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Naissance d'une guerre.

Proxol
Proxol
Niveau 3
10 mars 2008 à 18:20:15

Hop, premier texte, ce n'est qu'un début que j'ai tapponé tranquillement, j'espère que vous apprécierez :-)

Là où la haine naît.
Tous les jours, je me demandais qu’est ce qui se passait. J’étais là, étendu, j’étouffais... Je ne pouvais bouger, je tentais tout, mais en vain, seules mes pensées étaient fonctionnelles. Je souffrais, pas physiquement mais bien mentalement. Tout mon corps était immobile, mais mes pensées bougeaient dans un flot continu d’idées terrifiantes et inquiétantes. J’étais dans un univers très différents de celui qu’on peut déjà concevoir. Je repassais le fil de ma vie, depuis le début des temps, ma vie, le milieu de mon existence, là où tout gravite. Toutes ces années que j’ai passé à vivre, respirer et socialiser. Tous ces moments vécus. Tout ça pour en arriver là. Mon père m’a déjà dit que la vie n’était qu’un passage plus compliqué vers quelque chose qui ne mène à rien. Je n’avais pas compris où il voulait en venir... Ce jour là seulement, j’ai tout compris... Je n’étais qu’une âme errante cherchant la soif de vivre, mais je n’y arrivais pas, car la mort me tenaillais, elle me menaçait et m’attaquait...

Je repensais souvent à mon grand-père du côté de ma mère qui est mort du cancer des poumons, il était brave, ses paroles étaient justes et vraies. Jamais dans sa vie mon grand-père aurait fait du mal à qui que ce soit, jamais. Il était un de ces hommes grands et fiers, s’il parlait, il disait la vérité, et il ne parlait jamais pour rien. Je ne l’ai jamais connu en chair, mais quand on m’en parle, c’est en bien, son seul défaut était la dépendance à la cigarette. La cigarette… Ce truc qui semble si inoffensif mais qui vous ronge le corps et l’esprit jour après jour, et qui vous subtilise vos proches que vous aimez tant. C’est pour ça que je le déteste, parce qu’il est mort, il est mort car il s’est créé cette foutue dépendance. S’il n’avait jamais fumé j’aurais pu le connaître, j’aurais pu l’aimer... L’admirer? Enfin... Mon autre grand-père, celui du côté de mon père est encore en vie, mais il est emprisonné, emprisonné d’une femme sénile qui est ma grand-mère... J’adorais ma grand-mère, je l’ai toujours adoré, mais ce qu’elle est rendue m’inquiète pour ne pas dire m’effraie, présentement elle est une femme qui s’obstine à vivre dans sa piaule alors qu’elle ne le devrait pas. Elle se dit ‘’autonome’’ alors qu’elle perd la mémoire sans arrêt et s’invente des instants de vie. Sa mémoire du passé est excellente, mais celle du présent est pitoyable. Le père de mon père lui a fait la guerre, je l’admirais et l’admire encore car il s’est engagé alors qu’il n’aurait pas dû, il avait 17 ans lorsqu’il est allé combattre. Il a falsifié sa carte pour aller combattre avec ses frères qui étaient plus vieux. Il a risqué sa vie alors qu’il aurait pu rester chez lui. Bien des gens se sont sauvé de la guerre, mais pas lui, il est plutôt allé de l’avant et a voulu la faire de son gré. C’est pour ça que j’admirais cet homme... CES hommes, mes grand-pères... J’aimerais être des hommes aussi bien qu’eux, mais ça ne risque pas d’arriver, eux, ils savaient attirer le respect, et ils l’obtenaient... Où tout ce qu’ils ont fait pourra être reconnu? J’ai probablement les aïeuls les plus grands, les plus généreux, les plus fantastiques qu’un homme aurait pu avoir. Peu importe maintenant…

Je me rappelais ces moments, où nous allions à la pèche ou à la chasse, le lac était magnifique, les montagnes étaient énormes, la végétation était magnifique et abondante, je me sentais bien, je me sentais libre. Ces moments… Je peux en nommer plein encore, les soupers de famille où on chantait à haute voix des succès de U2, les fêtes de noël où on déballait des cadeaux jusqu’aux petites heures du matin, les rencontres, les sorties familiales au zoo ou à la plage quand je n’avais que 8 ans ou encore quand on jouait de la musique tous ensemble toute la nuit… C’était le beau temps, que je ne croyais plus jamais, car mon sang était glacé et ma chair était putride, j’étais mort.

J’étais décédé, du moins c’est ce que je croyais, mais tranquillement, je senti mon corps se remettre en marche, mon sang circulait de nouveau, mes articulations s’activait, mes sens fonctionnaient de nouveau, ma langue goûtait les saveurs de nouveau, mes mains touchaient la douce texture des mes couvertures, mon nez inhalait la douce odeur de fleur qui abondait dans ma petite chambre, j’ouvris mes yeux; mon plafond me regardait du haut d’où il est placé, tel un chef; c’est bon d’être en vie. Tous les soirs ou presque je le faisais, ce rêve(ou cauchemar?) dans lequel j’étais ‘’mort’’, où je repensais à mon passé. Dans ce rêve, je me culpabilisais en me disant ne pas en avoir assez profité, de pas assez avoir assez vécu longtemps pour pouvoir affirmer que les seins d’une femme sont divins au touché, que le sable d’Hawaï est le plus doux, que les pâtisseries les plus chères valent la peine ou pas, vivre assez longtemps pour savoir au bout du compte si la vie vaut vraiment le coup. Ça peut paraître banal, mais croyez-moi, ça fait peur.

Maintenant que j’étais revenu de ce rêve, je pouvais recommencer à fonctionner normalement. Je me levai de mon lit, encore fatigué. J’allai me passer de l’eau au visage, on croirait renaître à ce moment, nous sommes tous esclaves de l’eau, je me disais que bientôt nous nous battrons pour en avoir. C’est idiot, je me demandais réellement ce que nous allions devenir… Je me fis un café puis regarda la page couverture du journal; Les guerres de gangs s’intensifiaient. Je n’y comprenais rien, tout ce racisme, cette haine et ce chaos… Et puis quoi après? On se fait la guerre dans nos propre pays, contre nos voisins, nos amis, on se donne tant de mal pour rien, seul, on se sent bien mieux, je veux dire : À quoi ça rime tout ça…? Ma mère m’a appris une chose avec laquelle je suis d’accord en tout point : Certains font la violence pour le plaisir, le plaisir de tuer, l’effet que ça procure, il paraît qu’on se sent supérieur une arme à la main. Mon téléphone sonna, il n’a pas l’habitude de sonner depuis quelques temps, je décrochai.

-Allo.

-David? C’est ta mère.

-Ça va m’man?

Elle hésita un bref moment, puis repris.

-Non.

Ma mère, si enjouée, si belle et tellement solide venait de me dire que quelque chose n’allait pas. Quand elle dit que quelque chose ne va pas, c’est parce que ça ne va vraiment, mais vraiment pas.

-Qu’est ce qui se passe?

-Écoute, viens chez moi au plus vite, je ne peux pas t’en parler au téléphone.

- Dis-moi ce qui ne va pas.

Elle raccrocha au nez, j’avais un drôle d’impression qu’elle allait pleurer au moment où elle a raccrochée. J’étais plutôt confus, mon esprit de 23 ans était bouleversé, ma mère est tellement forte, elle peut se redresser de bien des situations sans aide, mais là elle voulait que je la voie. J’ai sauté dans la voiture, que je dois laver d’ailleurs, je démarrai et conduit à travers toutes les rues jusque chez ma mère. Je descendis de l’auto. Regarda la maison un bref instant; j’ai grandi dans cette maison, une belle résidence dans un quartier parfaitement calme, même trop, le gazon était tout vert et bien tondu, les fenêtres étaient toujours aussi propres, ma mère les lavait pratiquement à tous les deux jours. J’entrai dans la maison sans cogner, ça sentait la bonne cuisine de ma mère, tous les mets qu’elle préparait étaient dignes de grands restaurants parisiens. Je traversai la maison sans la trouver. Je me dirigeai finalement vers sa chambre et la vit couchée, le visage caché. À ce moment précis, j’ai pensé qu’elle était morte, elle respirait à peine et bougeait encore moins. Je savais qu’elle ne l’était pas, mais son corps semblait se détériorer à vu d’œil. Ça me semblait être une sorte de monstre isolé dans son coin. Je m’approchai d’elle et la toucha. Elle sursauta et se détourna, c’est là que j’ai vu toute l’horreur, la terreur, quand vous voyez votre mère avec des coupures, des blessures et du sang au visage, vous ne penser qu’à une chose : Qui a fait ça? Qui l’a fait? Pour que j’aille lui faire payer le prix, que je lui fasse la même chose pour qu’il ressente toute la douleur atroce qu’il a fait subir. C’est là que la haine naît, sans même savoir c’est qui, je m’étais collé une image de la personne qui l’avais fait : Un membre de gangs, c’est certain. Je n’avais pas peur de eux, j’étais un type plutôt baraqué et très grand.

-Qui t’as fait ça?

Elle me fixa les yeux en pleurs.

-Un homme.

-Qui est cette putain d’enfoiré que j’aille l’éclater?

Mon langage était devenu cru, tout ce que je voulais c’était tuer.

-J’en ai aucune idée… Il m’a battue et violée.

Eh merde... À ceux qui n’ont jamais connu la haine, c’est exactement à des moments comme celui-ci qu’elle naît. Quand tu vois la femme qui t’a tout appris les cheveux déchiré, les yeux brisés par la tristesse, le visage tué par les coups, violée par un inconnu. Elle qui était si belle, avec ses grands cheveux blonds, avec ses beaux yeux bleus. Elle portait sa belle grande robe bleue poudre, elle était toujours fière au moins… La haine est née, plus rien ne pouvait m’arrêter. Avec cette haine se mélangeait des souvenirs… La pèche, la chasse, les soupers de famille, les fêtes de noël… Qu’est ce que mon grand-père dirait? En grand homme il ne dirait sûrement rien, ou encore il tenterait trouver la personne et lui collerais un procès. Trop tard je ne suis pas mon grand-père, encore moins un homme normal, je suis maintenant une machine, un bête à tuer.

Proxol
Proxol
Niveau 3
14 mars 2008 à 00:33:37

:up:

warrior_winn2
warrior_winn2
Niveau 10
14 mars 2008 à 00:57:51

Quelques tentatives de belles tournures réussies mais on ne ressent pas grand chose quand elle lui annonce la nouvelle, c'est plat et très naïf

quelques fautes aussi :)

Proxol
Proxol
Niveau 3
14 mars 2008 à 01:24:21

Bah merci je le prend comme positif (je suppose). ^^

Proxol
Proxol
Niveau 3
02 juin 2008 à 14:11:39

:up: Quelques mois après, j'aimerais bien un autre opinion sur ce début de récit pour savoir ce que vous en pensez, j'hésite si je continue ou non. Il se peut que j'améliore ce début, quand je le regarde aujourd'hui je vois plein de choses que je changerais...

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