Je pensais trouver en nos étudiants en littérature des idolâtres des vieilles croûtes du quai Conti ainsi que des défenseurs acharnés de la langue et de la culture française c’est-à-dire du pinard, du saucisson, de l’antisémitisme et surtout de cette amusante tendance à se flageller, héritée de Montaigne, qui nous fait considérer toute personne aimant un tant soit peu son pays comme un lepéniste membre du Ku Klux Klan et pour le retour de l’Inquisition. J’ai pourtant du constater mon erreur. C’était au lendemain de la mort du regretté Julien Gracq, homme discret s’il en fut et qui sut le rester dans la mort en succombant des suites d’un malaise sans prétention. Ces scribouillards imposteurs, adeptes de la feuille pompeuse et qui poussent parfois la veulerie jusqu’à considérer Marc Lévy comme un écrivain, avaient osé tagger (à la craie, s‘il vous plaît) sur un mur du lycée et dans l’immonde langue estrangère des anglois : « Gracq is alive. » Pour moi qui les tenait en quelque estime, ce fut une lourde désillusion, ou comme on dit en bon français : ça fait mal au cul. Et comme chacun sait : bien mal au cul ne profite jamais.
Ces barbares anglophiles, ces lâches démissionnaires du verbe haut avaient préféré le braillement nasillard des anglo-saxes à la superbe langue de leurs ancêtres, langue sans laquelle ni Maréchal, nous voilà ni la digue du cul (encore lui) n’auraient existés. Rendez-vous bien compte que seule la langue française à su nous apporter, au fil des siècles et malgré les techniques de pointe en usage dans l’enseignement, des écrivains que le monde entier nous envie, tels Bernard-Henri Lévy et Michel Houellebecq pour ne citer que les victimes encore en vie de la pédagogie franco-marxiste. Quelle pusillanimité, quelle couardise décérébrée d’adolescent ataviquement acquis à la sous-culture mondialement dominante a pu pousser ces Jean-Paul Sartre de caniveau à rendre hommage à Julien Gracq par un répugnant anglicisme ?
A chaque fois que je vois un slogan hâtivement gribouillé sur un mur par un jeune contestataire s’imaginant qu’il va inspirer des prises de conscience et des réflexions métaphysiques aux passants qui s’en foutent du moment qu’ils ont pas froid aux genoux, je ne peux m’empêcher de me faire cette réflexion : l’anglais, loin de l’exubérance française, est une langue à slogan, une langue à raccourcis pour les foules bêlantes de suiveurs ahuris. D’ailleurs, j’en parlais dernièrement à un américain.
« - N’avez-vous point honte, lui disais-je, de parler un langage aussi laid ? Un langage de raccourcis, de condensé de bêtise humaine c’est-à-dire d’humanité ? Ne préféreriez-vous pas parler une langue chantante, une langue mélodieuse, une langue… latine ?
- Parlez vous allemand ? me demanda-t-il en guise de réponse. »
N’ayant jamais trouvé quoi que ce soit de remarquable et encore moins de beau dans la langue germanique, sa question me laissa interloqué.
« - Non, lui fis-je.
- Et bien c’est grâce à nous, me répondit-il. »
Hu-mi-lié.
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Je pense que, cette fois, j'ai évité de trop pomper sur l'ami Desproges, pour lequel j'ai une admiration sans borne. Je me rends compte après avoir écrit cela que ce texte ne devient drôle que lorsque l'ironie est soulignée par le ton exceptionnel de Pierre Desproges. Dites-moi tout de même si c'est agréable à lire. ![]()
Bon, je connais pas Desproges (oui, je suis un barbare inculte et je souille ton topic, je devrais même pas poster je le sens), donc forcément, mon avis doit pas valoir grand-chose.
En tout cas, j'avoue que certaines pointes sont sympas, et oui c'est pretty agréable à lire, surtout que tu manies quand même bien la langue j'ai l'impression.
Et la chute est très, très bien trouvée. ![]()
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C'est en buvant une goutte d'eau que l'on se rend compte de sa soif.
"L'homme choisit, l'esclave obéit." (Andrew Ryan)
La dernière fois que j'ai lu un de tes textes (je crois, mais on doit pas être plus de trois à apprécier suffisamment Desproges ici), j'avais justement envie de dire que c'était dommage que tu aimes Desproges ; c'était assez difficile de dire si tu avais vraiment un bon style et étais doué, ou si c'était juste de la repompe. J'aurais dit 50/50 je pense.
Bah là, c'est mieux. On voit toujours l'influence du maitre (ah, les phrases de trois pieds de long, ça me rappelle les réquisitoires), mais plus lointaine, t'arrives un peu plus à t'en détacher, ce qui est loin d'être mal. Et donc, maintenant, je peux dire que oui, tu manies plutôt bien le français (c'en est parfois limite vexant^^).
Après comme tu dis, ça manque peut-être d'une bonne couche d'ironie desprogienne, ou peut-être que c'est parce que le sujet ne m'interpelle pas autant que toi (j'ai tendance à like english), mais tu t'en sors bien.
Je t'ordonne de continuer ![]()
Merci beaucoup pour ton avis.
Cette fois j'ai essayé de prendre un peu plus de distance avec Desproges. En fait j'ai surtout évité de lui repomper des blagues. Mais son style inspiré reste quand même une référence à laquelle je voudrais coller le plus possible, même s'il est vrai qu'à marcher dans les pas d'un autre, on finit par ne pas laisser de traces. ![]()
Vu que je me rappelais plus de toi/que je ne te connais pas, j'ai cru à un vague fake ayant posé le texte original en essayant de se faire passer pour l'auteur. Voilà, ça servait à rien de le dire, mais vu que t'as l'air d'avoir de bonnes références, je lirais très probablement ton texte. Dès que j'aurais récupéré le net d'une façon plus licite.
Sur ce ![]()
La fin elle est vraiment marante !
Par contre si tu veux mon opinion de newbish, je trouve un peu lourd le texte par endroit,enfait j'imagine que si je serais un peu (sinon beaucoup) plus cultivé sur la littérature francaise,j'aurais su plus apprecier le texte .
Je trouve que ton texte n'a pas réussi à rendre le francais mélodieux,comme tu le dit
. C'est tout ce que j'ai remarqué,car pour le reste,je ne vois que du talent et un très bon maniement du francais . ( Comme cité 2 post plus haut )
Sinon bravo,devant toute supériorité je m'incline .
N.B - Pour le C cédille dans le mot Francais désolé de ne pas le mettre,j'trouve pas la touche -.-... et je sais pas non plus comment écrire Cédille XD .
Très divertissant, un bon niveau de langue, et une bonne maîtrise du français, ça fait du bien de lire.
Juste une question me turlupine: serais-tu capable de tenir un ouvrage entier avec ce ton dégagé et cette maîtrise particulière?
J'ai bien aimé, même si c'est un peu court.
Beaucoup aimé la chute
Elle brise parfaitement avec la lame ironique le ton faussement impérieux du texte, et cela pour le meilleur. Je connais mal Desproges mais j'ai surtout senti la référence avec le "proverbe" "bien mal au cul ne profite jamais" qui m'a fait sourire. La langue est parfaitement maitrisée et le ton du réquisitoire parfaitement manié.
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"Je pense que, cette fois, j'ai évité de trop pomper sur l'ami Desproges"
dès les premières lignes je me suis dit "tiens, un texte de Desproges" 
Lu. Et ça m'a fait ni chaud ni froid. Le français est certes bien maitrisé mais un peu trop lourd à mon gout. J'aime pas les phrases longues pleines de mots plus ou moins compliqués, c'est vite lourd je trouve. Sur un texte court comme celui-ci, ça va, mais je pourrais pas lire un ouvrage entier dans ce style...
Et je n'ai pas souris une seconde. Je suis pourtant une sacrée aficionados de l'ironie et du cynisme... (Sinon, Desproges, je connais vite fait mais jamais pris le temps de m'y intéresser vraiment.)
Enfin bref, c'est bien écrit, bien maîtrisé et ça en fera certainement sourire plus d'un mais moi, je n'ai vraiment pas accroché...
Court, précis, concis, superbement écrit, langue maîtrisée à merveille, et surtout drôle. Comme mon commentaire
J'aime beaucoup^^
Bon texte, je dois avouer que je n'ai pas autant de vocabulaire
La Fin m'a bien fait sourire... Foutus Amerloqs... Sans eux, on parlerais le Germanique.. Mais sans nous, le Drapeau a étoiles, ils auraient pu se le mettre... M'enfin ![]()
Par contre, je connais certaines personnes de ma région qui aurait peut-être préféré ne pas les voir débarquer ces foutus amerloques =/
Par contre, je connais certaines personnes de ma région qui aurait peut-être préféré ne pas les voir débarquer ces foutus amerloques =/
-aurait ==> auraient
-préféré ==> préférés (désolé pour l'oubli
)
Kessecé ce mec qui poste sur deux topics, et qui est là juste pour faire chier le monde?
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C'est en buvant une goutte d'eau que l'on se rend compte de sa soif.
"L'homme choisit, l'esclave obéit." (Andrew Ryan)
J'ai l'impression. Et puis ta deuxième correction est totalement hors de propos.
Le droit aux fautes d'orthographe restera toujours le plus utile aux étudiants... Et je le revendique!
Effectivement, j'avais omis de commenter ton 2ème texte.
Que dire sinon que c'est le meilleur des 3.
Certes, ce n'est pas hilarant, mais c'est parfaitement dans le ton des Chroniques de la Haine Ordinaire, qui portent moins à la gaudriole que les réquisitoires.
et certaines phrases sont parfaites dans leur concision et leur fluidité :
"C’était au lendemain de la mort du regretté Julien Gracq, homme discret s’il en fut et qui sut le rester dans la mort en succombant des suites d’un malaise sans prétention."
Continue comme ça, tu tiens le bon bout
(mais par contre, as-tu lu Houellebecq avant de le mettre dans le même panier que Henri-Lévy ? parce que c'est quand même vachement bon, et même parfois drôle, notamment La Possibilité d'une Ile)
Maiiis c'est bien l'allemand ^^'
(Bon d'accord, ce n'est pas le sujet du texte, mais c'est frustrant, quoi, comme chute ^^')