
Après une discussion relativement mouvementée concernant la rédaction d'un roman (certains d'entre vous s'en souviennent peut être), je me décide enfin à vous poster mon roman.
Quelques précisions sont à faires, je l'admet, mais je le ferais une fois qu'il se achevé.
Voici le premier chapitre de ce recit fantastique contemporain, qui mêlera également une enquête policière. Bref. Bonne lecture
Chapitre 1 :
Par une froide nuit d’automne, Sam ne réussit pas à trouver le sommeil dans son triste et lugubre appartement de l’avenue Foch à Metz. Il se trouva ainsi accoudé au rebord de sa fenêtre qui contenait une large fissure dans son coin gauche. Passant à tout hasard sa main devant, il sentit immédiatement que le froid réussissait à passer à travers cette commissure, certes pas très large, mais suffisamment assez pour lui donner la chair de poule. Il sentait que quelque chose ne tournait pas rond. Peut-être était-ce l’horrible cauchemar qu’il avait fait nuit la nuit dernière. Il n’en savait fichtre rien.
Il avait en fait rêvé qu’une dizaine de démons étaient à ses trousses, le poursuivant dans les corridors d’un château de type ancien, pas vraiment médiéval, mais plutôt de l’époque Romantique ; froid, humide, sombre et vraiment inquiétant. Ces démons étaient tout de noir vêtus, portaient une capuche, et étaient semblables à des moines. Il ne pouvait pas distinguer leurs têtes. Mais il continuait sa course effrénée à travers les couloirs de ce manoir. Des bougies étaient placées à égale distance les unes des autres, éclairant un tapis rouge sang, mais aussi des murs en pierres apparentes, agrémentés de tableaux représentant les portraits d’hommes et de femmes. Il trébucha alors sur le tapis qui s’était replié lors de sa fuite, et un des démons vint lui saisir le bras. C’est à ce moment précis qu’il s’était réveillé en sursaut en sentant que quelque chose l’avait vraiment effleuré. La sueur coulait le long de son front. Il avait ensuite subitement entendu un long miaulement. Ce n’était que son imbécile de chat qui venait se frotter contre lui, d’un air nonchalant, prenant bien le soin de ronronner bruyamment, comme il avait l’habitude de faire. Il n’avait par la suite par pas réussi à trouver le sommeil, le laissant là, allongé nu dans son lit, enroulé dans ses draps, les yeux grands ouverts, ne pensant à rien de très précis.
Cette nuit là fut comme celle de la veille, à la différence qu’il n’avait pas fait de cauchemars. A vrai dire, il ne s’était même pas donné la peine d’essayer de dormir. Il méditait, toujours accoudé au rebord de sa fenêtre, et pourtant une fois de plus entièrement nu. Cela ne le dérangeait pas. Et qui, de toute façon, aurait la mauvaise intention d’épier la fenêtre du troisième étage d’un immeuble à quatre heures et demie du matin ? Il pouvait apercevoir quelques prostituées ici et là, marchant devant les hôtels les plus prestigieux de la ville. Il leur avait déjà donné une petite partie de sa paye de professeur d’Histoire de lycée. Il les fréquentait depuis que Manon, sa femme, l’avait quitté neuf mois auparavant, après avoir appris qu’elle était tombée enceinte alors qu’elle l’avait trompé avec son meilleur ami, qui ne l’était d’ailleurs plus depuis cette mésaventure. Qu’est ce que je pouvais bien foutre avec cette pute ? Ah, la salope. Elle m’a bien baisé la garce. Il eut un sourire qu’il ne put contrôler. C’est plutôt Thibault qu’elle a bien baisé. J’espère que ce salaud lui en a fait baver cette nuit là !
Il se dît que le bébé était peut-être né à présent, à moins qu’elle ait avortée, chose qui selon lui, était aussi improbable que l’utopie de devenir un jour Président de la République. Son ex-compagne s’obstinait toujours à dire que l’avortement était le meurtre d’un être vivant, ou du moins de ce qui allait bientôt l’être. Lui, ne partageait pas le même avis, ce qui occasionnait assez régulièrement quelques discordes conjugales. Toutes ces pensées étaient revenues à son esprit comme un éclair après quelques verres de whisky. Sam avait sombré dans une profonde dépression quelques semaines durant, suite à cette rupture, et ne s’en était pas vraiment remis depuis. Certes, il allait un peu mieux, mais au fond de lui se cachait inexorablement une profonde mélancolie qui le rongeait sans cesse de l’intérieur. Il se résigna, ferma les rideaux et alla s’allonger sur son lit. Il lui arrivait souvent de rêver de son amour perdu à jamais, et de leur bonheur qui fut à ses yeux un bonheur infiniment bon. Il s’était trompé. Plus rien de cette vie parfaite ne restait aujourd’hui. La seule chose qui restait de lui en ce mois de novembre 2006 n’était que la silhouette d’un homme d’un quarantaine d’année, mal rasé, mal coiffé, grisonnant, négligé de sa propre personne, fumant, buvant, et ne sachant plus quoi faire de sa vie. Il n’assurait plus ses cours, laissant derrière lui l’image du professeur sympathique qu’il était auparavant.
Soudainement, il eût un mal de tête terrible. Une impression de malaise et de vertige s’empara de lui. Il ne put plus bouger d’un poil sur son lit. Il était comme pétrifié. Puis plus rien. Le néant. Mais il se sentit tout d’un coup léger. Il volait dans sa chambre. Il vit son corps devenu complètement blanc sur le lit, et aperçu un tunnel qui se dessinait dans un mur. Il était attiré dans celui-ci, et il ne pouvait rien faire pour s’arrêter, et lorsqu’il fût entré dans ce gouffre profond, il vit d’abord un tout petit point lumineux tout au bout, qui s’agrandissait au fur et à mesure qu’il avançait à une vitesse faramineuse. Et lorsqu’il fut enfin arrivé à cet immense halo extrêmement lumineux, mais pas éblouissant, il se retrouva dans un pré parsemé de milles coquelicots rouges. Son père, qu’il avait perdu alors qu’il avait quatre ans, se tenait debout là, devant lui, rayonnant, et visiblement exempté du cancer qui lui avait ôté la vie. Ils ne communiquaient pas directement entre eux, mais se parlaient par une sorte de télépathie. Il lui dit qu’il fallait qu’il arrête de gâcher sa vie comme ça, et qu’il lui restait encore beaucoup de choses à faire avant de le rejoindre ici. Puis Sam fît le chemin inverse, retraversant ce tunnel, quittant cet univers sereinement paradisiaque, se retrouvant dans sa chambre, se voyant nu et blanc allongé sur le lit, avant de retourner dans son corps.
Il reprit peu à peu ses esprits, et le mal de tête se faisait encore plus violent que précédemment. Néanmoins, il resta bouche bée, se demandant s’il s’agissait d’un rêve ou de la réalité. « L’alcool », songea t-il, dans un court instant de lucidité.
Mais cela ne pouvait ni être un rêve, ni être l’effet direct de l’alcool qui agissait sur son organisme relativement en mauvais état. C’était bien vrai, il avait bien franchi la porte des ténèbres. Il avait fait face à la mort. Mais de quoi était-il mort ? Telle était la question qui le tourmentait le plus. Avait-il fait infarctus ? Un arrêt cardiaque ? Il n’en avait pas la moindre idée, mais il restait persuadé qu’il avait bien vécu une telle expérience. Il se décida enfin à se lever et à chercher dans l’armoire à pharmacie une boîte de Nurofen, afin de soigner sa terrible migraine. Il se remplit un verre d’eau et ingurgita ses deux cachets, en buvant son verre cul sec. Il se redirigea vers son lit, et se rallongea. Plusieurs autres questions le submergèrent toute la nuit. Qu’est ce qu’il voulait bien me dire papa ? Qu’est ce qu’il m’est arrivé ? Bon dieu de bon dieu, pourquoi moi ? Il n’avait réponse à rien, mais la fatigue commençait à le gagner, si bien qu’il finit à s’assoupir, et à sombrer dans un sommeil extrêmement long.
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Pasdepseudofixe.