Je m´accorde une petite pause dans l´écriture de "FFVIII : Il était une fois..." et voici donc une nouvelle fanfiction, cette fois issue du jeu "Devil May Cry". Pour ceux qui connaissent un peu, il s´agit d´une sorte de nouvel épisode, qui s´inspire légèrement du 3 mais s´en démarque dans la progression du scénario et des personnages (en gros, c´est pas la même chose!).
Et, je le précise cette fois, même si vous ne connaissez RIEN à la saga, vous ne devriez pas être *trop* dépaysé ^^
Bonne lecture!
DEVIL MAY CRY - Brotherhood Instinct
Sommaire :
I. L’éveil
II. Le purgatoire
III. Cerbère
IV. Spardra
V. L’antichambre
VI. Extermination
VII. Commencement
VIII. Ad Patres
IX. Virgil
X. Dante
XI. Fraternité et rédemption
XII. Épilogue
C H A P I T R E I — L’éveil
Un prête, une longue toge aux couleurs nacrées sur les épaules, le visage vieillit par le temps, une colère froide palpant ses iris noires. Face à lui, genoux à terre, les cheveux aussi blanc que neige, une cape bleu recouvrant son corps meurtris, Virgil. Les deux hommes se tenaient côte à côte sur une gigantesque estrade ovale, à l’intérieure de l’église Saint-André. L’endroit était à milles lieux de ce qu’on était en droit d’attendre d’une enceinte biblique et sacrée : les dossiers de bois avaient été déchiqueté sans exception et les sculptures qui représentaient anges et dieux gisaient comme de vulgaire cailloux sur le parterre marbré. De faibles lumières, écho de la pleine lune, filtraient à petits éclats au travers des fenêtres craquelées, brisées même pour la plupart d’entre elles. Tout ce que fut cette petite maison de dieu semblait avoir été bafoué, dérangé, et une sombre atmosphère profane et insalubre s’insinuait dans l’air, recouvrant le marbre et mangeant la pierre. D’une certaine manière, l’obscurité de cet endroit semblait, bien que diminuée par les nappes lumineuses, beaucoup plus prompt à agir, plus inquiétant de fait et tout sentiment de sécurité semblait écarté. Seul le confessionnal, isolé dans un recoin du hall principal, avait été épargné du déluge, comme si le paysage lui-même soutenait que pénitence était maître mot du salut.
Au milieu de la haute et ténébreuse bâtisse, se dressait un imposant pilier fondateur, qui soutenait une plaque ronde, s’élevant à une dizaine de maître au-dessus sol. Ses formes n’épousaient le parterre qu’avec une certaine réticence; on eut dit qu’il avait été placé là bien après la construction de l’église.
— Le prêtre : « Vous avez été sommé en ces lieux profanés, afin de répondre…
— Virgil : … Je… Je n’aime pas trop cet endroit…
— Le prêtre : … aux accusations qui vous ont été portées par le doux seigneur. Êtes-vous bel et bien Virgil, fils de Spardra?
— Virgil : … Eh bien… Je…
— Le prêtre : Répondez à la question.
— Virgil : Oui… Mais… »
Les fines lèvres de l‘évêque manoeuvraient avec une indifférence glacée les mots qui sortaient de sa bouche, tranchant les bégaiements du démon par des répliques sèches et sans équivoque. Une profonde haine s’inscrivait dans ses rides, qui sillonnaient son visage de part en part et plus il parlait, plus sa moustache grise et sa barbe blanche se tintaient de noir. Tenu en équilibre sur les doigts de sa main gauche, une bible; accroché à sa main droite, une canne en bois d’ébène tremblait quelque peu, sous l’effet d’une colère froide mais contenue. Il fallait laisser aux âmes autre que la sienne, la bêtise de perdre le contrôle. Une mission lui avait été assignée et il devait s’y résoudre, coûte que coûte, quelqu’en soit le prix. Se garder d’agir lui-même était pour le Père Rutherford un bien maigre tribu à payer, compte tenu de tout ce que lui et ses pères s’acharnaient à bâtir depuis des siècles : tout dépendait de la manière dont il jouait son rôle. Jamais il ne permettrait à ses propres ressentis de venir pâlir ses chances de réussites, qui étaient, quoiqu’il en soit, optimales. Qui dès lors pourrait lui reprocher de désirer que les choses se passent pour le mieux, comme lui-même l‘avait planifié depuis le début? N‘étant plus si jeune, il se serait bien passé de la moindre complication...
— Le prêtre : « Par les termes qui définissent les lois de notre espèce, il ne vous sera commis ni juge ni jury, ni avocat; je serais seul maître du verdict.
— Virgil : … Coi, ses yeux restèrent braqué au sol.
Un crépitement de flammes bleues accompagnaient à intervalle régulier le rituel, jaillissant de pots disposé tout autour de l’estrade. Chaque parole prononcée engendrait une nouvelle éclosion ardente.
— Le prêtre : Vous êtes accusé de parjure, d’avoir honteusement trahi le serment que vous aviez vous-mêmes prononcé lorsque vous vous êtes joint à notre cause. Et, bien que nombre d’entre nous restions perplexe concernant votre cas, une décision à pu être prise.
Ses bras, ses jambes… Tout de lui s’agitaient en de vives convulsions nerveuses. Que n’aurait-il pas donné pour être lui-même le bourreau de cet insecte… Mais alors qu’il s’apprêtait à proclamer la sentence, d’étranges mécanismes s’enclenchèrent : du corps agenouillé de Virgil, s’échappaient de petits filets de brumes bleutées et sa silhouette s’irradiait lentement d’une lueur de plus en plus vive. Que se passe t-il? Tenterait-il quelque chose? Les pensées de l’évêque tournoyaient dans son esprit, ne sachant que faire, ne sachant quelle décision prendre. Puis finalement, dans un geste résolut, il fit claquer avec hâte son pouce et son majeur, invoquant la guillotine sacrée. L’objet se matérialisa d’une facilité déconcertante dans le sinistre paysage et se déposa à quelque centimètre du corps de Virgil, à présent presque totalement recouvert d’une barrière lumineuse. Il semblait cependant ne pas l’avoir remarqué lui-même… Faisant toujours acte de rédemption, ses yeux bleues continuaient de fixer le sol, sans manifester le moindre signe d’abnégation ou de refus. Il acceptait son sort.
Il fallait faire vite cependant, pensa Rutherford. Si jamais il avait tout de même mit au point un stratagème pour s‘en sortir…
— Le prêtre : Que ce soit rendu la sentence! ADIEU,VIRGIL! »
Et la lame acérée s’abatis au moment même où le couinement de la porte principale indiquait qu’un nouveau visiteur s’était invité sur les lieux. Ce fut alors en une fraction de seconde qu’elle intervint : ronde, noircie, une toute petite boule de métal fusait à la vitesse du son vers la guillotine, percuta l’objet avec force et le fendit en deux. L’invocation du Père Rutherford vacilla alors, tremblotant légèrement suite à l’impact, et disparut dans un torrent d‘éclats et de poussières. Alors d’une grâce infinie, la balle lancée retomba gaiement dans la main gauche du tireur, tandis que la droite braquait un Revolver d’où s’échappaient de fines volutes de fumées.
— ?? ? : « Yo! Alors comme ça, on organise une fête et on m’invite même pas? Pas sympa ça, les gars!
Ses cheveux blancs oscillants au gré du vent, sa veste rouge entrouverte qui révélait un torse musclé et nu; le démon Dante avait rejoint le décors macabre. Un sourire désinvolte recouvrait ses lèvres et une profonde insolence était peinte sur son séduisant visage. Puis manifestement déçu par ce qu’il voyait, il lança d’un ton railleur :
— C’est tout? Venant de toi Vir‘, je m’attendais à un peu plus de sang sur les murs… Qu’es… »
Sa voix se perdit dans le mutisme : une nouvelle réaction venait de perturber le calme ambiant. Un vase, déposé au sol à quelque mètre derrière Virgil et qu’il était impossible d’entrevoir jusqu’alors, en raison de l’obscurité, émit une puissante onde bestiale. Elle recouvrit toute la petite église Saint-André et inonda avec rage les tympans de Dante. Ce dernier, à terre, plaquant fermement ses mains sur ses oreilles, hurla à plein poumon : « Putain mais Virgil, mais c‘est quoi cette merde encore?! ». Et à pas feutré, comme si il savourait son plaisir, Rutherford s’approcha, délaissant son accusé pour quelque bref instant, un machiavélique sourire agitant sa bouche. Arrivé à la hauteur du démon rouge, il lui cracha à la figure. Il explosait dans ses petites pupilles noires, d’intenses lueurs électriques, comme témoins de ce moment de joie. Dante, aveuglé par la douleur qui maintenant se propageait à travers ses veines dans les différentes parties de son corps, ne pu réagir, ni ne serai-ce qu’essuyer son visage sali. Tu t’imaginais peut-être que je ne l’avais pas prévu? Abominable pourriture, tu n’as aucune chance de t’en sortir cette fois… Mais vraiment aucune… Une vile démence maquillaient les pensées du prêtre, tandis qu’il s’approchait à nouveau de Virgil. A présent, ce dernier était totalement recouvert d’une voûte bleu ciel, tel un bouclier protecteur et tête relevée, il fixait le phénomène, une expression de totale incrédulité dépeinte sur son visage blanc.
— Virgil : « Mais…? Que se passe t-il? »
Peut-être dans un dernier élan de générosité, pourtant si étrangère à sa personnalité, Rutherford le considéra un moment.
— « Tu vois ce petit objet juste à côté de toi? On appelle cela le Réunificateur des âmes.
— Virgil : Qu’est-ce…
— Tu dois te demander à quoi il sert? Eh bien, comme son nom l’indique, il permet, dans certaine condition, aux âmes craquelées de retrouver leur état d’origine. »
Virgil ne comprit pas. Les paroles du prêtre s’écoulaient en lui comme des bouts de mots vides de sens. Qu’allait-il devenir? Il le savait, quelque part… Tout de son âme à son corps ne méritaient qu’atroces et éternelles souffrances pour ce qu’il avait accompli jusqu’ici… Les âmes comme la sienne ne rejoignaient ni le paradis ni l’enfer, mais en étaient contraintes aux rouages d’une existence sans fin, et perpétuellement sujette à l’agonie, à la souffrance. Les yeux fermés, une pluie de chagrin se formait au coin de ses paupières, qui se lancèrent en une course effrénée, utilisant tel un circuit ses joues, pour retomber faiblement au sol. Bien qu’elles traversaient le dôme bleu avec aisance, les propres mains de Virgil semblaient totalement prisonnière de cette cage… Ce n’était pas le regret qui justifiait ces larmes, mais seulement la tristesse, dans la plus pure de ses formes; la tristesse de n’être que si ce qu’il était, d’avoir accompli ce qu’il avait accompli…
Gigantesque explosion.
Un long filet de couleur rouge s’échappa du dôme qui recouvrait maintenant Dante, l’empêchant d’agir, et rejoignit le vase au sol. Cette même réaction se produisit avec Virgil : de sa cage, une traînée de brume bleue se lança vers le Réunificateur, comme pour rejoindre sa consoeur, quelque seconde auparavant. Lorsque les cages des deux démons frères furent liées, un puissant éclat de lumière jaillit du vase, irradiant tout l’édifice d‘une funeste lueur noire. A présent légèrement en retrait, Rutherford laissait éclater sa jubilation, par un puissant rire raclé, presque totalement recouvert par le tumulte du déluge. Alors, les deux corps des démons se soulevèrent lentement, puis comme si ils se dissolvaient dans l’air, perdirent peu à peu de leur substance : leur silhouette étaient floue, de moins en moins perceptible, leur corps semblait en retourner au néant.
« — Le prêtre : Que ses deux âmes séparées n’en forme plus qu’une! Viens à moi, démon de l’autre temps! »
Et dans un déferlement de douleurs, de cris, d’explosions, Virgil et Dante s’unirent en un vacarme assourdissant, leur corps agonisant de douleurs, leurs âmes les tirant un peu plus profondément encore dans les limbes. Tout se fit brume, inconsistance, et tandis que le démon rouge insurgeait son frère « Fait quelque chose Virgil! Virgil merde, bouge toi! », ils se perdirent tout deux dans le non-être, se retirant de la scène.
La déflagration occasionnée par cette réunification détruisis entièrement la petite église de Saint-André; le confessionnal qui semblait pourtant à l‘abris, les cailloux, les sculptures d’ores et déjà brisées… Tout avait maintenant disparu. Tout, sauf le Père Rutherford. Au milieu des décombres, dans ce nouveau temple de poussière, se tenant fièrement debout face à l’être qu’il venait d’invoquer, il souriait. Ses lèvres remuèrent, s’adressant à ce nouvel individu, issu de l’union de Dante et de Virgil.
— « Le prêtre : C’est un plaisir de vous rencontrer enfin… Maître…
Devant lui, la silhouette haute de plus de deux mètres, de grandes ailes grisonnantes déployées, des lames acérées en guise de griffe; l’ancestral démon Spardra venait de se matérialiser au beau milieu des ruines de l’église Saint-André.
FIN DU CHAPITRE 1
En plus c´est bien écrit ^-^. La suite ? *-*
Y´a un scénar´? ![]()
(Le jeu est pas connu pour ça il me semble, et l´adaptation animée du jeu sortie récemment est clairement une daube d´après ce que j´ai lu)
Si oui, je jetterai un oeil. ![]()
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C´est en buvant une goutte d´eau que l´on se rend compte de sa soif.
"L´homme choisit, l´esclave obéit." (Andrew Ryan)
Melponese > *Daconta remercie Mel´ et lui félicite d´avoir de bons gouts!*
La suite prête à être postée, j´attends juste encore quelque avis, histoire de voir si on ne perd pas trop le fil. ^^
Azerty > lol, cette fanfic´ n´a rien avoir avec l´anime (que je connais et comme toi, je ne le classerai pas parmi les grands noms de la Japanime). Et donc, de fait, oui y´a un scénario, que j´ai essayé de travailler au maximum de mes possibilités, alors lis moi ce premier chapitre, que diable! ![]()
Je lirai ça demain, alors. ![]()
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C´est en buvant une goutte d´eau que l´on se rend compte de sa soif.
"L´homme choisit, l´esclave obéit." (Andrew Ryan)
Wah :O J´accroche vraiment. Vivement la suite. Bon pour dire de dire quelque chose, je te dis que c´est très bien, bien écrit, l´idée est pas mal, heu... Bref j´aime beaucoup. La suite ? :P
"les dossiers de bois avaient été déchiqueté sans exception"
Elle sonne bizarre cette phrase.
Franchement, j´accroche pas du tout moi. C´est très enrobé en fait, et pas toujours de la bonne façon, ce qui donne des phrases gauches et des passages réductibles voir même inutiles.
Si l´oeuvre devait se réduire à un simple reflet du monde observé, elle ne livrerait qu´une image confuse de la vérité.