Tout lui souriait. Elle, la princesse de mon petit coeur tout mouillé de l´amour qui bavait sur moi. Elle, la belle créature à qui la vie avait fait un magnifique cadeau en la faisant libre comme le vent . Elle qui savait ce qu´elle valait, et cela me suffisait. C´était si simple et pourtant si fort. Un amour plus pur que la mort, éternel à n´en plus vouloir.
Ô dieux que la nuit était foide. Les torrents qui innodait les rues de mon quartier chariaient bien plus de malheur qu´il n´y parraissait. Et quelques mégots malpropres aussi. Tordus et mouillés comme je l´étais. Mes mégots en fait. Balancés d´une fenêtre rouillés qui se gonflait à la moindre averse, transformant le haut et étroit appartement en un frigo.
La pluie frappait fort à mes carreaux ce soir là. La télé debittait toujours son flot de stupidités, pareille à elle même, ignorant sa propre grossièreté ventrue qui emmerdait tout le monde au plus haut point. Moi j´aimais ça. Oh oui, j´aimais voir tout ces crétins coincés dans le verre cathodique déballer leurs immondices en public. Voir combien le mensonge triomphe dans ce monde d´illusions divines. Quand on prend le temps d´y réflechir, c´est fou comme ce spectacle nous attire et nous repousse. La perversion et le voyeurisme , deux chose inavouables que tout le monde apprecie sans jamais en parler. Comme tout les tabous publics, il fallait le franchir en privé. Comme si nous n´assumions jamais nos pensées et nos actes véritables. Jouer, faire la comédie pour ne pas se retourner sur notre sadisme animal. Quelle belle connerie que cette télé !
J´en étais donc là, debout dans ma cuisne-salle à manger, à préparer mon diner, celui que je faisais avec amour tout les mardis soir. Comme si le fait d´éplucher des carottes et de couper en fine tranches du blanc de poulet industriel était la meilleur catarsis à nos ressentiments. Toute cette haine ,vicieuse et vissé à nos esprit durant la semaine comme la cheville à sa poutre, sortait dans les geste précis de la main tenant le couteau tranchant. C´était mon hobby , cette prépartion ancestrale que je concoctais pour moi et pour Elle. D´ailleurs, comme c´est l´heure de "question pour un champion", elle ne devrait plus tarder à rentrer du boulot. La jolie et jeune cadre du service clientèle d´une boite importante dont je tairai volontairement le nom. Et comme tout les mardis, je lui servirais en souriant les même questions réchauffés d´un quotidien ô combien détésté. L´appartement devenait jour aprés jour le cloître d´un oiseau qui jamais n´aurait dû se faire attraper par ce putain de truc qu´on appelle la bienséance. Oh oui, je la regrettais cette foutue maitresse qu´on appelle la scène. Celle là au moins, elle m´a toujours donner le sentiment de vivre au moins quelques heures dans l´hiver sans fin que constituait cette société française à mes yeux. Mais les gens perdent du pouvoir d´achats. Ils sucrent le budget loisir , et ne s´offrent du spectacle que si la marchadise et sûr, certifié NF ou CE. Si c´est Bigard, c´est sur. Si c´est Doisel, ça l´est nettement moins. Comme si la gloire formait les artistes, quelqu´ils soient. Comme si l´argent inspirait. Comme si le showbizz était le but ultime. Mais comme les gens sont de plus en plus craintifs, il faut du lourd. Pas du petit théatre qui fait souvent à peine vingt entrée par jour. Celui là, en deux mille huit, il est condamné à mourrir. Voila comment l´oiseau Doisel est tombé dans les filets de l´ANPE et des ASSEDICS pour quelques mois. Fini la perche du régime accordés aux intermittents du spectacle. Merci Sarkozy de nous traiter de faignants. Grace à toi, on est sur de plus bosser.
Et puis il y a eu cette foutue sonette. Celle qui fait vraiment chier son monde quand on est occupé sur un truc bien crade. En plus de s´introduire sans prévenir chez moi, elle insiste et refait le coup vingt seconde plus tard, temps que l´on met à profit por essayer de ranger ou d´arranger pitoyablement son apparence et celle de son environnement.
- J´arrive ! criais je à ce visiteur opportuniste. Elle, au moins, aurait ouvert discretement la porte, lancé ses affaires sur le canapé et glissé ses mains trop froide sous mon tee shirt. Ensuite elle m´aurait retourné trés fort , et elle m´aurait collé un de ses fougeux baisés qui te scotchent pire qu´un joint.
Là, c´était à moi de bouger mon cul pour aller ouvrir à ce ou cette emmerdeuse. Le cliquetis de la porte resona comme jamais dans ma cervelle de comédiens. La porte bailla une éternité. Et ce foutu type en imper´ noir, dégoulinant de la flotte qui tombait dehors, dans le crépuscule orangé de ce mois d´avril merdique.
- Monsieur Doisel ? demanda t´il froidement.
Le regard méchant et vulgaire, je lui répondais à mon tour.
- Ouais . Vous lui voulez que´qu´chose ?
- Brigade criminelle , répondit il froidement en montrant sa carte d´inspecteur. Je vous prierais de me suivre au comissariat.
- Quoi ? Maintenant ? lui demandais je, éberlué.
- Oui, maintenant.