
Voici un texte que j'ai dû écrire pour en français. Il fallait écrire un texte en prose poétique.
Je préfèrerais que l'on classe cela en nouvelle simple 
Bonne lecture.
SouVeNiR MaRiN
P
aisiblement allongé dans un pré, où de multiples coquelicots s’entrelaçaient, j’écoutais ; seul, une chanson, une larme à l’œil. Françaises sont les paroles, et étrangement me sont parvenus les souvenirs. Magnifiques sont ces souvenirs de jeunesse, et c’est sans aucune tristesse que les images me subjuguent sans cesse. Mais alors, me direz-vous ; pourquoi cette larme chaude qui coule maintenant sur ma joue ? C’est la nostalgie qui emplit mon cœur mes amis ! « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme ». Petit bonhomme que j’étais, c’est en voiture que je voyageais. Ce morceau de Renaud passait perpétuellement dans l’auto. Et marmot qui faisait de moi une innocente personne à peine haute comme trois pommes, c’est avec joie que je retrouve ces notes de musique qui résonnent et qui connotent chez moi une jouissance extatique. Chantant à tue-tête, jusqu’à en perdre la tête, j’énervais mes parents, assis à l’avant. Au-delà des vitres, alors que je faisais le pitre, les ports défilaient dehors dans un lieu somptueux, au pays de l’Étendue Bleue. De hautes vagues s’écrasaient sur les phares rouges et blancs qui trônaient dans l’immensité de l’Océan, offrant à mes yeux un spectacle de toute beauté. Mais que vois-je dans ce ciel d’orage ? Des mouettes qui criaient et qui étaient tant prêtes à plonger dans l’eau salée, s’apprêtant à pêcher des poissons tant elles étaient affamées. Mon père a finalement cessé de rouler, juste le temps d’un bref arrêt. Au pied des falaises, je me mis à l’aise et je me déchaussais, aérant mes petits pieds transpirant. La tempête qui s’annonçait ne fut que de courte durée, même si je faillis m’envoler avec le vent violent qui soufflait sur cette plage de sable doré. Il ne plut pas ce jour là, et mes parents m’emmenèrent ensuite je ne sais où en cette soirée de douze août. Jour de mon anniversaire, je n’avais plus les pieds sur terre, car je préférais m’adonner à quelques rêveries, observant les passants qui déambulaient dans l’obscurité de la nuit. Puis, doucement, la voiture s’arrêta sur le parking d’un restaurant. Je me sentis comme envahit d’une terrible pyrexie lorsque je vis le panonceau annonçant le nom de ce bâtiment. « A la crêpe d’or », telle était son appellation. Grognon était mon frère qui ne savait plus quoi faire avec son jouet brisé en deux et dont une partie était partie quelque part, perdue dans l’oubli, perdue dans le noir. Il faisait lourd ce soir là, et cette chaleur pesante nous rendait las. Nous nous installâmes tous à la terrasse à une table, du bonheur dans l’âme, en attendant patiemment qu’un serveur aimable veuille bien prendre notre commande, et noter ce que l’on demande. Une chanson douce chantée par Jacques Brel se faisait entendre, tandis que ma mère me caressait la peau et me la frôlait de ses doigts fins et frêles. Mais, chose suspecte, mon père, s’étant longuement absenté aux toilettes, revint enfin en fredonnant d’une voix fluette. Puis toutes les lumières se sont éteintes d’un coup, et un employer vint nous retrouver. Il tenait dans ses bras un plateau où se trouvait une assiette. Ouh ! Quelle ne fut ma gaieté lorsque que toute la terrasse s’est mise à me chanter « Joyeux anniversaire » en français, en russe ou en anglais. Ah, c’était le pied ! Sur le plat était posée une crêpe en chocolat où sept bougies allumées n’attendaient qu’à être soufflées. Et c’est ce que je fis. Des tonnerres d’applaudissement résonnèrent devant ce restaurant chaud bouillant, et moi, tout content, je dévorai à pleines dents ce cadeau succulent. Une heure après je pense, après s’être bien emplit la panse, nous fîmes une promenade nocturne au bord du Royaume de Neptune. Denis, qui était un bon compagnon de ma famille, vint lui aussi nous retrouver, enfin, sur la plage de sable fin. Mais soudain, quelque chose qui me semblait inhumain se produisit, si bien que j’étais anéanti. Mes deux sandales m’échappèrent, et furent emportées par les flots de la mer, et je pleurais et pestais contre cette abjecte marée. Pour me rassurer, Maman prit ma main, fit une bise dessus et me dit que peut être un américain obèse la retrouverait, de l’autre côté de cette immensité de carnation bleutée, et qu’il ne fallait pas que je m’en fasse, car en face, quelqu’un d’autre serait heureux avec ses nouvelles tongues bleues. Je les revois encore dériver, portées par la houle modérée. Je nous vois aussi assis sur des bancs de bois à un enterrement. Denis, autrement appelé Béton, a trop bu, et a pourri sa vie, jusqu’à ce qu’elle soit prématurément finie. Même si la fatalité à décidé de nous l’enlever le premier avril de l’année dernière, et ce n’était point un poisson, Denis n’a pas gâché sa vie dans son appartement de Bouzonville. Au contraire, il a su profiter de tous ses instants, laissant derrière lui un souvenir marquant. L’album de Renaud, son chanteur favori, touche à sa fin, et mon histoire est elle aussi bientôt finie. Denis porte le nom de la dernière chanson. Et moi je lui ai dit, laisse béton. Mais je ne saurais vraiment dire pourquoi cette réminiscence a été si marquante pour moi. Depuis tout petit, je me dis que cet Océan Atlantique est mon allégorie de la vie. Jamais statique, en inlassable mouvement, je sais et je sens que les flots me berceront et me transporteront toujours vers de nouveaux horizons.