Voilà, suite à la demande de Evil-Empire dans son topic, je cite :
- Evil-Empire
- Posté le 15 novembre 2007 à 16:20:54
- J´aimerait bien voir ce que vous auriez pondu à ma place.
Je poste mon texte à propos de cette dernière journée à Black Mesa. je précise que j´ai gardé le protagoniste de Evil-Empire et les grands traits de l´histoire. Donc, j´avoue que j´ai fait du mini plagiat.
Enfin, voici l´histoire.
Dernière journée à Black Mesa
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Mois d’août, Black Mesa, Complexe de recherches scientifiques. Zone top secrète.
Ça va faire un an que je fais ce trajet quotidien pour mon boulot. Au début, y a l’excitation et tout, la nouveauté, on est content d’aller bosser, on a des envies de grandeurs et j’en passe. C’est sûr, après avoir réussi l’examen d’admission en tant qu’agent de sécurité pour une zone top secrète, y a de quoi être fier. Aller protéger une bande de scientifiques complètement fêlés, en train de faire des expériences, inédites pour le commun des mortels, c’est sûr, on se sent important. Y a même de quoi faire tourner la tête. Terrible désillusion.
Un an après, j’prends enfin conscience de l’erreur que j’ai faite. Pas de vie privée à cause des horaires complètement fous. Et de toute façon à quoi ça sert une vie privée quand on ne peut même pas raconter ce qu’on fait au boulot, ni où l’on bosse, aux personnes extérieures, à ceux qu’on aime, où à la femme qu’on aime. Enfin, j’me dis que j’aurais pu tomber plus mal. Puis j’bosse encore une année ici et après j’me casse dans les îles. En fait, la plupart des agents de sécurité adoptent ce schéma : travail sur deux-trois ans, on ramasse un max de fric et on finit sa vie entre les cocotiers et les demoiselles en petites tenues et colliers à fleurs. Mouais ça m’convient, mais faudra plus de cocotier, je déteste la lumière.
Donc me voilà, Barney Calhoun, agent de sécurité, dans le train qui m’amène à Black Mesa. J’me rends compte que j’me suis encore endormi. Faudra que j’arrête les somnifères... Enfin faudra d’abord que j’arrête les pilules bleues du psychiatre. Merde c’est quoi cette merde à la fin, nous endormir pour qu’on ne pense plus à nos problèmes ? Bah faudra repasser. Et voilà, j’pense encore à ces conneries de pilules… comme chaque matin. Faudrait que je change d’air.
Ça y est, le train arrive au terminus, tout le monde descend, n’oubliez rien dans les wagons. C’est ça, j’aimerais bien m’oublier moi dans ce wagon. Enfin y a toujours l’appel du fric qui me pousse à bouger mes fesses de ce siège. Allez, regardez moi ces scientifiques qui boivent à l’unique terrasse du centre. Et vas-y que je te parle d’expériences à refaire, de calculs à changer, puis surtout avec ce mépris envers les non-scientifiques. C’est tout juste s’ils nous saluent dans le couloir. Comme partout, y a les cols blancs et les cols bleus. Ça me soule, me revoilà en train de penser à nouveau. Merde où j’ai mis mes pilules.
Bon niveau -3, zone de sécurité absolue, contrôle des badges et des pupilles. L’endroit le plus inviolable des Etats-Unis. Et c’est là que je travaille. Ah voilà Ackermann, le chef de la sécurité.
- Salut Barney, alors pas trop dans les vapes ce matin?
- Comme d’hab chef, vous l’savez bien !
- Ouais malheureusement. Bon ton dernier exercice de tir date d’un mois, va falloir te refaire une santé. Josh t’attend déjà là-bas. Concentre-toi cette fois…
- Ça marche. Mais me faites pas chier avec vos sous-entendus.
- Du calme sergent, j’vous fait juste remarquer que vous arrivez régulièrement en retard ces temps.
- J’ferai attention la prochaine fois chef.
Ça y est, il a réussi à m’foutre en rogne. Bon j’vais calmer mes nerfs sur les nouvelles cibles du centre. Des hologrammes capables d’enregistrer les impacts des balles. Voilà à quoi ça sert les scientifiques, à créer des images virtuelles pour tirer dessus. J’me dirige vers le stand de tir. Entrainement à l’arme de poing à 50m, puis entrainement au pistolet-mitrailleur toujours à 50m. Ouais j’vais encore réussir à m’endormir en tirant. Tiens Josh n’est pas là. Bon tant pis, j’commencerai sans lui.
Premier exercice, je tire mes douze coups. Cinq dans la cible, le reste à côté. Merde faut qu’j’me concentre.
Deuxième essai, j’tire mes douze coups. Huit dans la cible, quatre à côté. Bon ça suffira, de toute façon, je ne vais pas retirer avant un mois.
Allez, deuxième exercice au MP-5. Un chargeur de vingt coups. Cible à 50 m. ça va déjà mieux. Les trois quart du chargeur sont partis dans la cible. Ça suffira pour le moment.
Ah tiens, des grenades… bah j’vais en ramasser deux, histoire de m’amuser ce soir à faire peur aux poissons… ça sera la seule distraction de la journée.
Je retourne à mon poste de garde, couloir jaune, niveau -3. Rester debout toute la journée, passionnant. Mais j’suis payé 100$ de l’heure plus les primes, ça aide. Tiens, l’ascenseur est bloqué et deux ingénieurs essayent de le réparer.
- Des problèmes avec l’ascenseur ?
- Cette saloperie est encore coincée, sans doute un câble rongé qui doit bloquer toute la machinerie.
- Laissez-moi faire, c’est pas la première fois.
Et voilà, encore à donner un coup de main à ces scientifiques incapables d’avoir le moindre bon sens. Dans la théorie, sont fort, mais après, y a plus personne au portillon. Enfin suffisait de donner un coup sec dans la paroi, y a sans doute un câble coincé ou à moitié rongé là-dedans.
- Merci mais on aurait pu y arriver aussi. Bonne journée
- Et voilà, messieurs…
Vive la mauvaise foi. Les deux ingénieurs prennent l’ascenseur et je me dirige vers mon poste. Hey il se passe quoi avec la lumière ?
- Hey la sécurité, vérifiez les fusibles, y a la lumière qui déconne là !
Putain les installations électriques ici, ce n’est pas la gloire. Oh merde ça y est, panne de courant !
- Merde, il se passe quoi ici ? Et les générateurs ? Branchez les générateurs vite !
Aïe les deux ingénieurs dans l’ascenseur, faut qu’j’lai sorte de là, si y a une panne de courant, l’ascenseur est bloqué lui aussi. J’prends ma torche pour y voir clair.
- Oh hey les gars dans l’ascenseur, vous m’entendez ? j’vais vous sortir de là.
Pas de réponse.
- Oh, y a personne ? tenez bon, j’ouvre la porte. Merde, c’est coincé ! Bougez pas !
Ça y est, l’alarme se met en route, il se passe quoi, c’est le bordel, pas de courant, j’entends plus personne, et cette putain d’alarme qui casse les oreilles. Merde c’est qu’une panne de courant.
Vite, aller trouver un pied de biche pour ouvrier cette porte. J’en ai vu un au stand de tir avant. Hey c’était quoi ça ? J’viens de voir un truc bouger. Oh y a quelqu’un ? Je sors mon arme à tout hasard, je commence à flipper grave. Il se passe quoi merde ! Bon du sang froid, c’est juste une panne de courant. Vite, le pied de biche.
Centre de tir. 9h30. Une journée d’été. Niveau -3.
Ah ça y est, le pied de biche, j’vais pouvoir ouvrir l’ascenseur. Je m’y dirige en courant. Ça sent le cramé, sans doute un court-circuit. Des étincelles plus loin. Merde, y a pas d’installation électrique ici. Je m’arrête, mon cœur souffre. Allez, vas-y, avance. Aaaahhh !
J’tombe dans les vapes, une terrible douleur dans le bras. J’ai l’impression d’avoir pris une décharge électrique. J’entends des cris lointains.
Je me relève, toujours des cris. C’est quoi cette chose qui bouge au fond. Bordel de merde ! Saloperie de bordel de merde ! C’est quoi cette chose ? Sans réfléchir, je pointe automatiquement mon arme sur la bête et tire avec mon pistolet. Un chargeur de vidé et elle est toujours debout. Merde. Ah les grenades. Vite, j’en balance une.
Ça y est, je me retrouve encore à terre à cause de l´onde de choc. Je crois que j’lai eu. Je m’évanoui…
- Allez debout mon gars, on dégage de là.
- Hein quoi ?
- Allez on dégage j’ai dit, c’est un ordre.
- Chef, qu’est-ce que vous faites là ? qu’est-ce qu’i s’passe ici ? Merde ma jambe ! je la sens plus.
- Allez, bougez vous, ils vont arroser la zone, on a cinq minutes pour déguerpir.
- Attendez merde, arroser quoi ? y a quoi en bas ?
Tiens je me rends compte maintenant que l’alarme à cesser de fonctionner depuis quelques minutes déjà. C’est le silence complet dans le couloir. J’dois halluciner. Encore ces saloperies de pilules.
- Allez Barney, lève-toi et accroche toi à moi, faut courir, vite. Go !
Voilà, je me mets à courir droit devant toujours accroché à Ackermann. J’comprends rien à la situation. Courir, courir.
Ça y est. On arrive devant les portes de secours. Elles sont déjà défoncées. Vite, les escaliers de secours. Encore quelques marches. L’air libre. La lumière. Ah mes yeux, ça m’éblouit. Merde, j’suis cramé au bras et je sens plus ma jambe.
C´est quoi tout ça? Les marines ? Ici ? Ils viennent faire quoi ?
Ça y est, je crois que c’est ma dernière journée à Black Mesa.
P.S.: j´ai mis beaucoup de "ça y est" en début de phrase, c´est volontaire, mais j´ai conscience que ça peut alourdir le texte.