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Liste des sujets

On va...

AnnaKarina
AnnaKarina
Niveau 4
08 mars 2008 à 02:59:34

On va...
Texte inspiré de Wax Tailor.

Son pied droit trouble la tranquillité d’une flaque d’eau. L’eau ondule et le temps qu’elle redevienne paisible lisse comme la surface d’un miroir, la femme est déjà loin. Elle marche, déterminée, sous les rayons livides que lui offre la pleine lune. Droite, gauche, son pas est pressé comme si elle était en retard à un important rendez-vous. Elle marche, et cela semble interminable. Son allure ne change jamais de rythme, elle parcourt le bitume avec une volonté et une endurance qui en ferait pâlir plus d’un. Peut-être a-t-elle déjà parcourue toute la ville, peut être a-t-elle déjà sillonnée toute la région, marchant le long des trottoirs, des routes de campagne, des autoroutes, peut-être ne s’arrêtera t-elle jamais. Cette marche est-elle une fuite ? Ou au contraire est-elle une lutte ? On ne peut pas voir entièrement le mal que l’homme fait, mais on peut en voir des fragments. A la télévision, au cinéma, la dégénérescence formative à deux pas de chez nous. L’apogée de la fausse gloire, le summum de la manipulation médiatique. Et elle, elle se casse, elle marche à la recherche d’une route moins fréquentée, elle fuit la morale perfide que l’on essaye quotidiennement de lui injecter. Plus qu’une fuite, c’est également une lutte, elle souhaite briser les lignes de nos paisibles convois, elle souhaite nous remettre en question, elle souhaite nous sauver de notre déchéance. Acte généreux, mais peut-on réellement y parvenir ? Peut-on réellement s’attaquer à une chose infiniment plus grande que nous ? Et comme s’il s’agissait d’une réponse, pour la première fois depuis qu’elle marche, ses pieds se dérobent et elle chute. Elle tombe sur ses genoux, sa peau se découd et laisse apparaître un abondant sillon de sang. Elle veut se relever, elle le désire ardemment, mais le sol semble désormais si attirant, si prometteur. S’y allonger lui ferait un grand bien, elle pourrait se reposer, reprendre ses forces pour ensuite continuer sa lutte. Elle observe le sang couler sur le macadam dans un fin filet, elle se dit que son énergie fuit de son corps, qu’elle se vide progressivement, et c’est à ce moment que la voix retentit.

Une voix grinçante, glacée, comme surgissant d’une pierre tombale. Un souffle funeste qui vous dit tout ce que vous avez toujours refusez d’admettre. Elle dit que tout cela ne sert strictement à rien, que changer de monde, c’est une connerie pour artistes. Qu’il y a qu’eux pour penser y parvenir, en vain, évidemment. Une silhouette s’avance, le propriétaire de la voix, cet orateur d’un autre temps aux allures inquiétantes. Son dos est courbé comme s’il portait le poids du monde dessus, sa face émaciée est souligné par un malsain sourire, le sourire de l’homme qui connaît déjà la fin de l’histoire et se délecte de l’ignorance des autres. Ses yeux reposant sur de gros cernes noirs sont un véritable antagoniste, l’iris glacé et la pupille incandescente. Tu dramatises trop, dit la voix. Tu fais du zèle, rajoute t’elle. La jeune femme toujours à terre fixe ce sinistre individu, et son esprit sombre dans l’incertitude. Elle se dit que la voix a raison, que tout cela est vain, ne sert à rien. Elle devient ce que dit la voix, elle devient le doute, elle devient tout ce qu’elle refusait d’admettre autrefois, elle rejoint le convoi. Derrière en second plan, un soleil rouge sang apparaît à l’horizon, tranchant avec le pâle et triste monochrome de la scène. Jour et nuit… Mais il parait ambigu, on ne sait pas s’il se lève ou au contraire se couche. En voyant cet astre prit lui aussi dans le doute, elle sait qu’elle doit faire un choix, elle sait que tout va dépendre de son prochain mouvement, ou de sa prochaine parole. L’homme lui tend une main aux doigts squelettiques et étrangement allongés. La route qu’elle parcourait, ligne droite sans aucun heurt est devenu un chemin tortueux, le soleil décline peu à peu, emportant avec lui le peu de lumière qui existe. Les ténèbres l’oppresse, l’étouffe. Vivre une vie d’ignorance, vendre son corps et son âme à l’indistinct, être confortablement engourdi à tout jamais. La main qui se tend. L’accepter serait accepter ce pacte, accepter une dernière danse avec le diable pour ensuite disparaître à tout jamais, perdre ses rêves et ne jamais devenir ce que l’on aurait pu être.

Ce que l’on aurait pu être… Cette phrase résonne en écho dans son esprit. Ce qu’on aurait pu être. Soudainement, son esprit qui avait commencé à être rongé par les ténèbres envoûtantes s’éclaircit. Elle comprend. Elle comprend où elle va, où l’on va. On va à la rencontre de ce que l’on aurait pu être. On marche pour prendre notre vie en main, on agit pour être, exister et ne plus seulement dépendre de ce qui nous nourrit. On veut s’extirper de la poubelle dans laquelle on glisse irrémédiablement. On veut battre tout cela, on veut devenir, on veut être. Et on marche, et elle marche. Elle se relève, ignore le personnage lugubre et ses viles propositions, ignore sa main tendue. Le soleil darde le monde de ses rayons protecteurs. Tout est devenu clair, tout est devenu lucide. La route reprend sa forme initiale, une ligne droite qui mène vers notre salut. Elle marche, et peu à peu, d’autres personnes la rejoignent. Une multitude d’âmes perdues qui se retrouvent en elle, dans sa lutte contre les hommes. Sa lutte contre l’ignorance. L’or, le pouvoir, dieu, la haine… Tout cela nous a endormi depuis trop longtemps. Et la foule grandit à chacun de ses pas, les gens se réveillent, prennent conscience de leur état et désirent s’en détacher. Elle marche, ils marchent. Bataille contre le mensonge qui a pâlit nos esprits. Bientôt la vérité sera aussi flamboyante que le soleil qui est désormais à son zénith. Ils marchent vers leur ultime combat. Combat contre ces faux prophètes et ses vendeurs de pouvoir qui volent la Terre et oppresse le peuple. Nous sommes le peuple oppressé, et on va devenir ce que l’on a toujours voulu être.Car après tout, pourquoi ne pouvions-nous pas être plus pacifistes, plus gentils les uns envers les autres ? Pourquoi ne pouvions-nous pas être, pas être ce que l’on est censé être ? Amour.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
08 mars 2008 à 11:57:21

Tous sur la nouvelle! A vos haches, serpettes et autres couteaux! :noel: Humph, désolé, fallait je sorte une connerie pour commencer ce post.

Alors...spécial, effectivement. Stylistiquement c'est très maîtrisé, c'est sûr, et y'a peu de fautes (mais elles sont énormes, comme "voulait refusez" ou un truc du genre ><).
Ca se lit bien, très bien, c'est fluide et y'a pas de phrases hyper lourdes (peut-être une à un moment, mais j'me souviens plus où :/ ) ou de mots qui dénotent (à part "elle se casse", au vu du vocabulaire du reste du texte ça m'a paru étrange).
L'évolution du personnage, elle aussi, est bien amenée puisque même dans un texte aussi court c'est bien amené.

Bon par contre, c'est totalement subjectif, mais ce genre de morale me file des boutons. J'vais pas partir dans un vieux débat (sauf si tu l'demandes), mais perso ça m'énerve beaucoup ce genre de trucs. Mais là, ça dépend de moi plus que de toi^^
Enfin, on va dire que ça équilibre avec tous les textes de dépressifs qu'on a eus ces derniers jours. :noel:

Bon voilà. Awaiting the next text pour me faire une meilleure idée. :-) (sauf si tu me dis que c'est ton genre habituel, la morale kikoo, auquel cas c'pas la peine que j'lise un auteur que j'peux pas apprécier :-d )
________________________________________________
C'est en buvant une goutte d'eau que l'on se rend compte de sa soif.
"L'homme choisit, l'esclave obéit." (Andrew Ryan)

AnnaKarina
AnnaKarina
Niveau 4
08 mars 2008 à 16:55:07

Merci du commentaire. :-)
Et non, je te rassure, ce n'est pas mon genre habituel. En fait on ne peut pas vraiment dire que j'ai un genre habituel vu que j'essaye de varier d'un texte à un autre. Disons que je n'ai pas encore clairement défini ce qui pourrait le mieux correspondre. Pour la morale, j'ai hésité également à la mettre, ça fait un peu enfantin ce pourquoi ne pouvions nous pas être plus pacifiste, plus gentil, etc. Mais la musique qui m'a inspirée ce texte se termine ainsi, donc j'ai préférée la suivre, puis ça rentre dans la logique du cycle que j'ai essayée de créer en relation avec le cycle solaire. Voilà, pour mon prochain texte (qui dépassera probablement le cadre de trois paragraphes, du moins je l'espère) je vais être un tantinet (voir plus si affinité) plus pessimiste si ça peut te rassurer.
Encore merci pour le commentaire, et je vais tenter de corriger mes vilaines erreurs !

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
08 mars 2008 à 17:09:34

Voilà qui me rassure, effectivement. :-)
J'ai donc hâte de voir ce que tout ça (à savoir, ton style quoi, c'est pas ma faute je sais pas m'exprimer :o)) ) va donner avec du gris à la place du rose... :-)
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C'est en buvant une goutte d'eau que l'on se rend compte de sa soif.
"L'homme choisit, l'esclave obéit." (Andrew Ryan)

Negatum
Negatum
Niveau 10
08 mars 2008 à 20:35:08

Bon, et bien, pour changer, mon comm' sera à l'opposé de celui de Az' :noel: (et je le fais même pas exprès XD)

Enfin, pas réellement, mais je vais objecter deux choses: Un la morale est pas super, mais elle est bien mieux que ceux des dépressifs (qui, EUX me filent des boutons XD), et de deux, le style est maitrisé, mais pas tant que ça. Explicitons:

-Le style est pas mauvais en temps que tel, mais je trouve qu'il y a, surtout au début, de l'esbroufe. Phrase minimale, grande idée lyrique, et si c'était ça, rayon de la lune, le grand barda. Alors, ce genre de style là est très bien (moi-même, jai tendance à en abuser), mais l'ennui c'est que tu passe par quelques poncifs qui cassent un peu le charme, preuve que tu n'est pas si expérimenté que tu le montre au premier coup d'oeil :) . Et puis, surtout, le coté morale explicite est carrément soulant, car le narrateur prend parti, et ça casse un peu le bel apologue que tu nous fait. Pour les fables, préferer le minimaliste et la clarté, du moins au début du texte en cas de longueur, c'est plutôt mon avis =). Aprés, si y en a qui aime...

-Pour la morale... Ben, c't'une morale, quoi, déjà vu et re-vue, mais bon, quelle morale n'a pas déjà été vue, hein? Au moins, elle transmet un message d'espoir, en disant qu'il ne faut pas se décourager, et quon va arriver à transcender notre état d'humain consommateur pour devenir amour et combattre... Pour moi, cest là que ça cloche. Si tu ne propose aucune idée concrte pour l'événement de "l'amour", tu désigne des responsables direct (la "télé", l'or, le pouvoir, Dieu, la haine) qui n'ont évidemment aucune responsabilité vu qu'ils ne sont que des outils ou des sentiments. Et toi qui veut l'amour, tu désigne directement des ennemis de l'amour, donc les choses qu'on doit haïr pour l'amour... Cherchez l'erreur. En fait, tu aurait du en rester au découragement, qui est un ennemi personnel qu'on combat seul (comme la fille) et qui permet de triompher communément, bref, rester dans l'abstrait total, ça aurait éviter la décrédibilisation de la morale. M'enfin, ça change de "le monde il est moche, je vais me suicider" qu'on voit d'habitude ici :p)

Bref, c'est pas mal, pas un truc inoubliable, pas une merde non plus, mais un texte assez bon, qui révèle un certain potentiel. Je jetterais un coup d'œil aux autre nouvelles de ton cycle, si jai le temps et le courage :-)
_______________________________________
Et sinon, ça va?

WeezyF
WeezyF
Niveau 10
09 mars 2008 à 17:53:28

Bon il y a un gros effort de style c'est sûr tu nous bombardes (étouffes ?) de vocabulaire, de belles phrases dont l'utilité peut parfois être discutable; quelques phrases aurait gagné à être simplifiées mais c'est pas trop mal sinon. La morale...tout a été dit au-dessus donc j'en rajoute pas. Quelques incohérences et phrases un peu mal construites, je n'ai retenu que celle-ci : "que tout cela est vain, ne sert à rien" :d) ça veut dire la même chose. Donc quelques redondances à éviter et une morale moins naive, enfantine peut-être et j'accrocherais mieux la prochaine fois. Mais ça reste tout à fait correct.

AnnaKarina
AnnaKarina
Niveau 4
21 mars 2008 à 02:42:31

Merci de vos commentaires, ça va me permettre de repaufiner encore un peu plus le texte. Je vais tenter de me dissocier et de prendre moins partie.Encore merci. :)

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