Les catapultes ennemies n’avaient cessé de bombarder la ville, leurs hommes chargeaient sans interruption et leurs guerriers étaient réputés pour être d’excellents combattants. Les monstres n’étaient pas une mince affaire non plus ! Les femmes, les enfants, tous y étaient passés. Certains avaient même préféré se suicider devant l’horreur, préférant leur mort à la vision d’une guerre perdue d’avance où leurs amis et leurs frères d’armes tombaient un à un.
Les hommes arrivaient sur l’ennemi. Ils couraient à en perdre haleine…ils couraient vers leur mort. Un homme criait pour venger sa fille, un autre, pour sauver sa reine. Lorsqu’ils fondirent sur l’ennemi, la première ligne de soldats fut terrassée. Les monstres ennemis, massifs, étaient équipés de grandes lances et le combat commença. Le capitaine, resta debout, lui, et engagea le combat. Il tua deux monstres, d’un seul coup de son épée dans un cri de rage. Son épée était immense ; ornée du saut de Guëlinea... Cet homme était un prince. Le prince de Guëlinea combattait à l’avant ! Ses amis, à côté de lui étaient mis à mal, certains tuèrent quelques monstres avant d’être transpercés par une flèche ou une épée. Ils se battaient vaillamment.
- Pour la reine ! Battez-vous pour votre peuple ! Cria le prince.
Le combat ne se déroulait que dans un sens. Les hommes perduraient à tenter de tenir mais leurs ennemis étaient trop nombreux ! Quelques monstres tombaient, quelques hommes ennemis aussi mais le sol auparavant verdoyant était désormais jonché de cadavres et de sang des hommes de la reine.
- Des sorciers ! ! Cria soudain un jeune homme apeuré avant de tenter de s’enfuir.
Le courage laissait désormais place à la peur. La moitié du groupe avait été tué, par la force ou par le nombre alors que l’ennemi n’avait subi que quelques pertes, minimes au vu de leur nombre. Que fichait des sorciers ici, bon sang ? ! Ils étaient devenus si peu nombreux…comment pouvaient-ils s’être alliés avec leur ennemi ? De longs bâtons se soulevèrent du sol, des incantations de ces hommes, maigres et grands, vêtus de longues tuniques noires, s’approprièrent l’espace du combat. Des boules de feu fusèrent, enflammant les hommes qui criaient de peur. Quelques hommes jusque là encore au combat, se mirent à pleurer et tentèrent de déguerpir, sans jamais y parvenir. Ils étaient tués si rapidement… Leur nombre diminuait plus vite encore maintenant.
Un homme soudain, monté à cheval apparut. Equipé d’une immense armure aux tons rouges qui lui couvrait le corps, il vint, sourire au lèvres face à ses ennemis. Son visage était dur, imposant, tout comme sa taille. Une longue cicatrice sur la joue le rendait effrayant. Leur chef était là, devant ce prince insignifiant pour lui. Il descendit et sans un mot, s’avança. Il s’arma de son épée, jusque là encore a son flanc et la porta en direction de l’homme. La garde de l’arme rougeoyait
- Ne combat pas, jeune prince. C’est inutile. Ta défaite est totale. Abandonne, tu n’as plus d’espoir.
La sueur perlait le magnifique visage du jeune homme au teint blond. Il mis son épée en garde devant le géant qui lui faisait désormais face et se prépara au combat alors que ses alliés subissaient encore de nombreuses pertes à quelques pas de lui.
- Pour la reine, murmura t’il avant de s’élancer dans un cri d’espoir.
Le chef, se mit en garde et contra le premier coup qui lui fut porté en direction de la poitrine avant d’en assener un en direction de son adversaire. Certains ennemis, peu touchés par la mêlée se mirent à regarder le combat qui s’annonçait passionnant. La lumière du jour se voila peu à peu laissant place à une nuit sans lune.
Le jeune prince subissait depuis peu les assauts du chef ennemi. Il arrivait à prendre le dessus peu à peu. Sa dextérité était impressionnante et le prince chavirait peu à peu. Il contra une nouvelle attaque et réussit à se dégager pour frapper. Il toucha légèrement son ennemi à l’épaule droite et retira rapidement sa lame. Il n’avait même pas bronché ! Aucune réaction ! Il était touché mais il ne fît que relever sa lame et sourire.
- Bravo, prince ! Tu m’as touché mais…Ce sera la dernière fois que tu m’atteindras !
Il cria d’une force impressionnante et abaissa de nouveau sa lame.
Les alliés du prince n’étaient plus qu’une bonne dizaine. Les autres regardaient avec appréhension le combat.
Tout se déroula alors très vite. Le prince vit ses assauts repoussés, férocement. Il n’arrivait même plus à contrer entièrement les attaques. Les coups qu’il recevait semblaient engourdir son bras, toujours de plus en plus. Soudain, sa lame sauta de sa main et sans comprendre, il fut transpercé par la lame de son adversaire en plein ventre.
L’homme eut un rictus puis éclata de rire.
- Je t’avais prévenu, prince. Regarde autour de toi…Tu es seul, absolument seul !
Le prince réussit à tourner la tête et voir le champ de bataille. L’homme avait raison, le massacre était complet. Aucun des hommes du prince n’avait survécu. L’assaut avait été téméraire, tumultueux…non, le mot était plutôt : impossible ! Les cadavres au sol étaient brûlés, transpercés et la plupart appartenait à son rang. Il avait raison, la défaite était totale.
Une petite larme vint perler sa joue gauche, il regarda son ennemi puis le soleil qui sombra totalement. Cela avait bien été sa dernière journée sur ce monde. Il ne la regrettait pas comme toutes les autres. Enfin, le géant cria et sortit la lame du corps du prince qui tomba, inerte au sol, face contre terre.
Le spectacle laissa place à un cri de victoire. Le chef calma la troupe et cria en levant sa lame :
- Allons rencontrer la reine à présent !
Il rangea son impressionnante épée dans le fourreau à son flanc et sans plus de mots, une partie de l’armée se détacha, comme le plan l’avait prévu et suivit l’immense homme. Les monstres les plus forts et impressionnants se tenaient avec lui. Les Diarts et les Raka’Dun l’avaient presque tous suivi, tels des ombres, plus sombres que la nuit. Les deux noms de ces monstres étaient réputés désormais dans tout Guëlinea pour leur cruauté. Les Diarts semblaient ombres, noirs et sombres. On ne remarquait pas leur visage, caché par un voile. Les Raka’Dun, eux, étaient d’immenses guerriers dont les lames étaient impressionnantes. Plus grandes que des épées et plus épaisses, on disait qu’elles avaient été forgées dans les Monts Obscurs. Leurs visages terrifiants, percés d’anneaux et perlés d’yeux sombres, rouges, les caractérisaient. Quelques sorciers et hommes suivirent aussi leur seigneur.
Tout le groupe marcha vers les portes principales de la cité, toujours debout, seuls remparts, seuls obstacles à la compagnie malsaine qui s’avançait maintenant vers elles.