Penser une histoire:
Ensemble de petits "trucs" qui m'aide à élaborer un scénario. C'est pas vraiment des conseils unilatéraux, juste des astuces, des classifications, qui permettent de savoir où je vais, une lampe torche quand j'avance dans l'oeuvre.
Evidemment, tout est à débat, d'ailleurs je serais ravi qu'on me contre, histoire d'affiner un peu ses ruses grossières
I-Le Concept.
Quand j'avais douze ans, j'ai inventé ma premiére histoire. C'était déjà extrémement compliqué, avec des tas de personnages (plus bateau que les uns que les autres, je m'en rend compte maintenant), des tas d'intrigues secondaires où ils évoluaient, et des centaines de rebondissements, des changements de camps, des trahisons, bref, ça ressemblait un peu à une caverne d'Ali Baba, avec pleins d'idées mit n'importe comment (caverne d'ali baba ou je vais de temps en temps me servir, d'ailleurs). Un jour donc, je discutais avec mon cousin Samuel, et puis, je ne sais plus comment, on s'est mis à parler de cette histoire. Et là, il m'a demandé: « Et en fait, ça parle de quoi? » Et là, je lui ait servi le « d'aventures, de trahison, de guerres de sang, et de larmes! ». « Ouais, okay, mais ça parle de quoi? » Et ben j'ai pas été foutu de lui dire. Car à force de l'avoir alimenté, mon histoire n'était pas une histoire: C'était une suite d'aventures réunissant les mêmes personnages, sans véritable début ni sans véritable fin, sans thème, sans « concept »: Il m'était impossible de la résumer.
Pour qu'une histoire soit cohérente, soit intéressante, soit réussie, la première base est de pouvoir la résumer en une, deux phrases maximum. Derrière ces quelques mots se cacheront tout simplement le « but » de l'histoire, le ce-à-quoi-on-va-arriver-en. Ca peut-être « André rencontre une jeune fille mystérieuse du nom d'Amy, tombe amoureux d'elle, et essaye de la suivre » à « Un homme dépasse sa condition pour s'opposer au pouvoir supérieur », ou simplement « le mek c un majici1 et il a pl1 de powa alrs il va aggro le mago nwar. LOL! ».
Par exemple, pour le cycle d'Alexandre, de KaiM, ce sera d'abord « Le Prince Alexandre et ses Gardes du corps se rendent à Dumrist par un chemin semé d'embûche », puis « Le Prince et ses compagnons partent à la ville assiégée de Kridath pour récupéré une antique relique », encore « Le Prince Alexandre rentre à Dumrist et tente de repousser les elfes qui assiègent la ville », et enfin « Le Prince Alexandre, traqué par Nâmâric, tente de retrouver les suppots d'Arkos ». Pour le SDA, ce sera « Le voyage de Frodon et ses compagnons vers le Mordor pour détruire l'anneau ». Pour Star Wars IV, V, et VI, ce sera « La quête de Luke Skywalker, de Leïa, et de Han Solo pour vaincre l'Empire oppressant. ». Comme vous le voyez, on comprend en lisant que toutes les histoires résumées là sont des histoires « volontaires », qui dépendent de la volonté des héros. Ce ne sera pas le cas des « Deux couples de voisins sombrant peu à peu dans l'absurde et dans la folie » de la Cantatrice Chauve, de Ionesco.
Pour moi, même si c'est à débattre, un bon concept sera toujours frappant et court, et un mauvais long et classique. Un concept trop général (genre « Le combat que méne deux royaumes antagonistes ») montre que peut-être vous n'êtes pas assez centré dans l'histoire, votre fil rouge est trop perdu dans une pelote de laine, même si ça a tendance à s'inverser plus la longueur de l'histoire s'allonge (Vous serez d'accord qu'une fiction de 5000 pages peut et doit contenir plus d'intrigues secondaires et de rebondissements majeurs qu'une nouvelle d'une page). De plus, une histoire du genre « un démi-démon et un elfe vont détruire le roi des ténébres » sera toujours, à moins d'un traitement vraiment spécial, cliché, quel que soit les rebondissements que tu greffes dessus.
A noter que le « Concept » est différent de « L'Interet » (dont je parlerais dans un prochain article) et passe souvent à coté de la richesse du livre en question. Pour un livre tel que la Condition Humaine d'André Malraux (Qui parle de ce dont parle le titre), difficile de le conceptualiser autrement que par « des terroristes combattent pour prendre le pouvoir en chine, au début du siécle », alors que ceci n'est qu'une trame de fond au véritable fond.