Voici le premier chapitre d´une histoire que j´ai pour l´instant intitulée "REGum". Le rythme de parution sera vraisemblablement très irrégulier et dépendra principalement de vos avis : n´hésitez pas à commenter!
Bonne lecture
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Chapitre 1 : Joan Von Cornelia
Allongée sur l’asphalte de mon rêve, je me sens baignée dans une piscine de fleurs douces et délicieuses, en respirant les arômes ambiantes. Un peu de tout s’étale dans un champs à perte de vue; les grandes et fières roses rouges, vêtues de robes pourpre, volontairement aguicheuses; les discrètes Lilas, cachées derrière un voile violet, tinté de blanc et auréolée d’une beauté naturelle sans égale. Face à elles, les herbes, élégamment coiffées de chapeau blanc-polen, semblaient les toiser, avec une admiration certaine mais inavouée. Oscillant sur un rythme régulier, à l’image d’un pas de danse, on eût dit des fleurs, de majestueuses princesses, apprivoisant avec grâce les regard des princes charmant. Ça et là, j’entends, je ressens même, le ronronnement de la nature, une bise légère, à la fois glaciale et chaleureuse, prémices d’une journée capricieuse. Au loin, une somptueuse voûte de couleurs s’étale dans un ciel difforme, une effusion de lumières orangées, de gris, de bleu, de jaune… Ce fut comme si elles n’étaient que les harmonieuses cordes d’un violon, manoeuvrées par un vent musicien au meilleur de sa forme : la fresque était magnifique, la terre était recouverte de champs de fleurs, le ciel resplendissait de couleurs vives et joyeuses… Et moi, petite Cornelia, au milieu de ce paradis céleste, les yeux clos, je prie pour que ce rêve soit éternel. Un éternel où chaque seconde passée à contempler ces merveilles, équivaut à une vie sur terre… Sur terre… C’est vrai, c’est là où je vis, moi, Cornelia Von Schönheit.
Aussi facilement que ses petits muscles le lui permettaient, la petite Cornelia, princesse de Paris, ouvrit ses paupières, découvrant des saphirs lumineux et s’étira longuement d’un sommeil paisible. Les songes lui avaient été agréable, elle avait resplendit telle une reine dans un panthéon floral, avait causée à la plus respectable des roses et s’était même accordée une valse avec une Lilas bien sympathique. Cette dernière lui avait même confiée, en toute indiscrétion, que la petite Cornelia était tout aussi belle qu’elle, si ce n’est plus. Un charmant prince vint même lui baiser la main, la prenant pour une reine. La journée lui donnait de bons espoirs! Elle mit pied à terre, quittant définitivement son lit et ses songes, prête à rouvrir les portes de son quotidien. Sa chambre était une petite pièce miteuse, tout juste assez grande pour contenir un lit, au-dessus duquel une fenêtre donnait vue sur une ruelle adjacente. Y poser le regard donnait une assez bonne idée de ce qu’était Cornelia : l’innocence incarnée et confinée dans l’obscurité grandissante de son époque. Plus jeune, sa famille se complaisait dans la richesse et jouissait des avantages de la noblesse. Vint cependant cette tragédie où sa mère, Cecilia, héritière des biens de sa lignée, trouva la mort. La descente aux enfers de la famille Von Schönheit, jusqu’alors respectée et vertueuse, les conduisis dans un tunnel d’abîme et de souffrance, où toute forme de lumière s’était dissipée. De leur richesse, il ne restait plus rien… La petite Cornelia finit par se retrouver avec son seul père comme famille, et la solitude comme alliée. Son délicieux sourire d’ange et ses cheveux longs bruns, sa peau blanche et douce… Toute cette beauté avait cependant continuée de grandir, au fil des années. A présent âgée de sept ans, Cornelia commençait à prendre les traits de sa mère, arborant une beauté naturelle et précoce. Elle était habituellement vêtue d’une petite robe d’écolière rouge au carreau blanc, tandis que sa chevelure s’allongeait en une queue de chevale, au bout de laquelle pendait un petit ruban rose…
…tout d’une princesse! Cette pensée s’était échappée de l’esprit du père de la petite Cornelia, Edward Von Schönheit, qui venait prendre place dans la cuisine, tandis que sa fille passait par la salle de bain, chantonnant à tue-tête un chœur appris la veille. Depuis quelques années maintenant, ses muscles avaient assimilé inconsciemment les réflexes de sa femme, depuis qu’elle s’en était allée. Élevant seul sa fille, il n’eut d’autre choix que d’envahir la place « de la mère », cette muraille qui était infranchissable du temps où elle était en vie. Les choses finissent toujours par s’effondrer, pensa-t-il avec une légère tristesse dans son œil embué. A présent, il devait protéger seul la forteresse que Cecilia et lui-même avait construit, c’était là la promesse qu’il lui fit sur la pierre tombale. Depuis lors, les secrets de la cuisines n’avaient guère de secret pour lui, de même que la manière dont il fallait s’y prendre, pour réconforter le cœur d’un enfant sorti du plus terrible des cauchemars. Depuis plusieurs années cependant, Cornelia le lui en dispensait. Jamais elle ne s’était plainte d’un sommeil agité, jamais elle n’était accourue en pleurant que sa mère lui revenait dans ses songes… Bien qu’il l’eut soupçonner de feindre cette joie de vivre, malgré son jeune âge, jamais Edward n’avait surpris la tristesse envahir le visage de sa jeune fille. Jamais.