"Pour qu'enfin quelqu'un,
Te tende la main,
Et te demande si aujourd'hui tu vas bien"
Aujourd'hui, je ne vais pas bien. Non. C'est un fait. Psychologue ou amis n'y changeront rien. Ce n'est pas une décision, ce n'est pas une envie. C'est une vérité. Pas la vérité, juste une partie terne de ma vérité.
J'ai un grain de beauté sur le sexe. Juste sous le gland. Ce sexe qui n'a jamais connu le plaisir, sauf celui donné par ma main, chaque soir. Mais jamais celui d'une femme. Jamais il n'a connu la pénétration ou la fellation.
Triste vérité.
"C'est sans amour,
c'est contre tout les gens heureux "
L'amour, je ne l'ai jamais connu. Je n'aime pas les couples. Ils me rappellent mon état. Je n'aime pas voir des gens s'embrasser. Ils me rappellent que je ne l'ai fait qu'une fois. Je n'aime pas les gens heureux. Ils me rappellent que je ne le suis pas. Je ne m'aime pas non plus.
Je n'aime pas grand chose.
"T'as rien à faire là,
Tu comptes les dégats,
Causés par tous ses regards posés sur toi"
Complexé. C'est une définition qu'on pourrait m'attribuer. Je n'aime pas les glaces. Celle qui vous renvois votre image en plein dans la gueule. Que vous ne pouvez pas vous empêcher de voir.
Le matin, je ne m'aime pas. Le soir non plus. Le midi j'n'y pense pas.
Ce texte à ni queue, ni tête. Moi j'ai une queue et une tête, pourtant j'suis pas tellement mieux. Ma tête pense, mais pas ce qu'il faut. Ma queue éjacule, mais pas là ou il faut.
Je déprime.
Mes draps sont tachés de blancs
" T'es pas fais comme eux,
T'as pas l'air heureux,
Ta solitude salit leurs rêves prétentieux"
Heureux. Un mot à la mode, à ce qui parait. Pas à ma mode. Pas fais pour moi. Juste un mot prêt-à-porter foireux.
"T'as rien à faire là,
Tu fais les cents pas,
Dans ta prison de chair, paranoïa"
Envie d'en finir. Pas original, mais pas artificiel, bien réel. Dans les marécages qu'abritent mon crane, se cache une lumière, faible. Un jour elle grandira. Jusqu'à ce que je n'ai plus de tête. Mon cerveau se répandra à même un trottoir crasseux, entre une fiente de pigeon et un chewing-gum. Là, se terminera mon histoire.
Dans deux jours, je serais peut-être mort. Peut-être serais-je encore là, à me morfondre.
" On peut toujours rêver de sans aller, mais sans bouger de là .
Il parait que la blanche colombre à trois cents tonnes de plombs dans l'aile. "
Trois cents tonnes de conneries, de déprimes, de complexes.
D'emmerdes, en somme.
Je bouge, ma pensée sans va. Ne trouve jamais ce qu'elle veut, revient meurtrie et blessée. Je tente de l'aider, m'échappant du monde, partant dans un univers musical, entourés de paroles cyniques.
Mon âme souffre. Au plus profond d'elle même, la pourriture la ronge.
"Egaré en chemin,
I'm lost,
Tu verras le pire."
Mon chemin n'était sans doute pas le bon, ma vie pas la bonne. Le pire, je l'ai déjà vu. Je le reverrais. C'est une certitude, il ne peut m'oublier.
Si Dieu existe, il est aveugle. Il ferme les yeux et oublie les clés du paradis. Il est sans doute comme nous, il en a assez de contempler l'espèce humaine. Sa seule erreur. Il ferme les yeux, ne la vois plus. L'oubli.
L'oubli de sa création.
"Allongé sur ton lit,
Le cœur gonflé de haine,
Elle t'a dit c'est finit,
Nous deux c'est plus la peine."
Fini. Bien fini. Sans doute pour toujours. Comment quelque chose qui n'a jamais commencé, peut durer si longtemps dans le cœur des gens. Je suis comme eux. J'ai toujours été comme eux. On peut faire tout les efforts qu'on veut, on viendra toujours manger à la mangeoire, un jour ou l'autre.
"Allongé sur ton lit,
La rage dans les veines."
Celle-ci s'écoule, disparait dans un liquide magnifique. Vermeil, rouge. Foncé. Extraordinaire. La mort est ce qui peut arriver de mieux. On peut le nier. Mais au fond de nous, on le sait.
Ma rage s'écoule, le désespoir reste. La prochaine fois sera la bonne. La prochaine fois j'y arriverai.
Je peux aller voir un psy. Claquer beaucoup de fric. Faire semblant d'aller mieux.
"L'arme à la main et la larme à l'œil"
Mon arme, mon clavier. Mes larmes le trempent, le souillent. Je souille beaucoup de choses. Une destruction qui finira par me détruire.
Les larmes sont salés, ne résoudent jamais rien, malgré ce qu'on dit. On veut juste la paix. Pleurer devient une banalité. La larme sèche, mais le sel qu'elle contient ravive la blessure, l'empêche de guérir. Rage, puis désespoir. Douleur, puis souffrance.