Voila le début d'une histoire policière teintée de fantastique que j'écris, dites-moi ce que vous en pensez, si ça accroche assez bien ou s'il faut que je revoie ma copie, merci ;)
Elle court.
A travers la nuit, à travers la forêt, dans le froid et la pénombre, elle court à en perdre haleine, elle court comme jamais auparavant, elle court comme l’animal pris en chasse qui sait que sa vie en dépend. Derrière elle, les pas se rapprochent, elle peut les entendre se succéder à un rythme plus rapide que sa propre course. Elle sait qu’elle perd du terrain, elle sait qu’elle n’a aucune chance de s’échapper. Pendant qu’elle fuit pour sauver sa vie, elle se repasse mentalement ses erreurs, ses échecs. Elle a beau essayer de se concentrer sur la piste qu’elle suit, des images remontent, elles envahissent sa tête et essaient de la convaincre qu’il n’y a aucun espoir. Pourtant elle court toujours, elle ne sait plus pourquoi ; l’a-t-elle seulement déjà su ? Derrière son dos elle sent presque déjà l’odeur putride envahir ses sens. Comme elle déteste cette odeur ; non elle ne veut pas sentir la sentir de nouveau, elle voudrait que tout se finisse, rapidement, dans un choc effroyable elle tomberait au sol, et la mort l’emporterait dans un élan de sauvagerie. Pourtant elle sait qu’il n’en sera pas ainsi, pas pour elle. Elle, n’a que la promesse d’une longue et terrible agonie, au moins jusqu’à l’aube. Quelle heure est-il ? Une heure ? Peut–être minuit… Petit à petit, la détresse s’insinue en elle, elle sait que c’est fini. Alors qu’elle arête sa course devant un immense chêne, exténuée, elle peut entre-apercevoir la lune à travers l’épais feuillage. Luisante, fantomatique, elle éclaire délicatement les hautes herbes autour de elle. Comme plantée au milieu de la petite clairière, elle caresse doucement les tiges qui lui chatouillent la paume des mains. Des larmes perlent à ses yeux. Dans l’arbre elle voit encore les images de son passé, enfant jouant à escalader le grand chêne, jeune femme se cachant dans les fourrés pour dissimuler ses amours. Derrière elle les pas se sont arrêtés. C’est l’heure; c’est son heure. Elle ferme les yeux et plongée dans ses rêves, elle part.