Ecriture automatique ( ce qui ne signifie pas gros bordel ), ne soyez pas indulgents.
Dédicace à Kerouac!
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Tu vois, je voudrais m’allonger sur une route longue de milliers d’heure, et je voudrais marcher, sans rien chercher et ne laissant rien, j’aimerais être seul, entre deux heures dont j’oublie et n’espère rien, j’aimerais ne rien chercher du tout, j’aimerais tout oublier du tout, et vivre une heure inlassable, ne me rappelant de moi que les ouvrages, que, tranquillement, j’ai amenés, et que j’emporte sur la rotondité planétaire, m’arrêtant parfois ici, parce que la verdure me plait, parce que le soleil se couche, parce que le soleil se lève, parce qu’il fait frais et qu’on voit la mer, parce qu’ici je suis le seul à tout voir maintenant, tranquillement, emmenant Bach aussi dans le désert, et Mozart, et Schubert, et Brahms, et Stravinsky, et Grieg, et tous les autres ; parce que ces mots là sont secs et que je veux m’en aller, éternellement en mouvement et m’arretant quelque part pour repartir dans les heures qui suivent, quand j’ai fini Hemingway et que j’entame Jack London, parce que vois tu, les heures qui passent, ici, se voient trop, moi, moi, je voudrais la cécité, je voudrais une heure multipliée par le soleil, la soif, et la crainte de la soif, rien que cette heure, rien que cette heure, et avoir soif, avoir faim, trouver la petite ville du nom de Moriarty sur la route, prendre un dollar, boire un verre, passer le jour, lire, lire, lire, entendre les gens qui s’entendent et s’agglomèrent fondus dans un mouvement long d’un jour, moi cadavré figé à la table du fond et sur le lit du premier étage ; et demain, demain, moi, moi, je dis que je repars, et je pourrais ne pas repartir, tu sais, je pourrais rester une heure par trente six ici ; mais on est pas là bas, non, on est pas là bas, non, non, non, on est ici çi bas, et ce soir il FAUT dormir et il FAUT se lever et il FAUT repartir et j’ai peur d’écrire, j’ai peur d’écrire parce que le temps se perd dans un endroit si court, ce monde quantifié où s’entassent les calendriers, les années, les mois, les calendriers, les allées, les mois, les miroirs, les nombres, les heures, le jour, l’instant du réveil, l’instant à PREVOIR... Le crois tu, aujourd’hui je rêve, et je dois profiter, apprécier, manger – j’aimerais marcher, marcher à voir seulement un jour infini...
Tu sais, quand je partirai, je partirai un jour, pas un an, un seul jour, une route, longue d’un jour, multiplié par la peur de mourir des hommes... Et quand je reviendrai, je dirai « Demain »... et quand j’écris, ca, moi, que moi, je dis seulement « encore »...
Tu sais, je voudrais ne jamais m’arrêter – mais où reculer, dans ce monde croissant ?. ..
=)