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Le Barde

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
12 mars 2008 à 14:19:46

Dernier sursaut d'agonie avant la mort. Je n'ai pas réussi à y exprimer ce que j'aurais voulu, peu importe, j'y suis habitué, s'pas.

'n'joy ;

Le Barde

____Il était là, le jeune barde qui regardait tomber la pluie. Assis sur la plus haute branche d’un grand chêne, il admirait la campagne environnante, d’un vert tendre, paraissant grise au travers de ce rideau humide qui ne cessait de se dérouler. Les graviers de la petite route tressautaient sous les assauts répétés des gouttes d’eau. Les feuilles s’ébrouaient en mille et mille doux tintements.

Il observe l’ouest. Le soleil y déclinait derrière un épais masque de nues, qui ne laissait deviner sa présence que par une vague éclaircie au milieu des cieux sombres. La pluie cependant tombait sans inspirer aucun mal, douce averse apaisante.

Il observa l’est. Une colline aux pentes raides s’y dressait, que la route escaladait en courts lacets serrés. De l’autre côté, il le savait, la cité l’attendait, qui lui offrirait gîte et couvert si l’envie lui prenait d’y retourner, une fois la nuit tombée et ses rêves évaporés.

Il observa le sud. Cette direction ne l’inspirait guère. Aux chaleurs australes, il préférait les campagnes d’un vert tendre, aux collines rebondies, ces courbes si douces que la pluie drue lissait encore en un fondu mélancolique.

Il ne regarda pas le nord. De là venait-il, sans aucune volonté de retour. Les immenses montagnes enneigées, dressés roides vers le ciel comme un poing levé contre les cieux ne lui inspiraient que crainte et terreur. La neige, étouffante, mortelle, silencieuse, hantait ses pas.

Frissonnant, il se força à détailler les environs immédiats. Ce simple paysage lui suffisait. Sa jeunesse bien sûr le poussait plus avant, et il devinait qu’un jour prochain ses goûts du voyage supplanteraient ceux qu’il avait pour cet endroit. Aussi tentait-il de s’imprégner autant que possible de cet indicible atmosphère, de cet impondérable détail qui donnait à l’air cette saveur si particulière.

Le soleil tenta une vague avancée sans toutefois se dévoiler parfaitement. Sa lumière cependant mit un instant en valeur la longue plaine continuellement gorgée d’eau, plantée çà et là d’arbres pareils à celui que chevauchaient le barde, et ce spectacle lui porta les larmes aux yeux. Des souvenirs affluaient en lui, par vagues, par bribes, dans la confusion d’une tempête de sable où chaque poussière était une pensée virevoltant au gré d’un vent violent, tantôt caressant l’esprit, tantôt le cinglant cruellement.

Devant ses yeux brouillés s’élevaient tout à coup mille et un château sur la plaine, chacun armé de cent tours de marbre luisant sous l’averse, leurs pointes d’or et d’argent effleurées de soleil. Les hautes murailles, toute d’un onyx sombre parsemé de briques de métaux rares, dressaient leurs reins titanesques à l’encontre de l’étranger, l’accueillant s’il était amical, formant un infranchissable obstacle à ses pas au contraire, s’il portait les armes devant elle. D’où il se trouvait, le jeune barde croyait apercevoir les éclats brusques et éphémères des heaumes et des hauberts magnifiques que les gardes du chemin de ronde arboraient, sans soucis de la pluie qui ricochait dessus en tintant clairement. Leurs larges hallebardes, appuyées contre leur épaule, offraient un délice de délicatesse et de robustesse mêlée dans les courbes de leur lame, et chacune constituait un chef-d’œuvre de forgeronnerie à elle seule.

Cela, l’observateur silencieux ne le pouvait discerner, mais il connaissait jusqu’au moindre détail de ces étranges fortifications dans le lointain et de leurs occupants. Car c’était lui-même qui les avait rêvé, imaginé, bâtie de toute pièce. Sa vision cependant semblait le satisfaire, bien qu’au fond de lui demeurait un vif pincement au cœur à la pensée inconsciente qu’il ne s’agissait là que d’une illusion, et que jamais il ne goûterait aux joies de ces peuples hauts et fiers sur la Plaine. Ses yeux s’élargirent encore, tandis que ses larmes redoublaient, quand le soleil se dégagea tout à fait de sa gangue de nues, et illumina d’une vive clarté les innombrables châteaux. Et cette lueur dorée resta gravée dans son regard, de sorte que tous ceux qui le rencontraient le pensaient fou, ou peut-être clairvoyant.

____Il était là, le vieux barde qui regardait tomber la pluie. Assis sur la souche d’un grand chêne, il admirait la campagne environnante, d’un brun terreux, que le rideau humide rendait plus gris encore. Il se sentait fatigué. Depuis de nombreuses années déjà, cette vision ne lui inspirait plus ni mélancolie ni nostalgie, tout au plus un pointe de rancune à l’égard du temps qui passe. Les châteaux flamboyants de sa jeunesse avaient disparus à tout jamais de ses yeux illuminés. Les souvenirs affluaient en lui, mais à présent ils n’étaient que siens, produits de son long vécu et non plus de scènes millénaires remontées en lui à la fantaisie d’une muse inconnue. Cela lui manquait plus qu’il n’aurait su l’exprimer.

Il soupira.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
12 mars 2008 à 15:41:46

Humm...texte étrange, que je n'arrive pas vraiment à comprendre. Il y a indubitablement un sens certain, une profonde allégorie...quant à trouver laquelle...l'implacabilité du temps qui passe? La dégénérescence de l'individu au fil des années?

Mais ceci dit, un grand Hourra! pour le nouveau texte d'Ash'! :fete: Puisses-tu définitivement revenir parmi nous. :coeur:
________________________________________________
C'est en buvant une goutte d'eau que l'on se rend compte de sa soif.
"L'homme choisit, l'esclave obéit." (Andrew Ryan)

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
12 mars 2008 à 16:45:12

C'est seulement qu'il pleuvait hier, et que ça m'a filé le cafard. Sinon, ne rêve pas trop (et mets des espaces AVANT tes "!" et "?", jarnidiou !)

" :-) "

Elfindel
Elfindel
Niveau 10
23 mars 2008 à 18:16:16

Bon, mieux vaut tard que jamais, n'est-ce pas? :fou:
Voici donc venir ce commentaire tant reporté, en fin de compte, mais pas beaucoup plus constructif qu'il ne l'aurait été s'il était apparu plus tôt, j'en ai bien peur... Nyahum!

D'abord, quelques coquilles :p) :

"Les immenses montagnes enneigées, dressés roides vers le ciel..." --> dresséEs

"Sa lumière cependant mit un instant en valeur la longue plaine continuellement gorgée d’eau, plantée çà et là d’arbres pareils à celui que chevauchaient le barde, et ce spectacle lui porta les larmes aux yeux." --> que chevauchait

"Devant ses yeux brouillés s’élevaient tout à coup mille et un château sur la plaine" --> châteauX, si je ne m'abuse, y'en a tout de même 1001 donc...

"Les hautes murailles, toute d’un onyx sombre parsemé de briques de métaux rares..." --> touteS

"Car c’était lui-même qui les avait rêvé, imaginé, bâtie de toute pièce." --> rêvéS, imaginéS, bâtiS ; de touteS pièceS

"Sa vision cependant semblait le satisfaire, bien qu’au fond de lui demeurait un vif pincement au cœur" --> demeurât, bien que veut le subjonctif

"Depuis de nombreuses années déjà, cette vision ne lui inspirait plus ni mélancolie ni nostalgie, tout au plus un pointe de rancune à l’égard du temps qui passe." --> unE pointe

"Les châteaux flamboyants de sa jeunesse avaient disparus à tout jamais de ses yeux illuminés." --> disparu

Alors sinon, un style toujours aussi agréable et fluide, particulièrement approprié aux descriptions, je trouve, en ce sens que tu as un vocabulaire plutôt riche et que tu sais placer quelques zoulies métaphores par-ci par-là, it roxx :-)
Maintenant, le fond, effectivement ça file un peu le cafard, mais c'est la preuve que tu réussis à faire passer les émotions que tu veux :p) Un texte chargé de mélancolie, ça me rappelle la photo que tu m'avais montrée, tiens, d'un coucher de soleil sur une plaine dans une ambiance de fin du monde...
Bref, well done, et hourra pour ton retour à l'écriture ! :-d

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
24 mars 2008 à 10:18:34

"en mille et mille doux tintements. " => La logique voudrait que ce soit mille et un, comme on en croise beaucoup. Bon, ok, changer, mais mille et mille, ça me semble (vraiment pas beaucoup, hein, ne nous alarmons pas :-) ) légèrement lourd.

"La neige, étouffante, mortelle, silencieuse, hantait ses pas. " => c'est une bien jolie phrase, mais j'en vois pas trop l'utilité.
Le verbe hanter, ici, accolé à la neige, c'est difficilement imaginable ('fin, dans mon cas :-) ).Le mec est sur son arbre, donc la neige ne peut pas hanter ses pas. Ca veut dire que c'est quand il est venu qu'elle hantait ses pas. Donc, l'imparfait ici, c'est pas le bon temps, enfin je crois.
Enfin, et surtout, c'te phrase elle fait tâche. Mais là je sais poruquoi ni comment (utile, hein, c'que je dis?)

"celui que chevauchaient le barde" => pas de -ent :-)

"tout à coup mille et un château" => pas sûre de moi, sur ce coup, mais j'ai bien l'impression que château est au pluriel... :question:

Et d'autres fautes, mais j'arrive pas à les retrouver.

Ha, mais de toute façon Elfindel s'en est chargé :-)
Voilà. Beau beau texte. Beaucoup de métaphores, c'est bô. Comme azerty, j'ai pas tout compris, mais apprement, on y comprends ce que l'on veut, donc...

Voilà, j'ai vraiment bien aimé :-)

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
24 mars 2008 à 12:37:01

Oh, des com'. Genre.

D'abord merci à toi Elfi'^^ Tes remarques sont exactes, comme d'hab'. Pour la première j'ai une excuse, je voulais parler de pics au lieux de montagnes, en premier lieu^^ Content que tu ai aimé :-)

Ensuite toi, Hipop.
Quand je dis que la neige hante ses pas, c'est de son souvenir dont je parle. Le mec est visiblement neigeophobe, dès qu'il regarde vers le Nord, il frissonne en y repensant.
Mais si tu as beaucoup aimé, c'est l'essentiel^^

Encore merci à vous deux :-)

iron66
iron66
Niveau 6
24 avril 2008 à 23:15:36

Hey Hey Hey ! moi aussi j'ai aimé !!
Nan plus serieusement le style est très apréciable, bien adapté a la description comme l'a dit Elfindel, joli joli quoi !
(je sais mes commentaires sont très utiles ,très constructifs tout ça, tout ça ! vous me remerciraient plus tard je suis préssé)

  • Parti s'aracher les doigts de pieds à la tenaille rouillée*
iron66
iron66
Niveau 6
24 avril 2008 à 23:17:30

oula le "remercieraient" aie aie aie ! dsl pour le double post mais j'ai honte. remercierez donc

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