Amis du soir, bonsoir. Me voici de retour, pour vous jouer un mauvais tour!
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Hem. Bref. Ca fait un bail. Mais ça fait aussi un bail que je n´ai pas écrit. Et puis, tandis que la nuit tombait sur mon petit village, alors que je passais devant le forum, l´enseigne "forum écriture" clignotant allégrement dans le brouillard nocturne, je me suis dis: "Pourquoi ne pas entrer?"
Je suis venue. Ca respirait l´odeur de la mamie et de son chat, tellement ce forum me semble vieux (mais dites moi, je dis n´importe quoi!
)
J´ai vu. Et qu´est ce que je vis! Un fameux débat entre Zech, Ostramus, Yohan, sur le topic d´un certain Dieu, à propos d´un philosophe au nom imprononcable.
J´ai vaincu. Ma flemme de réécrire.
Et donc j´ai accouché d´un petit texte, encore tout sanguinolent, et chialant comme un bébé. Je viens de couper le cordon ombilical, et je vous l´offre ce soir sur un plateau. Miam miam!
Bref, tout ça pour dire:
Enjoy! (J´espère que vous allez comprendre de quoi il s´agit).
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Seul
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Il me regardait, avec le regard sombre et triste qu´ont les proies lorsqu´elles réalisent qu´elles sont prises. Lui, cel a faisait bien longtemps que je ne l´avait pas vu. Et il avait considérablement changé. Amaigri, les paupières plus lourdes encore que les cernes qui pendaient de deux yeux vitreux, une bouche fine, fine, réduite au simple trait, comme un coup de couteau, dont toute sensualité, humanité, s´était évanouie. Je collai ma main au carreau. Lui, de même. Dans la pénombre qui régnait là, je ne faisais que deviner les courbes de son corps. Les courbes? Les angles. Sa main tentait de me toucher. Mais tout un monde nous séparait. Ha! Que n´ai je eu le courage de venir le voir plus tôt! Je regrettais à présent. Je m´étais senti si seul, plus seul encore que lorsque les gens m´entouraient. Mais lui, lui me comprenait. Je le voyais dans son regard. Devant moi, il ne fuyait pas. Ma main se leva, s´approcha du visage de son visage, cogna contre le carreau en un bruit qui résonna longtemps dans la pièce aux murs froids. Mais, si sa main cherchait elle aussi une source d´espérance, lui ne bougea pas.
-Viens!
Il dit quelque chose, mais la vitre m´empêcha d´entendre.
-Je sais que tu as peur. Mais je ne te ferai pas de mal! Ne t´inquiète pas!
Son visage s´était raffermi, mais il semblait si faible, si faible. Il me parlait, mais ses injonctions restaient vaines. Fallait il briser la glace pour se comprendre? Mais ne fuyerait il pas?
Ma voix était rauque, et bientôt je sais qu´elle s´éteindrait comme la flamme d´une bougie soumise au vent. Je m´éloignai de la vitre, pour voir sa réaction. Il semblait déçu, mais reculait également. Que faire?
Peu à peu, la perplexité gagna son regard, mais un doute teinté de désespoir que nul autre que moi pouvait changer. Je devais le sauver. Mais moi, qui me sauvera?
Je n´en pouvais plus, et lui non plus. Il haletait, s´énervait, seul dans sa pièce. Et pendant que je faisais les cent pas, lui tournait en rond. Nul doute, il fallait que je brise cette vitre.
Soit. Mais comment faire? Elle était petite, plus haute que large, et ne semblait pas bien solide. L´éclater en morceaux ne sera pas difficile. Mais lui a eu la même idée. Et ensemble, car il est clair que si l´un suspend son bras, l´éclat de courage de l´autre disparaîtra, nos deux poings se jettent, fauves enragés par la captivité, vers le même point d´impact, celui qui nous avait semblé le meilleur. Elle se brise, elle se fane. Et ses pétales choient au sol, avec un bruit infernal, mais si musical!
Mais il n´est plus là! Il est parti! Quoi? Je suis seul à nouveau. Et lui, absent, absent. Je l´aimais. Et il n´est plus. Infâme chose. Le monde le punira bien assez tôt. Ha! Que ne puis-je le faire moi même! Mais que faire, à présent? Je n´ai plus rien, rien. Ces pétales brillantes, au sol, si belles, ultime cadeau de celui qui est parti. Je m´en saisi d´une. Les autres ne m´interessent pas. Car elle, je vais tout lui donner, à commencer par ma vie.