Histoire vraie...
Le cours d´anglais commence, la professeur vient à l´instant de rentrer en classe. Elle pose ses affaires, prend ses aises et finalement, après avoir fait l´appel, elle décide de vérifier les exercices que l´on était censé faire.
Le temps d´une seconde, un éclair traverse mes pensées, j´ai tout de suite plus chaud et je sens des galops puissants et soutenus de chevaux pur sang monter en moi... hier soir la flemme l´a emporté sur la raison, j´avais décidé de ne pas faire mes devoirs en parfaite connaissance des conséquences que cela allait engendrer.
Ma professeur d´anglais qui m´a déjà pris en grippe s´approche de moi. Elle me demande mon travail en sachant pertinemment ma réponse, mes yeux me trahissant contre mon gré... Je réponds lentement et en mâchant mes mots - comme pour tenter d´échapper à la sentence qui va arriver d´un instant à l´autre - que j´ai failli à mes obligations. Je tente de feindre une voix d´un ton désolé et empreint de culpabilité mais le stress transforme cette tentative de séduction en quelque chose d´inaudible et à la limite du compréhensible.
Ses yeux changent, ses paupières se plissent et on peut distinguer au plus profond de ses pupilles une lueur d´exaspération et de colère. Sa réaction va être terrible, je la sens bouillonner et j´imagine avec peur la fusion de millions d´atomes en elle qui par un effet de masse vont exploser d´un instant à l´autre. Je me rétracte sur moi-même sous ce regard au pouvoir castrateur, je me sens redevenir un petit garçon fragile qui ne peut que se plier à l´autorité des adultes. Je regrette tellement de n´avoir rien fait...
Dans quelques secondes, tout au plus, elle va lâcher une pluie de remontrances. Le temps s´arrête, plus personne ne bouge autour de moi... puis je fini par ne plus voir les autres, la totalité de mon esprit se focalise sur ma professeur, si bien que je me sens pris d´un sentiment de claustrophobie. Quatre murs imposants et massifs, prêts à m´écraser, s´approchent dangereusement. Je ne peux me libérer de cette emprise, comme si des liens me retiennent prisonnier de cette situation et de ces yeux. Tout n´est plus qu´obscurité, la seule chose qui ressort des ténèbres c´est ce démon anglophone qui, la bave aux lèvres, va sortir de ses gonds. Tout ce dont je sais c´est que la tempête va arriver sans prévenir et d´un moment à l´autre. Au fond, je me serais bien passé de telles informations.
Au moment où l´insupportable pression fini par couper ma respiration, la professeur décide de mettre fin au calvaire... car finalement le moment le plus douloureux n´est pas la situation en elle-même mais son anticipation. Sa colère est comme prévu intense et riche en critiques mais grâce au stress antérieur, j´en suis presque insensible. Je décide de courber mon dos pour faire office de bouclier au mur de violence qui déferle sur moi. Cela passe plus vite que prévu, d´autant plus que sous le relâchement de la pression je perds un peu pied avec la réalité, m´envolant au-delà de cette salle de classe, vivre de moments plus agréables.
Au final, je n´écope que d´une petite croix. Cependant, je me promis de ne plus jamais recommencer cette action, tant elle est plus angoissante que reposante...