclure cette discutions, elle sortit de son sac à main une forte somme d’argent et la tendit au directeur qui accepta sans nul gêne. Au moment du départ, il lança à cette femme « à dans une semaine », une expression vénale peinte sur le visage
Le directeur, un homme d‘une cinquantaine d‘années, était prêt à séparer deux frères sans aucun scrupules dans l’espoir de diminuer les effectifs de l’orphelinat en se gardant au passage un petit extra. Cet homme gentil en apparence cachait très bien son jeu, il n’aurait jamais cru voir celui qui représentait l’autorité, la droiture les traiter aussi vilement.
Quand André entendit toute l’histoire, il ne donna qu’un conseil à Abel, celui de tout raconter à son frère car quoi qu’il fasse, il devait prendre une décision à deux.
C’était le conseil qu’il appréhendait le plus, il savait qu’il devait raconter l’échange entre la dame et Higgins à son frère mais cela lui faisait peur. Nullement que son frère le quitte pour aller avec la dame mais qu’il se sente obligé de rester avec lui. Il craignait de gâcher la vie de son frère en l’empêchant d’avoir une famille, ce que tous les enfants ici espéraient, et pas seulement un frère qui se révèle être plus un boulet qu’une béquille sur laquelle on pouvait se reposer quand le besoin s‘en faisait sentir. De plus, Kain était particulièrement brillant en quelques domaines que ce soit, il lui suffisait d’entreprendre quelque chose pour y exceller rapidement cependant il sentait que son frère était bridé ici. C’était probablement la dernière chance qu’avait son frère d’avoir une véritable famille, car peu de personne adoptait des adolescents de quinze ans. Ils leur préféraient les bébés ou les petits en bas âges, cinq ans tout au plus. Adopter un enfant directement dans sa période de doutes, de quête d’identité, ne devait pas être facile à gérer pour la majorité des parents.
Ce soir là, juste avant le repas, il décida de tout dire à son frère. En moins de temps qu’il ne fallut pour le dire, Kain solutionna le problème tout en rassurant son frère. Malgré qu’ils aient le même âge, Kain jouait le rôle du grand frère. Il avait une assurance qu’Abel n’avait pas et avait dans son regard un quelque chose qui, quand il parlait le rendait très sérieux. Il avait toujours réponse à tout et à plusieurs reprises, il sauva Abel en prise avec les plus grands. Autant Kain était exempt de défaut autant lui enchaînait les tares dont celle de ne pas savoir se taire quand le besoin s’en faisait sentir.
Kain alla voir Georges et lui expliqua le problème. Georges était le plus vieil enfant, il allait avoir dix huit ans dans quatre mois donc s’apprêtait bientôt à quitter l’orphelinat et comme le voulait la coutume, le plus âgé des enfants dirigeait les orphelins. Georges avait toujours été juste avec eux, il n’avait jamais abusé de son statut pour les tyranniser. Bien au contraire, il prenait son rôle très à cœur et cela lui occasionnait beaucoup de travail. Il devait gérer les conflits et les attentes dans la mesure du possible tout en restant impartial.
Son prédécesseur avait adopté une toute autre politique ce qui lui valut la colère des enfants, du jour au lendemain il disparut sans laisser de trace. Certains disent qu’il s’est fait pendre mais en toute vraisemblance, il fugua quand la haine de ses sujets était palpable.
Kain, avec l’accord de Georges, récupéra les trois soirs suivants pour faire le mur. Il n’y avait jamais eu de précédent mais tous savaient que Georges n’était pas homme à abuser de sa position pour favoriser arbitrairement ses amis, de plus Kain, mis à part son frère, n’avait que peu d’amis et Georges n’en faisait pas parti, pas parce qu’il ne l’appréciait pas, seulement qu’il allait rarement vers les gens. De ce fait, il disposa des trois soirs sans qu’on ne vienne l’enquiquiner. Tout ce qu’Abel savait c’est que son frère avait un contact à l’extérieur qui devait leur vendre quelque chose. Kain, durant trois jours, prépara son plan sans en dire plus.
Le quatrième jour, contre toute attente, Kain lança son gâteau sur Higgins sous les yeux interloqués des enfants et du personnel, ce qui lui valut de sévères remontrances dans le bureau du su nommé. Quelques minutes plus tard, un rixe entre deux enfants obligea le directeur à revenir précipitamment, laissant Kain seul.
Le cinquième jour, il recommença et eut en guise de réponse la même punition. Abel avait foi en son frère, cependant, en quoi le fait qu’il se fasse punir pouvait les aider ? Il eu bien une hypothèse mais il l’éjecta aussi vite qu’elle était venu, l’hypothèse était que son frère voulait être insupportable pour que personne ne veuille l’adopter, en y repensant, il la trouva stupide.
Le sixième jour, au matin, Kain demanda à son frère d’inverser leurs pulls - sur les pulls était brodés leurs prénoms - . Kain voulait vraisemblablement se faire passer pour Abel. Il lui demanda aussi de se faire punir tout comme lui les derniers jours. Pendant la pause, Abel renversa délibérément son plateau près de la table réservée au directeur, au lieu de le punir, il lui demanda de nettoyer illico presto sa maladresse, pensant sûrement qu’il n’avait pas fait exprès. Il était gêné quand il sentit son frère poser son regard sur lui, il n’arrivait même pas à se faire punir, aussi petit que fut son rôle dans cette entreprise, il la compromettait. Une des dames de services lui tendit un balai. Il commença à balayer, puis prit son courage à deux mains. Il utilisa le balai comme un club de golf et expédia ses choux de Bruxelles au loin, en moins de trente secondes, il avait contenté son frère et réaliser l’un de ses rêves, renvoyait cette infâme nourriture loin de sa bouche. Le directeur s’énerva et alla lui faire la morale dans son bureau. Au bout de cinq minutes, un petit garçon frappa à la porte et prévint le directeur que deux enfants se battaient dans le réfectoire. Abel le regarda bien pour se rappeler du visage de cette fouine délatrice, subrepticement l’enfant lui fit un clin d’œil, ce qui le surprit. Le directeur, agacé par cette succession de méfaits sortit de son bureau en trombe laissant le punit seul enfermé dans cette petite geôle.
Le bureau était relativement spacieux, quelques tableaux - majoritairement des corbeilles de fruits - décoraient la pièce d’un très mauvais goût. Près de la fenêtre un bureau était disposé de façon à être éclairé par les rayons du soleil. Rien dans cette pièce n’attirait le regard.
Un cliquetis se fit entendre derrière la porte, les remontrances allaient reprendre de plus belle. La porte s‘ouvrit. Kain entra dans le bureau sans dire un mot à son frère stupéfait. Il ouvrit un tiroir et y sortit une liasse de billet qu‘il tendit au punit. Pendant qu’Abel rangeait les billets dans une poche, l’autre regarda sa montre attendant le bon moment. Puis, il releva sa manche droite, révélant sur son avant bras une succession de lignes et de chiffres dessinés. Kain s’était dessiné l’itinéraire qu’ils devaient prendre pour esquiver le personnel dans la cour. Cela avait beau être à moins de vingt mètres, la cour qui les séparait de leur sortie était une barrière difficile à franchir en plein jour. Il expliqua brièvement qu’il avait utilisé ses trois derniers jours pour préparer leur fuite. Il avait découvert l’argent le premier jour des ses investigations pendant que deux complices ce battaient. Encore une fois Abel fut frappé par le génie de son frère, tout avait était manigancé pour faciliter leur évasion.
Ils passèrent par la fenêtre au moment où le jardinier s’allongea près du saule pleureur solitaire de la cour, puis se plaquèrent contre le mur quand la cuisinière jeta son mégot de cigarette par la fenêtre. Il avait préparé leur fuite jusque dans les moindres détails, avec minutie. Il lui expliqua que les gens répétaient inconsciemment les mêmes actions, qu’en étudiant le passé on pouvait préparer son futur.
Abel réfléchissait à cette dernière phrase quand Higgins atterrit à coté de lui. Kain asséna un coup à l’homme qui atterrit dans les gardénias du jardinier et attrapa son frère pour fuir. Ils passèrent le portail et se mirent à courir, suivi par un directeur enragé.
Paniqué, Abel lança :
— Dans quoi est-ce que tu nous as fourré Kain ?
— Cour et tais toi, lui donna-t-il comme seul réponse.
— Je te jure que si on s’en sort, je te réduirai en charpie.
— Si on s’en sort, on pourra dire adieu à l‘orphelinat et au manigance d’Higgins.
Les deux enfants prenaient de l’avance. Mais l’homme tint bon, probablement pour récupérer son argent. Ils tournèrent précipitamment dans une ruelle. Kain sauta dans une benne à ordure qui les attendait grande ouverte, suivi par son frère. Ils la refermèrent aussi sec.
Sans s’annoncer une voix féminine, de l’intérieur de la benne, lança :
— Vous en avait mis du temps les frérots.
Une fille de quelques années leur aînée les attendait dans la benne, elle alluma une lampe torche.
— Tu m’as fait peur ! s’écria Abel.
Kain plaqua sa main sur la bouche de son frère.
— Baisse d’un ton ou tu vas nous faire repérer.
— Désolé.
Tout en retirant sa main il dit à l‘adolescente :
— On fait quoi maintenant Jude?
Elle se déplaça légèrement et enleva la planche de bois sur laquelle elle était précédemment posée, sous le regard surprit des deux frères, un trou béant donnait sur une plaque d’égout.
Elle leur montra la plaque du doigt et sur un ton très sérieux leur dit :
— Vous êtes sur de vouloir fuguer, au moins à l’orphelinat vous avez un toit et de quoi manger. La vie n’est pas rose les gars, c’est dur d’être seul là dehors.
L’air d’un chien battu, Abel dit :
— Peut être qu’elle a raison, peux être que tu …
Coupant cour à toute hésitation Kain lança :
— Écoute ! Je sais que tu as peur mais nous n’avons plus le choix, il faut que nous allions jusqu’au bout
— D’accord ! lui dit son frère.
Kain se tourna vers l‘adolescente.
— On se doute que la vie n’est pas rose mais tu te trompes sur un point Jude., nous ne sommes pas seuls, se tournant vers son frère mais s’adressant toujours à elle, on reste ensemble pour le meilleur et pour le pire.
— En moins de temps qu’il le fallut, les paroles de son frère le réconfortèrent. Il était prêt à dire quelque chose quand elle les pria d’enlever la plaque et de descendre rapidement. Ils eurent du mal à l’ouvrir mais au bout d‘un moment elle céda. Ils passèrent dans l’embouchure de fortune et descendirent une échelle.
De chaque coté se trouvait deux petits trottoir séparés par une eau nauséabonde. Durant leur marche Kain trébucha à plusieurs reprises, maudissant ses chaussures d’être trop lisses.
Ils suivirent la fille depuis trente minutes quand Kain chuchota à son frère :
— On tourne en rond, on passe par les mêmes endroits depuis qu’on est là. Elle n’a aucun intérêt à nous faire tourner en rond plus longtemps si elle veut l’argent.
Kain sortit un marqueur de sa poche et le montra à son frère.
Étonné.
— Tu as raison, je l’agrippe par derrière et toi tu lui dessines sur le visage.
— Imbécile ! lança-t-il blasé, quand je me suis aperçu de la situation, j’ai marqué n’autre chemin. Si je vois que ça tourne au vinaigre on s’enfuira en suivant les repères mais surtout ne suit les flèches que s’il n’y a pas de rond au sol. Suit les ronds au sol quand tu as les deux possibilités.

--snake
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Niveau 8
04 octobre 2008 à 14:34:06

Une expression d’ignorance se dessina sur son visage.
— Les ronds ? demanda-t-il.
— Tu comprendras, enfin j’espère. Prions qu’on en arrive pas jusque là. Jude, s’écria-t-il, on est encore loin ? Mes chaussures me font mal.
L’adolescente lui montra un tunnel.
— Après ce tunnel.
Ils reprirent leur marche et Kain lança à son frère:
— On va arriver.
— Comment le sais-tu ? lui demanda-t-il les sourcils froncés.
— On ne tourne plus en rond, si cela tourne au vinaigre, cours aussi vite que tu peux.
— Ne te fait pas de bile, je crois que cette fille est amoureuse de moi, lui dit il avec un grand sourire.
Les deux frères se mirent à rire.
— Nous sommes arrivés les frérots, je vous demanderai de ne surtout pas lui manquer de respect si vous tenez à la vie.
Elle frappa. Une voix rauque retentit derrière la porte, leur demandant d’entrer.
La pièce était exiguë, ce qui ne l’empêcha pas de contenir trois gaillards d’au moins deux mètres.
Derrières eux, la même voix qui les pria d’entrer leur dit:
— Vous avez l’argent ?
Les trois géants s’écartèrent pour laisser place à un homme qui semblait être le chef. Comparer à ses sbires, il était ridiculement petit.
Kain prit la parole.
— Vous avez les papiers ?
— Écoutes mon garçon, je ne doute pas de ton intelligence mais ici c’est moi qui commande, alors ne soit pas bête. Quand je pose une question, tu y réponds et c‘est tout.
Un des hommes de mains s’avança vers Kain, une expression vicieuse sur le visage.
— C’est bon, c’est bon ! s’écria Abel. Rappelez votre gorille, on ne cherche pas les ennuis.
Le petit homme rappela le géant et s’approcha d’Abel.
— Sage décision. Un conseil d’ami, si vous voulez survivre dehors apprenez à vous taire car on ne tue pas les muets. Maintenant je veux mon argent.
Abel sortit de sa poche arrière la liasse de billets. Kain le regarda l’air de dire « ne sort que le nécessaire imbécile ». Il lui tendit la somme convenue.
— Maintenant nos papiers, après un silence dans la pièce il rajouta, s’il vous plait.
L’homme semblait agacé.
— Rassurez-vous, j’ai vos papiers mais je viens de me rendre compte de quelque chose qui pose problème
Ils le regardèrent étonnés.
— Comment ça ! Crièrent-t-il d’une même voix.
— Je viens de m’apercevoir que vous êtes jumeaux et le tarif « jumeaux » est plus… après une petite pause, onéreux.
Abel en colère.
— Sale menteur ! Il n’existe aucun tarif de la sorte.
Les yeux grands ouverts, il répondit :
— Moi un menteur ? T u me vexes. Il est clair que je me suis trompé, tu es moins sage que ton frère. Tuez-les.
Kain arracha la liasse des mains de son frère et la lança au petit homme.
— Prenez tout, on ne cherche pas les ennuis.
— Sage décision. Jude, donne-leur les papiers.
Elle sortit les cartes qu’elle avait dans sa poche depuis le début et en tendit un à chaque frère.
— Lee, Abdul, vos cartes d’identités, elle se mit à rire.
Les deux frères regardèrent leurs cartes avec attentions.
Kain protesta.
— C‘est la photo d‘un asiatique.
L’Homme amusé.
— Tu n’auras qu’a dire que tu tes fait déridé les yeux. Il parait que c’est à la mode.
Abel présenta sa carte dans la direction de l’escroc, on y voyait un homme de couleur.
— Et moi je dirai que j’ai pris la photo pendant mes vacances, au meilleur de mon bronzage.
Jude voyant l’homme s’énerver par ces remarques dit aux garçons.
— Vous feriez mieux de partir maintenant que vous avez eu ce que vous voulez.
— Ce qu’on voulait. On en est loin bande de menteur, s’écria Abel. On aurait pu faire un beau couple, s’exprimant à l’adolescente qui le regarda étonnée.
Kain lança un regard à son frère.
— Tu te rappelles des flèches et des ronds.
Sans attendre de réponse, il bondi sur le petit homme, lui prit la liasse tout en esquivant les bras des sbires, essayant de l’attraper. Ils traversèrent la porte et coururent comme des dératés. Les sbires les prirent en chasse, en dépit de leur stature ils couraient très vite.
Abel dit :
— C‘est moi ou c’est devenu notre lot quotidien de fuir.
— Tais toi et écoute, j’ai un plan.
Il lui exposa son plan pendant leur course. Cela n’enchantait pas Abel.
— Je refuse, c’est bien trop dangereux.
— C’est notre seul espoir, on ne pourra pas tourner en rond indéfiniment. Tiens prend ça, on se retrouve en haut.
— Non! Cria Abel
Kain se retourna et s’élança sur les trois brutes, il cria :
— N’oubli pas de prévenir les secours.
A moins d’un mètre de ses assaillants, il s’élança sur l’un des murs, y prit appui et avec l’autre jambe asséna un violent coup de pied sur la tempe de l’un des hommes. L’homme s’affala par terre, sonné. Les sbires, surpris par cette attaque, aussi violente qu’inattendu, il en profita pour s’échapper dans la direction opposée à son frère. Les deux hommes encore debout laissèrent leur compagnon sur le sol et se séparèrent chacun à la poursuite d’un des garçons.
Son plan avait marché mieux que ce qu’il avait cru, il espérait maintenant que son frère ait eu autant de chance que lui.

Abel courrait à en perdre haleine, il entendait les pas d’un homme le suivre mais à une distance suffisante pour le semer. Pour l’instant le plus dur c’était de ne pas se perdre dans ce labyrinthe de tunnel. Il regardait régulièrement sur le sol, il ne voyait pas de cercles alors que les flèches étaient visibles plus que de raison. Arrivé à une intersection, il s’aperçu qu’une croix était dessinée sur l’un des murs et dans l’autre direction un petit cercle sur le sol, à peine perceptible. Il emprunta le chemin du cercle, escalada l’un des tuyaux qui longeait le plafond et se cacha dans le coin le plus sombre, il ne pouvait pas laisser son frère seul dans les égouts.
Il entendit l’homme se rapprochait de l’intersection, maintenant qu’il leur voulait du mal, le sbire paraissait encore plus terrifiant. L’homme regarda le mur et y vit la flèche, il sourit et choisit cette direction.
Il était étonné de la clairvoyance de son frère, ils avaient beau être jumeaux, Kain était toujours le plus rusé. Depuis leur enfance, Kain montrait des capacités extraordinaires pour le combat et il était plus intelligent que la normal, alors que lui bien que pas chétif n’était qu’un orphelin bien banal. Malgré cela il n’avait jalousé son frère.
Il laissa les cartes et l’argent dans sa cachette et reprit le chemin en sens inverse. Il entreprit d’aider son frère malgré les risques qu’il encourrait.

L’homme le poursuivait toujours, il avait réussi à en arrêter un mais il savait que cette attaque ne fonctionnerait pas deux fois. Il se mit à réfléchir et aperçu une échelle à une dizaine de mètres. Il lui était impossible d’ouvrir l’écoutille tout seul mais cela lui donna une idée.
Il ralentit légèrement pour diminuer la distance. Il monta l’échelle suivit de près par le sbire. Monté à environ trois mètres, l’homme lui agrippa le pied. Kain le frappa au visage avec son autre pied. Après ce coup, l’homme le lâcha mais au lieu de poursuivre sa fuite vers le haut Kain lâcha les barreaux de l’échelle et se laissa tomber de tout son poids sur le sbire. L’homme lâcha l’échelle et chuta, Kain retomba sur l’homme qui amorti sa chute.
Le second homme neutralisé, il décida de repartir dans la direction de son frère.
— Arrêtez-vous ! cria une voix derrière lui.
— C’était le petit homme, qui pointait un pistolet sur lui.
Kain s’avança vers lui :
— Nous ne sommes pas obligés d‘en arriver là.
— Suit moi ! ordonna-t-il.
L’homme le ramena dans la petite pièce. Jude les y attendait avec l’un des hommes de main qui semblait très en colère, une vilaine rougeur ornée sa tempe droite.
— Quel âge as-tu ?
— 15 ans.
L’homme était très surprit, mais n’en laissa rien paraître.
— Où as-tu appris à te battre de la sorte ?
Ne lui laissant pas le temps de répondre, un homme d’une trentaine d’années, vêtu d’une drôle de manière entra dans la pièce. On pouvait apercevoir ce genre d’accoutrement lors de rencontres bien précises, tel un carnaval ou lors d’une représentation théâtrale, mais dans les égouts en plein milieu de l’après midi c’était plus qu’étrange. Il portait une tunique beige recouverte de sa capuche, au niveau de la ceinture, il arborait un fourreau ou une épée logeait paisiblement.
— Bonjour Kain.
Tout le monde était surprit, cet homme comme si de rien n’était s’adressait à Kain, ignorant jusqu’à l’arme a feu.
L’escroc visiblement énervé demanda :
— Qu’est-ce que vous faites là, et quel est cette affreuse tenue ?
Ignorant la remarque, il demanda à Kain de le suivre, ce qui irrita encore plus le petit homme.
— Biggie attaque !
L’homme de main s’élança sur le nouvel arrivant qui n’eut pas de mal à esquiver, l’étranger répondit par un croche pied. Le sbire à la renverse, l’étranger lui asséna un coup de coude dans le dos. Il S’était débarrassé de Biggie avec une facilité déconcertante.
Une détonation retenti, le petit homme pointait son arme sur l‘étranger. En un éclair, l’homme sortit son épée du fourreau et renvoya la bal comme s’il avait eu une raquette. Elle se logea sur un mur, à trente centimètres haut dessus de la tête du tireur.
L’étranger s‘approcha du malfrat. Tremblant comme une feuille, le petit homme se mit à pleurer. Cette scène quelques minutes plus tôt aurait enchantait Kain mais l’habilité que l’étrange personnage avait eu en repoussant la balle avec son épée, ne le rassurait pas.
L’étranger prit l’arme des mains du petit homme.
— Vous allez vous faire mal avec ça.
L’homme implorant :
— Par pitié, j’ai beaucoup d’argent.
N’ayant cure de ses propos, il frappa l’homme et la fille sans remords. Il sortit de sa poche une boussole et lança:
— Tu viens avec moi et tout de suite élue.

Abel remarqua, sous une échelle, le corps d’un des assaillants. Il le passa sans faire de bruit, rassuré de voir que son frère ait réussi à s’en débarrasser.
Il continua sa route prudemment jusqu’à la petite pièce. En entrant, il vit tout les malfrats évanouis, Kain n‘était pas là. Il était stupéfait de la force de son frère.
Une main puissante l’agrippa par derrière. Ne pouvant se retourner complètement, il leva le visage et vit l’homme qu’il avait semé plus tôt. L’homme le souleva et le lança sur le mur comme s‘il ne pesait rien. Il s’approcha d’Abel et vit dans les yeux de l’enfant la terreur absolue.
— Je te fais peur petit ? dit-il, un sourire sur son visage.
— Vous un peu, répondit-il, puis montra du doigt quelque chose derrière le sbire, lui beaucoup.
L’homme se retourna et vit un homme mesurant deux tête de plus que lui, ce qu‘il n‘avait jamais vu avant, en raison de sa grande taille.
— On dirait que j’arrive à temps petit élu.
Il prit le sbire et le lança comme lui-même l’avait fait plus tôt avec le garçon.
Terrifiait, Abel gémit :
— Je ne suis pas Kain mais Abel.
— Peux m’importe petit comment tu veux te faire appeler, sur ma liste j’ai un Kain avec ton portrait.
L’homme sortit de sa besace une lampe rouge-brun et la frotta, une gerbe de couleur sortit et enveloppa Abel. Cinq secondes plus tard, ils disparurent, ne laissant que les malfrats évanouis.

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