´lut.
Bon, alors je répond tout de suite: Non, ce n´est pas de la Fantasy, même si certains éléments peuvent s´y rattacher. Et non, c´est pas un remix du Monde des Etoiles, du même auteur (
), même si y aura certainement quelques clins d´oeils. ![]()
La suite est déja écrite, j´en ai même deux ou trois en reserve, donc je pense quand même qu´elle a de beau jour devant elle, cette fic. C´est une correspondance, mais un peu spéciale dans la mise en forme, enfin, vous découvrirez cela bien assez tôt.
Merchi à mon beta-lecteur tortionnaire Ostra, qui, bien qu´en désaccord avec moi sur le fond, m´a quand même bien aidé sur la forme
Enjoy! (or not)
Chapitre 1: La jeune fille et le dragon.
Cher Arnold,
Comment allez-vous?
Ca fait longtemps que je n´ai pas eu de vos nouvelles. Pas une visite, pas un regard, pas une étreinte. Vous me manquez, quand est-ce que vous revenez? Ce n´est pas parce que les dragons ont montrés votre photo dans le journal qu´il faut que vous vous cachiez. Içi, vous savez que vous ne risquez rien, tant que vous êtes prés de moi !
Ca va bientôt faire deux ans, vous savez. Deux ans que je vous ai connu, que je vous ai croisés, que je vous ai suivis, que vous m´avez arraché à mon monde. Ca paraît long, deux ans, mais en fait, ce n´est pas tant que ça.
Deux ans, c´est quoi? C´est vingt-quatre mois. Vingt-six lunes, et sept cent trente soleil se sont levés. Dix sept milles heures, et plus d´un million de minutes... Soixante trois millions soixante-douze milles secondes, autant de silence, quelques milliards d´instants et de pensées, de peurs et d´espoirs, une infinité de larmes. Mais ça ne veut rien dire. Ce ne sont que des nombres, invisibles et légers, insaissisables et volatiles. L´épaisseur de deux ans? Qu´est-ce que ça signifie? Personne ne peut comprendre ce que veulent réelement dire les chiffres et les nombres, les minutes et les instants... Chaque moment passé en votre compagnie vaut toutes les éternités de la terre, toutes les attentes, touts les desespoirs, touts les doutes, toutes les vies et toutes les morts. Ce n´est pas long, deux ans, oh non, si je peux avoir ne serais-ce qu´un instant... Ce n´est rien par rapport à mon bonheur, deux ans contre un baiser, deux ans contre un regard, mon âme contre mon amour...
Vous savez, Arnold, au début, j´avais peur... Je ne savais pas ce que je faisais içi, je ne voulais pas rester. Les sorts des dragons m´enchainaient encore à mon monde, je refusais de vous suivre, de continuer la route avec vous. Mon amour n´était pas encore assez puissant, assez pur, pour triompher de leurs charmes maléfiques, et pour que je puisse vous rejoindre. Alors j´ai essayé de les retrouver. J´ai tenté de quitter ce monde noir et beau, en utilisant la porte magique, celle par laquelle je suis venue, et par laquelle vous passez si souvent. Elle était fermée, vous savez, et je sais qu´elle le sera toujours pour moi, je n´ai pas vos pouvoirs. J´ai juste frolée la poignée, je n´ai pas osé faire plus, et je l´ai sentie, ce fameux charme, l´art de ces dragons qui se disent humains, leurs magie qui glissent dans la lumiére. Je l´ai sentie et j´ai eu peur, de nouveau, peur de vous, peur de votre regard décu, peur de votre amour pour moi, que j´aurais bêtement gachée. Mon esprit s´est recroquevillée sous le souffle de la liberté, de leur liberté trompeuse et mensongére, et j´ai renoncé à m´enfuir.
J´ai retiré la main de ma poignée, et je ne l´ai plus jamais retouchée, je vous le promet. Croix de bois, croix de fer, si je ments, je vais en enfer!
C´était il y a longtemps, je ne sais pas pourquoi je vous raconte ça maintenant. Ca date... d´ un ans et demi, peut-être un peu plus. Vous étiez parti en voyage, il me semble, et je ne vous avais pas vu depuis trente-deux jours. Oui, trente-deux, j´avais gravé les jours sur les murs! Mais... Cette fois-ci, ça fait trente-six. Trente-six jours que je ne vous ai pas vu... Vous savez, Arnold, j´ai peur que notre amour souffre de tout ça... C´est pour ça que j´éspére vraiment que vous me repondrez, que vous sortirez sain et sauf du monde des dragons pour revenir içi, dans cette cave où je vous attend, pour que nous puissions nous aimer à nouveau. Vraiment.
Ah oui, j´ai écrit une histoire, pour tuer l´ennui. Oh, je crois que je me suis inspiré de certains de vos textes, et peut-être même de quelques films, ceux qui passent à la television, mais je n´ai pas votre génie, alors... Avant de finir cette lettre, je voudrais que vous me disiez ce que vous en pensez. Histoire de voir si ça vaut le coup que je continue, ou pas.
C´est l´histoire de Marc, un jeune garçon, qui vient à peine de quitter l´école. Il est magnifique, les cheveux noirs tombent sur sa nuque, la barbe lui pique les joues, les lunettes illuminent ses yeux. Marc est livreur, et chaque jour, il part sur sa moto pour servir les clients. Marc aime sa moto, et il aime aussi être livreur. C´est mon travail, se dit-il souvent, et moi et ma moto, c´est ce qu´on a de plus beau!
Sa moto aussi est belle, c´est une vielle et grosse cylindré, une Harley Davidson. Avec elle, il fend l´azur et les tours de béton, la tristesse et le chagrin des dragons. Marc adore sa moto, et il l´astique tout les jours, c´est l´amour de sa vie. Et Marc est heureux, enfin, il le croit.
Car Marc a un grand défaut: il bois, et il boit beaucoup trop. Tout les soirs, quand il rentre chez lui, il dit à sa vielle moto: « Ce que je suis fatigué! Allons faire un tour au bar, pour que je passe saluer Bridge! » Et alors la moto souffle de toute ses forces, l´essence crache un peu, pour dire à Marc « Non, il ne faut pas que tu boive encore ce soir! C´est mal pour toi! ». Mais Marc n´entend que le klaxon, et les pétarades de la Harley, et il va faire un tour au bar, pour ne pas à affronter une nouvelle soirée froide et solitaire.
Bridge, c´est un gros barman, un peu comme ceux qu´on voit dans les films, avec le pantalon à bretelle, la chemise blanche, la serviette sous le bras. Une immense moustache lui couvre le visage, et il a deux yeux bleux jaunis par l´alcool. Il a toujours un air un peu triste, et les gars du bars disent que c´est parce qu´il pense à sa femme, qui est parti un jour chercher les enfants, et qui n´est jamais revenue. Mais il est gentil, Bridge, il aime rire, et il le fait bien, avec une pointe de magie qui sort de sa gorge à chaque éclat, une magie un peu triste, qui rend heureux, enfin, presque.
A chaque fois que Marc passe chez Bridge, c´est la même chose: Marc déboutonne sa veste, l´accroche au porte-manteau, et crie en direction du bar surchauffé:
« Hé, patron! J´suis crevé, alors passe-moi un whyskie, huskie! »
La voix traverse les vapeurs d´alcool, et Bridge éclate d´un grand rire caverneux. Marc s´approche, et Bridge sert alors le whyskie, le sert, ajoute un citron, et le jette violemment sur la table. Ca fait un grand bruit qui résonne dans le bar, Clac! Et tout les autres clients se retournent dans un sursaut. Parfois, un peu de whiskie se renverse, et Marc se frappe alors le front de sa paume et s´écrie: « Ca alors Bridge, t´a encore oublié de mettre des dessous de verre! Regarde comme ce whyskie a chaud, il en danse la guigne! » Et Bridge éclate encore d´un grand rire caverneux, le gene de rire qui vous donne envie de pleurer.
Voilà. Vous en pensez quoi? Moi-même, j´avoue ne pas trop savoir, mais j´aime bien Marc, il me paraît gentil. Enfin, je vous laisse juger, vous savez bien mieux que moi ce qu´il en est!
Comme vous me l´avez demandé, je glisse cette lettre dans la fente, prés de la porte. Ainsi, elle traversera les mondes et les étoiles, et où que vous soyez, vous la recevrez. Mon coeur vous suivra, quel que soit les épreuves que vous traverserez, Arnold, mon chevalier.
Je vous aime.
Liz, votre princesse.
_____
Et sinon, ça va?
Quelques fautes d´orthographe, mais ça se laisse lire, j´aime bien... Toutefois, j´attends la suite pour juger. Suite que je lirai sans aucun doute.
Me suis mal exprimée. J´attends le prochain chapitre pour juger, mais je suivrai jusqu´au bout sûrement.
Pareil que melponese, même si j´ai un excellent préjugé.
Tout d´abord, je tiens à m´excuser des trop nombreuses fautes qui parsèment ce texte, parce que j´étais censé bêta-lire ce texte également, mais j´ai zappé.
Envoie-moi la suite (par mail) et je la lirai, si tu le souhaites.^^
Sinon, pas grand-chose à dire non plus, j´attends de voir la suite. Ca m´a l´air un peu étrange comme truc, mais c´est pas vraiment pour me déplaire. ![]()
________________________________________________
C´est en buvant une goutte d´eau que l´on se rend compte de sa soif.
"L´homme choisit, l´esclave obéit." (Andrew Ryan)
Bon, ben, merci à vous trois. Pas grand chose à dire non plus, si ce n´est que je suis content que vous aimiez (et un peu soulagé aussi
).
Zezert´
Je t´ai harcelé avec les messages Hors Ligne sur msn, mais tu répondais pas
Je pourrai t´envoyer tout ça, ouais, mais pour l´instant je n´en ai pas un besoin réel (c´était surtout pour voir si ça branchait ^^), et pis tu mettrais encore un mois
Je posterai la suite d´içi quelques jours, en attendant quand même un peu, histoire de voir d´autres lecteurs
Merki encore ^^
Et sinon, ça va?
C´est bien écrit, j´aime bien l´ambiance qui se dégage du texte, ceci dit, on sent un petit manque d´originalité dans cette première lettre : ne serai-ce que par la manière dont Liz formule sa pensée, c´est un peu trop banal. Le concept en lui-même est original certes (surtout qu´ici, je ne pense pas qu´il s´agisse véritablement de "Dragons", peut-être est-ce une métaphore?) mais malheureusement, la forme ne l´est vraiment pas assez, c´est dommage (et c´est sûrement qqchose de difficile à corriger...). :/
Petite exemple de tête (désolé, j´ai pas tout relevé) :
"Croix de bois, croix de fer, si je ments, je vais en enfer!"
C´est sûrement volontaire, mais je trouve qu´à l´image du texte dans sa globalité, cette réplique est assez maladroite et nuit à la fluidité de la lecture...
Mais je lirai sans aucun doute la suite, histoire d´avoir assez de matière pour juger le fond ^^
Bonne continuation
Daconta
Merci de ta lecture. Pour le manque d´originalité, j´en suis globalement conscient, mais je ne peux decemment pas me permettre de trop "modifier" le style de Liz, tout simplement parcequ´il est taillé pour représenter sa personnalité. Ce n´est pas une personne trés cultivé, donc pas quelqu´un qui cherchera l´originalité à tout prix, surtout dans une lettre d´amour ^^. Maintenant, c´est vrai que je me repose pas mal sur mes acquis dans cette partie (anaphore, paragraphe d´ambiance, narration inversée, que des notions assez classique ^^), j´essaierai de faire un peu plus varié un poil plus tard, si j´ai la marge nécéssaire.
En revanche, dans la partie de "Marc" (que pas mal de gens ont zappés apparament
), le style est justement travaillé pour faire "gamin" et original, donc si ta critique s´étend jusque là, c´est arg quand même
Pour l´exemple que tu cite, c´est justement la personnalité de la fille qui vut ça, c´est parfaitement volontaire, c´est une expression récurrente de la fic qu´on verra à de maintes reprises, et qui a un rôle précis dans l´histoire ^^. Tout est maitrisé de ce coté-là, néanmoins, je prends note quand même
Et merci encore d´avor lu ^^
Gneheup?
Alors, à quand la suite ?
Demain, si y a pas d´ennui
Pas d´autres lecteurs?
![]()
Nan? Tant pis.
Chapitre 2, et véritable début de l´intrigue. Quelques éléments révélateurs qui vous guideront vers ce que sont les "dragons". Enjoy oopa, donc
Chapitre 2: La princesse et le meurtrier
Cher Arnold,
Comment allez-vous? Vous n´avez pas répondu à ma dernière lettre. J´espère qu´il ne vous ai rien arrivé. Ca fait maintenant plus d´un mois et demi que je ne vous ai pas vu...
J´ai de nouveau vu votre photo et votre description à la télévision. Les dragons vous recherchent, ils ont peur de vous, Arnold. Ils disent que vous êtes un tueur sans pitié, un fou perdu dans son univers, qui n´hésitera pas un instant à tuer si ça sert son objectif. Ils sont terrorisés. Ils ont bien raison, d´ailleurs, car le Monde des Dragons, cet univers maléfiques et tentateur, ces monstres si gris et si ternes qui se cachent derriéres leurs boucliers multicolores, ces Cernés aux yeux rougies, au visage triste et au sourire factice ne méritent pas de vivre en paix. Il nous faut les sauver de leur pêchés, tout comme vous m´avez sauvé du mal N´est-ce pas ce que vous aviez dit, Arnold ? Les premiers à enlever, ce sont les enfants, les purs et beaux enfants. C´est bien ça, Arnold? C´est eux qu´il faut enlever du monde démoniaque pour les amener dans des univers comme le mien, chaud et protégé. Nous convertirons l´univers petit à petit, et vous pourrez créer un nouveau monde, où je serai la reine, et vous le roi.
Bien sur, ce ne sera pas aussi simple, l´univers des dragons est vaste, ils sont nombreux et bien armés. Mais il existe plusieurs sauveurs comme vous dans le monde, j´en suis persuadé, même si vous restez le meilleur et le plus beau d´entre tous. Nous changerons le monde comme vous l´avez prédit. J´en suis sure.
Je suis frustrée de ne pas pouvoir vous aider plus que ça. C´est vrai, à part vous attendre, s´inquiéter pour vous, je ne peux pas faire grand chose pour me rendre utile. J´aimerais être parmi vous dehors, dans le monde des dragons, pour essayer de combattre le mal, mais je suis une fille, et une fille, ce n´est pas aussi fort qu´un garçon. Je pourrais m´échapper à nouveau, possédé par leurs sorts et leurs charmes, et alors notre amour prendrait fin. Je ne peux pas prendre ce risque. J´attendrai. Je vous attendrai.
Je ferai comme une princesse. Je porterai la plus belle de mes robes tout les jours, tout les jours je me ferai belle, et je regarderai cette porte, cette porte affreuse, hideuse, qui nous sépare l´un de l´autre. J´attendrai que vous la passiez, cette limite, la frontière entre les mondes, que vous apparaissiez dans une auréole de lumiére comme l´ange est apparu à Marie. Alors, comme une princesse attendant son prince charmant, je tomberai noblement dans vos bras. Mes cheveux dorés voleront tout autour de moi, et vous me serrerrez, très fort, si fort que je ne pourrais plus respirer. Je vous embrasserai. Je m´occuperai de vous, comme une femme s´occupe d´un homme, comme une modeste épouse s´occupe de son mari qu´elle adore et adule. Et alors, ces éternités où je vous ai attendu, où mes yeux bleux se sont fatigués sur la télévision, épuisés sur ces lettres, ne vaudront plus rien dans mon coeur, car je vous aurait, vous, Arnold, chef des humains, combattant de la liberté, vous Arnold, mon amour. Je veux être la femme de votre vie, la mère de votre fils, votre coeur, votre âme, je veux que vous soyez mien comme je suis votre. Croix de bois, croix de fer, si je ment, je vais en enfer.
Excusez-moi. Je m´emballe parfois, quand je pense à vous. Vous avez un travail, un combat à mener, seul contre le monde. Je ne peux que vous encourager, que vous suivre du regard, et, morte d´inquiétude, je succombe parfois à l´orgueil. Mais je ne suis rien, à coté de vous. Je sais que vous finirez par triompher des dragons. Je sais que vous les battrez. Dans les contes, le prince finit toujours par gagner contre les méchants dragons. Dans les contes, le prince finit toujours par aller chercher sa princesse dans son donjon, pour lui dire qu´il n´y a plus aucun danger. Dans les contes, tout se finit par un baiser.
Je vous aime;
Liz
PS: Ah oui, vu que je n´ai pas eu de réponse de votre part, je me suis permise de continuer à écrire mon histoire. Je vous envoie la suite, au cas où ça vous intéresse.
Un jour, alors que Marc et sa moto parcourent les rues de la ville, il y a un accident.
Ce n´est pas sa faute. Il a beaucoup bu la nuit dernière, et l´alcool lui a donné un affreux mal de crane. En grognant, il se lance dans une grande avenue gorgée de soleil.
C´est l´été, et il fait très chaud. Les tours de verres brillent comme des crocs d´ivoires, les feux rougissent dans le ciel blanc, l´asphalte brûle sous le caoutchouc bouillant. Les foules de la ville, les gens des cités descendent comme des gouttes de pluies sur une terre sèche. Marc a dix-neuf ans, bientôt vingt. Sa moto en a le double.
Il appuie sur l´accélérateur, les roues se mettent à tourner. La Harley sent que Marc est fatigué, essaye de le prévenir d´un coup de klaxon retentissant « Non! Arrête! Tu n´es pas en état de conduire! ». Mais au même instant, Marc appuie sur le klaxon pour dépasser la voiture devant lui.
Les pneus crissent sous le béton brûlant, mais Marc ne s´en rend pas compte. Il ne pense pas à la route, il ne pense pas à sa moto. Il pense à Bridge, son air triste, son alcool si bon qui glisse en lui. Il veut encore en boire. Encore. Encore.
Ses mains s´affalent sur le guidon, et lentement, sa moto dévie vers la gauche de l´avenue. La harley pétarde de peur, mais il n´entend pas, il croit que c´est parfaitement normal. Ses pneus s´approchent de l´autre voie, celle où passe en trombe camions et voitures, piétons et scooters, comme autant d´clairs lumineux. Marc réalise peu à peu qu´il frôle l´accident, et une vague inquiétude saisit son esprit embrumée, une inquiétude qui le poursuivra toute sa vie. Mais la vision du whisky bien frais, de l´air triste de Bridge, et -oh, Dieu! de la sensation de bien-être, celle qui vous prend quand vous avez bu, quand vous avez pris votre putain de dose finit par l´emporter. Il y a un coup de klaxon, un crissement, un hurlement, un ka-blam, une lumière rouge. Marc se réveille, mais c´est trop tard.
En face de lui, un camion est arrivé. Le conducteur a paniqué, donné un grand coup de volant. Une voiture arrivait juste à coté de lui. Carton. Quatre morts. Un homme, une femme, deux enfants.
Marc est emmené dans une voiture de police. Il ne comprend plus très bien où il est, ce qu´il a fait, il ne pense plus qu´à Bridge, à ce sourire triste qui l´intrigue tant. Il n´a pas fait exprès, ce n´était pas volontaire, un simple accident... Mais il sait que si il dit ce qu´il s´est passé, il sera responsable, et il ne pourra plus boire son whisky, il sera en prison. Alors il ment. Il dit que le conducteur avait l´air endormi, que le camion a tourné sans raison, que sa moto a fait une embardée. La police le croit. Personne d´autre n´a vu l´accident, personne ne regardait, à ce moment-là. Il peut retourner chez lui, son témoignage sera exigée plus tard, pour le jugement.
Le soir, quand il rentre chez Bridge, il est fatigué, très fatigué. Sa moto crachote une fumée vaporeuse, étrangement silencieuse.
-Salut, Marc, lance Bridge. Que viens-tu faire chez le huskie, tonnerre de bois?
Il éclate de rire, mais Marc ne l´entend pas, il est trop fatigué pour ça. Il s´approche lentement du bar, et demande laconique, ses whiskies quotidiens. Il ne voit plus, n´entend plus. Ne comprend plus. Il n´a plus envie de rien. Il est juste fatigué...
Dans un coin du bar, une télévision sévère et noir bave des images atroces. On y parle de guerre, de massacre, de pauvreté et de famine, dans des lieux si lointains qu´ils ne semblent pas appartenir au monde. Puis, une simple image, une photo d´une jeune femme, encadré de bleu. Un simple son, la voix du présentateur, neutre, inhumaine.
-Élise, une adolescente de seize ans a été enlevé ce matin, à huit heure, alors qu´elle devait se rendre chez une amie. Si vous l´apercevez où que ce soit, contactez les services de police grâce au numéro vert...
Soudain, une porte s´ouvre dans l´esprit de marc. Il ne reconnaît plus Bridge, ni ses amis de bars. Il ne reconnais plus le présentateur qui parle en tête à tête avec son prompteur. Il ne reconnaît pas sa moto, qui l´attend, devant la vitrine embuée par les vapeurs. Il ne reconnaît même plus son whyskie, jaunâtre et nauséeux. Les images de massacres se font plus clairs soudain, plus précises, plus vivantes. Plus proches. Marc vient de basculer dans le monde des dragons.
« Je suis un meurtrier »
« Je suis un meurtrier »
« Je suis un meurtrier »
« Je suis un meurtrier »
...
![]()
J’ai lu et je ne sais pas trop qu’en penser. Peut être parce que c’est sous forme de correspondance, ce qui garde beaucoup de choses dans l’ombre…Bref, un peu étrange et déroutant avec des accents de parabole ou de fable ?
Ceci dit, tu as réussi à susciter ma curiosité et je lirais sans aucun doute la suite. ![]()
Ai lu. C´est...particulier. J´attends la suite pour dire ce que j´en pense vu que l´histoire me semble toujours assez sombre. J´ai une petite idée sur l´identité des Dragons mais j´ai l´impression de m´être complètement gourré ( impression confirmé par la fin de la deuxième lettre ) donc, bah, j´attends la suite
.
Niveau style j´ai rien à dire sauf les fautes d´orthographe bien sûr mais c´pas important.
+ 1 lecteur!
Rien à dire. C´est étrange et l´univers qui naît de la tête de cette fille est pour le moins sombre, ce qui casse un peu l´impression de naiserie qu´elle laissait au départ. Ce qui n´est pas plus mal.
J´attends la suite, et j´aimerais bien comprendre, aussi. ![]()
________________________________________________
C´est en buvant une goutte d´eau que l´on se rend compte de sa soif.
"L´homme choisit, l´esclave obéit." (Andrew Ryan)
Merci à vous trois ^^. Bah, pas grand chose à dire non plus, si ce n´est que je suis content que cela vous intrigue, c´est fait pour
L´identité des dragons ne sera explicité qu´à la fin, mais d´içi là, suffisament d´indices seront donnés pour que vous deviniez
Dans le prochain chapitre (déja écrit, presque relu), un peu de Fantastique fera son apparition, rien de bien méchant, mais présent quand même. posté à la fin de la semaine
Vala, merci encore ^^
gn´up, désolé du retard, du à un probléme de modem. La suite est presque corrigé, demain ou aprés-demain vous l´aurez..; Et en attendant, d´autres lecteurs?
![]()
Non, je ne suis pas mort
Bon, ben, désol du retard, autre texte a corrigé, probléme persos, toussa toussa
Voila le troisiéme chap´, pour me faire pardonner aux (rares) lecteurs qui liront.
Enjoy! (or not)
Chapitre 3: La Détresse, le Désespoir, la Rose.
Cher Arnold,
Je vous en supplie, répondez-moi vite! Je ne reçois plus de vos nouvelles, je ne vous vois plus, je ne sais pas où vous êtes ni ce que vous faites, j´ai peur, Arnold, j´ai horriblement peur! Tout les jours, je vous attend, encore et encore, et vous ne faites rien, vous ne vous montrez pas! Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi? Ca fait trois mois, maintenant, j´ai passé l´anniversaire de notre rencontre dans le noir de ce monde, à vous attendre, à attendre, à prier. En vain.
Et si ils vous avaient eu, Arnold? Si ils vous avaient capturés, si ils vous avaient... Tué? Je sais qu´ils vous recherchent, et qu´ils feraient n´importe quoi pour vous avoir. Les pauvres, ils sont aveuglés par leur fanatisme! Mais si ils avaient réussi? Si, aprés, cette longue poursuite, les dragons vous avaient eu? Après tout, Arnold, vous n´êtes peut-être qu´un homme, un homme héroïque, glorieux, un homme au-dessus de tous, mais un homme quand même, et un homme peut perdre. Un homme peut mourir.
Et si, cette fois-ci, le film finissait mal? Si la dernière image était votre beau visage figé par la mort, brûlé par les flammes des hideux dragons? Si je passais ma vie bloqué dans ce monde merveilleux, mais désert, les yeux dégoulinant de larmes, écrivant sans cesse à un amour mort depuis des années? Serais-ce possible? Existe-t-il des histoires qui se finissent aussi mal? Des histoires où l´héroïne n´apprend jamais la fin de son héros, et meure de chagrin, perdu dans les ténèbres de l´inquiétude, dévoré par les doutes? Seigneur, existe-t-il des contes qui se finissent de cette maniére?
Oh, Arnold, je suis désolé, mais je crois que je suis en train de mouiller ces pages. J´ai terriblement peur! Je suis si triste! Je le sens au fond de moi, je le sens s´agiter s´agiter dans mon coeur, ce monstre à la face hideuse et si humaine, la gueule garnie de crocs et de flammes, la peau couverte d´écailles indestructibles, rugissant au rythmes de mes artères, rampant dans mes veines et volant avec mon âme. Je doute, Arnold, et mon propre dragon, que je croyais mort depuis longtemps fait surface avec plus de violence que jamais.
Mais pour le combattre, on m´a légué des armes d´une puissance insoupçonnable.
J´ai écrit, Arnold. Pour tuer mon ennui, pour assécher mes larmes, pour calmer mon angoisse. Je me suis assise à mon bureau, j´ai allumé la bougie. En face de moi, dans le noir complet, le dragon me regardait, souriant et tentateur, dans sa main une pomme rouge comme le sang. Ses yeux d´apocalypse vibraient à chaque battement de mon coeur.
J´ai écrit l´histoire de Marc comme si ma vie en dépendait, je me suis accroché à lui comme on s´accroche à une bouée, au milieu d´une tempête rugissante d´airain, de feu et de désespoir. L´encre a bondit de mon stylo, a traversé l´air en un instant fulgurant, s´est abattu sur le papier, a dilué mon chagrin. Le stylo sauta, virevolta dans les ténèbres, pivotant, esquivant, les flammes et les gouffres, plongeant à travers les écailles, tranchant dans la chair pulsante du dragon. Durant ces longues heures de luttes muettes contre les tornades, la mer, et les serpents des milles Abysses, la silhouette de Marc, mon héros .Une silhouette seule et perdu dans la mer des fins et des chagrins. Un dernier sursaut d´espoir.
Je me rend compte qu´en fait, lui et moi, nous avons beaucoup de points communs. Nous avons tout les deux peur. Nous avons tout les deux perdus la raison qui nous pousse à vivre. Nous sommes tout les deux perdus dans le terrible Monde des Dragons, le monde du désespoir, des humais perdus, des âmes détruites, des tueurs, des tués. Deux âmes, une réelle, une imaginaire, rampant d´un coté de l´autre de la gigantesque montage qui nous sépare. Deux âmes qui montent lentement le chemin de la croix, slalomant les mains du pêchés et les dragons du desespoir.
Vous ne m´avez pas répondu, ni à ma premiére, ni à ma seconde lettre, vous n´avez donc pas lu cette histoire. Vous ne savez pas qui est Marc. Vous ne savez pas ce que j´écris, durant mes nuits sans sommeils, pour ne plus penser à vous. Certainement pas, d´ailleurs. Mais je crois que je vais continuer sans votre avis, cette fois-ci. Non pas que je renie vos ordres, non, je n´oserais pas. Mais ça ne pourra pas me faire du mal. Alors je vais continuer cette histoire, continuer la lutte contre les dragons, continuer de vous attendre. Continuer jusqu´à ce que vous veniez me sauver.
Je vous en supplie.
Revenez.
Liz´.
Quand Marc rentre chez lui, il est six heures du matin. La vielle harley poussiéreuse frémit d´impatience, mais il ne veut pas la prendre, pas maintenant. Ses pas titubent au hasard, s´accrochent aux trottoirs, se perdent dans les rues. La ville brûlante est maintenant silencieuse, attentive, et les fenêtres ouvrent leurs oreilles de verre, en quête d´un écho.
Les pieds de Marc l´abandonnent soudain, s´emmêlent traîtreusement. Le jeune homme s´accroche à un panneau de circulation comme à une corde au-dessus d´un précipice. Ses yeux rougis semblent à deux doigts de succomber aux larmes.
-Hé... murmure Marc.
Un silence. Les maisons silencieuses le regardent gravement. Il reprend, plus fort:
-Hey! Hey, vous, là! Oui, vous! Je... Je n´ai pas voulu le tuer! Vous en êtes témoin, pas vrai? Oui, vous avez écouté mon histoire, vous savez ce qui s´est passé... vraiment!
Il s´avance dans l´avenue. Ses pieds trébuchent de nouveau, il manque de tomber. Il se relève lentement. Il est sur le point de crier:
-Oui! Vous... Vous savez! Je ne suis pas... Pas un meurtrier! Ni un menteur... j´ai menti sans y penser, sans faire exprès, j´étais ailleurs! Vous le... savez! Hein? Je... On vous l´a dit! Un coup de klaxon... un... un crissement, un hurlement! Un ka-blam, une lumiére rouge! Carton! Pas de sang! Pas de mort! Carton! C´est ça! C´est ça même! Hein?
Il hurle maintenant. Il hurle de toute ses forces. Les fenêtres silencieuses commencent à danser sous les lumières, des lampes s´allument, des grognements montent. Une silhouette silencieuse s´approche. Marc léve la tête vers le ciel noir, étend les bras dans un mouvement d´impuissance. Ses poumons sifflent comme une machine à vapeur. Sa gorge se tend et se détend sous les coups de son souffle brûlé par l´alcool.
-HEIN? JE NE LES AI PAS TUE!
-Non.
Que se passe-t-il?
Une voix claque dans la chaleur de la nuit. Les fenêtres se figent soudain, les lumières s´éteignent une par une. Marc, interloqué, se demande si Dieu ne lui a pas répondu. Si le Diable lui-même ne s´est pas tourné vers lui. Puis, lentement, il se retourne.
Ses traits sans âge, ses cheveux bancals, son long manteau sombre. Sa bouteille de whiskies dans une main, son enveloppe rose dans l´autre. Son apparence banale, d´une normalité affligeante.
Et ses yeux.
Ses yeux d´un noir de fin du monde.
Il sourit. Il est visiblement ivre, lui aussi. Il s´approche lentement de Marc.
-Non, tu les as pas tué. C´est clair et net, j´ai vu, moi aussi. C´était juste un accident. L´élément déclencheur, pour faire décoller l´histoire, un coup du destin pour donner un coup de pouce à une situation initiale risible. T´as rien à voir la-dedans.
Marc sourit, et son visage béni par les larmes se tourne vers le ciel. Son cerveau embrumé ne se pose aucune question.
-Merci. Je sais bien... que j´ai raison... Je n´ai pas menti aux flics... Je le sais... J´en suis sur. Je te remercie, mon ami.
L´homme sourit en retour, éclate d´un grand rire. L´esprit embuée d´alcool de Marc se secoue. C´est le même rire que celui de Bridge. C´est le rire de quelqu´un qui a tout perdu...
-Ce n´est rien. Moi aussi, on se trompe sur moi... J´ai fait des choses horrible, et des choses merveilleuses...
Marc s´approche. Ses pas titubent vers l´homme. L´horreur des dragons semblent frémir devant sa présence, l´éviter, le contourner. Les ténèbres du chagrin s´éloignent. Les lumières de l´espoir arrivent devant lui.
-Moi, je ne suis pas un méchant...
De cette nuit, Marc ne se souviendra pas de grand chose. Mais elle griffera pour toujours sa mémoire. Les auréoles orangées qui brille dans le ciel noir. Le goût froid de l´alcool qui coule dans sa gorge. Ses voix à lui, ses larmes, et leurs rires de déments qui tonne dans la capitale muette comme autant de coups de feu tirés vers le ciel. Cet étrange sentiment, l´impression d´être vide, complètement vide, un néant entouré de caoutchouc rose, un squelette qui vomit ses derniers lambeaux de chairs.
-Je ne suis pas un gentil...
Il réveillera dans son lit au milieu de l´après midi, sa chemise rouge de travail balafré par une longue traînées verdâtre, son crâne déchiré par une douleur atroce. Il vomira encore et encore, retournera son estomac dans tout les sens, cherchant la moindre goutte de bile, la moindre bouillie sanglante, à recracher et à rejeter dans ce monde impie.
-Et je suis pas Dieu non plus.
Pourtant, quand ses vomissements s´arrêteront, quand l´abominable sonnerie qui vrille son crane s´éteindra aux milieux de ses sanglots, il se relèvera avec le sourire, et sans aucun regret. Car, dans la poche de son jean, l´homme lui aura écrit quelques mots, griffonnés à la va-vite, d´une écriture vive et nerveuse, sur le dos de son addition. Des mots, sans importances des mots, rien de plus. Mais des mots auxquels Marc s´accrochera, comme un noyé s´accroche aux rochers, comme un pendu à sa corde, comme un homme à sa vie.
-Moi, je ne suis qu´Arnold. Rien qu´Arnold. Une rose au milieu des dragons...
« Marc,
Trouve ta voie par toi-même, répare ta faute.
Demain, vingt-heure, chez Bridge,
croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer »
...moui.
Le brouillard c´est bien, mais trop de brouillard, ça finit par emmerder...
Alors certes ton style est toujours aussi bon et tu dois avoir un excellent bêta-lecteur car il y a très peu de fautes. La première partie est réellement prenante et très bien écrite.
La seconde m´a plus emmerdé. D´une part parce qu´avec une suite tous les trois mois (t´y peux rien, je sais, mais même
) l´histoire de Marc avait quitté ma mémoire. De deux parce que certains passages sont complètement confus (Qu´est-ce qu´Arnold vient foutre là? C´est l´homme en noir qui dit ça?), et ça vraiment c´est lourd.
Donc, objectivement parlant c´est superbement écrit, subjectivement parlant c´est à des kilomètres, des années-lumières même de l´envoûtement qui opérait lorsque je lisais le Monde des Etoiles. Donc j´espère que la suite apportera quelques éclaircissements, là j´ai l´impression de passer à côté d´une perle en la méprenant pour une bille de verre...
________________________________________________
C´est en buvant une goutte d´eau que l´on se rend compte de sa soif.
"L´homme choisit, l´esclave obéit." (Andrew Ryan)
Arf :/
Merci d´avoir lu. J´ai pas grand chose à te répondre, en espérant que la suite t´éclairera sur certains point (c´est le début de l´histoire du coté de Liz pour le prochain chap´), et qu´elle t´invitera à suivre avec plus d´attention ![]()