Bonjour à tous. ![]()
Me voici avec le début de ma nouvelle fic : Les Anges du Renouveau.
Ce n'est que la première partie, mais elle est déjà suffisamment longue je pense.
Je poste pour l'instant simplement le prologue, en espérant qu'il vous donnera envie de lire la suite (même si, évidemment, on ne peut pas juger sur un passage si court, j'en suis conscient, mais je ne veut pas attaquer directement par un énorme pavé
).
Je mettrait ensuite le début de l'histoire dans les prochains jours, assez rapidement je pense (histoire de lancer l'histoire, si je puis dire).
Bref, bonne lecture (j'espère)
.
Les Anges du Renouveau : première partie.
Prologue
Au début il n’y avait rien, le néant régnait en seul maître. Puis vinrent les Anges. De leurs mains divines, ils firent jaillir le monde des brumes, le façonnant peu à peu à leur guise. Lorsqu’il fût prêt, ils y semèrent les graines de la vie. Les arbres germèrent et crûrent tandis que de jeunes animaux voyaient le jour. Et, au centre de ce berceau, les Anges donnèrent la vie à l’humain. Ils le guidèrent dans ses premiers pas, car leur souhait était de voir les humains heureux et paisibles. Ils prodiguèrent leurs divins conseils, menant les Hommes sur le chemin des merveilles qu’ils avaient tracé pour eux.
[…] Des siècles passèrent ainsi, les hommes vivant unis sous la tutelle des Anges, nageant dans le bonheur, et jamais on ne vit jours plus radieux.
[…] Puis vint le Jour de Malheur. Les Anges assemblèrent Le Peuple dans la grande plaine d’Irria Sementi. Jamais plus on ne vit si grande assemblée. Les cœurs étaient lourds, car le ciel était sombre, ce qui n’avait jamais été auparavant. Du haut d’une colline, afin que tous puissent les voir et les entendre, les Anges annoncèrent leur départ. Aucune parole n’aurait pu provoquer plus grande peine, et pendant de longues heures nous les suppliâmes de ne pas nous abandonner sous le ciel ténébreux. Mais eux aussi pleuraient, ayant pitié de nous et regrettant de devoir nous abandonner.
-Nous sommes contraints de quitter ce paradis que nous avons façonné pour vous, dirent-ils, mais n’ayez crainte, nous continuerons de veiller sur vous.
Alors ils dictèrent leurs conseils et leurs visions de l’avenir, afin qu’en leur absence nous ne nous égarions pas du chemin du bonheur. Pendant de longues heures ils parlèrent, et pendant de longues heures nous écoutâmes, notant leurs moindres mots, créant ainsi l’Emeticum, le livre saint qui contient la parole des Anges. Alors, après un dernier salut, ils s’élevèrent et disparurent dans les cieux, un unique rayon de soleil les éblouissant.
[…] Les jours qui suivirent furent les plus sombres de l’humanité. La lune ne céda sa place au soleil durant un cycle tout entier. Les hommes pleurèrent, car nous étions vulnérables sans leurs ailes protectrices.
[…] Nombreux furent ceux qui se détournèrent de l’Emeticum. Ils partirent vers l’ouest et le sud, d’autres s’embarquèrent et voguèrent vers le nord, dans l’espoir de retrouver les Anges sur une terre lointaine. Ce jour fût celui de la Séparation, et jamais plus à l’avenir les hommes ne se réunirent tous ensemble.
[…] En ce jour fût créé le Sacre, rassemblant ceux qui se fiaient à la parole des Anges. C’est depuis cet instant que nous prions chaque jours avec plus de volonté et de détresse, afin que nos bien-aimés protecteurs entendent notre appel et reviennent vers nous. Car il est dit dans le Texte que lorsqu’ils reviendront, ils transformeront le monde afin de le faire ressembler au paradis de leurs rêves. C’est pourquoi nous les nommons les Anges du Renouveau.
![]()
![]()
Première partie :
-La menace est-elle vraiment sérieuse ?
La reine s’appuya contre le dossier du trône, son air grave montrant son inquiétude pour le bien de l’empire et de ses sujets. Debout face à elle se trouvaient un capitaine de l’armée et un messager arrivé le matin même. Sur les cotés se tenaient les cinq conseillers de la reine, quatre qu’elle avait elle même nommés, et l’envoyé du Sacre, le prêtre Ivan Théranov.
-Il se pourrait Majesté, répondit le capitaine Slavick. Il est encore trop tôt pour se prononcer là dessus, ces gens ne sont pas des plus prévisibles, mais étant donné la tournure que prennent les événements, l’hypothèse d’une attaque n’est pas à exclure.
-A-t-on une estimation de leurs forces ?
-C’est également difficile à déterminer, d’autant plus que d’autres clans se joignent encore à celui de Shermar, augmentant la taille de son armée. Bientôt, ils seront assez nombreux pour s’en prendre à nos frontières de l’ouest, si ce n’est déjà le cas.
La reine garda le silence pendant une minute.
-Je vais y réfléchir, dit-elle finalement. J’en reparlerai demain avec mes conseillers.
Ces derniers s’inclinèrent, de même que le capitaine Slavick et le messager, et tous sortirent, laissant la reine seule avec les quelques gardes présents dans la salle.
Yoran la regarda pendant qu’elle était plongée dans ses pensées. Lydianne II, souveraine de l’empire d’Errior, veuve de feu le roi Grégory le Huitième, mort dix mois plus tôt d’une maladie rare mais virulente. Si son défunt mari avait presque la quarantaine, elle même n’avait que deux ans de moins que Yoran, qui lui allait avoir trente et un ans à l’automne prochain. C’était une femme assez belle, même si la mort du roi avait quelque peu assombri ses traits. Elle avait une belle chevelure noire bouclée, des yeux de saphir, des lèvres minces qui s’étiraient rarement en sourire depuis qu’elle avait hérité du trône. Elle était calme et réfléchie, écoutant toujours les conseils mais sachant se montrer ferme lorsqu’elle avait pris sa décision.
Lui même, Yoran, était un homme au physique assez commun. Grand, musclé, les cheveux courts, les yeux foncés, un visage assez carré, le menton rasé de près, fier dans son armure de soldat au service de sa bien aimée reine. La tête de félin argentée sur son tabard noir montrait son appartenance à la Garde, un corps de cent hommes constituant la protection rapprochée de la famille royale, mais qui étaient envoyés régulièrement en missions spéciales. Ils ne répondaient qu’aux ordres de la reine et ne rendaient de comptes qu’à elle. Yoran était le capitaine de ces cent soldats, nommé par le roi à peine trois mois avant son décès. Depuis, il avait su s’attirer la confiance de la reine Lydianne, car il était fidèle à l’empire et efficace dans son travail.
Sortant de ses pensées, la reine se leva. Yoran s’avança, attendant ses ordres.
-Fais envoyer un message au commandant d’Ergomar, dis lui d’envoyer des espions plus loin dans les terres de l’ouest, voir comment ça se présente. Qu’il demande également au seigneur Guern de tenir ses soldats prêts, au cas où. Ensuite tu pourras disposer.
Yoran s’inclina, attendit que la reine soit sortie avant de partir à son tour. Il traversa les longs couloirs du château pour arriver dans la cour. De là, il se dirigea vers les écuries. Juste à coté de celles-ci se trouvaient les logements des messagers. Il entra et transmit les ordres de Sa Majesté à l’un d'eux qui écrivit rapidement les consignes à donner au commandant sur un parchemin avant d’aller seller un cheval pour partir dans l’immédiat. Cela fait, Yoran alla vérifier que chacun de ses hommes étaient bien à leur poste (il n’en doutait pas, mais le faisait par soucis du devoir), s’occupa de faire relever ceux qui le devaient, puis, seulement, il se rendit à la taverne près du mur d’enceinte. C’était un endroit réservé aux soldats, où ceux ci pouvaient boire un coup pour se détendre tout en restant à la disposition de la reine en cas de besoin.
A peine était-il entré qu’il entendit une voix familière l’appeler.
-Hé, Yoran !
D’une table à droite, un homme au crane rasé lui faisait signe.
-Morrow ! Où est-ce que t’étais passé ? Ca fait bien un mois que je t’ai pas vu ! s’exclama Yoran en tirant une chaise.
Avant de répondre, l’intéressé fit signe à la serveuse d’apporter une autre choppe.
-J’étais chez l’Amrraïn Delkaan.
-Delkaan ? Il dirige quel Amrra ?
-Frossnoldt, au sud, près des Montagnes des Aigles. Il avait demandé l’aide de l’armée royale à cause d’une bande de brigands qui se cachait dans les montagnes.
-On t’a envoyé là bas pour quelques bandits ?
-Ils étaient quand même près d’une centaine.
-Et alors ? Ses propres soldats pouvaient bien faire l’affaire.
-Encore faudrait-il qu’il en ai. Les nobles de cette région ont tendance à réduire la taille de leurs armées. Que pourrait-il bien leur arriver ? A l’est il y a la mer, et des autres cotés, tout le reste de l’empire ; le Vern’Sratrom au sud et le Vern’Tellmir au nord et à l’ouest. L’armée ne sert qu’à parader là bas. Ca fait des années que Delkaan a presque fait disparaître la sienne, il ne reste plus que sa petite garde d’honneur pour les rares fois où il déplace son gros ventre, et quelques gardes en ville pour arrêter un petit voleur de temps à autres.
-Je croyais que les seigneurs de l’empire aimaient entretenir une armée pour se sentir plus importants qu’ils ne le sont.
-La plupart oui, mais Delkaan n’a pas ce genre du prétentions. Du moment qu’il a de bons festins dans sa superbe demeure, ça lui suffit. Mais voilà qu’une bande d’hors-la-loi vient déranger Sa Seigneurie en pillant les fermes et les petits villages aux pieds de la montagne avant de se réfugier dans les hauteurs ! Il a donc fait appel à l’armée royale et nous a prié de mettre rapidement un terme à tout ça, les plaintes des victimes l’agaçant fortement.
-Et il t’as fallu un mois pour stopper une bande de brigands ?
-Hé, c’était pas si simple, se défendit Morrow, ils se planquaient comme des rats dans tout les trous qu’ils pouvaient trouver dans la roche, on a eu du mal à les débusquer tous, surtout que certaines cavernes ont plus d’une sortie. Et toi donc, qu’as tu fais pendant ce temps ?
-Tu sais très bien ce que j’ai fait, répondit Yoran avec un sourire. J’ai veillé sur la reine.
-Ca fait un bout de temps qu’on ne t’a pas confié de mission plus passionnante.
-Oui, mais bon, ma tâche première est tout de même de garantir la sécurité de Sa Majesté.
Il y eut un instant de silence, durant lequel chacun sirota le contenu de sa choppe.
-Alors, qu’est-ce qui s’est passé à la cour depuis mon départ ? reprit Morrow.
-Rien de particulier, mis à part les nouvelles que l’on vient de recevoir à propos des clans Hadronir.
-Les barbares ? Qu’est-ce qu’ils ont fait ?
-Pour l’instant rien, mais ça pourrait venir. Depuis quelques temps l’un des clans prend de plus en plus d’importance, et s’il continue comme ça on pense qu’il pourrait s’en prendre à notre frontière.
Morrow secoua la tête.
-Ca fait au moins soixante ans que les Hadronirs ne se sont pas risqués à nous attaquer. D’ailleurs, même s’ils revenaient, ça serait pour se faire massacrer encore une fois. A croire qu’ils aiment ça.
Yoran se mit à rire.
-Peut-être bien. Mais si on ne fait pas attention, on pourrait avoir plusieurs villes pillées avant qu’on ne les arrête. Autant éviter les pertes.
-C’est certain. Qu’est-ce qu’on sait sur ce clan?
-Il s’appelle La Hache Sanglante – un nom parfaitement inscrit dans la culture Hadronire – et son chef s’appelle Shermar.
-Shermar ? C’est pas le nom du fils d’Hadronis, celui qui a donné son nom à son peuple il y a plusieurs siècles.
-Si. On ne sait pas trop si le chef de La Hache Sanglante s’appelle vraiment ainsi ou s’il a pris ce nom quand il a commencé à étoffer sa puissance ; toujours est-il que c’est sous ce nom qu’il se fait désormais connaître.
-Ca en dit long sur ses intentions.
-En effet. Il a déjà abattu plusieurs chefs d’autres clans, ce qui lui en a donné le contrôle.
-On va sûrement bientôt bouger vers l’ouest alors si je comprend bien.
-Pas si tôt que ça. D’après les estimations, il n’a pas encore une force suffisante pour être une menace. S’il veut vraiment s’en prendre à nous, il va lui falloir encore un bout de temps pour rassembler d’autres clans. Et après il faudra qu’il les prépare pour un assaut.
-Ca nous laisse le temps de faire bouger nos propres Seigneurs grincheux, qui vont d’abord passer des jours à débattre à la cour avant d’envisager lever leurs armées, dit Morrow en riant.
![]()
Yoran parcouru l’allée bordée d’arbustes qui menait à la bibliothèque. Celle-ci se trouvait dans un bâtiment à part, séparée du reste du palais par un jardin bien entretenu où de nombreuses personnes aimaient se promener les jours de beau temps. La bâtisse était plutôt imposante, car on y trouvait non seulement la deuxième plus grande bibliothèque de l’empire – après celle du Grand temple du Sacre à Aroma – mais aussi plusieurs salles d’études où de nombreux professeurs enseignaient aux enfants de familles aisées des environs. Dans d’autres salles encore de nombreux archivistes recopiaient sans cesse d’anciens ouvrages que le temps menaçait et se chargeaient également de consigner toutes les nouvelles connaissances et d’organiser l’indexation des ouvrages.
Le capitaine de la Garde passa la porte en chêne et traversa le hall pour se retrouver dans une immense pièce circulaire. Le mur tout autour était couvert d’étagères elles-mêmes remplies de livres. Le centre était occupé par de longues tables où une quinzaine de personnes lisaient et écrivaient. Au dessus de lui, il pouvait voir deux balcons en pierre l’un au dessus de l’autre faisant tout le tour de la salle où se trouvaient d’autres étagères et d’autres tables. En levant les yeux vers le plafond, il voyait le ciel et le soleil à travers un dôme fait d’or et de verre. Il y avait trois couloirs donnant sur les autres parties du bâtiment : deux d’entre eux menaient aux salles d’études, tandis que le dernier permettait d’accéder à l’aile des archivistes.
Yoran fit le tour des étagères, essayant de trouver un titre intéressant sur les reliures de cuir. Il venait régulièrement ici, la lecture étant pour lui un merveilleux moyen de détente. Alors même qu’il pensait avoir trouvé un bon ouvrage, il entendit des bruits de dispute venant du couloir à sa gauche, qui débouchait quelques mètres plus loin sur les salles de travail des archivistes. En poussant un soupir, il reposa le lourd volume afin d’aller voir ce qu’il se passait.
Maître Richard, l’un des plus vieux archiviste de la bibliothèque, se trouvait dos à une double porte, avec face à lui trois individu de grande taille – des gens de la ville vu leurs vêtements – assez musclés. Malgré leurs carrures, le vieil homme ne semblait nullement impressionné.
-Je suis navré messieurs mais je ne puis faire cela pour vous. Maintenant veuillez vous en aller. Ha ! Capitaine ! fit signe Richard en voyant Yoran s’avancer.
Les trois hommes se retournèrent. Leurs visages faisaient un peu rustres, mais dans le fond assez dangereux.
-Que se passe-t-il Richard ?
-Ces messieurs insistaient lourdement pour que je les laisse consulter certains ouvrages de la bibliothèque royale. Je leur ai dit qu’il fallait absolument une autorisation, et qu’elle était rarement accordée, mais ils voulaient malgré tout me convaincre de les laisser passer.
Yoran les fixa tour à tour ; aucun ne parla.
-Vous avez entendu Maître Richard : vous devez demander une autorisation spéciale avant de vous présenter ici. Maintenant je vais vous demander de partir, à moins que vous ne vouliez des ennuis.
Les trois hommes lui jetèrent un regard noir, ainsi qu’a l’archiviste, mais ils s’en allèrent finalement sans dire un mot.
-Il y a de ces têtes de mule, vraiment… maugréa le vieil homme.
-Qu’est-ce qu’ils voulaient chercher dans la bibliothèque royale ?
-Aucune idée. D’ailleurs la plupart des livres sont très vieux et sont écrits en Ancienne Langue, que personne ne parle aujourd’hui ; quant aux autres, ils retracent surtout l’histoire de la famille royale et de l’empire, ainsi que quelques ouvrages un peu plus bizarres, parlant de prophéties idiotes et de légendes presque oubliées. Je ne vois vraiment pas ce qu’ils pourraient convoiter là dedans.
Yoran secoua la tête.
-Bien. S’ils reviennent vous importuner, prévenez moi, je les enverrais quelques jours aux cachots pour leur sortir cette idée de la tête. Au revoir Maître Richard.
Revenant dans la grande salle, Yoran reprit son livre et s’installa à une table. L’ouvrage retraçait l’histoire de la fondation de l’empire quelques sept siècles plus tôt. Sur les premières pages s’étalait une carte complète de l’empire. Celui-ci était bordé par la mer de l’Est, par la mer d’Obsidienne au nord et par les montagnes à l’ouest, ne s’ouvrant largement que sur le Ghascor, un pays au sud de l’empire. A l’ouest, seule l’étroite vallée de Lorgarr permettait d’accéder aux Terres Sauvages, occupées par le peuple Hadronir. La vallée était coincée entre les Monts Fourchus au sud et les Marches des Titans au nord, montagne qui doit son nom à sa face orientale qui fait apparaître plusieurs escarpements les uns au dessus des autres, une légende prétendant qu’il s’agit d’un escalier utilisé aux temps jadis par les Titans pour gagner les cieux. La frontière sud avec le Ghascor était marquée seulement par le Loggi, un fleuve qui partait du grand lac de Tombruine, niché dans un énorme creux à l’endroit le plus large des Monts Fourchus, et s’écoulait vers l’est jusqu’à la Baie d’Argent où il se jetait dans la mer. Un peu au nord de la Baie, les Montagnes des Aigles partaient du bord de la mer et allaient sur quelques centaines de kilomètres vers l’ouest. En continuant dans cette direction et en descendant un peu vers le sud, on tombait sur les Grandes Forêts, moins étendues aujourd’hui à cause de la coupe du bois et du peuplement de la région. En poursuivant encore vers l’ouest, on arrivait à l’endroit où les Monts Fourchus se séparaient en deux bras vers le nord, d’où leur nom, encadrant la Gorge des Reclus au fond de laquelle se nichait la très vielle forteresse de Carr Amorn. Au nord de la Fourche s’élevait la forteresse d’Ergomar, dressée aux pieds des Marches pour garder la vallée de Lorgarr.
La construction de l’empire a commencé à partir de l’ancien royaume d’Hedorr. Ce dernier s’était établi entre les Montagnes des Aigles et la Baie d’Argent, ce qui lui avait valu une certaine tranquillité qui l’avait aidé à prospérer. En effet, à l’ouest se trouvaient les Grandes Forêts et des terres peu peuplées à cette époque, et les Seigneurs du Nord étaient tous occupés à se battre entre eux. Ainsi le royaume d’Hedorr, dans son coin, ne fût guère dérangé et se développa d’avantage. Sa capitale, Remna, était la plus grande ville que l’on pouvait admirer. Sous le règne de Girian le Sixième, le royaume étira ses frontières, d’abord vers le sud-ouest, ce qui ne prit guère de temps car seuls quelques peuples simples vivaient là, puis il mena ses armées vers le nord puis l’est, contournant les Montagnes des Aigles. Il écrasa les Seigneurs qui se trouvaient là, affaiblis par leurs guerres et chacun ayant dû se défendre seul, les autres refusant catégoriquement d’apporter toute aide à un rival. Ainsi, à la mort de Girian, le royaume englobait toutes les terres autour des Montagnes ainsi qu’une partie de celles au sud des Grandes Forêts. Trois ans avant sa mort, Girian s’était proclamé Premier Empereur et s’était établi dans la cité de Frossnoldt. Son successeur, Grégory le Troisième, continua l’œuvre de son père et il fonda la cité de Sidenym dans les plaines d’Irria Sementi au nord de Frossnoldt, qui est depuis lors la capitale de l’empire d’Errior. Son neveu lui succéda sur le trône et lorsque ce dernier mourut, l’empire avait la moitié de sa taille actuelle, s’étendant à l’ouest jusqu’au Giron, une large rivière qui coulait des Montagnes des Aigles vers l’ouest avant de bifurquer vers le nord pour se jeter dans la mer d’Obsidienne.
Pendant un temps l’expansion de l’empire stoppa, car il fallait aménager tout ces nouveaux territoires et que les Seigneurs encore invaincus avaient finalement laissé de coté leurs querelles pour se regrouper au sein d’un même royaume qu’ils baptisèrent Derokar. Ainsi rien ne se passa pendant près de soixante-dix ans. Ensuite, les bannières de l’empire se levèrent de nouveau et une guerre sanglante éclata avec le royaume de Derokar. Mais malgré leur vaillance, les anciens Seigneurs du Nord ne pouvaient lutter contre la puissance de l’empire. Lorsque la moitié des territoires qui leur restaient fût conquis, ils se rendirent et devinrent les premiers Amrraïns. L’empire acheva alors d’occuper les terres au sud-ouest pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. Bien que cette conquête ait pris fin des siècles plus tôt, on distinguait toujours deux parties au sein de l’empire. Le Vern’Sratrom regroupe toute la moitié sud, dont l’ancien royaume d’Hedorr et est dirigé par la ville de Remna. Les territoires pris aux Seigneurs du Nord s’appellent le Vern’Tellmir. Celui-ci est divisé en de nombreux Amrras, chaque Amrraïn dirigeant ses terres plus ou moins comme il le souhaite tout en restant un vassal de l’empereur.
Yoran reposa le livre et laissa échapper un bâillement. Il avait lu une grande partie de l’histoire de l’empire et la nuit tombait. Il quitta la bibliothèque, se rendit au mess pour le repas du soir, même s’il n’avait pas très faim, et monta à sa chambre située non loin des appartements royaux. Avant de s’endormir, il jeta un œil vers le ciel au travers de la fenêtre et, repensant à sa conversation avec Morrow, il se demanda si le destin allait bientôt mettre un peu de mouvement dans sa vie qui était devenue trop monotone à son goût.
![]()
![]()
Comme d’hab, prends que ce qui t’intéresse, je fais que donner mon avis si t’es pas d’accord il est suggéré de conserver ta version et de t’en foutre.
Prologue :
« Puis vinrent les Anges. De leurs mains divines […] leurs divins conseils »
Question de vocabulaire ici. Si tu introduis la notion d’anges, ils ne sont pas divins, mais… angéliques ! (duh.) par conséquent l’épithète ne convient pas.
« Les arbres germèrent et crûrent tandis que de jeunes animaux voyaient le jour. »
L’action lente étant germer et croire, et l’action rapide étant voir le jour, la logique te dicte le contraire. Mais si c’est un effet de style il n’y pas de problème.
« menant les Hommes sur le chemin des merveilles qu’ils avaient tracé pour eux. »
That’s quite lourd. Trois fois de suite la répétition de la notion de cheminement, tu guides le lecteur un peu trop précisément sur la ligne du chemin que tu traces avec ton texte
« le Jour de Malheur »
Quitte à assumer ses clichés autant mettre le Jour Maudit, là on dirait un juron^^
« nous les suppliâmes de ne pas nous abandonner sous le ciel ténébreux. »
T’as pas fait intervenir de narrateur auparavant, c’était les hommes. Du coup on se demande un peu d’où nous sortons.
« nous ne nous égarions pas du chemin »
J’aime pas trop l’idée de « s’égarer du chemin », je la trouve semi-française à tendance non-française.
« créant ainsi l’Emeticum »
Un texte religieux ne contiendrait pas la notion de création dans ce contexte, parce que c’est une notion sacrée réservée aux dieux / aux anges. Comme ce sont eux qui dictent, les humains présents ne font que transmettre ou transcrire ou quelque chose du genre. Créer, produire tout ça, ça contient la notion d’inventer et ça fait un peu trop Every Prophet in its Home.
Par ailleurs, Emeticum ça rappelle un peu « vomir » en latin, ce qui, si ça n’est pas fait exprès, est un peu limite
« La lune ne céda sa place au soleil durant un cycle tout entier. »
S’pa faux mais comme on s’attend à une construction avec ne… que on accroche sur la phrase et on doit la relire.
« Jamais plus on ne vit si grande assemblée. […] jamais plus à l’avenir les hommes ne se réunirent tous ensemble. »
Voici l’occasion rêvée pour moi de signaler que *eh, mais tu l’as déjà dit !*
« chaque jours »
Ah non alors.
« afin que nos bien-aimés protecteurs entendent notre appel et reviennent vers nous. »
Ce n’est pas vraiment une subordonnée de but, plutôt d’espérance… Afin donne un aspect un peu mécanique je trouve, y a juste le moyen et l’objectif et pof.
Et hop, la suite plus tard sans doute ![]()
Y'a du juste dans tout ça, je verrais à l'occasion ![]()
Pour l'Emeticum, je ne connais pas un mot de latin, donc c'est bien involontaire. Et zut, va falloir trouver un autre nom ![]()
![]()
Mais très bonne critique en tout cas, ça fait plaisir
![]()
Voila, j'ai modifié le prologue en fonction de tes remarques.
Juste pour l'Emeticum, je trouve pas d'autre nom
(et avec la chance que j'ai, ça serait encore un mot qui existe vraiment xD )
![]()
Yoran grogna en entendant des coups sourds. Alors que ceux-ci se répétaient, il se dépêcha de se lever et d’aller ouvrir la porte de sa chambre. L’un de ses hommes se tenait là, un chandelier à la main.
-Capitaine, la reine m’envoie vous chercher. Venez vite, c’est urgent.
Yoran hocha la tête, avant d’enfiler rapidement ses vêtements. Il laissa de coté son armure, trop longue à mettre, mais prit tout de même son épée. Il sortit en attachant le fourreau à sa ceinture et allait se diriger vers les appartements royaux quand le soldat le retint.
-Par ici capitaine, suivez moi.
Yoran haussa un sourcil et lui emboîta le pas. Ils sortirent des quartiers royaux et traversèrent les couloirs jusqu’à déboucher dans la cour, sous la lune et les étoiles. Il devait être à peine minuit passé. Au bout d’une minute, ils arrivèrent devant la bibliothèque. Quatre hommes de la Garde se tenaient devant la porte que Yoran franchit vivement. En entrant dans la grande salle, il vit que de la lumière et une grande agitation provenaient de l’aile des archivistes. En arrivant dans le couloir y menant, il vit que la reine se trouvait là, entourée par une dizaine de soldats.
-Majesté ! salua Yoran.
Alors il remarqua ce pour quoi on l’avait fait venir. Deux silhouettes étaient étalées sur le sol, du sang rouge tachant leurs belles armures, leurs yeux mornes fixant le plafond sans le voir. Yoran s’avança et s’agenouilla près des corps. Il connaissait ces deux hommes, ces derniers ayant fait partie des cent soldats sous ses ordres. Le premier, Rommon, était entré dans la Garde à peine quelques semaines après lui. Il était du genre calme et bon camarade et effectuait toujours son travail avec zèle. Le deuxième s’appelait Leïn et était l’une des plus jeunes recrues. Il avait eu la gorge tranchée et une flaque écarlate s’étalait sur le sol.
-Qui a fait ça ? demanda Yoran d’une voix rauque au soldat qui était venu le chercher.
-On ne sait pas, lui répondit la reine avant que l’homme n’ouvrit la bouche. Mais ce n’est pas tout. Viens.
Elle lui fit passer les portes pour le mener dans une salle remplie de petites tables où travaillaient les nombreux archivistes dans la journée. Sur l’une des tables étaient posés un vieux livre et plusieurs parchemins. La chaise était renversée et gisait au sol à coté de…
-Maître Richard !
Yoran s’avança et s’accroupit auprès du cadavre du vieil homme. Il avait plusieurs marques de coups sur le visage et le devant de sa robe brune arborait une entaille auréolée par une tache sombre.
-Bon sang, que s’est-il dont passé ici ? fit-il en se relevant.
Ce fut l’homme qui l’avait tiré de son sommeil qui fini par répondre après un instant de silence.
-Il y a un peu moins d’une demi-heure, Roland et moi nous rendions à la bibliothèque pour prendre notre tour de garde. Quand on est arrivé à la porte, elle était entr’ouverte. On s’est dit que c’était plutôt anormal vu qu’elle est verrouillée en général, alors on est entré en restant vigilants. On fait le tour de la grande salle sans rien voir d’inhabituel, et là on est tombé sur les corps de Rommon et Leïn qu’on était venu relever. La porte de l’aile des archivistes était ouverte aussi et on a vu Maître Richard. On est ressorti en courant, je suis allé aux appartement de Sa Majesté, au cas où ceux qui ont fait ça se seraient glissés là-bas pendant que Roland se rendait aux dortoirs pour ramener quelques hommes. En arrivant aux appartements royaux, j’ai vu que tout était normal. Alors que je disais à ceux qui étaient là d’être vigilant, Son Altesse est sortie et a demandé se qu’il se passait. J’ai résumé la situation brièvement, et Sa Majesté m’a envoyé vous chercher avant de venir ici précipitamment.
-Je ne dormais pas encore à ce moment là, ajouta la reine. J’ai passé encore deux heures dans la salle du conseil avec le capitaine Slavick et le père Ivan à parler de nos problèmes à l’ouest, et j’ai continué d’y penser un moment seule dans ma chambre. C’est alors que j’ai entendu de l’agitation devant ma porte et que je suis sortie pour voir quelle en était la cause. Quand je suis arrivée ici, j’ai envoyé deux soldats aux portes du palais et j’ai demandé à ce qu’on fouille toute l’enceinte.
Yoran acquiesça et resta silencieux un moment. Finalement, il demanda à ses hommes d’emmener les corps en attendant de pouvoir les enterrer. Les soldats allèrent chercher des civières, y déposèrent doucement Maître Richard et leurs deux camarades et les emportèrent. L’un de ceux qui étaient partis fouiller l’enceinte du château revint à ce moment là et fit son rapport.
-On n’a trouvé personne capitaine, mais la porte nord était ouverte et les deux gardes qui se trouvaient là sont morts, même si on ne leur a trouvé aucune blessure.
Yoran hocha la tête. La porte dont parlait le soldat était une petite porte en fer qui permettait de franchir la muraille qui entourait le palais et la bibliothèque. Elle était étroite, épaisse et ne s’ouvrait que de l’intérieur. La porte principale permettant d’entrer dans la cour du palais se trouvait au sud et était gardée en permanence par une demi douzaine d’hommes.
-Voilà qui pose problème, dit la reine Lydianne. Ca ne va pas être facile de retrouver au dehors des hommes dont on ignore tout.
-Si vous me permettez ma Reine, je pense qu’avant de chercher à l’extérieur, il vaudrait mieux d’abord chercher à l’intérieur. Visiblement, les assassins ont trouvé toutes les portes ouvertes, il y a donc quelqu’un qui les a déverrouillées pour eux. Si on trouve qui a fait jouer sa clé, on aura certainement une meilleur idée de qui poursuivre. Alors je lancerai la chasse.
L’aube n’était plus très loin, et la cité commençait à peine à se réveiller. Seuls ceux qui devaient se mettre au travail tôt, tels que les commerçant devant préparer leurs étals ou les boulangers devant leurs fourneaux, étaient déjà debout. La troupe de cavaliers traversa les rues presque désertes, les sabots claquant sur les pavés. Au détour d’une rue, ils ralentirent l’allure pour finalement s’arrêter devant une maison à deux étages aux volets fermés. Les huit cavaliers mirent pieds à terre. Yoran s’approcha de la porte et frappa violemment. Après un instant d’attente dans le silence, il tira son épée et ouvrit la porte d’un grand coup de pied. Le bois craqua et le verrou céda. Il entra, suivit de trois de ses hommes. Ils fouillèrent rapidement la maison mais ne trouvèrent personne. Yoran s’y attendait, c’est pourquoi il ressortit sans un mot, enfourcha sa monture et se dirigea vers les portes de la ville, suivit par six de ses hommes, le dernier restant pour inspecter la demeure avec plus d’attention au cas où il trouverait des éléments intéressants.
Les portes n’étant ouvertes que depuis à peine plus d’une heure, Yoran espérait rattraper le traître rapidement et le ramener à Sidenym afin de l’interroger. En arrivant à l’entrée de la ville, il s’attarda le temps de questionner les gardes se trouvant là. Ils lui apprirent que l’homme qu’ils poursuivaient était sortit à peine quelques minutes après que les portes aient été ouvertes. Yoran les salua et lança sa monture sur la route, déterminé à faire payer à quelqu’un la mort des quatre soldats et de Maître Richard. Son visage était froid et grave, ses pensées entièrement tournées vers celui qu’ils pourchassaient, n’entendant même pas le grondement des sabots sur la pierre. Ils passèrent près un petit bourg composé de quelques fermes où ils s’informèrent auprès des gens qui vivaient là. Ceux-ci avaient effectivement vu passer un cavalier au galop sur la route moins d’une heure auparavant. Ils les remercièrent et repartirent. Yoran se doutait que leur homme ne quitterai pas la route car elle menait à la seule ville proche de la capitale. En dehors de Sidenym et de Commora, les environs n’étaient qu’étendue d’herbe parsemée de quelques hameaux qui n’offraient pas un refuge satisfaisant. Seulement Commora était presque à une journée de chevauchée, et ils gagnaient du terrain, si bien qu’il n’était pas encore midi lorsqu’une silhouette apparu devant eux.
Apparemment, l’homme avait fait ralentir sa monture pour la faire souffler un peu, mais il reprit de l’allure en apercevant les armures brillantes à la lumière du soleil. Yoran et sa troupe poussèrent eux aussi leurs chevaux et au bout de longues minutes ils parvinrent presque à la hauteur de l’homme. Celui-ci, voyant que son cheval fatigué ne pouvait distancer ses poursuivants, s’arrêta et les soldats l’encerclèrent. Yoran s’approcha de l’homme qui attendait assis sur sa selle, misérable, la tête basse. Il le regarda un long moment, jusqu'à ce que celui-ci consentit à lever les yeux.
-Vous êtes attendu à la cour de la reine, Maître Logassil, dit Yoran avec froideur.
![]()
J'ai lu que l'intro.
Quelques petits défauts, mais je vais pas répéter ce qu'a dit biquiou avant moi.
Je rajouterai donc juste un détail :
"ce qui n’avait jamais été auparavant " : dans le contexte ça m'a fait bizarre.
Sinon, je lirai la suite pour avoir une meilleure idée, parce bon la c'est pas assez (je peux pas dire/penser en bloc : c'est pourri ou c'est génial
)