Alors euh salut à tous
Hé hé un nouveau topic, ça faisait longtemps ! En fait je poste surtout pour la forme, bien entendu vos commentaires seront les bienvenus, d'autant qu'il doit rester plusieurs coquilles (j'en ai corrigé pas mal, mais pas sur le fichier qu'il me reste...), mais ce topic est avant tout là au cas où il y aurait des personnes ayant envie de lire de la poésie ![]()
Au vu du nombre de commentaires sur le topic commun dédié aux poésies, je ne suis pas certain que beaucoup soient vraiment amateurs de poésie ici, mais je poste tout de même, ça plaira peut-être à une personne ^^ Et si vous n'appréciez pas la poésie, ne vous embêtez pas à lire, je n'en mourrai pas si ce topic coule avec 0 réponse ^^'
Voici toutefois mon cycle du corbeau, qui date de l'an dernier
(Soit dit en passant, ils sont loin d'être tous biens, mais pour la cohérence de l'ensemble je les mets tous.)
I. Corbeau
Une échine tordue ébouriffée de plumes
Et au bout en un pic, un long bec rocailleux,
Qui supporte la pointe acérée de ses yeux,
Deux cercles transparents qu'un feu blafard allume.
Dans son dos, menaçantes, deux silhouettes sombres,
Deux flèches repliées dirigées sur les cieux,
Deux ailes de noirceur dont les sommets cagneux
Projettent au sol un ange esquissé en leur ombre.
Et ses pattes crochues labourent dans la Pierre
Des sillons incolores, blessures gravées,
Qui quadrillent sans fin sa sinistre tanière.
Ses semblables s'alignent en des bancs dépravés,
Pénibles rangs de jais aux faîtes des barrières
Qui narguent les humains de leur plumage fier.
II. La naissance du Corbeau
Le vent glisse sous les ailes blanches
De l'oiseau qui plane dans le bleu,
Ivre d'un sentiment fabuleux
Qui brille au fond de ses yeux pervenche.
Juste en dessous s'étale la mer,
Lisse et brillante étendue d'argent
Dont l'éclat puissant et dérangeant
Creuse dans l'oiseau un puit amer.
Il s'abandonne enfin, se détend,
Plombé par son coeur qui se vérole,
Usé par la lumière du temps.
La mer s'est couverte du pétrole
Qui naissait quand périssait l'espoir.
Quand l'oiseau se relève, il est noir.
III. Le vol du Corbeau
Une étendue de neige règne sur le ciel,
Fait scintiller de blanc les murs de la cité,
Éblouit les passants dans les rues agitées,
Satisfaits de leur monde et de leurs vies partielles.
Au-dessus de leurs têtes, roi d’indifférence,
Le Corbeau les observe de ses yeux de jais,
Se moque éperdument de subir leur rejet,
Seulement soumis à sa propre tempérance.
Le ciel est son domaine, il s’y pavane en roi,
Seul occupant des cieux qui pèsent sur la ville,
Insensible aux émois, bonheur ou désarroi.
Les bêtes domestiques, selon lui serviles,
Le haïssent un peu plus chaque fois qu’ils le voient ;
Mais lui se fiche bien des cris qu’ils lui envoient.
IV. Le monologue du Corbeau
« Frère, regarde toi. Tes plumes sont salies,
Roussies par le soleil, tordues par les bourrasques,
Et ton corps maladif n’est guère plus qu’un masque
De blessures à vif, prélude à l’ordalie.
- Et alors, après tout ? Que m’importe cela ?
Rien pour moi ne dépasse le fait d’être seul,
Ivre de liberté dans le ciel, un linceul
Comme j’en voudrais un ; cela s’arrête là.
- Kyrielle d’animaux des cités te détestent.
- Mais ils sont domestiques, c’est qu’ils sont jaloux,
Ou bien je les effraie. – Rien d’étonnant, du reste.
Ris si tu le désires, leurs regards de loups
Inquiètent d’autres gens, et tu devrais me croire. »
Non peureux, le Corbeau détourne le miroir.
V. L’ordalie du Corbeau
Un cercle s'est créé parmi les animaux,
Comme un reflet terrestre de l'astre lunaire,
A l'atmosphère près que ce groupe génère,
Une ambiance de haine et de relents primaux.
Les yeux accusateurs examinent la proie,
Figée contre le sol, contrainte par la règle,
Ne pouvant s'envoler, surveillée par les aigles,
L'ensemble présidé par le lion, noble roi.
Les chefs d'accusation s'énoncent en silence
Car tous les animaux savent déjà cela,
Excepté le Corbeau, qui tremble et se balance.
Tous lui sont opposés, même le cancrelat,
Isolé contre tous, le Corbeau incapable
Voit son plumage noir le désigner coupable.
VI. La mise à mort du Corbeau
Son regard de ténèbre fixé sur le vide,
Sourd à ce qui l’entoure, juste indifférent,
Dénué de son air sournois et déférent,
Immobile et offert aux animaux avides.
Sur son corps fatigué qu’aucune vie n’allume
Se déchire la chair, s’agrandissent les plaies,
Comme si ses blessures pouvaient s’accoupler,
Et par poignées entières s’arrachent ses plumes.
Ils seraient trop heureux au moindre mouvement,
En verraient décuplées leur horreur et leur rage
Devant son corps obscur, ses légers tremblements.
Et tandis qu’au dessus se déchaîne l’orage,
Le Corbeau assailli rêve à son égérie,
A la Lune masquée pendant que lui périt.
VII. La cuisson du Corbeau
Une bande d'enfants se chamaille et regarde
Sur le bord du trottoir le tableau désolé.
Ils s'approchent et reculent du corps vérolé,
Prenant soin de ne pas y toucher par mégarde.
Autour d'eux les passants se penchent sur la scène,
Curieux de découvrir ce qui fait tant de bruit,
Découvrent au soleil la carcasse qui luit,
Et s'éloignent, choqués, de ce spectacle obscène.
Au milieu des organes grouille la vermine,
Cible des quolibets des macabres gamins
Qui rentrent enfin chez eux quand le jour se termine.
Puis la Lune se lève et recueille en sa main,
Soulevant de la rue, vaste et sinistre enclume,
Le coeur des attentions, un cadavre de plumes.
VIII. L’errance du Corbeau dans les limbes
En ces lieux le silence même est superflu.
Il tombe dans le calme des flocons de glace
Qui descendent au sol et doucement s’y placent
En un tableau gelé où les détails affluent.
Des falaises s’élèvent de chaque côté,
Imposantes et blanches, repères massifs
Dessinant la vallée dénuée de récifs,
Comme si un géant les avait tous ôtés.
Dans ce gouffre infini place une forme noire
Portée par des courants pourtant inexistants,
Aux yeux sombres, sans vie, sinistres entonnoirs.
Il n’y a pas de temps, un jour est un instant,
Pour l’obscure silhouette à l’allure indécente ;
Et l’âme du Corbeau amorce sa descente.
IX. La résurrection du Corbeau
Dans le velours du ciel parsemé d’étincelles
Oscille faiblement la reine de la nuit,
Qui peint d’un blanc laiteux la ville qui s’ennuie,
Plaque son feu blafard sur la moindre parcelle.
Seul agite l’endroit un léger courant d’air,
Un petit tourbillon au milieu du ciment
Qui recouvre le toit du plus haut bâtiment
Que ne peut assombrir l’éclat des lampadaires.
Et le froid se répand sur cette pure union
De la Lune et la Pierre, l’homme et la nature,
Intangible frontière, vraie sublimation.
Dans un souffle de gel et un cri de torture,
Une ombre se dessine, de neige parée ;
Et lorsqu’elle s’ébroue, le Corbeau apparaît.
X. La gloire du Corbeau
Le brouillard se répand en un banc vaporeux
Qui dérive un instant et se laisse mourir
Parmi les arbres morts occupés à pourrir
Et les bâtiments sombres faits de gré poreux.
Cette chape s'étend sur les rues délavées,
Filaments argentés, empereurs de silence,
Qui dans des tourbillons se pressent et s'élancent,
Pour s'échouer enfin contre le sol pavé.
Un voile mortuaire recouvre la ville,
Seulement dérangée par les croassements
Des seigneurs d'aujourd'hui, hier pourtant serviles.
Ils paradent, moqueurs, sur les tas d'ossements,
Assemblée de Corbeaux venus voler en nombre
Dans le ciel obscurci de leurs plumages d'ombre.
XI. La folie du Corbeau
Au sein de mon esprit résonnent les souffrances
Des Corbeaux torturés, animaux disgracieux,
Qui s'envolent toujours un peu plus près des cieux,
Sans jamais apaiser leur douloureuse errance.
Devant mes yeux s'agite l'ombre de leurs ailes
En un ballet macabres de corps distordus
Qui dansent à la gloire des âmes perdues.
Avec une pénible hâte et trop de zèle.
Et la ville s'emplit des râles étouffés
De cette multitude à la conscience unique,
Où chacun sait ce que chaque autre voit ou fait.
Et je ressens cette présence tyrannique
Dans tout mon être qui lentement s'amollit,
Et sombre peu à peu au fond de sa folie.
Non mais franchement... qu'est ce que c'est que ce titre à deux balles pour un texte aussi magnifique ? " Poésie de Barbecue "... J'avais pas lu parceque le titre du topic m'avait pas inspiré et pis ce soir par hasard...
En lisant, bizarrement, j'ai éprouvé de la colère contre moi même. J'ai la haine de pas pouvoir écrire un truc pareil, pire j'avais envie d'être l'auteur de ce cycle. Ca a ptêt aider je sais pas, j'ai lu tout le truc avec ça en fond en musical :
http://www.youtube.com/watch?v=0p0AqOJ3tKg&feature=related
Mais en tout cas j'ai vraiment plus qu'aimé ton cycle du corbeau. J'ai adoré l'ordalie, la naissance et pis tout en fait. C'est beau, en fait, je crois que j'ai juste trouvé ça beau.
Merci pour ce moment de lecture.
POur l'instant j'ai lu que le premier, d'abord des petits remarques technique.
Ce vers "Projettent au sol un ange esquissé en leur ombre. " En fait 13 syllabe. Le son "E" à la fin de projettent se comptent.
ici aussi:
"Ses semblables s'alignent en des bancs dépravés, "
En fait si j'ai bien compris tu ne comptes pas les sons "e" à la fin de verbes se terminant par ENT mais puisqu'il y a la consonne T ca compte. Contrairement à la troisième du singulier.
Bon voilà pour le petites remaruqes techniques.
Maintenant l'appréciation, heu j'ai pas spécialement été touché par la poésie de images. Mais je l'ai été par ta technique.
C'est vraiment bien écrit putain, je suis vachement sévère sur la poésie en temps normal, soit c'est trop obscure à mon goût, soit y a pas une réelle attention au mots au rythme au sons.
Et là on trouve un vrai rythme, peut être qui gagnerait à être un peu moins régulier. MOins de Six/six, mais qui est vraiment bien même comme ça. Mais tu vois j'ai l'impression que ca décolle spécialement dans le vers par exemple sublime malgré son petit problème de compte:
"Projettent au sol un ange esquissé en leur ombre. "
Si y avait pas le compte gênant et de toute je l'ai lu comme tu aurai voulu qu'on le le lise avec un bon compte, tellement c'était bien, là le rythme quatre huit est vraiment ultra intéressant, il donne du souffle, et ce rythme qui est un élan, un mouvmenent, on a même l'impression qu'il est projeter justement par le projeter.
JE crois malgré tout que la grand eforce du poème est la technique métrique, et les sonorités j'y vois pas de coup d'éclats, mais je n'y vois pas d'erreur gênantes.
C'est vraiment bien écrit, c'est vraiment un bon poème.
Je lirai la suite à coup sur, j'avie que le titre n'était pas encourageant pour venir lire.
mais je commente rarement les poèmes car y en a très peu que j'estime réellement mais en tout cas je t'estime en tant que poète à priori, si la suite confirme ce talent d'écriture.
Même si j'attendrais quelque chose de plus vrai, qui ne soit moins là pour l'écriture, pour la beauté, mais pour partager quelque chose.
mais encore félicitation.
J'ai lu les trois premiers poèmes et j'ai beaucoup aimé.
Tu manies très bien les mots et les images sont agréables.
J'écris moi-même modestement des poèmes et je serai heureux quand j'aurai atteint un niveau de maîtrise tel que le tien. ![]()
J'avais lu le truc à l'époque, et, ben, j'aime beaucoup les poêmes en séries, qui racontent une histoire, et ceux-ci sont trés bien, trés oniriques, suffisamment clair et suffisamment flou en même temps, avec une fin interessane, et une petite portée métaphorique.
Bref, j'ai grave kiffé. Un autre ![]()
Je n'ai que lu les trois premiers mais ils m'ont enchanté. ![]()
Wow ^^' Moi qui passais par hasard sur ce topic que je pensais totalement mort, eh bien... euh merci beaucoup à vous ^^' Je m'attendais pas à de telles réactions ^^' Désolé pour le titre, c'était juste histoire de décompresser par rapport à l'ambiance des poèmes, et aussi pour devancer quiconque avait l'ambition de faire un mauvais jeu de mot sur mon pseudo :P Mais du coup j'avoue que ça ne colle pas vraiment aux textes...
Evidance => Alors écris, écris, et écris encore ^^' Et surtout, trouve un thème qui t'inspire... Là, cette histoire de corbeaux m'a vraiment inspiré, personnellement, et la plupart des poèmes se sont vraiment écrits tous seuls, les rimes venaient sans y penser...
En tout cas je suis vraiment content que ça ait pu te toucher de la sorte !
Zech => Merci ^^ Je crois que je suis un peu comme toi, niveau exigence, entre clarté du texte et technicité, et du coup je suis assez sévère envers moi-même.
Pour les "ENT", j'avoue, il faudrait les prononcer, mais je trouve ça trop laid lorsque cette liaison est faite, du coup j'ai préféré l'ignorer... En général quand il y a une liaison vraiment moche, je trouve autre chose à la place, mais là j'aimais trop ce vers (L'histoire d'ombres) pour en changer les mots... Du coup j'ai laissé comme ça ^^'
Après il est vrai que je reste très souvent dans le mode "coupure à l'hémistiche", mais c'est parce qu'il est rare que je trouve des phrases coupées ailleurs qui sonnent bien. Du coup je me contente de ce qui me vient ^^
Enfin merci beaucoup !
TheBoss1606, hisloop et PurplebOu => Merci également ^^ Du coup je vais aller voir sur mon disque dur ce que j'ai d'autre qui traîne... Je ne les recopie pas tous sur pc, souvent je les écris en cours, quand je m'ennuie, histoire de m'évader un peu...
Bon en fait après une rapide rechercher, je n'ai rien sur mon pc qui me satisfasse de la même façon que le cycle du Corbeau. J'en mets un petit ici, qui a des défauts (dont un défaut de pied assez flagrant, mais la flemme de le corriger, là), et pour lequel je me suis également amusé à mettre des rimes à l'hémistiche, mais pas avec le même rythme que celles à la fin des vers.
Dans ses yeux hagards se promènent des ombres,
Donnant à son regard une vague lueur
De douloureuse attente et de profonde peur,
Une angoisse latente devant les décombres.
Ses pieds reposent, inertes, au milieu des gravats,
La grandeur de sa perte écrasant son esprit.
Ce qu'il avait gagné, la vie lui a repris ;
Il observe, hébété, le bonheur qui s'en va.
Des crevasses béantes parcourent les ruines
Qu'une main de géante semble avoir creusées,
Exhumant des objets détrempés par la bruine.
Ces souvenirs figés s'apprêtent à écraser
Les ultimes remparts sans qui seront ravis
Les vestiges épars de son goût pour la vie.
(Poème écrit pour Les Etoiles d'Encre, un projet d'écriture sur internet.)
I love it.
That's all.
Mayrci ^^'
Même si je ne passe guère par ici, un petit nouveau, tout récent, où j'ai essayé de faire un rythme un peu plus tordu que d'habitude, avec des phrases qui se finissent en milieu de vers... (Note : il faut lire les diérèses.)
Et peut-être la seule certitude en moi
Est de n'en plus avoir. La chimère étouffante
Du carcan d'illusions gémit, seule et souffrante,
De voir son ancien maître réduit à l'effroi.
Car que reste-t-il des bonheurs éphémères
Que sent l'insouciant, quand plus rien n'existe
En dehors d'une vague froide et un peu triste
Qui sans cesse renaît en puisant à la mer ?...
Les rivages glacés se ferment lentement
Aux saveurs de la vie et aux émotions
Qui s'étiolent, mourant en un rêve dément.
Et adns ce froid désert, las des déceptions,
L'idée que le plus vain est d'avoir une foi
Est peut-être la seule certitude en moi.
Bon l'avant dernier j'ai pas trop apprécié.
J'aime beaucoup le dernier par contre!
BOn corriger les fautes de frappes genre le "adns" pour le "dans".
Dommage que la pointe aux deux derniers vers soit ceci dit un peur un peu lourde.
Au final toujours aussi équilibré et bien écrit.
Maintenant j'aimerai bien avoir des poèmes plus léger, et plus concret moins sur des sentiments mais plus sur l'objet des sentiments. Je trouve que ca a plus d'intérêt et que les sentiments même doivent être là pour mettre avant tout en valeur l'objet.
Pour bien toujours avoir prise avec la réalité.