PROLOGUE
Alors que la nuit étendait peu à peu son voile obscur et mystique, les lumières des gratte-ciels se reflétant sur les eaux sombres du Lac Léman, une berline à la ligne féline s’engouffra dans les docks.
Sa silhouette glissait le long du quai sous l’obscure clarté d’un timide croissant de lune.
Celle-ci s’arrêta à l’entré d’un hangar, sous la coupole lumineuse et protectrice d’un réverbère. Unique signe de vie au milieu du néant.
Les pneus crissèrent une dernière fois avant de s’aligner correctement et les deux jets de lumières se mirent docilement en veille, n’émanant plus qu’une craintive lueur.
La fenêtre s’ouvrit dans un bruit de succion et une main gantée de cuir en sortit, une cigarette à la main.
Une légère brise océanique soufflait ce soir-là sur les quais balayant les drapeaux et entrechoquant les petites chaloupes de pêches qui ornaient les quais, dans un tohu-bohu.
Tandis que les vagues venaient s’écrasaient contre les contre forts avec ferveur sous le ciel étoilé.
Le point rouge de la cigarette s’intensifia lorsque le chauffeur, de grosse carrure y aspira avec envie. Signe de stress et d’inquiétude. Il jeta la cigarette sur la route et ferma la fenêtre.
A l’intérieur, se tenait calmement trois silhouettes mais une semblait particulièrement agité derrière les vitres à demi teintées. Le quai replongea dans sa quiétude habituelle bercé par le bruit des vagues, du métro qui passait non loin dans un infernal vacarme.
A minuit, il était fort rare de rencontrer des personnes sur les docks mais tout le monde savait très bien que le lieu, fort adapté, servait de plate-forme aux trafics d’armes, de drogues et à différentes affaires mafieuses et peu orthodoxe.
- Cloffer, arrêtez de vous agiter comme cela, s’exclama une voix jeune mais assuré au côté du chauffeur, je n’arrive pas à réfléchir.
- Désolé, mais nous les lutins, n’aimons pas rester dans un endroit étroit sans bouger…Et même dans un endroit tout simplement.
En effet, une petite personne aux oreilles élancées et à la peau pâle se tortillait au milieu de deux autres personnes. L’une était une femme, plutôt jeune dont les cheveux noirs de jais glissaient sur ses épaules faisant ressortir ses yeux vert émeraude.
Elle portait une combinaison noire assez bizarre où pulsaient des veines lumineuse et turquoise à travers son corps.
Introduction: 2023. Les scientifiques européens découvre un mystérieux tunnel reliant Pise à un endroit inconnu. Le tunnel E167 est découvert; Haven-ville et le monde des fées est en alerte. Un mois, plus tard. Les hommes découvrent le nouveau monde et s'empressent d'entammer une colonisation à marche forcé. Haven-ville est à feu et à sang. Désorganisé et surpris, les fées battent en retraite vers la nouvelle capitale. Six semaines plus tard, Rome est rayé de la carte par la puissance des Génies Féeriques dont fait partis Foaly. S'ensuit de Lisbonne, Tokyo, Sydney, New-York et Moscou.
A présent, la guerre est ouverte. L'affrontement de deux mondes, deux races.
Quant à l’autre silhouette, c’était une sorte de bête poilu, massif et malgré sa lassitude, semblait prêt à vous sauter dessus et à vous arracher la gorge de ses dents élimées qui sortaient de sa bouche.
-Grizzmo pas aimer cet endroit, commenta la boule de poil qui scrutait calmement la zone. Grand danger menacer Ethan Fowl.
Le passager avant se retourna et contempla la bête avec des yeux gris et lui décocha son plus beau sourire.
-Ne t’inquiète pas Grizzmo, rassura t-il d’un ton suave, je ne ferais pas les mêmes erreurs que mon frère Artemis et je ne sais où peut-il se trouver en ce moment. Sans doute en train de faire les mêmes broutilles qui nous rassemble ici ce soir pour la troisième fois.
La bête émit un gémissement approbateur avant de s’enfoncer sur son siège. En effet, la boule de poil n’avait peut être pas tort et Ethan semblait méditer sur son plan. Il devait voir toutes les solutions si celui-ci, assez machiavélique, devait s’écroulé au beau milieu d’une fusillade.
-Ethan, quel est le plan. Demanda la docile femme qui jusque-là n’avait cessée d’observer chaque recoins des docks pour voir si une embuscade ne se tramer pas ou que quelques tireurs d’élites ne se postés pas sur les toits.
Ethan voulut leur expliquer mais il fut couper dans son élan par un fort grésillement venant du réverbère. A cet instant, l’ampoule s’éteignit net, ainsi que tout le réseau des docks, plongeants nos mystérieux malfaiteurs dans le néant, coulant dans les abysses et disparut dans la volupté de la nuit, devenue silencieuse tout à coup.
-Je crois que nos clients arrivent, observa le jeune adolescent qui regardait anxieusement la route qui longeait les quais.
En effet, quelques secondes, plus tard, deux berlines et un 4x4 pénétrèrent au milieu des quais, roulant au pas. L’angoisse se resserra sur les passagers, leur cœur battant la chamade et des gouttes perlant leur visage.
-Dernières consignes, ajouta Ethan, Ne montrez aucun signe d’angoisse, cela risquerait de nous mettre en position de faiblesse. En quand de problème, on détruit le prototype AQC-PP et ainsi on évite tout risque de dévoiler la technologie des fées mais j’espère à ne pas en venir là… Gâcher ce petit bijou de technologie m’attristerait.
Il observa chacun des membres de son équipe d’un œil avisé tout en faisant jouer un petit objet noir veinés de filaments vert lumineux qui couraient sur ses parois. Sans doute le prototype AQC-PP.
-Olga, tu va te poster dès maintenant sur un container, gronda la voix grave du chauffeur, ayez tout le temps un contact visuel sur nos personnes. Grizzmo, euh, reste dans la voiture en chauffeur et soit prêt à mettre les gaz en cas de problème.
-Grizzmo d’accord.
-Ensuite, reprit-il, Cloffer, tu resteras en vol stationnaire au-dessus de nous et soit prêt à nous couvrir. Ethan et moi, nous nous occupons du reste.
Les passagers hochèrent la tête en signe d’affirmation. Olga appuya sur son avant-bras et en une fraction de seconde, les fragments de sa personne tombèrent sur le sol avant de disparaître dans un pétillement d’étincelles.
La porte arrière s’ouvrit toute seule et se referma d’elle-même. Olga, à présent invisible, se dirigeait vers les containers et s’y posta, matérialisant un sniper féérique.
-Bonne chance, commenta Ethan au reste de l’équipage.
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* Posté le 01 mars 2008 à 13:27:16 Avertir un modérateur
* Cloffer sortit de la voiture et disparut soudain, pour réapparaitre d’un coup sur le pare-choc, faisant tressaillir de peur le chauffeur qui faillit lui tirer dessus avec son Désert Eagle en or.
Devant eux, se tenait Cloffer qui battaient des ailes, affichant un large sourire moqueur à l’adresse du conducteur, qui sentit ses nerfs se dérobaient.
-Toujours à faire le pitre, remarqua t-il.
Le lutin dégaina un énorme pistolet qui faisait la moitié de sa taille et palpita des ailes pour s’envoler tout en disparaissant de l’œil humain.
Les derniers passagers se regardèrent une dernière fois avant de sortir de la Bentley, Butler vérifiant que son chargeur était plein et le remit dans la crosse, un sourire satisfait aux lèvres.
Les deux berlines arrivèrent au pas, et s’arrêtèrent en face des deux hommes. Ethan remarqua avec inquiétude que le 4x4 n’était plus présent et représenté le premier point qui gênait ses plans, et sans doute pas le dernier.
-Ethan, faites attention à vous, je ne veux pas vous perdre et je m’y refuserais.
Le jeune homme le regarda d’un air satisfait, tout en se dirigeant vers les deux voitures, leur pas résonnant avec lourdeur.
-Butler, je ne vous savais pas si sensible à mon égard, ironisa t-il.
-Je fais simplement mon travail de garde du corps, mon frère a toujours su protéger avec acharnement Monsieur votre frère et je tiens à prendre son exemple pour en faire de même avec vous.
Une silhouette fine et petite sortit de la rolls, suivit de deux massifs garde, qui déjà, portait leur main dans leur blazer, prêt à tirer.
Butler n’en fit rien, sachant très bien, que le risque était proche du zéro, pour l’instant, et ne voulut pas déroger à un simple protocole de politesse.
Cependant, il posa une imposante main sur la fine d’épaule d’Ethan pour le rassurer.
Le jeune adolescent remarqua très vite qu’il n’avait pas affaire à un homme mais à une femme.
Une femme à l’air hautain s’approcha d’eux, un sourire forcé aux lèvres. Elle paraissait asiatique.
Ses yeux bridé et vert, de félin n’en disait que trop sur sa personne. Des cheveux attachés en chignon rehaussés son air assuré, qui faisait ressortir sa peau pâle.
Sa robe rouge satin parsemée de dragons et de signes chinois suivait son sillon avec volupté.
-Que me vaut l’honneur de cette charmante rencontre dans des docks malfamés à cette heure-ci, monsieur Fowl ?. Demanda t elle sur un ton faussement suave.
Ethan posa son regard assuré sur ceux de la petite chinoise, qui fut un moment déstabiliser par le courage d’un petit bonhomme à peine âgé de douze ans mais se reprenant très vite, elle afficha un regard noir à Fowl et lui dévoila une série de dents taillé en pointe.
-Je vous rappelle, renchérit Ethan, que c’est vous qui avez choisis le lieu et l’heure Madame Liu Pao Chung.
Notamment, pour avoir l’avantage et placé quelques tireurs d’élites…Comme sur ce toit ou sur cette grue et encore sur le tanker accosté là-bas.
La chinoise faillit hoqueter de surprise mais se retint au dernier moment, elle recula d’un pas et on voyait dans son regard, la confusion mêlé à un soupçon de crainte.
Son plan venait de tomber à l’eau, ses tireurs d’élites repérés, et se résigna à laisser les ficelles à Fowl, un goût amer de défaite. Mais pas pour longtemps.
-Décidément, monsieur Fowl, votre intelligence et votre sens de l’observation n’ont nul égal que celui de votre frère mais hélas, je ne crois pas que celui-ci soit en mesure de l’approuver… Tchan, apportez le colis, s’il vous plait. Il me tarde de voir leur tête dépitée quand je vais leur montré ma surprise. Fowl, tu es entré dans une arène qui te dépasse, tu as cru pouvoir me battre aussi facilement. N’oublie pas que je règne en maître sur la contrebande et la Triades à Hong-Kong.
Le massif chinois se retira, et ouvrit la porte de la berline avec fermeté. Ethan faillit s’écrouler quand il vit son frère, Artemis, mort sur la banquette de la voiture.
Non, ça ne pouvait pas être vrai, son frère ne pouvait mourir.
Il chuta dans le désespoir le plus total et s’agrippa au capot de la voiture pour ne pas tomber.
Ses yeux emplit de larmes ne demandaient qu’à pleurer mais rien ne se passer. Ses jambes s’entrechoquaient et son cœur battait dans une confuse irrégularité.
-Il…Il est…
-Mort ? Non bien sûr que non, reprit l’asiatique, esquissant son plus beau sourire de victoire. Simplement endormis, sinon mon plan ne vaudrait plus rien et l’otage ne serait plus otage. Voici mes consignes, donnez moi votre bijou de technologie que vous me décrivez depuis quelque temps et je vous laisse la vie.
Elle tendit une main gantée de velours blanc. Derrière elle, on entendait des petits craquèlements de plastique, les hommes commençaient à exercer une forte pression sur leur crosse et à présent, Ethan comprit qu’il était piégé et qu’il ne maitrisait plus rien du tout.
Une étreinte resserrait son cœur et malgré la brise froide et humide, il se sentit brûlant et écrasé par un poids.