Autant pour moi...
N'étant pas un habitué des forums régis par des règles strictes, je n'ai malheureusement pas fait attention au topic de règles de ce forum, créant un topic pour rien.
Mea culpa...
J'en recrée donc un, conforme à la norme me semble-t-il, en vous postant cette fois-ci (avec accord de l'admin, je l'espère) les quelques pages de mon premier "véritable" récit, ayant pour sujet la vie d'un jeune soldat de la Wehrmacht durant la deuxième guerre mondiale.
Je vous propose donc une première fournée composée des deux premières pages (sur seize).
J'espère que vous apprécierez.
France 1940 : Blitzkrieg à l'Ouest.
Alentours du village de Stonne, 15 Mai 1940
- « Obuuus !!! »
La route explosa devant le semi-chenillé, faisant trembler toute la carlingue du véhicule de transport blindé. Rudolph Glückel secoua la tête, afin de reprendre ses esprits et continua à appuyer sur la détente de sa Maschinengewehr 34.
L’Unteroffizier Schlötz accéléra, braquant à droite, injuriant les Frouzes d’en face. Même s’ils se savaient pratiquement condamnés depuis que « Schnelle Heinz » et son XIX Armee Korps avaient passé la Meuse, mais les Français se cramponnaient désespérément à leurs positions. Et comme si ça ne suffisait pas, le nouvelle objectif du régiment de Rudolph, l’Infanterie-Regiment Grossdeutschland, se trouvait être une véritable fourmilière française, pleine de fantassins, d’artillerie… Un char Hotchkiss avait même fait une brève apparition, avant de se faire allumer par un Sturmgeschütz accompagnant la colonne allemande.
Un camarade, Gil Stormann, fut atteint à l’épaule par un scharpnel brûlant. L’infirmier sortit des bandages d’une boîte de premiers secours et pansa rapidement la blessure de Störmann. Il s’en sortirait.
Le half-track fit une embardée, une autre explosion manquant de peu le véhicule. Si la 10°Panzer-Division ne leur avait pas fournit deux douzaines de véhicules de transport blindés pour donner l’assaut, ce dernier aurait vite pu tourner au massacre. Rudolph préféra arrêter d’y penser et dirigea son tir sur une fermette placée en bordure de la route, à quelques dizaines de mètre de l’entrée du village de Stonne.
-« Alleeez ! Vous allez vous décider à crever, oui ?! » Grommela Rudolph, dont les mains commençaient à s’engourdir à cause de la vibration de la mitrailleuse.
Schlötz fit ralentir son véhicule, se laissant dépasser par un des cinq StuG III censés couvrir le flanc droit de l’avancée allemande.
Le blindé fonça droit vers une grange du toit de laquelle s’élevait une épaisse fumée acre.
N’étant plus qu’à environ cent cinquante mètres du bâtiment en question, Rudolph pu enfin distinguer le canon antichar, probablement de 47mm, qui ouvrit directement le feu en direction de ce nouvel adversaire. L’obus aurait pu inquiéter les tankistes mais, heureusement pour eux, il ricocha simplement sur le blindage frontal incliné du canon d’assaut, qui ne manqua pas de répondre au tir des Français. L’obus fit magnifiquement mouche, s’engouffra dans la grange en brisant la poutre de soutènement principale comme une allumette, ce qui fit s’effondrer le toit de la bâtisse.
-« Infanterie ennemie droit devant ! Rudolph, secoues-toi un peu, bordel ! »
Rudolph pointa son arme lourde dans la direction que lui montrait Schlötz, le pilote du Sonderkraftfahrzeug 251 (SdKfz 251). Rudy aperçut 3 soldats français se repliant en passant derrière une haie, l’un d’entre eux tirant derrière lui un vieux modèle de mitrailleuse sur roue.
Une détonation fit sursauter Rudolph, un StuG roulant plein pot à seulement quelques mètres d’eux ayant lui aussi repéré le groupe de mitrailleurs ennemis.
Le projectile de 75mm fila droit vers la haie, déchiqueta le sommet de la dense broussaille et alla se perdre dans le lointain. De gros morceaux de buisson tombèrent sur les malheureux mitrailleurs, qui préférèrent abandonner leur matériel plutôt que d’y laisser leur vie. Ils avaient disparu l’instant d’après.
Pendant ce temps, le barrage d’artillerie, qu’il soit allemand ou français, s’intensifiait. Dans une poignée de seconde, ils devraient sortir et affronter l’ennemi sans la fine couche de blindage que leur conférait le Half-track…
Le Feldwebel Kunther, un homme athlétique et bourru d’une bonne trentaine d’année, était positionné à l’arrière du véhicule, à gauche de la porte.
Il sortit un vieux calepin de sa poche et le tourna vers ses hommes. Le schéma du village y avait été griffonné à la hâte, probablement pendant le rapide briefing de ce matin. Une croix, de couleur rouge, était dessinée dans le coin inférieur droit. Rudolph n’en vit pas plus, se remettant à tirer sur les « salauds d’en face » comme les appelait son ami Herman.
-« On va se déployer ici, annonça le Feldwebel. Martin et Ady, vous vous postez avec votre mitrailleuse dans ce bâtiment-ci. »
Entre deux rafales, Rudy jetait de rapides coups d’œil derrière lui, afin d’essayer de voir le carnet et ce que chacun devraient faire une fois le pied à terre.
Puis le véhicule s’arrêta brusquement, les faisant tous voltiger vers l’avant.
A travers le monceau de jurons émanant des hommes, on entendit Schlötz s’écrier :
-« On y est, bordel, foutez-moi l’camp, barrez-vous d’ici avant qu’y nous aligne ! »
Le Feldwebel actionna le levier d’ouverture de la porte arrière, cette dernière s’ouvrant en grand dans un ‘VLAN’ métallique.
Les dix hommes se ruèrent hors du semi-chenillé. Martin et Adolph coururent droit vers la fermette sur leur droite, l’un portant une MG-34 légère, l’autre une ribambelle de munitions autour du cou et une pleine boîte dans la main droite ainsi qu’une mitraillette Maschinenpistole 40 dans la main gauche.
Ils enfoncèrent, à coups de pied, la frêle porte en bois, peinte en rouge sombre, avant de s’engouffrer dans la maison. Des tirs d’armes légères et des claquements de fusils commençaient à se faire entendre un peu partout, indiquant que les autres groupes d’assaut avaient eux aussi atteint le village.
Le StuG de tout à l’heure arriva dans un bruit tonitruant, soulevant un gros nuage de poussière derrière lui.
- « On fonce vers la place du village, ordonna Kunther, en deux colonnes derrière le blindé ! En avant ! Et faites gaffe aux fenêtres ! »
Ils se mirent en position, progressant lentement en position accroupie à la suite du canon d’assaut. Après une bonne dizaine de mètres, le StuG III s’immobilisa. La trappe du tourelleau s’ouvrit et la tête d’un Unteroffizier coiffé de sa casquette noire en sortit. Il se tourna vers le groupe d’hommes qui lui collait de prés. Il repéra le Kunther et lui fit signe de s’approcher. Ce qu’il fit promptement.
C’était impossible, vu la pétarade ambiante mêlée au bruit d’explosion et le vrombissement du char, de percevoir ce que se disaient les deux hommes, Rudolph pu simplement voir le chef de char faire des signaux de mains vers l’intérieur du village, signalant une progression directe… La place était certainement à quelques dizaines de mètres sur la gauche… Une balle ricocha sur le coin du mur de la maison sur leur gauche, les Français ayant certainement repéré cette cible de choix.
L’Unteroffizier salua le Feldwebel, qui lui répondit par un simple hochement de tête.
- « Hey, pssst ! Rudy ! » C’était Herman, son meilleur ami depuis leur entraînement au camp de Grafenwöhr, en Bavière. « Je parie sur 5 Frouzes aujourd’hui, dit-il avec un grand sourire. Qu’est-ce que t’en dis ? 40 Reichmarks ? »
Rudolph et lui avaient une sorte de ‘jeu’ entre eux. Certains pariaient sur qui se ferait descendre en premier, eux sur le nombre de cibles que l’un ou l’autre abattrait… L’humour noir des tranchés de leur père avait décidément bien changé en 25 ans…
Woaw, en voilà du vocabulaire avec lequel je suis pas familier^^! Du coup, c'est parfois un peu difficile de s'y retrouver. Ce serait peut-être bien de décrire plutôt que de nommer certains véhicules ou certaines armes, mais d'un autre côté ça participe à l'immersion, et ceux qui s'y connaissent doivent apprécier. Mais je suis vraiment pas fana de la Seconde Guerre Mondiale, donc c'est sans doute normal que ça me fasse tout drôle^^!
En tout cas, niveau immersion justement, c'est vraiment pas mal je trouve! On ressent bien l'intensité qui peut régner sur un champ de bataille. Il manque peut-être un peu de description des sentiments/sensations des personnages mais c'est que le début donc bon^^!
Le style est aussi vraiment sympa ; même en accrochant pas trop au contexte, c'est agréable à lire.
Quelques petites fautes par-ci par-là sinon.^^
Bon courage pour la suite! ![]()
A l'origine j'ai écrit cette fiction et je l'ai fait paraître sur un forum de jeu sur la deuxième guerre mondiale, donc je ne faisais pas trop attention au manque de détails concernant les véhicules et autres armes. De plus, comme tu l'as dit, je trouvais que cela aidait à l'immersion du lecteur. Mais maintenant que tu le dis, c'est vrai que pour un néophyte complet, le vocabulaire est peut-être trop compliqué
Cette partie-ci étant l'intro, je ne me suis mis à m'intéresser aux émotions des personnages qu'un peu plus tard.
Content d'apprendre qu'il plaise même à quelqu'un étranger au sujet principal
J'ai commencé la page 17 il y a quelques minutes, je posterai bientôt une petite suite
Merci, et bonne suite pour le tien aussi ![]()
Tiens, je profite de cette occasion pour bien signaler un point lexical très important : c'est "au temps pour moi" et non "autant pour moi". Je sais, c'est bizarre, stupide, illogique même, mais c'est la langue française. Et la langue française est bizarre, stupide, illogique même...
Bon, à part ça, j'ai lu ton texte (me permettrais pas de poster juste pour ça hein
). Très peu commun, ce genre de textes sur le forum... Mais ça concerne un sujet qui me tient à coeur, et dont je suis connaisseur, donc je ne peux qu'apprécier cette avalanche de termes techniques^^ Et comme l'a dit SkySoft, ça contribue franchement à l'immersion du lecteur. Donc un autre point positif. Mais attention, tu risques de décourager le lecteur lambda qui n'est pas trop branché "Seconde Guerre Mondiale". Je te suggère donc de décrire un peu plus (pas trop hein, faut pas que ce soit lourd) les choses que tu désignes par un terme incompréhensible pour les néophytes.
D'autre part, le style est fluide, se laisse lire, ce qui est très important pour le rythme des actions que tu relates. Donc un troisième point positif. Peut-être un peu trop d'ailleurs. Je sais pas si c'est parce que c'est le début, mais prends le temps d'écrire. Te précipite pas, vas-y mollo. Trop d'action tue l'action. Mais bon, dans une guerre, y a pas grand chose d'autre à raconter, remarque...
En gros, résumons mon avis sur ce texte par une équation (du premier degré, hein, faut pas s'affoler XD) :
Sujet qui me botte + écriture fluide + action à en revendre = je suis là pour la suite
![]()
Ah ? Et dire que je suivais "bêtement" ma logique, comme à mon habitude... Honte à moi ! Merci pour cette correction linguistique en tout cas !
Je vous apporte en prime, car je suis de bonne humeur (Et oui, j'ai tout de même réussi mon examen de travaux pratiques de physique
Bien que l'oral et l'écrit fussent de pure catastrophe !), une petite partie supplémentaire.
- « Ca me va, Herm ! Je tiens le pari ! » Répondit-il, souriant lui aussi.
- « Eheh sors déjà les billets, p’tit gars ! » Ironisa Herman en donnant un léger coup de coude à Josef Keune, un autre aîné de Rudolph. Ce dernier avait horreur qu’on lui rappelle qu’il était le cadet de la compagnie. Mais il savait néanmoins que c’était encore une des nombreuses façon qu’avait son frère d'armes pour ‘détendre’ l’atmosphère.
- « C’est ça, oui ! Cause toujours l’aïeul ! »
Herman et Josef se regardèrent et s’esclaffèrent soudainement. Ils cessèrent néanmoins de rire lorsque le Feldwebel Kunther descendit d’un bond du blindé, se réceptionnant au milieu de ses hommes.
- « La place du village est à environ 30 mètres sur la gauche. » Hurla-t-il, sa voix rivalisant avec le bruit du moteur du Sturmgeschütz III. « Les consignes ne change pas, ajouta-t-il, gaffe au fenêtre et couvrez vos équipiers. »
Il se tourna ensuite vers la fermette où étaient postés Martin et Adolf et leur ordonna de décrocher afin de venir leur fournir un éventuel tir de couverture.
Le StuG se mit alors en branle, sa chenille droite tout d’abord, pour effectuer une rotation de 90 degrés, puis les deux ensembles, le monstre de métal progressant en direction de leur objectif principal : la place du village et l’église qui s'y trouvait, servant plus que probablement d’observatoire d’artillerie à l'ennemi.
- « On y va ! » Ordonna Kunther.
Les deux mitrailleurs allemands rejoignirent le groupe à la suite du véhicule blindé alors que le canon de ce dernier cracha ses projectiles mortels à plusieurs reprises.
Des balles ennemies ricochèrent sur le blindage profilé et aplati du StuG, mais les Allemands continuèrent leur progression laborieuse, leurs fusils pointés vers les étages supérieurs des maisonnettes françaises. Leur regard sautait frénétiquement d’une fenêtre à une autre.
Rudolph tenait fermement son arme, un fusil à verrou Karabiner 98k, fierté de la firme allemande Mauser Waffenfabrik.
Soudain un coup de feu éclata sur sa gauche, le faisant sursauter. Un second tir répondit au premier, suivi des cris et des jurons synonymes d’un blessé. Il se tourna et pu apercevoir Adolf, couché sur le dos et se tenant le bras droit, du sang maculant son uniforme vert-de-gris. Deux mètres cinquante plus haut se trouvait un soldat français tentant de désenrayer son fusil, un MAS 36.
Herman ne lui en laissa pas le temps, il fit mouche du premier coup, touchant le soldat à la gorge. Celui-ci disparut de l’encadrement de la fenêtre, s’effondrant pour agoniser lentement dans son propre sang.
- « Et de un ! » S’écria joyeusement Herman.
Les jurons d’Ady s’interrompirent lorsque Kunther et Guntar, l’infirmier, accoururent à ses côtés. Les autres restaient aux aguets.
Guntar ouvrit un sachet de sulfamides, versa son contenu sur la blessure avant de poser un pansement de coton. Il se tourna vers le visage grimaçant et plein de sueur d'Ady, mais déclara pour tout le groupe :
- « Ca ira, vieux, la balle a traversé le muscle… J’suis désolé mais tu ne la garderas pas en souvenir ! »
- « Ah Scheiss ! Moi qui voulais la ramener à mon petit frère, j’en connais un qui va être déçu ! »
Lu!
Pas grand chose a ajouter par rapport à mon premier commentaire, d'autant plus que c'était plus court^^.
Je me rends compte aussi qu'on voit rarement cette partie de l'histoire du côté allemand... Puisque tu maitrises le sujet, ça risque d'être potentiellement trs intéressant^^.
Alors voilà, un petit "up", aprés plusieurs jours d'absence pour cause de vacances ![]()
Sinon, examens loupés, donc reste des vacances gâchées, quoique je pense sérieusement à m'orienter vers des études en BD...
Enfin bref, un nouveau morceau de fiction, ça vous dit ?
C'est fin, c'est fin, ça se mange sans fin
Kunther pris les munitions de la mitrailleuse de Martin, et le groupe repartit, Ady s’efforçant de ne rien montrer de la douleur qui lui traversait le bras.
« Bien, on est presque arrivé sur notre objectif, le groupe de Kleichen devrait nous rejoindre par la droite, alors faites gaffe sur qui vous tirez ! »
La tension monta d’un cran l’espace d’un instant, une mitrailleuse ennemie arrosant le groupe d’assaut. Le canon automoteur les protégeait des tirs directs, mais les ricochets pouvaient tout aussi bien les atteindre qu’une balle tirée avec précision.
Néanmoins les Frouzes décampèrent bien vite lorsqu’un obus vint démolire une partie de la façade de leur poste de tir. Le groupe de l’Unteroffizier Kleichen rejoignit Kunther et ses gars lorsque ceux-ci arrivèrent prés de l’église.
Rudolph et Otto, un des nouveaux arrivants, reçurent l’ordre de préparer le terrain en lançant quelques Stielhandgranate au travers des vitraux multicolores ornant en temps normal l’église. Mais à cet instant, il n’en restait plus rien, si ce n’était quelques morceaux de verre s’accrochant désespérément à l’armature métallique des fenêtres. Les deux allemands s’exécutèrent, en jetant chacun deux, puis se repliant vers le reste du groupe.
La vingtaine de soldats allemands se déploya en arc de cercle face à la porte principale du bâtiment religieux.
Martin, Herman, Rudolph et Karl faisaient face à cette dernière, Karl s’accroupissant afin de permettre à Martin de positionner sa mitrailleuse sur son épaule droite, tenant fermement les deux ‘pieds’ de l’arme pour une meilleure stabilité. Herman et Rudolph, quant à eux couvraient leur flanc. Le reste du groupe était tourné soit vers l’église, soit vers l’intérieur de la place, à la recherche du moindre signe d’un ennemi.
L’Unteroffizier Kleichen, coiffé d'un casque presque trop grand pour son crâne rasé et dont le teint rappelait celui d'un cadavre, ouvrit avec fracas la porte en chêne d’un seul coup de botte, la serrure se détachant du bois.
Une Stielhandgranate fut lancée dans l’entrebâillement de la porte, s’ensuivit cinq courtes rafales de MG-34, puis la grenade explosa, produisant une certaine quantité de fumée. Des cris se firent entendre et deux soldats français, sans armes ni casques sortirent du bâtiment. Les doigts des allemands restaient crispés sur les gâchettes… Un des Français se tenait le visage des deux mains, du sang ruisselant sur elles. L’autre avait l’air hagard et abasourdi… Les explosions lui avaient vraisemblablement percé les tympans...
Le premier des deux prisonniers leva lentement les mains en signe de reddition, révélant ses yeux crevés par des éclats de grenade. Il fut imité après un instant d’hésitation par le second qui se résigna. Quatre soldats allemands rentrèrent dans l’église dans le but de la sécuriser, ce qui en fait n’était pas nécessaire… Ils ne trouvèrent qu’un poste radio criblé de shrapnels, une sacoche de munitions ainsi que quatre fusils Lebel. A cela s’ajoutait le corps d’un soldat français à priori blessé qu’une des grenades avait achevé et trois autres corps truffé de balles de mitrailleuse,
Aprés dix minutes, le Feldwebel s’approcha de Rudolph, lançant des coups d’œil de gauche à droite. L’ennemi occupait encore plusieurs maisons dans le village.
- « Rudolph, j’ai du boulot pour vous. » Lui confia-t-il. « L’artillerie a l’air de se calmer pour le moment, vous aller me conduire ces prisonniers jusqu’à un Half-track, qu’il les emmène au P.C. de la kompanie et nous ramène des munitions… Je sens qu’on va en avoir besoin, l’ennemi n'a pas l'air décidé à nous laisser ce foutu patelin ! »
- « Jawohl, Herr Feldwebel ! Ca sera fait. »
Rudolph rejoignit donc le toubib qui pansait les yeux du soldat rendu aveugle. L’autre, qui semblait avoir recouvré ses esprits, tenait la main de son compagnon d’infortune, lui servant tant de support moral que de guide.
« Allez, venez avec moi » Parvint à articuler Rudy dans un français tinté de son accent germanique plus que prononcé. Il leur fit dédaigneusement signe d’avancer avec lui.
L’aveugle, tiré par la main par son camarade, passa devant lui. Le Français ayant encore l’usage de ses globes oculaires lança à l'allemand un regard glacial qui aurait pu arrêter net n’importe quel char d’assaut…
Le trio descendait la rue par laquelle le Kampfgruppe avait mené son attaque. Rudolph remarqua alors une sorte de sifflement très léger, presque imperceptible au milieu des quelques bruits d’explosion provenant du lointain…
Soudain il sentit une fournaise se déchaîner dans son dos, tandis qu’une force semblable à un train de marchandise roulant à pleine vitesse le percutait de plein fouet et que des petits projectiles brûlants perforaient l’arrière de sa veste couleur Feldgrau. Il fut projeté à une dizaine de mètres de l’endroit où l’obus venait d’éclater. Percutant le sol, face contre terre, son esprit sombra rapidement dans les ténèbres de l’inconscience…
Pour information, comme il est tard et que retravailler cette dernière partie de l'introduction ne me donne pas trop envie (aaah, la flemme...), quelques précisions:
-Une Stielhandgranate: Grenade à main allemande, dont voici une photo, histoire de donner une idée. http://www.blitzmilitaria.com/12b8bf70.jpg
-Le canon d'assaut allemand Sturmgeschütz, souvent raccourci en StuG (StuGe au pluriel) est un chassi de char sur lequel à été monté un canon d'infanterie, sans tourelle. Son rôle est de fournir un appui direct d'artillerie à l'infanterie. Par la suite le canon, court à l'origine, sera remplacé par un canon long.
Une photo ? http://www.j-p-hobbies.com/prodimages/dml_stug.jpg
Sinon je ne peux que vous encourager à faire des recherches, pas seulement sur le net (il n'y a rien de mieux que de feuilleter un bon bouquin d'époque
), pour vous aider à mieux cerner l'atmosphère de la deuxième guerre mondiale et de ses batailles.
Une petite introduction au second chapitre demain soir au plus tard normalement.
Bonne nuit à tous !
Manque d'inspiration pour une introduction recherchée à ce nouveau chapitre, et puis pas assez inspiré non-plus pour me justifier sur le fait de n'avoir poster ni ici ni sur aucun autre topic du forum... Une flemme générale pendant un bon moi en somme...
Bref, finie les excuses qui n'en sont pas, voici les débuts de la guerre entre allemands et soviétiques lors de l'opération Barbarossa, toujours vu par ce cher Rudolph.
Je signale simplement que je me suis arrêté d'écrire à la fin du chapitre 3 de ce récit mais que j'ai néanmoins réouvert le dossier Word il y a peu pour réécrire l'entièreté.
Une suite est donc plus que probable, bien que mon projet de BD reste ma priorité numéro une ![]()
Sur ce, bonne lecture !
Ostfront 1941 : La création du mythe.
27 juin 1941 :
Une silhouette en uniforme vert-de-gris se tenait, immobile, sur une colline dépourvue de végétation, une unique bâtisse de style typiquement slave se dressant à une quinzaine de mètres de l’individu. La porte de l’isba s’ouvrit brusquement, un autre soldat allemand en sortit avant d’apercevoir le premier et de se diriger vers lui d’un pas traînant. Il entama la conversation :
- « Encore en train de rêvasser, mon gars ? »
- « Comme tu le vois… » Répondit Rudolph, son regard blafard toujours tourné vers l’est.
- « Eh bien, profites-en, demain matin, on monte au feu ! »
Cette dernière remarque piqua l’attention de Rudy ; il se tourna soudainement vers Herman. Celui-ci, devenu Unterfeldwebel, portait son nouvel uniforme flambant neuf, décoré d’un sublime insigne d’assaut d’infanterie en bronze, symbolisant la bravoure de l’infanterie motorisée au combat.
- « Comme je te le dis, mon p’tit. » Continua ce dernier. « On est rattaché au deuxième groupement blindé du General Guderian. Direction Moscou ! ».
Une demi-douzaine de sous-officiers ainsi que trois officiers émergèrent du cabanon, certains tergiversant à propos de logistique ou de stratégie, d’autres encore s’esclaffant à pleine gorge. La nouvelle de ces combats à venir réjouissait Rudy ; en effet, sa blessure en France, un an plus tôt, l’avait forcé à quitter le front ainsi que ses camarades, alors même qu’ils réussissaient coups sur coups chacune des missions qui leur avaient été assignées. Il avait d’ailleurs manqué le défilé sur les Champs Elysées, suivi de la remise d’un brassard noir à titre honorifique. En plus de cela, sa longue convalescence l’avait empêché de reprendre le service à temps pour la campagne des Balkans, ce qui n’avait fait qu’augmenter sa frustration.
Mais une nouvelle occasion se présentait enfin à lui de rendre son pays, sa patrie, fier de lui. Et Rudolph, tout en posant le regard sur son insigne des blessés de classe noire, se jura de ne plus jamais manquer à son devoir…
Plus tard dans la soirée, Herman et lui, accompagnés d’une dizaine d’hommes de troupes cheminèrent vers le dépôt du régiment afin de préparer armes et munitions pour chaque sections de la compagnie.
Une heure et demie plus tard, ils rompirent les rangs afin de passer la nuit comme ils l’entendaient. Rudy perdit plusieurs parties de dés avant de déclarer forfait. Il se dirigea vers sa tente, espérant pouvoir profiter de quelques précieuses heures de sommeil, histoire d’être frais pour aller « au feu ». Au loin, l’obscurité était parsemée d’éclairs, de flashs… L’artillerie allemande préparant le terrain pour l’offensive du lendemain…
28 Juin 1941 :
- « Bon, approchez messieurs, allez ! Schnell ! Bon sang ! … Ecoutez, les blindés du deuxième Panzergruppe foncent pleins pots vers Moscou, et ils nous ont laissé un merveilleux cadeau. Et c’est nous qui nous y collons ! Ces chiens de communistes refusent de se rendre à Minsk et va falloir prendre cette jolie petite ville ! Autant vous prévenir tout de suite, ça va pas être de la tarte ! Les renseignements estiment à quatre cents milles le nombre de soldats ennemis pris dans cette poche… Ils se savent condamnés donc ils se battront jusqu’aux derniers, alors faites gaffe à vos fesses ! Et maintenant, tous en selle !»
Sur ce, le Leutnant Kunther tourna les talons et se mit à courir, suivi de sa section, vers un regroupement de véhicules comprenant deux canons d’assaut et diverses chenillettes. Les Landsers embarquèrent dans les transports de troupes, certains préférant même le confort tout relatif de la plage arrière d’un automoteur à l’espace exigu de l’habitacle d’un des Half-tracks. Ces derniers se mirent en branle à l’instant même où le dernier homme prenait place à l’arrière d’un des engins. Les pilotes dispersèrent leurs blindés, prenant une formation d’attaque en coin.
Un groupe de Sturmpioniere, fut rejointe par ces assaillants mécanisés et bientôt deux Panzerkampfwagens III Ausf F sortirent d’un bosquet en écrasant des broussailles sèches et cassantes avant de se positionner sur le flanc gauche de la formation. Rudolph, qui était assis sur la plage arrière du StuG de tête avait une vue imprenable sur la steppe nue s’étendant autour d’eux. D’énormes colonnes de fumées d’une noirceur intense se profilaient à l’horizon…
Tout à coup, une minute environ après le début de l’offensive, du haut d’une petite proéminence parsemée de quelques bouleaux, un char russe T-34 apparut en vrombissant ; le conducteur menant maladroitement sa monture à pleine vitesse vers les attaquants allemands. Les chefs de char allemands annoncèrent calmement aux membres de leur équipage cette nouvelle cible et les deux Panzers III d’accompagnement se déportèrent sur la gauche, faisant hurler leur moteur, tandis qu’un des Sturmgeschütz fonçait droit vers le monstrueux char soviétique.
Les chars T-34 étant la plus désagréable des surprises à laquelle les équipages de blindés allemands avaient du faire face dès les premiers jours de l’offensive Barbarossa. Véritable bijou technologique, ce char alliait un épais blindage incliné à une excellente mobilité et, surtout, à un canon de 76mm surclassant même celui de 75mm de 37calibres du Panzer IV, encore trop peu répandu dans l'armée allemande. Les Panzerschützen préféraient dés lors ne prendre aucun risque ; c’est pourquoi la nouvelle philosophie des tankistes se trouvait être « les chars d’abord, Ivan suivra » ; Ivan se référant au surnom donnés aux soldats russes par eux-mêmes tout comme par les Landsers.
La tourelle du Panzer le plus à gauche, parée de la Balkenkreuz noire et blanche, pivota et, lorsque le pointeur repéra sa cible, un obus antichar de 50mm partit dans un souffle de feu en direction du char russe, dans le train de roulement duquel il explosa. Le monstre d’acier déchenilla sur le coup, avant de répondre à son homologue allemand en tirant en direction du groupe de Half-tracks. Le tireur, probablement une jeune recrue inexpérimentée, n’ayant pas prit la peine d’ajuster son tir convenablement, c’est tout naturellement que celui-ci se perdit dans le lointain, manquant ces cibles de choix de moins de deux mètres. Le pilote du T-34, voyant sa chenille droite l’abandonner, ne pu qu’immobiliser son véhicule, le laissant devenir une proie facile. Le canon automoteur s’étant rué sur le char soviétique stoppa à son niveau, laissant débarquer un groupe de quatre Landsers dans le but de capturer l’équipage russe.
Rudolph reporta son attention sur leur premier objectif, le nord-est, la ville de Bialystok…
Soudain, un groupe de bombardiers bimoteurs moyens Heinkel He 111, aussi surnommés « Doppel-Blitz », passa à quelques centaines de mètres au dessus de leur tête, leurs formes se détachant parfaitement sur le ciel d’un bleu pur. La plupart des hommes restèrent sans voix lorsqu’une quinzaine d’autres bombardiers apparurent dans un tonitruant brouhaha mécanique, se dirigeant lentement vers les lignes ennemies, espérant ainsi ramollir, voir anéantir les défenses soviétiques.
- « Ah ! Ces salopards vont encore avoir tout le mérite pour eux ! » Hurla une voix derrière Rudy, perçant le vrombissement assourdissant des différents moteurs.
Les silhouettes se cramponnant aux StuGs avaient toujours le regard braqué vers cette migration d’une nouvelle ère lorsque l’enfer se déchaîna sur eux, sous la forme d’obus de divers calibre. Les conducteurs se déployèrent un maximum, laissant parfois jusqu’à une trentaine mètres entre deux véhicules, afin de subir un minimum de perte. L’artillerie soviétique se tût aussi promptement qu’elle avait ouvert le feu, laissant un Half-track allemand et son équipage brûler dans cette steppe nue et inhospitalière…
Ordre fut donné de stopper l’avance mécanisée et de laisser les Landsers continuer à pied. Ceux-ci, après avoir protesté énergiquement, quittèrent les blindés les ayant emmenés jusque là, se regroupèrent bien vite et se mirent en route, avançant d’un pas rapide et expert.