Je partis un jour clair,sous les degrés des nuages
Laissant sous mon vieux toit les rancoeurs de la mort
Je partis un matin,pour parsemer l´aurore
Des éclats d´ambre et d´or dont j´esquissai l´image
Je vis des maîtres frêles,aux sceptres vacillants
Montant vers un ciel vide,qu´ils espéraient remplir
Des esclaves au front fier de noblesse indolente
Et j´étouffai soudain; voilà! voilà! Partir!
Je vis les clameurs sourdes,sous des hurlements rauques
Teintant jusqu´au soleil l´éther d´une main noire
Je vis la rumeur sourdre,sous des tas de mots glauques
Traversant la terre morte,de l´aube jusqu´au soir
Perçons,perçons! Camarades! Retournez la terre
Les semailles pourries mourront dans vos mains neuves
Derrière les mots,les lignes,vous trouverez les preuves
Qu´il y a un Autre,un Autre! Derrière les bris du verre
Plus loin,plus haut,percez jusqu´aux étoiles! Voyez
Frémir la vieille croûte,qui s´est crue invincible
Et écrasez jusqu´à son pauvre nom,allez!
Que notre règne soit,nous verrons l´Invisible
Mais j´ai bien peur,enfin,que nous ne tombions bas
Quand même nous aurions l´univers et sa clé
Nous chercherions,hagards,l´espoir d´un au-delà
Plus loin,plus haut,mais non! Car Dieu est athée