Yop,
Encore un EF oui, ce qui fait 2/26. Pour ceux qui étaient absents la dernière fois, les EF pour Entropic Files sont des textes ayant pour but de servir de background à un des plus grands récits de tous les temps, j'ai nommé Entropia. Les EF servent à expliciter des passages, des moments entre les chapitres ou avant les chapitres...
Bref, pour l'instant, c'est très flou et c'est très normal. Cela dit, chacun des 26 EF viendra clarifier les autres, et le tout sera rendu tout à fait clair avec Entropia.
Comme pour l'instant j'écris plus facilement les EF qu'Entropia, voilà
Enjoy ![]()
Into the Lake of ghosts
"Knee bent and head held low
Eyes closed against my foe
In prayer I sing on low
Answers to my last call
- My Dying Bride, Into the Lake of Ghosts -
Entropic file n°09.
File location : Inconnue (à déterminer en priorité)
PoS : 99.99%
— Alors c’est ça ?
La question n’en était pas vraiment une et, par conséquent, n’appelait pas de réponse. Matthieu se contentait de regarder l’homme, qui se contentait de regarder devant lui. En se concentrant sur les traits de son visage ridé et l’expression de ses yeux clairs – encore visibles pour quelques instants à la lueur déclinante du soleil – il pouvait presque imaginer les pensées qui l’agitaient.
Pas imaginer, entendre, résonna une voix dans sa tête. Il l’ignora, tant qu’il en avait encore le luxe.
Il fit face au Lac, enfonça les mains dans ses poches, et soupira.
— C’est ça, ouais. Bienvenue dans mon monde.
Cette dernière phrase lui avait semblé un trait d’esprit amusant. Ni l’un ni l’autre n’esquissèrent l’ombre d’un sourire.
L’autre, de marbre en apparence, se contentait d’observer le Lac, sa surface huileuse impénétrable, les feuilles automnales qui glissaient à la surface, les remous et clapotis causés par quelque poisson. Matthieu devinait une certaine pointe de déception ; sans doute son hôte s’était-il attendu à un paysage fantastique, un lac gigantesque d’un bleu azur sur lequel étaient amarrés d’imposants navires en forme de cygnes, avec peut-être un magnifique ciel ensoleillé et quelques arbres fruitiers bien verts pour parfaire le tableau. Au lieu de quoi il était là presque de nuit, face à une étendue d’eau assez quelconque sur laquelle n’étaient visibles que de petits insectes, et entourés d’arbres à moitié dénudés. Il tourna la tête vers leur gauche, épousa du regard la cabane aux planches disjointes et vermoulues, la petite table de jardin rouillée et recouverte de feuilles jaunes et marron, le débarcadère de béton qui s’avançait vainement dans le lac.
L’un dans l’autre, c’était plutôt glauque.
Pourtant, l’homme ne parvenait pas à dégager son regard de l’eau, de la cabane, de la forêt qui entourait l’eau et la cabane. Chaque fois que ses yeux quittaient un endroit pour un autre, ils revenaient s’y poser comme s’il était certain de voir quelque chose de nouveau, comme s’il avait une impression d’inachevé. En fait - Matthieu le savait pour l’avoir expérimenté – il devait regarder le Lac. Le Lac ne lui laissait pas le choix et, si le jeune homme n’intervenait pas pour le sortir de sa morbide fascination, il irait certainement s’y noyer.
Juste une minute.
— Il y a… quelque chose, dit le vieil homme. C’est comme… Je ne sais pas, une… présence.
— Vous la sentez ? s’étonna le jeune homme.
— Vous la créez ? rétorqua l’autre, ce qui les fit sourire tous les deux.
— Je crois, oui. Je crois que c’est un mécanisme de défense. Contre les intrus.
Le vieil homme leva un sourcil, plus curieux qu’effrayé.
— Restez près de moi, ça devrait aller.
Et comme il jugeait qu’il était temps de s’éloigner du Lac, il se dirigea vers la cabane, le vieil homme sur les talons.
Matthieu s’assit d’un côté de la petite table blanche, et fit signe à l’homme de prendre place sur l’unique autre chaise. Il balaya les feuilles mortes du plateau, prenant soin de ne pas toucher les deux tasses. La sienne contenait un thé d’une couleur sombre qui, couplé aux feuilles qui s’échappait du sachet, lui faisait penser à une version réduite du Lac.
— Merci pour le café, dit le vieil homme, les yeux soudainement inquisiteurs.
— Je vous en prie, répondit simplement le jeune homme, repoussant sa boisson devant lui. L’idée de boire quelque chose qui ressemblait au Lac lui donnait le vertige.
Il y eut un bref silence, troublé uniquement par le sifflement du vent dans les branches et le vieil homme qui sirotait lentement son café. Une mince fumée s’élevait de sa tasse sans parvenir à dissimuler l’éclat de son regard, toujours posé sur le jeune homme. Aucun de deux ne semblait vraiment savoir quoi dire.
— Il n’y a pas grand monde ici, observa le vieillard. J’avais cru comprendre qu’il y avait parfois des… visiteurs ? Invités ?
— Les gens ne font que passer, lâcha machinalement Matthieu.
Ca y’est, c’était sorti. Le fin sourire de son interlocuteur s’étira presque imperceptiblement, mais suffisamment pour que Matthieu comprenne qu’il avait compris.
— Vous êtes l’écrivain, dit-il.
Pendant un instant, le vent souffla plus fort, faisant cliqueter une cuiller contre une soucoupe. Dans la cabane, une porte claqua. Le vieil homme se tourna dans cette direction, sourit plus largement, et répéta :
— Vous êtes l’écrivain. Joli, le coup du vent.
— C’est pas moi. Le vent, je veux dire.
Nouveau silence flottant. La tasse, vidée de son café, retomba doucement sur la soucoupe, et le vent retomba tout court. Le vieil homme désigna du menton la boisson du jeune homme.
— Vous ne buvez pas votre café ?
— C’est du thé, répliqua Matthieu en poussant sa tasse vers l’autre. Je vous en prie.
Il la prit, sourit de nouveau et répéta, d’un ton triomphal et doucereux :
— Vous êtes l’écrivain.
— Vous êtes le Patriarche. Est-ce que j’en fais tout une affaire ?
Le vieillard interrompit brusquement son geste, la tasse s’immobilisant entre la table et son menton.
— C’est si évident que ça ?
L’écrivain s’approcha, sourit et murmura :
— Je vous ai écrit si souvent. Je sais beaucoup plus de choses sur vous que vous avez rêvé d’en savoir sur moi. Au fait, mes [EF] vous ont-ils plu ?
Le vieil homme hésitait ; son sourire avait disparu, et ses yeux s’étaient rétrécis. Quand il parla, sa voix était âpre et sèche.
— Peu importe maintenant, non ? Vous pensez que je suis mort, et je pense que vous êtes mort.
— Vous êtes plus mort que moi. Souvenez-vous où nous sommes. J’ai un pouvoir, ici.
— Vous ne nous avez pas amenés ici. Ca n’a rien à voir avec vous. Ca vous dépasse. Ca vous a toujours dépassé, n’est-ce pas ?
Matthieu soupira. Le fait qu’il puisse être mort ne lui avait que brièvement traversé l’esprit. Cela dit, c’était tout à fait plausible : le patriarche face à lui sans aucun soldat ni gamine dans les parages, Sebastian absent de la résonance, David invisible à ses pensées… Oui, tout compte fait, mort était l’hypothèse qui avait le plus de sens.
Quel gâchis ! D’accord, il avait contribué à emmener avec lui le Patriarche, ce qui était indubitablement une bonne chose, mais ça ne répondait pas à deux questions : à quel prix, et que se passait-il pour les autres ? Sebastian avait de grandes chances d’être mort, lui aussi, tout comme Zeppelin et cette femme aux cheveux blancs. Savignac ne comprendrait jamais ce qu’il avait à peine effleuré. Et David… Pitié, faites que David n’ait rien. Si seulement il avait pu écrire une dernière fois, ç’aurait été pour David. Le pauvre gosse en avait bien trop subi pour ne pas mériter une vie paisible, à tout le moins. Et Kay ?
— Merde, souffla-t-il.
Le Patriarche sourit.
Bon, j'ai un peu de temps à tuer, si bien que je vais lire, ou du moins commencer à lire ton texte.
Un début en anglais. tu connais mon opinion la dessus donc je ne vais y revenir, Par contre, j'aime bien le coup du fichier, un peu comme si on avait accès à quelque chose de très confidentiel. Cela dit, c'est peut être paradoxal, un rapport, qui serait écrit à la manière d'un récit ça ne colle vraiment pas. Mais bon ...
Les descriptions sont très bonnes, notamment celle du lac, où tu décris quelque chose par le mouvement, comme le clapotis des poissons, Le style est toujours très fluide, kingien.
Bon, le temps passe vite, je continuerai plus tard ...
Wow, j'ai lu, et j'ai vraiment trouvé ça chouette :D C'est ptête un peu dommage d'avoir l'impression d'arriver en plein milieu d'un truc bien compliqué et de ne finalement pas avoir plus d'explications que ça, mais bon, je n'en apprécie pas moins le style ! Surtout effectivement au début, la description du lac, du café, du thé, terrible ![]()
Le dialogue est assez sympa aussi, y a ptête un ou deux passages qui m'ont fait un peu bizarre, mais je ne saurais pas dire pourquoi...
Ah et puis, même sans faire attention aux fautes, je n'ai pas pu passer à côté de ça, vers la fin : "il prit se dernier" ^^'
Bon, j'ai lu.
Alors, le style... Ben, c'est le tien, quoi, minimaliste, sans trop d'effet, mais clair et concis. Je ne saurai pas trop quoi dire dessus, à part qu'à certain moment, je l'ai trouvé même un peu fade, lors du thé notemment, où j'ai eu un peu du mal à suivre. Mais sinon, naîce
Au niveau du scénario, ben je plains pas mal Grhyll et Ostra, parceque déja moi qui ai lu Lazarus Chapter (qui donne quand même pas mal d'indication), j'ai rien pigé au truc avec les personnages), alors pour les autres... Un peu plus de clarté serait pas mal, donc, ou alors tu nous résume quelque truc, car on va aps attendre des années avant de tout pouvoir comprendre, quoi :/
Voila, bon texte ^^
PS: Tu va le baiser, j'en suis sur, allez, un peu de courage ![]()
Merci à vous trois d'avoir lu
Ostra, c'est marrant parce que les deux choses que tu retiens (la citation en anglais et le "file") ont une justification, une vraie autre que de me faire simplement plaisir (j'étais pas censé te parler d'Entropia d'ailleurs y'a pas longtemps?). Enfin bref, les raisons en seront exposés dans Entropia.
Grhyll et Neg : bah comme déjà dit, les EF complètent les EF, donc je sais que pour l'instant c'est vague, mais ça finira par se clarifier. Et puis, je peux pas balancer 26 textes d'un coup^^
"PS: Tu va le baiser, j'en suis sur, allez, un peu de courage
"
Là par contre, j'ai pas pigé:/
Moui...j'ai trouvé le début confus, entre ton "vieil homme" et "jeune homme" qui semblent parfois être assigné à l'un des personnages, parfois à l'autre. Mais bon, on va mettre ça sur le compte de ma stupidité.
Et sinon, bah...rien à dire, hein. C'est agréable, bien écrit, toussa... Awaiting the next files, comme toujours, vu que là, c'est quand même une brume assez épaisse pour empêcher un nombriliste de se voir dans son cher miroir...^^
Merci Az ![]()
Les prochains EF devraient permettre d'en savoir plus sur les personnages.
Et le prochain est programmé pour quel mois?
(mais bon, tu sais déjà que j'attends avec bien plus d'impatience l'Untitled.
)
L'Untitled bloque un peu, j'attends le déclic qui me fera le terminer.
Les EF j'en ai deux en tête, le 1er devrait arriver dans un délai raisonnable^^
Bravo, pas mal du tout. Je n'avais pas pris un tel plaisir à lire ainsi depuis un bon moment.
Merci mon yoyo ![]()
Juste pour te faire plaisir:
WAAAAW! Comment que c'est trop GENIAL!
Tu es un vrai Dieu
Plus qu'un Dieu même, tu es l'essence même de l'écriture, la quintessence de l'écrivain
Je te n'aime très fort
![]()
Va réviser ton bac, tu diras peut-être moins de conneries ![]()