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Zone est

iron66
iron66
Niveau 6
25 février 2008 à 15:45:55

Une petite nouvelle sans prétention, écrite (et terminée) à l'occasion d'un concours d'ecriture que je suis sur de perdre, histoire de me remettre à l'ecriture (mediocre ?).
C'est pas très fouillé, c'est écrit assez vite, mais on a pas toujours le temps en prépa... :p)

Zone Est

Un couloir sombre, désert, une tension qui plane dans l’air. Une armée d’un côté, une deuxième de l’autre. Tous en habits de combat, des couleurs sombres, de lourds vêtements, des cagoules noires. La tension monte, les esprits s’agitent, les armes frémissent, les conversations se font animées. L’enjeu de la bataille est trop grand, on ne peut pas se permettre de la perdre. Dans les deux camps on s’encourage. On se tape gentiment dans le dos pour se donner de la force, on motive les champions. Certains échauffent leurs muscles, d’autres se concentrent. Tout le monde sait ce qu’il a à faire. Le plan de la bataille à été mûrement étudié par les généraux. On se toise de part et d’autre du no man’s land qui sépare les deux armées, l’élite des combattants de chaque camp se met à l’avant, provoque les adversaires, exécute des danses tribales pour invoquer les ancêtres. On sent que le moment de l’attaque va arriver. Chacun des chefs aimerait avoir l’effet de surprise. Mais le terrain est trop étroit. La surprise ne pourra servir. Tout va se jouer sur la force et l’agilité des guerriers. Ils ont été recrutés pour leur habilité sur le champ de bataille et surtout pour leur expérience des combats dans ce genre d’endroits. Puis soudain les premiers ordres sont lancés. « Groupes un et deux, à l’assaut ! Les autres en couverture ! » Dans l’autre camp les cris fusent.
Le combat est lancé. Les armes tournent. Les soldats courent. Les armées chargent. Et pendant un court instant, le temps semble s’arrêter, les corps se figent, la première masse s’élève, se prépare à frapper et d’un coup le temps reprend sa course. Elle retombe. Il touche une tête. La tête chancelle. Les bras répliquent. Et soudain c’est la panique. Les attaques pleuvent de tous côtés. On joue des coudes parmi les siens pour monter à l’assaut. On se protège d’un bras, on frappe de l’autre. On donne quelques coups, on en encaisse quelques-uns ; puis on se retire pour laisser la place au suivant. De plus en plus de poussière s’échappe des vêtements, du sol, s’élève du couloir et se réfugie vers le plafond comme pour fuir cet accès de violence. La rage s’évacue enfin.
La pression s’est faite trop forte ces derniers temps. Les deux armées sont jeunes et pourtant la vie des soldats n’est pas facile tous les jours. Tous ont du travailler dur et batailler jour et nuit pour s’en sortir et être reconnus par les autres. Ils sont une élite, ils le savent, ils ont été formés pour ça. Mais les méthodes sont dures et leur formateurs encore plus ; sans cesse rabaissés, les jeunes ont souffert. Et cet affrontement est leur récompense. Il va leur permettre d’évacuer le stress accumulé et de détendre leurs nerfs à vif. Cette guerre qui se joue depuis des années entre les « jeunes » et les « vieux » est sur le point de subir un tournant. Cette bataille est décisive et la vainqueur aura un avantage de poids sur les autres. La domination de la zone Est est en jeu et elle ne doit à aucun prix leur échapper. Plus que leur orgueil et leur réputation, les guerriers ont un objectif non négligeable. « Ca va saigner ! » est le mot d’ordre de la soirée.
Le combat fait rage. Un déchaînement de violence pure qui dure depuis plusieurs dizaines de minutes maintenant. Puis au milieu de l’un des camps, un ennemi est fait prisonnier. Il observe le cercle hostile qui se resserre lentement, les visages ricanants, les armes dressées. Il tourne sur lui-même pour trouver une sortie. Il est tendu comme un lion en cage. Il affronte du regard ses adversaires tout en priant pour qu’ils lui laissent une sortie. Puis d’un coup il comprend. Il n’est pas juste un prisonnier, il est un simple ennemi qui va être exécuté séance tenante. Alors il ne réfléchit plus, il fonce, tête baissée pour essayer de se frayer un chemin parmi la foule de belligérants. Il frappe, se protège, refrappe, se protège, se prend un coup, puis un autre, se protège, se reprend un coup, frappe, rate sa cible, reprend un coup. Sa tête se met à sonner sous la pluie d’attaques. Les chocs de plus en plus violents martèlent son crâne, son cou se tord. Les autres frappent, il leur faut un exemple ; alors il se débat, essaie de frapper ; mais ils sont trop nombreux et l’heure n’est plus à rendre les coups. Il lève ses deux bras, se protège, il recule, lance des supplications, tente de regagner son camp. Il sent qu’il n’y a plus d’espoir. Sa peur commence à suinter, à s’échapper autour de lui, il ne peut pas tomber maintenant, il est trop jeune : au diable l’orgueil, alors il fuit, il prend ses jambes à son cou et regagne le bouclier protecteur que forment ses camarades, son équipe, ses frères.
Autour de lui c’est la panique, la poussière envahit l’atmosphère, elle ne s’élève plus seulement dans l’air mais fait partie intégrante de l’air, compose l’air et s’insinue au plus profond des poumons. On suffoque, on tousse malgré les tissus protecteurs. Les jeunes nouveaux non protégés s’étouffent, font une pause.

iron66
iron66
Niveau 6
25 février 2008 à 17:02:23

etant donné que Zone Est est (censée être) une noouvelle a chute, je me sens un peu obligé de poster la fin... Au risque de perdre des lecteurs découragés par la longueur...

Puis soudain d’un accord tacite, c’est la trêve. On se sépare, on regagne son camp, on admire les dégâts, on se félicite. Certains blessés abandonnent. Le cou fait douloureusement souffrir, la tête exprime son mécontentement en titillant les nerfs. On tente de récupérer son souffle et d’oublier les protestations de son crâne. Les filles, venues en renfort, soignent les blessés, les médicaments tournent, elles réconfortent ceux qui ont perdu l’espoir, félicitent ceux qui se sont bien battus. Certaines rejoignent leurs amants et leur redonnent des forces par leurs lèvres jointes dans un baiser fougueux, aussi rapide qu’intense, un câlin sauvage, une caresse affectueuse. Pendant ce temps les généraux discutent du plan à suivre, il est temps de sortir la botte secrète, ils font le bilan des blessés, et de ceux qui sont tombés au combat. C’est fini pour eux. On les enlève du champ de bataille pour protéger les corps, on s’en occupera plus tard. Puis dans un des camps on se relève et les ordres fusent à nouveau.

Et soudain on repart à l’assaut. Et c’est reparti, le même déchaînement de violence, la vivacité en moins. Les réflexes se sont amoindris, les coups se font moins forts comme si la poussière s’était engouffrée jusqu’au siège du commandement. Mais le cerveau est intact, c’est le corps qui est fatigué. La poussière, elle, tourbillonne dans l’air sans cesse trimbalée par les mouvements des armes. Les bras aussi se mettent à protester, les muscles deviennent douloureux, les aisselles secrètent leur liquide malodorant pour repousser l’adversaire. Puis les « jeunes » gagnent du terrain, dans leurs rangs on jubile, les « vieux » reculent. Les coups redoublent, ils tombent et frappent de tous côtés. Ils cèdent ! On va gagner ! On s’acharne contre les derniers survivants pour appuyer la victoire. Ils sont si peu.
Et d’un coup, dans tous les cerveaux du groupe, les neurones entrent en contact, les connections se font. Tous les cerveaux marchent en même temps comme si la bataille les avait liés. S’ils sont si peu nombreux ce n’est pas par ce qu’ils ont fuit…
Ils sont derrière !
On se retourne d’un seul mouvement mais c’est trop tard. Les armes pleuvent sur les arrières des assaillants, en fauchent quelques uns, en blessent d’autres. On n’y voit plus rien, plus le temps de frapper, on se protège. Le flot des « vieux » s’est engouffré dans l’armée des « jeunes ». Ils connaissent mieux le terrain, ils sont passés par l’extérieur du bâtiment pour surgir et couper l’armée adverse en deux. D’un côté les blessés, trop étourdis par les coups pour se défendre correctement, qui se font encore une fois attaquer. Ils ripostent mais la conviction n’y est pas. Leur corps est meurtri, leur esprit fatigué. Leurs coups sont mous et très vite ils se contentent de se protéger. De l’autre, le front, le gros des troupes, les plus vaillants, les excités. Trop excités même. Tellement qu’ils n’ont pas vu le groupe d’en face diminuer, aveuglés par la victoire proche. Mais ils sont désordonnés ; attaqués par derrière par les fourbes qui se sont joués d’eux, ils le sont aussi de l’autre côté par les quelques personnes qui tenaient le front pour faire diversion. Entre deux feux, leurs forces s’amenuisent, ils ont du mal à riposter, ils se défendent faiblement, ébranlés par ce brusque revirement de situation.
Au milieu il y a les autres, les fiers guerriers aguerris qui ont réussi à berner l’adversaire et à le prendre par surprise. Ils continuent à frapper sans relâche, ils ont gagné, ils le sentent. Le goût de la victoire vient frôler leurs papilles mais il est distant et encore faible. Alors ils redoublent d’efforts, grisés par cette sensation enivrante. La victoire est proche. Au diable les protestations de la tête, au diable la transpiration. Sus aux « jeunes »!
Soudain un des benjamins tente une percée, il fonce, son arme tournoyant au-dessus de lui. Mais il est seul, désespéré et trop prévisible. Les « vieux » ont le temps de l’apercevoir et ils se tiennent prêts. Un combattant trop absorbé par son duel avec un adversaire ne voit pas le « jeune » enragé. La masse frappe sa tête à la tempe et l’assomme. Mais aussitôt ses camarades se ruent sur le téméraire et ils le rouent de coups, l’assaillent et s’acharnent. Le grêle meurtrière s’abat sur lui comme un aigle sur sa proie, elle le désarçonne et il chancelle, il flanche et il le sent, il sait que s'en est fini pour lui. Il se range dans un coin, dépose ses armes et attend la fin du combat. Il s’est bien battu mais pour lui, la bataille s’arrête ici.
Puis, comme suivant son exemple, de plus en plus de « jeunes » capitulent, abandonnent, jettent leurs armes et se soumettent. Chez les vainqueurs des cris de joie s’élèvent dans l’atmosphère saturée de poussière. La joie se peint sur leurs visages, ils ont gagnés, la bataille et la zone Est en plus. C’est celle qui contient la salle informatique, le billard et le foyer de l’internat. Encore une fois les deuxièmes années ont gagné. Demain ils retourneront tous en cours, les « sup » et les « spé ». Dans l’univers du jour, ils ne sont plus les « jeunes » et les « vieux », ces deux armées rivales qui se disputent la domination de l’internat, ils sont les premières et les deuxièmes années, de simples élèves de classe préparatoire qui bossent dur pour leurs concours. Mais pour l’instant ils rangent leurs polochons, relèvent ceux qui sont tombés au combat pour les aider à regagner l’étage. Et dans quelques heures ils dormiront, leur tête posée sur l’arme qui les a si bien servis lors de la bataille. Il faudra bien sûr rafistoler les traversins pour la prochaine bataille mais pour l’instant, l’heure est au sommeil.
La poussière, elle, commence à retomber comme les internes s’en vont. Elle regagne sa place sur le sol du couloir pendant que des petits groupes se forment pour remonter discrètement. Elle se dépose sur le parquet d’où, tant de fois, elle a décollé pour finalement toujours y retourner. Et une fois que tous les guerriers sont repartis rêver vers d’autres cieux et que la lumière s’éteint, elle reste là, triste et solitaire, pour attendre la prochaine bataille…

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
25 février 2008 à 18:36:10

Un fan d'Asimov, il faudra que je lise ça en vitesse. :)

iron66
iron66
Niveau 6
26 février 2008 à 13:19:16

A force de mettre des commentaires chez les autres ma nouvelle s'en va !!

--crazymarty--
--crazymarty--
Niveau 10
26 février 2008 à 13:56:00

franchement, je crois qu'un commentaire s'avère nécéssaire.
Ce combat, quelle description :bave: ! Tout à la fois si précis et si vague, cette impression permanente du mouvement, ce vavs et vient entre les protagoniste, c'est absolument sublime :)

mais le mieux c'est la chute : nul besoin d'éspoir quand la mort est à vos trousses :ok:

pas de fautes d'orthographe, un style fluide et simple qui colle à mort à cette ambiance. Bref, en un mot : continue, c'est bien :ok:

Patton65
Patton65
Niveau 10
26 février 2008 à 14:25:43

Bien ?! :rire:
Mais tu te fous de ma gueule ! :rire:

C'EST EXCELLENT :bave:
Franchement bravo, un style facile à lire, mais sophistiqué, pas de fautes...
Et puis cette chute ! Mais quelle chute ! :bave:
Continue, tu as un avenir dans l'écriture j'en suis persuadé :ok:

iron66
iron66
Niveau 6
26 février 2008 à 16:25:40

Que dire sinon merci :merci:

charly_owl
charly_owl
Niveau 7
26 février 2008 à 17:01:28

que dire sinon bravo. La fin m'a fait sourire. :-)

redsissi
redsissi
Niveau 10
27 février 2008 à 06:09:19

pas aussi emballée que vous... je l'avais vue venir la fin!!
je m'attendais à un truc du genre bagarre d'oreillers :sournois:

vous avez décelé aucune faute?? vous repasserez alors!!

Cette bataille est décisive et la vainqueur aura un avantage de poids sur les autres. > la vainqueur? :-p

S’ils sont si peu nombreux ce n’est pas par ce qu’ils ont fuit… > parce qu'ils!

Le grêle meurtrière s’abat sur lui comme un aigle sur sa proie, > le grêle? vraiment? je connais pas cette expression mais elle me semble un peu bizarre, mais j'ai peut-être tort.

y en a peut-être d'autres mais je n'ai détecté que celles-là :oui:

Sinon c'est effectivement bien raconté et dans un style agréable. :hap:

Patton65
Patton65
Niveau 10
27 février 2008 à 10:35:05

Perso j'étais trop pris par le texte pour repérer ces 2 fautes :hap: (ou alors j'étais fatigué aussi :dehors: )

Mais sinon la grêle, c'est les bouts de glaçon qui tombent du ciel en hiver :ange: (avant le réchauffement planétaire)

Agraf
Agraf
Niveau 10
01 mars 2008 à 21:42:03

Déjà, pour commencer, je suis pas fan des nouvelles à chute.

les conversations se font animées. :d) J'ai du mal à imaginer des conversations animées avant une bataille, j'aurais plutôt mis qu'il y avait un silence pesant, qui collerait davantage à la concentration etc.

expérience des combats dans ce genre d’endroits. Puis soudain les premiers ordres :d) Bon, là y'a un hic dans ta transition, enfin plutôt ta non-transition, puisqu'il n'y en a pas... Bref, faudrait remédier à ça.

déchaînement de violence pure qui dure :d) Ca par contre j'ai bien aimé, le jeu de mot et tout et tout, c'est ce genre de petites choses qui caractérisent les bons textes

reprend un coup :d) La saga des 400 coups est un peu lourdingue, faudrait retoucher tout ça

câlin sauvage :d) sympa aussi le câlin sauvage, ça m'a fait sourire

Bon, que te dire ? Au niveau du style, tu écris dans une langue tout à fait honnête sans pour autant avoir un style qui t'es propre et qu'on reconnaît en quelques lignes. Ca se lit facilement, agréablement etc. mais rien de transcendant. Là où le bât blesse, c'est au niveau du scénario, alors c'est p-ê parceque je suis pas super fan des nouvelles à chute comme je l'ai mis plus haut, mais bon, deux pages de combats vide, à moins d'avoir un style particulièrement succulent (comme par exemple le vieux Soul' ici) qui font que chaque phrase pétille sous la langue, eh bien c'est un peu... Assez paradoxalement vide et lourd. Alors je ne souhaite pas rentrer dans un débat sur la masse possible du vide en physique quantique car tu me moucherais sans besoin de polochon, mais simplement te faire remarquer que lorsqu'on a pas beaucoup de temps (et tu sais ô combien je partage ta souffrance de prépa), et que donc on a pas spécialement le temps de se relire et de fignoler chaque phrase, il vaut mieux miser sur le fond du texte.

Bref... Je te souhaites bonne chance pour la suite !

iron66
iron66
Niveau 6
19 avril 2008 à 22:55:20

Merci agraf pour tous ces commentaires constructifs, j'essairai d'y remedier mais étant donné que, comme dit plus haut, je n'ai pas beaucoup de temps et qu'en plus je suis très flemmard (tu me connais ^^) ça risque d'etre dur ! :-d

iron66
iron66
Niveau 6
24 avril 2008 à 22:47:26

:up: ?

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