Bonjour,
Je ne suis qu'un débutant dans le domaine de l'écriture. Pour être tout à fait honnête, c'est la première fois que je tente d'écrire une histoire dans l'optique de la faire lire à quelqu'un d'autre. Par conséquent, ne vous attendez pas à quelque chose d'exceptionnel. J'espère seulement avoir quelques commentaires constructifs pour m'améliorer.
Merci.
Il criait, comme à son habitude. J'ignorais pourquoi, mais il criait encore sur ma sœur. Pour être tout à fait honnête, je me moquais éperdument du pourquoi, car je savais pertinemment qu'il n'y avait aucune véritable raison à cette colère soudaine. Non, cet homme, mon père, si je peux encore le considérer comme tel, avait simplement besoin d'extérioriser toute cette colère qu'il ressentait à cause de cette vie minable qu'il nous a fait subir au quotidien pendant si longtemps. Mais cette fois-ci, c'en était trop. Je n'allais pas une fois de plus le laisser les faire pleurer. Elles ne méritaient pas de souffrir à cause de lui. J'intervins. Je sortis de ma chambre, et je m'interposai entre lui et ma sœur. Il n'était pas spécialement grand, j'étais moi-même plus grand que lui, de quelques centimètres seulement, mais ma sœur, malgré qu'elle approche les 18 ans, semblait être une enfant face à lui. Alors je me mis entre eux, je fixai mon père, et lui ordonnai de se calmer immédiatement et de la laisser tranquille, car elle n'avait absolument rien fait qui méritait qu'il ne se mette dans un état pareil. Il parut d'abord surpris, car je n'avais pas pour habitude de m'en mêler, je préférais généralement rester en dehors des problèmes, faisant ma petite loin de tout ça, n'attendant que la majorité pour prendre mon indépendance. Mais cette expression de surprise ne dura guère. Il ne mit que quelques secondes à comprendre à quel point j'étais déterminé à mettre fin à ce calvaire qu'il nous faisait vivre. Je n'en pouvais plus de supporter ça au quotidien, et il le comprit immédiatement. Il continua de me fixer, sans dire un mot. Alors je rassemblai mon courage et pris la parole :
« - Arrête ça tout de suite. Tu sais aussi bien que moi qu'elle ne mérite pas que tu lui cries dessus. Elle n'est pas responsable de tes problèmes, lui criai-je. Il ne répondit pas tout de suite, il sembla chercher ses mots.
- ECARTE-TOI DE MON CHEMIN, finit-il par rétorquer, comme dans un effort surhumain pour garder une once de calme. Alors je compris à mon tour la tournure que ceci allait prendre. J'en étais sincèrement désolé, mais je savais que j'allais devoir lui dire une bonne fois pour toutes de s'en aller, et je savais ce qu'il allait se passer quand je finirai par parvenir à le faire. Alors je décidai d'abréger ce terrible moment et de le faire immédiatement. Je posai ma main droite sur son torse pour l'inciter à reculer.
- Je n'en peux plus. On n'en peut plus de te supporter. Maintenant, il serait préférable que tu t'en ailles. »
Il ne sembla même pas surpris par ce que je venais de dire. A vrai dire, il m'ignora totalement. Il me repoussa calmement, m'écartant de son chemin avec un naturel étonnant, et avança en direction de ma sœur. Je n'osai pas bouger, je n'osai pas m'interposer de nouveau car je savais combien il était plus fort que moi. J'avais peur. De toute évidence, ce n'était pas le cas de ma sœur, qui avait décidé de suivre l'exemple que j'avais voulu donner. Elle le regarda fixement, et lui cracha violemment au visage. Il ne me mit guère plus d'une fraction de seconde à réagir et lui envoya une violente gifle. Elle recula de plusieurs mètres, se retenant à une chaise pour ne pas basculer sur le sol. Elle n'eut pas le temps de reprendre ses esprits qu'il déjà recommencé à la frapper. C'était après moi qu'il était en colère, et c'était sur elle qu'il se défoulait. Je ne pouvais pas le laisser faire ça. Je ne pouvais pas laisser ça se passer sans rien faire. A contre-cœur, je saisis le vase qui était posé sur la table du salon. Je m'approchai lentement de lui, il ne m'avait même pas remarqué, il était trop occupé à la frapper. Je tenais fermement le vase au-dessus de ma tête quand je l'appela pour la dernière fois ainsi : « papa ». Il arrêta de frapper pour me regarder, et, de toutes mes forces, je lui envoyai le vase au visage. Il se brisa avec une violence inouïe sur son crane. Du sang coulait le long de son visage. Ma sœur arrêta de crier et se contenta de le regarder s'effondrer lourdement sur le sol. Ma mère, qui avait, comme à son habitude, préféré laisser faire plutôt que d'intervenir et d'être frappée à son tour, arriva finalement, et le vit étendu sur le sol, baignant dans son sang. Elle comprit immédiatement ce qu'il venait de se passer et, sans un mot, elle alla en direction de sa chambre. Ma première pensée fut qu'elle allait probablement appeler une ambulance, espérant, malgré l'évidence, qu'il ne soit pas trop tard ... Car elle l'aimait. Il la frappait à longueur de journées, mais elle l'aimait. Elle revint après plusieurs longues minutes. Quand j'eus enfin le courage de lever la tête pour la regarder, je reconnus l'arme de service de mon père dans sa main. Sans hésiter une seule seconde, elle la pointa sur moi, et dit, d'une voix à peine audible, « je l'aimais », avant de presser la détente.
Franchement, tu es bien plus doué que la majorité des personnes postant des fics ici. Peut être parce que tu joues dans un registre plus mature également, loin de l'heroic fantasy, et des conneries du genre. Le tout est encore un peu brouillon, il te manque encore du vocabulaire à acquérir notamment au niveau des descriptions. En gros, on a donc une trop grosse répétition des "Il" et des "Elle", et aussi très peu de renseignements sur les personnages et le lieu qui auraient permit une meilleure immersion. De même sur la pensée du narrateur, tu aurais peut être pu la développer plus. Tout cela, ça aurait permit de retarder l'action, de rajouter encore plus de réalité au texte et donc d'y accrocher encore plus.
Quelques fautes d'inattention comme "Il ne me mit guère plus d'une fraction de seconde", mais globalement aucune grosses fautes. Du moins, je crois, j'suis pas la plus douée pour le repérer.
Bref, j'espère que ça t'aidera à développer ton potentiel et à poster plus régulièrement.
"loin de l'heroic fantasy, et des conneries du genre" --> Quand on vous dit que c'est beau l'ouverture d'esprit...
Bref, petite critique :
"Non, cet homme, mon père, si je peux encore le considérer comme tel, avait simplement besoin d'extérioriser toute cette colère qu'il ressentait à cause de cette vie minable qu'il nous a fait subir au quotidien pendant si longtemps." La phrase semble trop... froide. On dirait une psychanalyse. De même, à la phrase précédente "pour être tout à fait honnête...". Ton personnage semble prendre du recul par rapport à l'action, alors que le récit, de part son sujet et plus tard, ta façon de raconter, auraient été plus propices à une exposition brute de son état d'esprit.
On ne perçoit pas assez les émotions des personnages : "J'avais peur" fait trop bref, un "la peur me paralysait. Mon coeur me hurlait "bouge, bouge !" mais la seule réaction de mon corps était ces gouttes de sueur qui perlaient sur ma peau et les noeuds violents de mon intestin". La description est tout de suite plus violente et prend plus aux tripes (il est possible de faire mieux, bien sûr, c'est fait vite fait). Le "à contrecoeur" fait aussi assez étrange : le dilemne du personnage aurait pu être plus exploité.
Même la fin, bonne dans l'idée, est traitée trop vite : on aurait pu parler du regard entre les deux, la peur/soulagement du héros, ou même faire quelques figures pour fait monter l'intensité dramatique : "son doigt se posa sur la détente. La détonation rententit : et il n'y eut plus que les pleurs de ma soeur pour bercer le silence".
A part ça, le style et bon, concis, ne s'étale pas en de longues phrases inutiles, j'aime. On lit très fluidement le tout.
Ce qui manque pour moi, c'est un peu de violence et de contraste dans le texte : il aurait fallu plus s'appesantir sur les pensées du personnage : décrire sa peur, son chagrin, montrer les actions sous un jour plus brutal pour créer un récit plus émotionnel, et les descriptions, rares (ce qui est déjà un bon point dans un récit court), pourraient être plus appuyée (je pense surtout au sang).
Mais c'est un bon début, continue comme ça, le fond est bon, la façon d'écrire est bonne, mais il manque encore un peu d'habillage ;)
Moi je suis d'accord avec ce qu'a dit Anna
Et je trouve que cette phrase de...Airaisitmbault (désolé
) est révélatrice d'une conception que je ne partage pas : "il aurait fallu plus s'appesantir sur les pensées du personnage".
Tu l'as bien dit : "s'appesantir".
Caraco avait raison de vitupérer contre ces écrivains "dont l'art d'écrire à la façon d'un pied est devenu la marque". La plupart des textes de ce forum se noient dans des descriptions hasardeuses qui en cassent le rythme. D'ailleurs, on en a une bonne preuve avec ta phrase :
"son doigt se posa sur la détente. La détonation rententit : et il n'y eut plus que les pleurs de ma soeur pour bercer le silence" -> le verbe "bercer" n'est pas à propos, on n'emploie pas je ne sais quelle métaphore ou procédé de toute sorte aussi maladroitement
Mieux vaut encore écrire un texte dépouillé, comme il l'a fait. Au moins, c'est agréable et sans prétention.
Les figures mal employées sont courantes ici, c'est le grand tort de la plupart des forumeurs ![]()
Tu attaques mon propos dans la forme plus que dans son fond. Que j'utilise "s'apaisantir" ou "plus orienter le texte sur", je crois avoir tenté de détailler plus précisément ce que je voulais dire, à savoir qu'il aurait fallu montrer davantage les pensées et les émotions des personnages que leurs gestes. La scène est somme toute assez "normale", je veux dire par là qu'elle ne comporte pas de gestes ou d'actions difficiles à se représenter qui nécessiteraient beaucoup d'insistance ou de description pour les faire comprendre : tout l'intérêt de ce texte réside dans son drame, pas dans ce qui se passe précisément. On aurait presque l'impression que le personnage tue son père sans problème (j'exagère, bien sûr), montrer davantage sa colère et sa tristesse mêlée aurait été plus en ligne avec le thème terrible du texte. Je préfère également les textes plutôt simples, en l'occurence s'apaisantir ne voulait pas dire utiliser un style pesant pour les enrober mais bien les détailler plus qu'il ne l'est fait.
Et "bercer" est à propos, en l'occurence ce serait plus une personnification puisqu'on agit comme si le silence était une personne. Enfin pour moi la figure de style est tout à fait recevable, même si elle ne cadre pas dans la continuité du texte, bien sûr, c'était juste un exemple de phrase plus "détournée" pour suggérer et ajouter ainsi à l'intensité.
Alors là, je ne vois en aucun cas comme on peut utiliser le verbe "bercer" dans ce cadre là ; ça ne colle tout simplement pas à l'action. Ici, le silence est plus un drame qu'un apaisement, il est la prise de conscience de l'état de santé du père qui fait suite à la colère (qui, on le sait, nous fait oublier beaucoup de choses).
S'il s'agissait d'un garçon qui déclare son amour à une fille, et qu'elle approuve, alors tu pourrais dire que le silence qui fait suite "berce" la fille ; là le verbe "bercer" serait à propos. Mais pour ce qui est du texte de Fuxbox, ce serait ce que Pascal appellerait de la mauvaise éloquence (voire pire
).
Ce n'est pas le silence qui berce, mais les pleurs. D'ailleurs ton exemple me semble assez peu satisfaisant : en l'occurence, mon évocation du silence dans la phrase que j'ai proposée était uniquement pour jouer sur le côté sonore : après la détonation, le silence, uniquement troublé par les sanglots de la fille. Et n'oublions pas que bercer n'est pas forcément un synonyme de petits nuages roses, mais aussi un mouvement de balancier, régulier, et c'est plutôt à ça que je faisais allusion qu'au côté "mère qui berce son enfant".
Toutefois, je reconnais justement que ma phrase n'est pas très à propos dans mon post précédent ;-)
J'admets, ça dépend des émotions du lecteur
Mais le verbe "bercer" évoque quand même le calme non ? ^^ Et ça fait contraste avec la violence de l'acte en question ; ce qui peut être un atout d'ailleurs, mais tout dépend du but que l'on a ![]()
Oui, après en l'occurence je le voyais plus comme étant triste/mélancolique et avec justement un effet de contraste entre silence et détonation. Mais il est évident qu'on pourrait trouver moins théâtral comme formulation.
Lu.
Bon, malgré quelques petites lourdeurs, comme les deux adverbes dans la première phrases ou le "lui criai-je" et le "rétorqua-t-il" que je trouve un peu superflu.
Les descriptions manquent un peu, et j'aurai préféré un peu de suspense à certains endroits, mais soit, c'est bon aussi comme ça. ![]()