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Douces immondices.

Le_Pistolero
Le_Pistolero
Niveau 10
23 août 2008 à 01:49:16

Une connaissance féminine m'a fait savoir qu'elle avait écrit une nouvelle érotique, seulement pour avoir la permission de la lire je dois moi aussi en écrire une et la lui envoyer... C'est donc parti mon kiki ! Je vous poste le début, pour l'instant je pense que ça reste tolérable dans le cadre de ce forum; mais bon si ça dérange je comprendrai que ça soit effacé. Par contre plus tard si j'arrive à continuer ça risque d'être plus pigmenté donc... on avisera. :)

Bon, ça n'a rien de génial, c'est écrit rapidement, c'est juste pour le fun, ne vous attendez pas à du grand art !

Douces immondices.

« C’était bien. » me souffle-t-elle dans le lobe de l’oreille. C’était bien… Je laisse résonner ces doux mots entre les parois de mon crâne et me concentre sur cette petite sphère froide d’amertume et de rancœur qui roule et boule dans ma poitrine… Elle me remonte dans la gorge, et se tient là, je n’ai qu’à la percer mentalement pour laisser déferler le venin. C’était bien ? Tu parles, Mademoiselle est encore restée tranquillement allongée du début à la fin, daignant paresseusement écarter ses jambes molles. Mou, molle, c’est l’adjectif silencieux qui se cache derrière son prénom, sans que j’en aie vraiment conscience, à chaque fois que je le prononce. Molle dans les jambes, molle dans le ventre, molle sur les bras, molle dans la tête. Non, Béatrice n’est pas obèse, elle est à peine rondelette, mais elle semble avoir banni de son esprit l’idée saugrenue « d’effort physique », qui pourtant ferait probablement des merveilles sur ce corps tout essoufflé. La plainte de soi est à peu près le seul domaine dans lequel je l’aie vue exprimer une once de volonté. « J’en ai marre de ces rondeurs, et ce régime qui ne marche pas, j’en ai marre des cours, j’ai vraiment pas de chance je suis dans une classe de boulets, j’ai pas d’amis, j’en ai marre de cette vie pourrie… » En fait elle est plutôt mignonne au premier abord, de beaux yeux bleu clair que fait ressortir sa tignasse châtain, une touche d’humour, loin d’être méchante ou particulièrement agaçante ; mais sa passivité hors normes, et dans tous les domaines, sa mollesse mentale et physique brise l’hypothétique charme, et fait de ce portrait qui pourrait être ma foi fort agréable, un tableau gris, fade et sans intérêt. C’est drôle, j’ai toujours ce genre de pensées amères après que je lui aie fait l’amour. Je ne dis pas après que « nous ayons fait l’amour » parce que, autant dire les choses franchement, il n’y a dans ce lit, et ce depuis huit mois, qu’une personne qui fait l’amour à l’autre ; je vous laisse deviner qui… mais oui, vous y êtes : votre bon serviteur ! Elle, elle se contente de se coucher là et de regarder.

Non que je n’aie maintes fois essayé de pigmenter nos folles aventures : levrette très chère ? « Espèce de pervers, c’est humiliant ! » … Mademoiselle, votre humble serviteur s’escrime depuis longtemps déjà à vous faire monter toujours plus haut, et admettez ma foi qu’il apprend vite (et en autodidacte ! La demoiselle ne se touche pas, c’est sale !), ne mériterait-il pas en récompense que vous vous essayiez à une petite fell… « Non mais t’es pas bien ?! C’est crade ! » … Votre majesté, Ô incarnation de mes fantasmes, me ferez-vous l’honneur de me permettre de m’allonger, vous pourrez ainsi, assise là à califourchon, me dominer de toute votre splendeur ; et je serais fort aise de cette vue exquise, si bien sûr vous ne la jugez pas dégradante… « Bon, d’accord. » Et au bout d’une minute trente… d’accord j’exagère, une minute trente-deux, de ses petits mouvements sans énergie : « C’est fatigant, repasse au-dessus… »

Elle me voue pourtant un de ces amours sans limites que semblent toujours être les premiers amours, et elle m’affirme sans cesse que je suis la lueur d’espoir dans sa vie, qu’elle et moi c’est pour toujours, que d’ici quelques années, quand elle aura 18 ans, elle prendra un appartement et qu’on pourra faire l’amour toute la journée (correction mentale : que JE pourrai lui faire l’amour toute la journée, Ô joie…) ; de mon côté j’y ai cru pendant un temps, j’ai voulu la protéger de toutes ces choses qui lui faisaient mal, je me suis laissé attrister par ses plaintes incessantes, laissé attacher par les liens du premier amour et la fascination de la première fois. Mais il faut se rendre à l’évidence, la douce jeune fille qui me fascinait est devenue la petite chose visqueuse qui me fait pitié. Envolé l’émerveillement au bout de quelques dizaines de missionnaires tous jumeaux, des cunnilingus dans la brousse, jamais remboursés ; les cœurs papillonnants de cette belle illusion qu’est le premier amour commencent à battre moins fort des ailes, il y en a déjà quelques uns par terre qui agonisent. Allez, c’en est trop, je crois qu’il vaudrait mieux abréger leurs souffrances et les écraser une bonne fois pour toutes.

Je me retourne vers elle : « Béa ? » Elle ouvre des yeux encore pleins d’étoiles. Par pure précaution au cas où je devrais quitter sa maison en trombe j’essaie de me remémorer où j’ai laissé tomber mes vêtements ; mais suis-je bête ! J’opte pour un bien meilleur plan, je laisse temporairement mon « je casse » de côté et je le remplace par un « Je vais me prendre une petite douche. » Parfait, elle dépose un petit baiser sur mes lèvres, que je prends soin de savourer comme le dernier que je recevrai d’elle. Je descends du lit et refais les comptes, avantages/inconvénients, pendant que je me rhabille sous son regard. C’est mon premier amour, ma première fois, elle est complètement amoureuse, je peux la garder aussi longtemps que je le voudrai, je risque d’avoir du mal à trouver quelqu’un qui m’aime autant, elle est bien gentille, plutôt mignonne après tout, si je la plaque elle va être infiniment triste… Elle est molle comme tout, elle fait rien au lit, je m’ennuie à mourir avec elle, elle se plaint tout le temps, elle est très cucul la praline, elle et sa famille m’ont offert pour 200€ de cadeaux à Noël il y a de ça une semaine, et dans dix jours c’est son anniversaire, va falloir débourser pas mal pour faire bonne figure… Je crois que c’est l’argument financier qui la tue définitivement. Rien à faire, une fois bouclée ma ceinture, la balance penche toujours, et très franchement, du côté de la rupture. Je me penche sur elle, elle croit que je vais l’embrasser et me passe les bras autour du cou ; c’est là que je lâche mon « Je casse, désolé. » Stratégiquement (et financièrement) c’est bien joué, un air hagard s’installe sur son visage, je me défais tranquillement de l’étreinte de ses bras : je suis tout habillé, prêt à m’envoler avant qu’elle ne reprenne ses esprits. Je la quitte, je quitte sa chambre, je quitte sa maison, je tourne au coin de la rue ; tout est parfait, un bus arrive juste à ce moment, je le prends au vol, je dis bonjour au chauffeur, je m’installe sur un fauteuil douillet, léger, libre. Oh, mon portable sonne ; je vais le chercher dans ma poche et l’éteint sans autre forme de procès. Adieu ma jolie, je te laisse à tes rondeurs et à tes régimes inutiles, à ta classe de boulets, à ta vie sans amis, ta vie pourrie, ta vie toute molle.

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