Voilà un autre texte (oui c'est tentacouille, mais avec un pseudo plus sérieux), plus héroïque/fantaisie:
TOME 1 : Décadences
« Quand on n’a jamais connut la guerre, on ne peut apprécier la paix à sa juste valeur ; il en va pour toutes les autres choses de la vie. »
La foudre toucha le chêne bicentenaire du village. Mauvais présage. Un squelette de bois noirci prit place de l’ancestrale verdure chatoyante. Ce sont les choses de la vie, aurait-on put dire si quelque chose de particulier ne manquait pas au tableau : des nuages noirs recouvrant le ciel, des vents affolés, ou une pluie diluvienne. Au lieu du chaos météorologique habituel, le ciel était d’un bleu rarement aussi pur et il n’y avait pas la moindre once d’humidité, ni même une petite bise. De plus, pour un mois de Morte Nature, à quelques jours du solstice d’hiver, un orage serait déplacé de la part du dieu préposé à la météorologie. Le problème n’était donc pas de ce domaine.
L’ensemble du village de Kioshûnn se tenait rassemblé sur la place principale, entourant le tronc calciné, d’un cercle large d’une vingtaine de mètres de diamètre. Le silence régnait, chargé de doutes, qui fit rapidement place à celui sous-entendant une peur générale.
_ « Ecoutez ! Le sorcier Anh-Ur prit la parole. Ce n’est surement pas un phénomène naturel, ni la volonté d’un quelconque Dieu…
_ Et Arthémis ? interrompit Khalunh, maçon le jour, funambules le soir. Il serait bien capable de nous faire ce coup là ! Sacripant ! Je vous avais bien dit qu’une chèvre tachetée de noir pour le sacrifice, ne nous attirais…
_ Foutaises ! » rétorquât le sorcier.
Au moment où le débat partit dans la longueur des poils du bouc des chèvres sur l’autel des sacrifices, les cloches d’alertes de la Porte Nord retentirent. Bien que Kioshûnn soit un petit village de quelques centaines d’habitants, il avait tout de même une muraille, enfin, plutôt un mur d’enceinte. On l’avait construit avant les habitations, cela du fait de la promiscuité de la Foret de XXXXX et aussi car le village fut construit sur les cendres d’une ancienne ville elfique, lors des Grandes Guerres Antérieures, il y a de ça deux siècles. La sécurité si chère à l’humanité était donc assurée, de plus les arrivées et sorties étaient contrôlées par deux portes : une au Nord et une aux trois quarts Sud-ouest avec vue sur la colline des sacrifices…
Ainsi, la Porte Nord signalait l’alerte de manière virulente, le garde tapait la cloche comme si il lui en voulait personnellement. Il y eut alors deux mouvements distincts dans la population : les femmes et les enfants qui courent se réfugier chez eux, et les hommes qui courent chez eux prendre armes et armure, ou pour certains, pour rejoindre leurs femmes et enfants…
On entendit un bruit assourdissant au Nord et le son de la cloche se tût. En un instant la motivation des plus valeureux eut un moment d’égarement : ils se regardèrent dans les yeux, le doute plana. Il était certain que c’était la Porte Nord qui venait d’être visée, la question étant surtout, quelle bête peut s’attaquer à une porte en bois de deux tonnes ? Ainsi le groupe de piquiers du village, précédemment formé, se mit en bataillon et avança, plus par curiosité que par courage.
À la place de la Porte Nord se tenait un nuage de poussière et de débris, d’une trentaine de mètres de circonférence. Un « bing ! » retentit. La cloche d’alerte venait de retomber au pied du bataillon. De nouveaux les piquiers s’échangèrent des regards furtifs : une idée générale germait, la fuite. Le nuage commençait à se dissiper, déjà se formait une silhouette qui de plus se rapprochait, il était donc trop tard pour un élan de lâcheté. Au vue de l’armée ennemie, composée d’une seule personne, le moral et le courage remontèrent parmi les piquiers du village.
Ce fut un homme grand, avec de longs cheveux noirs et une démarche élancée, qui sorti du nuage de poussière à présent quasiment dissipé. Il portait une armure en fer dont les dorures réfléchissaient les rayons du soleil, ainsi qu’une grande cape noire. Il laissait trainer derrière lui la pointe de son épée à deux mains, de manière totalement nonchalante et provocatrice. Mais, la supériorité numérique, de l’ordre de un contre cinquante trois exactement (dont quatre femmes et un chien égaré) fit sourire d’optimisme le bataillon entier. L’homme plus grand d’une bonne tête que l’ensemble des villageois, s’arrêta à quelques mètres d’eux. Après les avoirs dévisagés avec dédain, il lança étonné :
_ « Vous n’êtes que si peu à défendre le village ?
_ Ben… commença le Chef de Bataillon, surprit de l’assurance de l’homme.
_ Ce sera rapide alors. » murmura l’assaillant, dont un sourire qui sans une impossibilité anatomique, aurait pu toucher ses deux oreilles.
Les piquiers quand à eux ne souriaient plus du tout, la crainte se lisait sur leurs visages. Cela du fait qu’un loup blanc immaculé, d’un bon mètre quatre-vingt au garrot et plutôt menaçant, venait de passer la Porte Nord (enfin ce qui l’en reste). Mais, là où la crainte fit place à la peur, puis à la terreur, c’est quand derrière le loup sortit de la forêt deux régiments d’hommes imposants, armés et visiblement déterminés. Le sorcier du village, Anh-Ur de son petit nom, qui revenait de sa maisonnette, épicerie et droguerie (dans tous les sens du terme), s’arrêta net, laissant tomber à ses pieds livres et autres grimoires magiques douteux.
_ « Mais… Mais… Nom d’une crotte de gazelle nyctalope… Ce sont des Elfes ! marmonna-t’il dans sa barbe broussailleuse.
_ La peur te fait perdre la raison, dit calmement Orhanish le Chef de Bataillon qui avait reculé de quelques pas. Les Elfes n’existent que dans les contes des anciens. Et puis regarde, il n’a pas d’oreilles pointues, il ne fait pas deux mètres trente et il n’est même pas blond.
_ Il ne faut pas non plus croire tous se qu’il y a dans les contes petit ! Tu en connais beaucoup des hommes qui ont pour monture un loup de la taille d’un destrier ? » répondit le sorcier qui cherchait du regard un coin sombre pour se cacher… enfin pour méditer sur la situation présente.
La suite est peut glorieuse, il s’avère que l’elfe à l’épée à deux mains, outre ses compétences martiales hors du commun (n’est pas elfe qui veut), pratique aussi une magie dévastatrice. Le sorcier du village n’essaya même pas de faire valoir son titre en s’y opposant. La bataille fut courte, et la défaite du village de Kioshûnn fut probante. Il y eut de nombreux morts, mais pas d’elfe, et beaucoup de villageois se sont enfuis par la route de l’Est, vers la ville de Mônn. Dans la confusion générale personne ne sait se qu’est devenu le sorcier. L’ensemble des maisons est en ruines, et les charpentes crépitent dans les flammes.